Dosimétrie

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La dosimétrie est la détermination quantitative de la dose absorbée par un organisme ou un objet, c'est-à-dire l'énergie reçue par unité de masse, à la suite de l'exposition à des rayonnements ionisants.

Ces mesures peuvent être réalisées soit par un dosimètre passif, soit par un dosimètre opérationnel.

Éléments de méthodes[modifier | modifier le code]

L'irradiation externe est approchée grâce aux dosimètres, ou à des modèles quand les paramètres sont disponibles.

L'irradiation par contamination interne, quand elle est accidentelle est plus difficile à calculer ou mesurer car le calcul dosimétrique doit prendre en compte la morphologie réelle des patients et l'éventuelle interaction avec des tumeurs, métastases qui fixent le radionucléide émetteur[1]... On cherche idéalement à approcher la dose absorbée dans l'organisme ou dans un organe cible irradié par un organe source, ce qui implique de connaitre l'activité cumulée dans l’organe source (thyroïde par exemple) et donc la date de contamination initiale. Quand on connait le radionucléide, la répétition de la mesure de l'activité fixée dans l’organe source permet d'établir une courbe de décroissance de la fixation dans cet organe[1]. Divers moyens peuvent aider à ce calcul, dont

  • anthroporadiamétrie qui mesure les rayonnements X et gamma émis par des radionucléides incorporés dans le corps humain entier ou dans un organe (foie, poumon, thyroïde...), utilisée pour le suivi des travailleurs.
  • Analyse radio-toxicologique des excrétas (urine, excréments, sueur...), via la spectrométrie directe sur les échantillons pour les émetteurs alpha (mêmes détecteurs que pour l'anthroporadiamétrie), et via des compteurs proportionnels ou des compteurs à scintillation liquide pour les émetteurs de rayons gamma.

Dans le cas de la médecine nucléaire, l'émetteur est connu (qualité et dose), c'est la répartition dans l'organe ou l'organisme, qu'on cherche alors à mesurer, via l'imagerie scintigraphique[1], avec par exemple :

  • l'imagerie en mode planaire[2] (camera de type Anger, ou gamma-caméra.)
  • la Tomographie d'émission monophotonique (TEMP)
  • les méthodes sans imagerie :
    • le comptage externe avec un détecteur adapté (sonde NaI ou compteur Geiger-Muller)
    • l'évaluation de l'activité radiologique de prélèvements sanguins ou de biopsies ou d'échantillons d'urines ou selles

Microdosimétrie[modifier | modifier le code]

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nanodosimétrie[modifier | modifier le code]

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Législation[modifier | modifier le code]

En France, conformément au Code du travail [3], le suivi dosimétrique est obligatoire dès qu'un travailleur peut être exposé aux rayonnements ionisants qu'ils aient pour origine la radioactivité naturelle ou artificielle, dans certains secteurs d'activités, dont : nucléaire, médecine, vétérinaire, BTP, etc... Un arrêté du 17 juillet 2013[4] en précise les délais, fréquences et matériels à utiliser, pour les personnels concernés, ainsi que les modalités de ce suivi (« carte individuelle de suivi médical », suivi dosimétrique et modalités de transmission de ces données au système d'information de la surveillance de l'exposition aux rayonnements ionisants (SISERI) géré par l'IRSN[5]. L'accès aux informations du SISERI est réglementé par l'article R. 4451-125 du code du travail et la Loi de 1978 sur l'informatique, aux fichiers et aux libertés[6], avec une spécificité : un décret de 2004 [7] qui autorise l'IRSN à utiliser le répertoire national d'identification des personnes physiques pour des traitements automatisés de données à caractère personnel dans le cadre de la surveillance des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants, dans le respect de la confidentialité.

Le dosimètre apporte un indice d'irradiation externe.
Pour la contamination interne on a d'abord utilisé des modèles ne permettant pas de dosimétrie réellement personnalisée[1]. Des recherches portent sur une dosimétrie de contaminations internes tenant mieux compte de la morphologie de chaque patient ainsi que de la composition et densité des tissus, avec par exemple l'outil OEDIPE, OEDIPE étant ici l'acronyme de Outil d’Evaluation de la Dose Interne PErsonnalisée ; interface graphique permettant une géométrie voxélisée spécifique d'un patient à associer au code de calcul Monte-Carlo MCNPX, permettant une meilleure définition de la distribution du radioélément et le calcul des doses absorbées, dont par organes ou à l'échelle tissulaire (i.e. du voxel) que dans les cas de contaminations internes[1].
Un arrêté de 2003 précise les modalités de calcul des doses efficaces et des doses équivalentes résultant de l'exposition des personnes aux rayonnements ionisants

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frank Herbert Attix, Introduction to Radiological Physics and Radiation Dosimetry, Éditions John Wiley & Sons, 1986.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Sophie Chiavassa ; Développement d'un outil dosimétrique personnalisé pour la radioprotection en contamination internet et la radiothérapie vectorisée en médecine nucléaire; Thèse / Université Paul Sabatier, Toulouse/ Doctorat de Physique radiologique et médicale, soutenue le 12/12/2005 d ; INSERM Unité 601, Nantes, Laboratoire d’Evaluation de la Dose Interne Equipe Biophysique et Cancérologie
  2. Delpon G. Optimisation des protocoles d’imagerie quantitatives planaire pour la dosimétrie lors d’études cliniques de radioimmunothérapie à l’iode 131. Thèse, Université Paul Sabatier, Toulouse, France, 2002
  3. article R. 4451-1, [R. 4451-131] et suivants du Code du Travail
  4. LegiFrance (2013), Arrêté du 17 juillet 2013 relatif à la carte de suivi médical et au suivi dosimétrique des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants, JORF n°0181 du 6 août 2013 page 13401 texte n° 34  ; NOR:ETST1314133A
  5. Arrêté du 17 juillet 2013 relatif à la carte de suivi médical et au suivi dosimétrique des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants
  6. loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés
  7. décret n° 2004-1489 du 30 décembre 2004 autorisant l'utilisation par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire du répertoire national d'identification des personnes physiques dans un traitement automatisé de données à caractère personnel relatives à la surveillance des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants