Dermatophytose

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Dermatophytose
Classification et ressources externes
Ringworm on the arm, or tinea corporis due to Trichophyton mentagrophytes PHIL 2938 lores.jpg
Dermatophytose de type épidermophytie sur un bras.
CIM-10 B35.0-B36
CIM-9 110.9
DiseasesDB 17492
eMedicine emerg/592 
MeSH D003881
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Les dermatophytoses (ou dermatophyties ou dermatomycoses) sont des infections de la peau ou des phanères dues à des champignons microscopiques filamenteux : les dermatophytes. Ils appartiennent à 3 genres, Trichophyton, Microsporum et Epidermophyton[1].

Ces champignons sont kératinophiles, ils ont une prédilection pour la kératine, protéine fibreuse de la couche cornée de la peau, des poils, des cheveux et des ongles chez l'être humain, de la peau, des poils et des griffes chez l'animal.

Ils sont responsables d'infections cutanées superficielles de la peau et des phanères mais respectent toujours les muqueuses.

Les dermatophytes sont toujours pathogènes, absents de la flore commensale permanente ou transitoire de la peau.

La résistance naturelle des zébus Gudali aux dermatophytoses par rapport aux autres bovins élevés dans la même région n'a pas encore fait l'objet de recherche.

Chez l'humain[modifier | modifier le code]

Formes cliniques[modifier | modifier le code]

Teignes[modifier | modifier le code]

Les teignes sont des lésions dues à l'atteinte des cheveux ou des poils.

  • Teignes tondantes sèches
    provoquent des plaques d'alopécie sur le cuir chevelu. Le bulbe du cheveu n'est pas atteint et les cheveux sont cassés courts à quelques millimètres. Ils atteignent surtout les enfants. La guérison est spontanée après la puberté. Il en existe deux sortes :
    • les teignes tondantes sèches microsporiques. La plus fréquente est due à M. Canis. Il existe une forme d'Extrême-Orient due à M. ferrugineum. Les plaques sont peu nombreuses (1 à 4) et de grandes tailles (4 à 7 cm),
    • les teignes tondantes sèches trichophytiques, très contagieuses. Les plaques sont beaucoup plus nombreuses et plus petites (5 mm). Le cheveu est cassé plus court.
  • Teignes faviques
    dues à T. schoenleini, anthropophile, chez l'enfant et l'adulte, cosmopolite mais de plus en plus rare en France. La teigne (favid ou favus), débute par une tâche érythémato-squameuse et évolue après des mois vers des plaques croûteuses et un godet favique de quelques millimètres, centré par un cheveu. La fusion de plusieurs godets réalise une croûte favique. Lorsque les cheveux tombent, ils forment une plaque d'alopécie définitive. Le favus ne guérit pas sans traitement. Cette maladie touche le cuir chevelu, mais parfois le visage[2] et d'autres régions du corps, avec des lésions « en godets ».
  • Teignes suppurées
    ou kérions de Celse. Rencontrées chez l'adulte et l'enfant, dues à des dermatophytes anthropo-zoophiles : T. mentagrophytes et T. verrucosum. Les kérions atteignent le cuir chevelu et les zones pileuses (notamment la barbe ou la moustache). Les cheveux ou les poils tombent mais repoussent.

Épidermophyties[modifier | modifier le code]

Ce sont des atteintes de la peau glabre :

  • herpès circiné
    La plus fréquente des épidermophyties, chez l'adulte et l'enfant : tache érythémato-squameuse qui s'étend de façon excentrique, la zone centrale devenant plus claire et cicatricielle, la périphérie étant rouge, squameuse ou vésiculaire[3]. Unique ou multiples. Il existe des formes cliniques trompeuses. Cette tache peut être de forme moins arrondie en cas de traitement antérieur par corticoïdes locaux qui font flamber le développement du champignon. L'herpès circiné n'a rien à voir avec le virus de l'herpès (Herpes simplex virus) ;
  • l'intertrigo inguinal (ou eczéma marginé de Hebra)
    C'est une atteinte du pli inguinal (l'aine), d'aspect comparable à un herpès circiné, se présentant comme un éruption fongique. Cette affection touche en particulier l'adulte de sexe masculin. Il se manifeste par des cercles sur la peau comme un anneau et provoque une rougeur de la peau dû à l'irritation. L'intertrigo inguinal classique affecte le haut intérieur des cuisses, l'aine et la partie inférieure des fesses. Seuls les organes génitaux ne sont pas touché ;
  • intertrigo interdigito-plantaire (c'est-à-dire « entre les plis des espaces interdigitaux plantaires »)
    Cette zone topographique souvent négligée n'est pas à prendre à la légère. En effet, il faut savoir que les dermatophytes aiment les lieux, chauds, humides et sombres. La plupart du temps, le séchage entre les orteils est totalement oublié, or l'humidité associé à la chaleur du pied et au confinement dans la chaussure en font un bouillon de culture. l'atteinte primaire est souvent ignorée, elle commence par une légère desquamation non douloureuse, puis progressivement devient prurigineuse, le stade final est la fissuration de l'espace interdigital qui est douloureuse et dont la principale complication est l'infection. (À ce moment, le grattage peut être la cause d'une contamination au reste du corps). Ce foyer d'infection est d'ailleurs la cause principale des onychomycoses. Il faut donc toujours penser à traiter la plante du pied et les espaces interdigitaux pour ne pas risquer une re-contamination ultérieure.
    Il faut être extrêmement prudent en cas de terrain diabétique, artéritique, d'insuffisance veineuse chronique, ou en post-opératoire car les complications sont nombreuses: lymphangite, érysipèle, septicémie, nécroses des orteils.
    Les mycoses des pieds sont l'une des infections les plus courantes des pieds (10 % de la population française est atteinte d'une onychomycose).

Atteintes unguéales[modifier | modifier le code]

L'onychomycose est une lésion qui débute par une atteinte du bord libre de l'ongle, par une tache jaunâtre/ocre, d'extension lente. Elle commence habituellement par le bord latéral de l'ongle. Puis donne ce que l'on appelle des fusées dermatophytiques (sorte de flèches allant du bord libre vers la matrice), une fois la tablette unguéale entièrement atteinte, le stade final est l'onychodystrophie totale. Les onychomycoses n'évoluent jamais vers la guérison spontanée.

Dermatophyties[modifier | modifier le code]

Sont des manifestations allergiques à distance du foyer infectieux. L'aspect est celui d'une dyshidrose, mais peut aussi ressembler à un herpès circiné, bien que l'on ne retrouve aucun dermatophyte à cet endroit (lésion appelé aussi mycétide).

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic et le traitement doivent être précis pour éviter des surcoûts et du temps perdu.

En cas de suspicion de mycose, le prélèvement doit être systématique pour éliminer les diagnostics différentiels fréquents : traumatiques (beaucoup d'ongles de pied peuvent ressembler à s'y méprendre à une mycose et sont pourtant dus à des conflits avec le chaussant, l'avis d'un pédicure-podologue peut préciser ce diagnostic), psoriasis, problèmes vasculaires (en cas d'artérite, les ongles sont moins bien vascularisés et peuvent se décoller)… Le prélèvement mycologique doit être effectué par du personnel qualifié (biologiste, technicien de laboratoire). Un bon prélèvement permettra un traitement efficace. Le prélèvement doit être réalisé à distance de tout traitement antifongique (le traitement, s'il a été commencé doit avoir été arrêté au minimum 1 à 2 mois avant le prélèvement). Pour une atteinte cutanée, le biologiste doit gratter les squames afin de les analyser (examen direct et culture). Pour une atteinte des ongles, le biologiste doit prélever à la limite de l'ongle sain, en effet, c'est à cet endroit uniquement que le champignon pourra être trouvé. Le résultat est délivré 3 à 5 semaines après prélèvement.

Le diagnostic se fait après prélèvement(s), examen microscopique et cultures.

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement à base de griséofulvine (en) est maintenant considéré comme obsolète. Cependant, la griséofulvine est peu onéreuse et fongistatique sur les dermatophytes. La dose quotidienne est de 1 g chez l’adulte et 10–20 mg·kg·j-1 chez l’enfant. C’est le seul antifongique per os ayant une autorisation de mise sur le marché et une présentation adaptée aux enfants. Elle peut être photosensibilisante. Elle présente de nombreuses interactions médicamenteuses. Les principales substances utilisées sont la terbinafine (Lamisil) et les dérivés azolés (fluconazole et itraconazole)[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Feuilhade de Chauvin M, Lacroix Cl., « Dermatophyties », Maladies, sur www.therapeutique-dermatologique.org,‎ août 2005 (consulté le 28 juillet 2012)
  2. Exemple d'un favus du visage sur moulage ancien : [1] (Collection des moulages de l'hôpital Saint-Louis.)
  3. Exemples d'herpès circiné sur moulage ancien : [2] [3] (Collection des moulages de l'hôpital Saint-Louis).
  4. (en) Acharya KM, Mukhopadhyay A, Thakur RK, Mehta T, Bhuptani N, Patel R, « Itraconazole versus griseofulvine in the treatment of tinea corporis and tinea cruris », Indian Journal of Dermatology, Venereology, and Leprology, vol. 61, no 4,‎ 7 janvier 1995, p. 209 (PMID 20952956, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]