Equus quagga quagga

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Equus quagga, Equus burchellii quagga • Quagga, Couagga

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Quagga.

Le quagga ou couagga (selon les classifications : Equus quagga quagga ou Equus burchellii quagga ou parfois encore Equus quagga) était une sous-espèce de zèbre d'Afrique du Sud, beige, rayé seulement sur l'encolure et l'avant du corps. Mis en concurrence avec le bétail domestique des paysans, il fut exterminé au XIXe siècle par les Boers, ces colons hollandais implantés en Afrique australe. La viande des quaggas était largement consommée et leur peau tannée pour la confection de sacs. Les dernières photos d'un quagga vivant sont celles d'une femelle photographiée en 1870 au zoo de Londres[1]. Le dernier quagga sauvage fut abattu en 1878 et la sous-espèce s'éteignit définitivement le 12 août 1883, au zoo d'Amsterdam[2]. Il n'en reste aujourd'hui que quelques peaux, des crânes, 23 spécimens empaillés et de rares photographies conservées dans des collections.

Ce zèbre est considéré comme éteint par l'UICN, en tous cas la sous-espèce Equus quagga quagga.

En raison des divers synonymes, il ne faut pas confondre cette sous-espèce disparue avec Equus quagga, dont l'épithète spécifique reprend le même nom, mais qui désigne l'ensemble des Zèbres des plaines ou Zèbres de Burchell[3].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Quagga en captivité

Le quagga était à l'origine classé comme une espèce distincte, Equus quagga, en 1778. Durant les cinquante ans qui suivirent, de nombreux autres zèbres furent décrits par les naturalistes et les explorateurs. Du fait des nombreuses variations de la robe des différents zèbres (il n'y en a pas deux identiques), les taxinomistes furent tentés d'identifier de très nombreuses espèces, sans trouver de moyens simples de repérer lesquelles étaient de véritables espèces et lesquelles se sous-espèces seulement, et lesquelles enfin n'étaient que des variants. Il a fallu attendre les recherches génétiques récentes menées par le Smithsonian Institute pour montrer que le quagga n'était pas du tout en fait une espèce séparée, mais un rameau issu du zèbre des plaines, Equus burchellii, espèce elle-même extrêmement sujette aux variations, il y a 120 000 à 290 000 ans. Ces recherches suggèrent donc de le renommer Equus burchellii quagga[4].

Un étalon quagga de la ménagerie de Louis XVI à Versailles. Représentation datant de 1793

Il ne faut pas confondre le quagga avec une éventuelle sous-espèce proche de celle-ci, dénommée Equus quagga burchellii ou Equus burchellii burchellii. Cette dernière avait la croupe presque exempte de dessins. Elle peuplait le sud du Botswana et l'état d'Orange. L'extension de la colonisation entraîna son massacre et, en 1910, elle avait disparu à l'état sauvage. Le dernier spécimen mourut en 1911 au zoo de Hambourg. Cependant, selon une nouvelle classification traditionnelles proposée par les anglais C.P.Groves et H.B. Bell en 2004[5] et basée sur des observations traditionnelles, ce zèbre serait en fait une simple population de Zèbre de Burchell, ou zèbre des plaines commun, qui aurait disparu d'une région donnée.

Le quagga est la première espèce éteinte dont on a étudié l'ADN. En effet, dès lors que fut découverte l'extrême parenté entre le quagga et le zèbre, le Quagga Project fut lancé par Reinhold Rau en Afrique du sud pour recréer le quagga à partir d'un élevage sélectif à partir de zèbres des plaines, dans le but de réintroduire l'espèce dans son milieu naturel. Début 2006, on annonçait que la troisième et la quatrième générations issues de ce projet ressemblaient beaucoup aux descriptions comme aux spécimens conservés de quagga, même si cette "apparence" seule ne pouvait autoriser de considérer ces animaux comme une véritable "re-création" de l'espèce originale. L'ADN des animaux conservés avait été extrait en 1984, mais la technologie nécessaire à la recréation d'espèce à partir d'ADN récupéré n'existe toujours pas.

Le Quagga conservé au Natural History Museum de Londres.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le Quagga vivait dans les régions les plus sèches d'Afrique australe, dans les plaines herbeuses. La limite nord de son habitat semble avoir été la rivière de l'Orange à l'ouest et la rivière du Vaal à l'est. Au sud-est, la limite devait être la rivière Great Key.

Restauration de l'espèce[modifier | modifier le code]

(en) Reportage sur l'élevage sélectif des zèbres en vue d'obtenir des animaux contemporains semblables au « quagga ».

Une étude génétique des restes de quaggas naturalisés a permis d'identifier les gènes responsables de la couleur brunes et des rayures atténuées de cet animal. Or on les retrouve également chez certains zèbres des plaines, ce qui prouve qu'il ne s'agissait que d'une sous-espèce. L'élevage sélectif des zèbres porteurs des mêmes anomalies de rayures, entrepris par le Dr Reinhold Rau (en) (1932-2006), a donné des résultats plutôt encourageants. Au bout de dix ans, à partir de 2005, le Quagga Project (en) a obtenu dans le troupeau de Table Mountain des naissances d'individus présentant l'aspect des quaggas disparus[6],[7].

Comme pour le dodo, oiseau lui aussi éteint récemment, des scientifiques ont comme projet de cloner des quaggas à partir de restes d'ADN, mais cela reste encore hypothétique[8].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Equus quagga quagga
  2. (en) The Quagga Revival
  3. Attention: proche du Quagga, l'espèce également éteinte Equus quagga burchelli ou Equus burchelli burchelli est aussi appelée «zèbre de Burchell», voir Zèbres : diversité et classification sur Encarta
  4. (en) Mace A. Hack, Rod East et Dan I. Rubenstein, Status and Action Plan for the Plains Zebra (Equus burchellii). IUCN. Lire le document PDF
  5. « C.P.Groves et H.B. Bell, 2004. New investigations on the taxonomy of the zebras genus Equus, subgenus Hippotigris. Mammalian Biology. 69: 182-196. ». Lire en ligne le résumé et acquérir le document PDF
  6. Christopher Munnion, Le sans-rayures renaît de ses cendres The Daily Telegraph, Londres, 1997. Lire en pdf, pages 92-93 du Courrier Internationnal
  7. (en) Mike Bruton,"Reinventing" the quagga, publié dans Cape Argus, le 8 décembre 2011, Consulté le 2 février 2014.
  8. http://citizenpost.fr/voici-les-especes-eteintes-que-les-scientifiques-veulent-ramener-la-vie/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sites de référence taxonomiques :

Autres sites :

  • (en) Recently Extinct Animals Equus quagga burchellii
  • (en) Jennifer A. Leonard et al., 2005. A rapid loss of stripes: the evolutionary history of the extinct quagga. Publié dans Biology Letters(2005) 1, 291–295 - doi:10.1098/rsbl.2005.0323. Publié online 5 July 2005 : Lire en ligne ou Lire le document pdf.
  • Sciences et Vie Junior [1].