Edgard de Trentinian

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Edgard de Trentinian
Image illustrative de l'article Edgard de Trentinian

Naissance 25 août 1851
Brest
Décès 24 mai 1942 (à 91 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Grade Général de division
Années de service 18701914
Conflits Guerre de 1870
Première Guerre mondiale
Commandement 7e Division d'Infanterie
Distinctions
Grand-Croix de la légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918

Edgard de Trentinian, né à Brest le 25 août 1851 et mort le 24 mai 1942 à Paris, est un militaire français. Il passe une partie de son enfance en Martinique où son père le général Arthur de Trentinian, qui a choisi la carrière des armes, est en poste. Dans la famille Trentinian, on est militaire de père en fils. L’aïeul d’Edgard de Trentinian a été chef d’escadron dans l’armée de Condé et de l’Empire, et son bi-aïeul, colonel de chasseurs, a participé à la guerre de l’indépendance américaine. Tous les deux ont été chevaliers de Saint-Louis.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

En août 1870, au début des hostilités de la Guerre Franco-Allemande, le jeune Edgard de Trentinian est engagé volontaire, il va avoir 19 ans et a réussi le concours d’entrée à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Sa conduite devant l’ennemi lui vaut d’être promu sous-lieutenant sur le champ de bataille et d’être fait chevalier de la Légion d’Honneur. Il intègre Saint-Cyr en 1870 avec 399 camarades (dont Lefèvre, Marabail, Sordet, Perraux, Amar, Bujac et Beylié), et à sa sortie en 1872 sa promotion prend le nom de La Revanche, nom qui montre la volonté des jeunes officiers de reprendre un jour les deux provinces perdues en 1870.

En 1873, Trentinian sert au Tonkin, participe à l’équipée de l’explorateur Francis Garnier en s’emparant, avec de petites troupes, de villes entières puis en tenant toute la province de Haï-Dzung.

D’autres longs séjours suivront. Malgré les conditions sanitaires qui auront endeuillé sa famille, Trentinian gardera toujours une grande nostalgie pour cette Indochine. C’est sans doute le même attrait de la culture asiatique qui conduira en 1901 au Tonkin le lieutenant Jean Moreau - qui a été officier d’ordonnance du général de Trentinian en 1900- à étudier la littérature asiatique et apprendre les caractères chinois.

En 1877, Trentinian est admis à l’École Militaire Supérieure (École de Guerre), avec notamment Lanrezac, Castelnau et Marabail.

En janvier 1895, Trentinian est Colonel et commandant supérieur des troupes de Saint-Louis au Sénégal puis « lieutenant-gouverneur » au Soudan. Dans ses fonctions, il montre beaucoup de fermeté et diplomatie. Il est, pour Paris, le responsable de la politique à suivre au Soudan français. Il y donne toute sa mesure. En 1896, au Sahel, avec le capitaine Mangin, il montre sa méthode : ayant montré sa force, il faut convaincre et non contraindre ni se venger et le chef doit se déplacer lui-même pour offrir la paix des braves. La même année, il neutralise la révolte du Macina après une série de brillants combats livrés autour de Bandiagara.

Entre 1895 et 1898, avec le commandant Gouraud, il lance des opérations qui conduisent à la capture puis à l’exil de Samory, un grand pourvoyeur d’esclaves qui a jeté plus de cent mille captifs sur les différents marchés du Soudan. Il se montre surtout organisateur incomparable. Après la mise en place de structures régionales au Soudan, il s’active à préparer une mise en valeur du pays.

Brigadier en 1898, Edgard de Trentinian est le plus jeune général de l’armée française. Il sert encore à Madagascar, comme commandant supérieur des troupes du groupe de l'Afrique orientale de 1904 à 1907.

En 1908, il est enfin divisionnaire. Ses amitiés avec son ancien camarade de Saint-Cyr, le colonel Bujac, qui avait refusé d’instruire contre Dreyfus, sont peut-être responsables de la lenteur de sa promotion.

En 1910, il publie dans le Journal des Sciences Militaires un article sur « la liaison de l’Artillerie et de l’Infanterie ». Les mesures qu’il préconise alors vont à l’encontre des théories officielles qui inspireront le règlement de 1913. Néanmoins, cependant elles reçoivent l’approbation de nombreux généraux dont Maunoury et Lanrezac.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 22 août 1914, le général de Trentinian, commandant la 7e Division du 4e Corps d’Armée, est engagé dans une situation dramatique. Il conduit néanmoins à Ethe, en Belgique, un des rares combats victorieux de la bataille des Frontières. Quelques jours plus tard, à la tête de la même unité, transportée par les fameux taxis, il concourt à la victoire de la Marne.

En septembre 1914, Trentinian est accusé de s’être laissé surprendre à Ethe, d’avoir fait massacrer sa division et perdu une partie de son artillerie. Révoqué, il fait appel de la décision le concernant. En pleine guerre, il établit et envoie à quelques décideurs un rapport étayé rétablissant les faits. Le général Gallieni, fort bien au courant de ce qui s’est passé et connaissant la valeur de Trentinian, fait en sorte que l’injustice soit autant que possible réparée avec la promotion à la dignité de Grand-croix de la Légion d’Honneur.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Enfin, en 1923, le commandant Grasset, directeur du service Historique de l’Armée, qui fut témoin des événements sur le terrain a, dans une étude détaillée de la bataille d'Ethe, rendu pleine justice à Trentinian.

Le général de Trentinian fut, après la Grande Guerre, l’un des fondateurs de l’Académie des sciences coloniales.

Il décède le 24 mai 1942 à Paris. Il était titulaire de plusieurs distinctions françaises et étrangères, officier de l’Instruction Publique (1899), il avait également reçu la médaille d’or de l’Alliance Française (1897).

Décorations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

L'avenir de la France au Tonkin Éditeur = Challamel (1885) Instructions à l'usage des commandants de régions et de cercles Éditeur = Paris Imprimerie nationale 1897 Le Soudan et nos colonies côtières (Sénégal, Guinée, Côte d'Ivoire, Dahomey)  : Réformes nécessaires dans nos possessions de l'Afrique occidentale, Imprimerie Hemmerlé, 1899 L'État-major en 1914 Éditeur = Imprimerie Fournier 1927 Ethe - La 7e Division du 4e Corps dans la bataille des frontières Éditeur = Imprimerie Fournier 1927