Edward Steichen

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Edward Steichen

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Edward Steichen par Fred Holland Day, 1901

Naissance
Bivange, Luxembourg
Décès (à 93 ans)
West Redding, Connecticut, États-Unis
Activités Photographe et peintre
Mouvement artistique Pictorialisme

Edward Steichen est un photographe et peintre américain d'origine luxembourgeoise, né le à Bivange au Luxembourg et mort le à West Redding dans le Connecticut.

Cet éditeur de magazine, galériste et conservateur du MoMA de New York (1947-1962), a été un trait d'union culturel entre les États-Unis et l'Europe.

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Edward est né Édouard Jean Steichen, fils de Jean-Pierre et Marie Kemp Steichen[1]. Sa famille émigre aux États-Unis en 1881 et s'installe à Hancock dans le Michigan. En 1889 ils déménagent à Milwaukee, dans le Wisconsin. C'est à la Milwaukee's American Fine Art Company qu'à l'âge de quinze ans Edward apprend l'art et la technique de la lithographie. Dès 1895 il commence alors à photographier son entourage et la campagne environnante, se distinguant déjà par ses compositions d'ambiance, son utilisation poétique de la lumière, son goût pour le clair-obscur romantique. Il est naturalisé américain en 1900 avant de retourner en Europe où il s'installe à Paris.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Edward Steichen se fait connaître comme peintre au tournant du XXe siècle. En 1900, avant de s'installer à Paris, Edward passe par New-York où il rencontre Alfred Stieglitz. Lorsqu'il arrive à Paris il arrête ses études de dessin et commence une série de portrait des « Grands Hommes » parmi ceux-ci il y a Anatole France, Richard Strauss, George Bernard Shaw ou encore Henri Matisse. Il rencontre à ce moment Auguste Rodin qu'il avait découvert à la bibliothèque de Milwaukee. Le sculpteur lui ouvre les portes de son atelier de Meudon ; il réalisera plusieurs séries de photographies de lui ainsi que de ses sculptures. Steichen adhère ainsi au mouvement pictorialiste, en devient l'un des maîtres ; il photographie les élégantes du bois de Boulogne et autres scènes aussi charmantes que surannées.

En 1902, il rejoint Alfred Stieglitz aux États-Unis. Il participe, avec lui, à la création de Photo-Secession, selon Stieglitz c'est un mouvement qui veut « faire sécession avec l'idée convenue de ce que constitue une photographie ». Ensemble, ils éditent en 1903 la revue Camera Work dans laquelle les photos sont mises en valeur. Ils font découvrir aux Américains les artistes d'avant-garde de la photographie française. La même année, il crée sa propre galerie d'art à New York, The Photo-Secession Galleries, ou « 291 ».

En 1911, il réalise ce qui est considéré historiquement comme la première photographie de mode, publiée dans la revue française Art et Décoration[2] de Lucien Vogel.

Pendant la Première Guerre mondiale, il commande la division photographique des forces expéditionnaires américaines. Au niveau artistique, à partir de 1915, il réalise des compositions radicalement différentes et prône une photographie « pure », la « straight photography », et en tant que botaniste passionné, il cultive des fleurs hybrides.

Après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle, il revient à la « straight photography », il évolue ensuite progressivement vers la photographie de mode. Au début des années 1920, l'éditeur américain Condé Nast le choisit pour devenir le photographe en chef des publications du groupe, imposant ses exigences en matière de photographie : « La distinction, l'élégance et le chic[2] ». Il travaille particulièrement pour Vanity Fair et pour Vogue, magazines pour lesquels il réalise notamment de nombreux portraits de célébrités, démontrant une grande capacité à mettre en valeur ses sujets. Il travaillera également étroitement avec Carmel Snow d'Harper's Bazaar.

Il photographie Gloria Swanson en 1924[3], puis l'une de ses photographies de l'actrice Greta Garbo, datant de 1928, parue en couverture du magazine Life le [4], est considéré comme l'un des portraits inoubliables de l'actrice.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est directeur de l'Institut photographique naval (Naval Photographic Institute). Son film documentaire, The Fighting Lady, remporte en 1945 l'Oscar du meilleur documentaire. À partir de 1947 et jusqu'en 1962, Steichen est le directeur du département de la photographie du MoMA, le musée d'art moderne de New York.

Sa biographie, A Life In Photography, est éditée en 1963.

En 1970, l'année de leur création, les Rencontres internationales de la photographie d'Arles présentent son œuvre lors d'une soirée de projection au Théâtre antique, intitulée « Edward Steichen, photographe » et présentée par Martin Boschet

Œuvres[modifier | modifier le code]

The Pond—Moonlight par Edward Steichen, 1904

Steichen est connu, parmi d'autres réalisations, pour avoir créé « The Family of Man » en 1955, une grande exposition au Musée d'art moderne de New York, présentant plus de 500 photos de 273 photographes, illustrant la vie, l'amour et la mort dans 68 pays. L'exposition a attiré plus de neuf millions de visiteurs, et, comme le souhaitait Steichen, a été donnée au Grand-Duché du Luxembourg pour être l'objet d'une exposition permanente à Clervaux[5]. Cette exposition est aujourd'hui inscrite à l'Unesco dans la section « mémoire ».

Outre l'exposition « The Family of Man », une autre œuvre de Steichen est célèbre pour avoir été, un temps, la photographie la plus chère du monde : The Pond-Moonlight. En février 2006, cette œuvre des débuts pictorialistes de Steichen (datée de 1904) a été vendue 2 928 000 dollars chez Sotheby's à New York, un record à l'époque battu depuis par 99 cent II d'Andreas Gursky, un diptyque qui a atteint 3 340 456 dollars à une enchère de Sotheby's à Londres en février 2007[6].

Steichen a pris la photo à Mamaroneck près de la maison d'un de ses amis, le critique d'art, Charles Caffin. La photo représente une zone boisée et un étang : la lumière de la lune apparaît entre les arbres et se reflète dans l'étang. Bien que le premier procédé couleur, l'autochrome, n'apparaisse qu'en 1907, Steichen réussit à créer une impression colorée en utilisant des couches de gommes sensibles à la lumière qu'il applique à la main. En 1904, bien peu de photographes utilisent cette technique expérimentale. Seuls trois exemplaires de cette photo sont connus (deux sont dans des musées) et comme l'usage des gommes est manuel, chaque exemplaire est unique[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] Biographie sur le site du Luxembourg
  2. a et b Nathalie Herschdorfer (préf. Todd Brandow), Papier glacé : un siècle de photographie de mode chez Condé Nast, Paris, Thames & Hudson,‎ 2012, 296 p. (ISBN 978-2-87811-393-8, présentation en ligne), « Les débuts : 1911 - 1939 », p. 32
  3. [image] http://fine-arts.org/event/stomping-at-the-savoy-collectors-choice-xi/steichen-gloria-swanson-1924-77-51/
  4. [image] http://poltanapo.myblog.it/index-35.html
  5. Luxembourg Tourist Office in London - Clervaux
  6. http://blogs.photopreneur.com/the-px%7Cmost-expensive-photographs-ever-sold
  7. (en) Rare photo sets $2.9m sale record - BBC News, 15 février 2006

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]