Emmanuel Monick

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Emmanuel Monick, né au Mans le 10 janvier 1893 et décédé le 23 décembre 1983, est un banquier et homme politique français. Il fut nommé gouverneur de la Banque de France à la Libération en remplacement d'Yves Bréart de Boisanger, inspecteur des Finances.

Secrétaire général aux Finances dans le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) du 29 août au 4 septembre 1944, il dut notamment régler l'affaire de l'or de la Banque nationale de Belgique, qui avait été réquisitionné par les nazis suite à l'armistice de 1940 et revendus à la Banque nationale suisse.

Les 220 tonnes d'or furent rendues à la Banque nationale de Belgique à la Libération, sur les réserves propres de la Banque de France. Grâce aux talents de négociateur d'Emmanuel Monick, la Banque de France récupéra 90 tonnes d'or et 250 millions de francs suisses.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant participé à Première Guerre mondiale, il fut décoré de la Légion d'honneur et de la Croix de Guerre avec cinq Palmes et deux Étoiles.

Dans l'entre-deux-guerres, il fut attaché financier à Washington où il noua une grande amitié avec l'ambassadeur Paul Claudel et y recontra Roosevelt. Nommé ensuite attaché financier à Londres, il rencontre Winston Churchill.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Emmanuel Monick fut le secrétaire général du protectorat français du Maroc, ce qui lui permit de préparer avec le Consul général Robert Murphy et l'Ambassadeur américain Rives-Child l'Opération Torch (débarquement des troupes américaines en Afrique du Nord). Michel Debré fut alors son Directeur de Cabinet tandis que Robert Marjolin était son chef de cabinet. Vichy, réalisant les liens qu'il avait tissés avec les États-Unis, décida, sur l'injonction d'un câble envoyé par Otto Abetz et demandé par Ribbentrop, de son rappel en France. Grâce à sa position de secrétaire général du protectorat français du Maroc, il put faire passer vers les États-Unis plusieurs personnes dont des juifs à qui il sauva la vie.

Une fois revenu en France, Emmanuel Monick se cache dans l'Ain puis à Paris appelé alors par son nom de résistant: "Bruère". Il participe alors à de nombreuses activités résistantes, notamment avec Michel Debré, et à la libération du Ministère des Finances à la demande d'Alexandre Parodi. Il est Secrétaire Général des Finances et participe le 21 août 1944 au conseil des Secrétaires Généraux à Matignon.

Après avoir quitté son poste de Gouverneur de la Banque de France en 1949 (ce qui provoqua une légère inquiétude des marchés), suite entre autres à des divergences avec le gouvernement, Emmanuel Monick devint Président de la Banque de Paris et des Pays-Bas (futur Paribas), avant d'en être à la fin de sa vie Président d'Honneur.

Lorsque le Général de Gaulle s'interroge sur l'avenir des institutions, celui-ci lui demande d'organiser une rencontre secrète avec le Comte de Paris, qui a lieu le 13 juillet 1954 chez lui à Saint-Léger-en-Yvelines. C'est la première rencontre entre les deux hommes, racontée notamment par la Comtesse de Paris dans l'interview donnée à Point de Vue Image du Monde à l'occasion de ses 80 ans. Le Comte de Paris, dans Dialogue Sur La France, Fayard, 1994, donne son récit de cette rencontre.

Emmanuel Monick organisa de la même manière de nombreux rendez-vous discrets pour le Général de Gaulle, avec des chefs d'États étrangers tels que le Roi du Maroc Mohamed V ou des personnalités politiques françaises comme le Président René Coty durant l'été 1956.

Jusqu'à la fin de sa vie Emmanuel Monick fut un homme d'influence respecté et consulté par beaucoup tant dans le monde des affaires que dans l'univers politique.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Demain la paix (en collaboration avec Michel Debré), Paris, éditions Plon, 1945
  • Pour mémoire, Paris, éditions Mesnil, 1970
  • Refaire la France, écrit dans la clandestinité avec Michel Debré sous les noms de résistants de Jacquier (Debré) et Bruère (Monick), Paris, Plon 1945 : dans cet ouvrage l'architecture institutionnelle de la Ve République est pour la première fois esquissée.