Désert d'Atacama

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Atacama
Image illustrative de l'article Désert d'Atacama
Localisation
Pays Drapeau du Chili Chili
Superficie 105 000 km2
Coordonnées 24° 30′ S 69° 15′ O / -24.5, -69.2524° 30′ Sud 69° 15′ Ouest / -24.5, -69.25  
Altitude
Maximale 4 678 m
Minimale 0 m (Océan Pacifique)
Température
Maximale 45 °C
Minimale -25 °C
Autre
Précipitations 50 mm/an
Ressources naturelles Cuivre, fer, lithium

Géolocalisation sur la carte : Chili

(Voir situation sur carte : Chili)
City locator 10.svg

Le désert d'Atacama est un désert hyperaride situé au Chili en Amérique du Sud. C'est un désert d'abri coincé entre la fosse océanique d'Atacama et la Cordillère des Andes. Il est situé au nord du pays, dans la région d'Antofagasta et le nord de la région d'Atacama, non loin de la ville de Calama.

Pays aymara, l'Atacama offre une ligne volcanique, marquant la frontière entre le Chili, la Bolivie et l'Argentine. Tout au long de cette barrière naturelle, il y a des volcans frôlant les 6 000 mètres, entourés par des lagunes turquoise, des geysers et des vallées encaissées. Plusieurs observatoires astronomiques internationaux sont établis dans ce désert « extraterrestre » où la NASA a testé de petits véhicules avant qu'ils aillent explorer Mars. Le robot sur quatre roues baptisé Zoë (en) a trouvé des colonies de bactéries et des lichens sur deux sites distincts de ce désert qui présente pourtant la plus faible densité d'activité organique de la Terre.

Climat[modifier | modifier le code]

Le désert d'Atacama est cité comme étant le désert le plus aride, le plus sec au monde bien que certains endroits du Sahara notamment le sud de l'Égypte et le sud de la Libye reçoivent une quantité de précipitations comparable à celle du désert d'Atacama. Il abriterait les endroits recevant le moins de précipitations au monde, on a relevé seulement 0,8 mm de pluie à Arica. Le climat général s'y trouvant est un climat subtropical, désertique chaud mais atténué par son altitude qui est relativement élevée et marqué par de fortes amplitudes journalières.

Ce climat est caractérisé par les précipitations extrêmement faibles voire inexistantes durant toute l'année mais aussi par une durée d'ensoleillement remarquable. En plein désert, le ciel est souvent totalement dégagé et d'une clarté exceptionnelle, ce qui attire les astronomes venant admirer les étoiles ici. Cependant, dans les villes alentours du désert tel que Arica, il existe une durée d'ensoleillement très moyenne à cause d'une épaisse couche de nuages bas appelée camanchaca qui persiste tout au long de l'année.

L'aridité extrême du désert d'Atacama est due à trois causes, dont une est la crête subtropicale et plus précisément à l'Anticyclone de l'île de Pâques aussi appelé Anticyclone du Pacifique Sud qui est un anticyclone subtropical semi-permanent, une large zone de haute pression ayant par définition un air sec descendant et subsident et qui annihile toute développement de nuages et de précipitations. Cet effet est accentué par le courant de Humboldt qui est un courant froid venant directement des régions polaires et qui rafraîchit considérablement le climat du Chili et du Pérou. Son influence ne s'arrête pas là, en effet ce courant froid qui longe la côte chilienne refroidit aussi l'air marin à l'origine chaud et qui par conséquent empêche cet air de s'élever et de former de précipitations (bien que quelques nuages bas notamment des stratocumulus maritimes et du brouillard se forment). Les importants reliefs et les grandes chaines de montagnes tel que la Cordillère des Andes sont également de la partie en produisant un effet d'ombre pluviométrique, ce qui arrête les nuages et les précipitations apportés par les vents dominants d'est en provenance de l'Amazonie et de l'Océan Atlantique. Ces trois phénomènes réunis garantissent un temps sec et ensoleillé et expliquent pourquoi le désert d'Atacama est extrêmement sec.

De ce fait, l'humidité relative du désert d'Atacama est extrêmement basse oscillant souvent entre 5 et 10% en plein désert dans les zones les plus sèches. Cependant, le long de la côte chilienne et pacifique, celle-ci peut grimper 75% notamment quand la camanchaca est présente.

Au bord de la mer, il n'y a quasiment aucune fluctuation de température entre l'été (saison chaude) et l'hiver (saison froide) à cause de l'influence du courant de Humboldt. Par exemple, à Antofagasta, la température moyenne du mois le plus chaud est de 21,7°C et du mois le plus froid est de 16,7°C[1]. Cela est dû à la présence de stratus côtiers. Toutefois à l'intérieur des terres les fluctuations de température sont autrement plus importantes comme à Vallenar où la température moyenne du mois le plus chaud (janvier) est de 20°C et du mois le plus froid est de 10°C[2]. Dans le cas de Canchones qui est situé dans une cuvette à 1 050 m d'altitude, les variations diurnes de températures sont extrêmes : même en plein été il gèle le matin. Ainsi, la moyenne mensuelle des maximas est de 32°C[3] et la moyenne des minima en janvier est de 0°C[3].

Observatoire astronomique[modifier | modifier le code]

Vue générale de La Silla depuis la route qui mène à l'Observatoire de Las Campanas

De par sa situation géographique, le désert d'Atacama est un site exceptionnel pour l'observation du ciel en raison de la sécheresse extrême du lieu ainsi que de la très faible pollution lumineuse. Plusieurs observatoires astronomiques y sont ainsi implantés :

Histoire[modifier | modifier le code]

La rivalité engendrée pour l'Atacama et surtout le territoire des Charcas entre, d'une part le Chili soutenu par la Grande-Bretagne, relayant en partie les intérêts des grandes puissances européennes, et d'autre part, le Pérou et la Bolivie républiques solidaires par un traité de défense à l'origine, est la cause de la guerre du Pacifique, encore dénommée guerre du salpêtre ou du nitrate, qui dura de 1879 à 1884. La guerre du désert en 1880 mit aux prises l'armée chilienne et l'armée bolivienne, avec les batailles incertaines de Pisagua, Tacna, Tarapaca et Arica. La prise de Morro de Arica amène la victoire définitive du Chili et le retrait précipité de la Bolivie.

Richesse minière[modifier | modifier le code]

Le désert d'Atacama est riche en minerais, notamment le cuivre et le fer, l'or et l'argent. Antofagasta était au XIXe siècle aussi le port du guano et du salpêtre, sources d'extraction de nitrates cruciales pour l'industrie chimique, en particulier les engrais, la poudre et les explosifs, bien sûr avant l'invention du procédé Haber Bosch. Le peuplement de cette région hostile était favorisé par les activités minières, qui, dans le cas des importantes sources de nitrates, étaient hautement stratégiques.

Écorégion[modifier | modifier le code]

Désert d'Atacama
Écorégion terrestre - Code NT1303[4]

Écozone : Néotropique
Biome : Déserts et brousses xériques
Global 200[5] : Déserts d'Atacama et de Sechura
Géographie et climat
Superficie[6] :
104 903 km2
min. max.
Altitude[6] : 0 m 4 678 m
Température[6] : 2 °C 22 °C
Précipitations[6] : 0 mm 39 mm
Écologie
Espèces végétales[7] :
800
Oiseaux[8] :
97
Mammifères[8] :
22
Squamates[8] :
2
Espèces endémiques[8] :
3
Conservation
Statut[8] :
Vulnérable
Aires protégées[9] :
1,1 %
Anthropisation[9] :
0,2 %
Espèces menacées[9] :
16
Ressources web :
Site du WWF

Localisation

alt=Description de l'image Ecoregion NT1303.svg.

Le désert d'Atacama forme une écorégion terrestre définie par le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui appartient au biome des déserts et brousses xériques de l'écozone néotropicale.

L'équilibre de la région est modérément affecté par les routes et les opérations minières. La partie septentrionale a été atteinte par le surpâturage du bétail, l'exploitation du bois de chauffe et la récolte de plantes rares à des fins commerciales. Le désert compte trois aires protégées : le parc national Pan de Azúcar (438 km2), la réserve nationale de La Chimba (en) (30 km2) et la réserve nationale de la Pampa del Tamarugal (en) (1 023 km2).

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le désert d'Atacama présente un niveau élevé d'endémisme végétal, et se démarque par l'adaptation de certaines espèces à la survie dans des conditions figurant parmi les plus dures de la planète.

Flore[modifier | modifier le code]

Le désert comprend plusieurs systèmes de végétation distincts. Le long de la côte, lorsque les montagnes isolées rencontrent les nuages, une zone de brouillard se développe avec une couche de stratus concentrée contre les flancs des collines. L'humidité qui en résulte permet le développement de communautés végétales appelées « lomas » (« petites collines ») formées de plantes annuelles et d'arbustes ligneux. Elles comprennent environ 550 espèces de plantes vasculaires réparties en 225 genres et 80 familles, les plus représentées étant les Astéracées, les Nolanacées, les Cactacées, les Boraginacées et les Apiacées. La région compte trois cactus endémiques: Eulychnia iquiquensis (es), Eriosyce sp. et Copiapoa sp..

Faune[modifier | modifier le code]

Peu d'animaux sont adaptés aux conditions climatiques extrêmement arides de la région. La présence de quelques plantes herbacées et de lichens permet la survie des quelques insectes et scorpions, qui sont la proie de lézards du genre Tropidurus et de quelques Géosittes. Certains arachnides, comme Nerudia atacama ou Chileotrecha atacamensis, sont endémiques de ce désert. Parmi les mammifères, on rencontre périodiquement une souris (Phyllotis darwini (en)) et un renard (Pseudalopex griseus). Les lomas ont une faune un peu plus importante et hébergent notamment plusieurs oiseaux, comme le Bruant chingolo, le Jacarini noir, le Colibri d'Arica, la Géositte à bec épais, l'Upucerthie à gorge blanche, le Synallaxe des cactus, le Xénospingue uniforme et le Conirostre des tamarugos.

En 2003, les restes momifiés d'un humanoïde de quinze centimètres ont été découverts près d'une église. Surnommé Ata et d'abord présenté comme extraterrestre, la créature a été soumise à des analyses, notamment génétiques, qui ont déterminé qu'il s'agissait bien d'un être humain.

Le désert d'Atacama dans la culture[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

• Dans le film Nostalgie de la lumière (Nostalgia de la luz), documentaire franco chilien de Patricio Guzman sorti en 2010 .

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu Battlefield Bad Company 2, le Désert d'Atacama est une carte (bataille fictive) censée représenter le vrai désert pour un débarquement amphibie des Russes sur les avant-postes américains du désert d'Atacama.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Météo des déserts, p. 119
  2. Météo des déserts, p. 121
  3. a et b Météo des déserts, p. 122
  4. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, E. D. Wikramanayake, N. D. Burgess, G. V. N. Powell, E. C. Underwood, J. A. D'Amico, I. Itoua, H. E. Strand, J. C. Morrison, C. J. Loucks, T. F. Allnutt, T. H. Ricketts, Y. Kura, J. F. Lamoreux, W. W. Wettengel, P. Hedao et K. R. Kassem, « Terrestrial Ecoregions of the World: A New Map of Life on Earth », BioScience, vol. 51, no 11,‎ 2001, p. 935-938.
  5. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, R. Abell, T. Allnutt, C. Carpenter, L. McClenachan, J. D’Amico, P. Hurley, K. Kassem, H. Strand, M. Taye et M. Thieme, The Global 200 : A representation approach to conserving the earth's distinctive ecoregions, Washington DC, Conservation Science Program, World Wildlife Fund-US,‎ 2000 (lire en ligne)
  6. a, b, c et d (en)World Wildlife Fund, « The Terrestrial Ecoregions of the World Base Global Dataset », sur http://worldwildlife.org (consulté le 29 septembre 2012). Disponible alternativement sur : Loyola RD, Oliveira-Santos LGR, Almeida-Neto M, Nogueira DM, Kubota U, et al., « Integrating Economic Costs and Biological Traits into Global Conservation Priorities for Carnivores », PLoS ONE,‎ 2009 (consulté le 20 octobre 2012), Table S1. Les données de température et de précipitations sont les moyennes mensuelles minimales et maximales.
  7. (en) G. Kier, J. Mutke, E. Dinerstein, T. H. Ricketts, W. Küper, H. Kreft et W. Barthlott, « Global patterns of plant diversity and floristic knowledge », Journal of Biogeography, vol. 32,‎ 2005, p. 1107–1116 (DOI 10.1111/j.1365-2699.2005.01272.x, lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  8. a, b, c, d et e (en)World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions »,‎ janvier 2006, données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  9. a, b et c (en) J. M. Hoekstra, J. L.  Molnar, M. Jennings, C. Revenga, M. D. Spalding, T. M. Boucher, J. C. Robertson, T. J. Heibel et K. Ellison, The Atlas of Global Conservation : Changes, Challenges, and Opportunities to Make a Difference, Berkeley, University of California Press,‎ 2010 (lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]