Stanislas Potocki

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Portrait du comte Potocki avec ses fils

Le comte Stanislas-Félix Potocki (en polonais Stanisław Szczęsny[1] Potocki, prononcé : [staˈɲiswaf ˈʂt͡ʂɛ̃snɨ pɔˈtɔt͡ski]), né en 1753 à Krystinopol et mort à Toultchine (Tulczyn en polonais) en 1805, est un aristocrate polonais de la prestigieuse famille d'origine ruthène des Potocki. Il fut député de la Diète, lieutenant-général polonais, puis général de l'armée impériale russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils du comte François-de-Sales Potocki (Franciszek Salezy Potocki), voïvode de Kiev et de Tulczyn et de son épouse et cousine Anne, tous deux issus de la branche ruthène des Potocki, leur ancêtre Stanislas ayant été hetman.

Après la mort du prince Auguste-Alexandre Czartoryski (1697-1782), le roi Stanislas-Auguste Poniatowski lui confère le titre de grand-voïvode de Ruthénie et le grade de lieutenant-général. Il est élu à la Diète des Quatre Ans en 1784, comme député de Bracław. Il s'emploie à défendre les privilèges et les droits de la haute noblesse, et il est partisan aussi de réformes inspirées par les Lumières à l'autrichienne, et de mesures préconisées par le roi. Sa popularité atteint un pic lorsqu'il donne quatre cents hommes à l'armée du royaume en 1784. Cependant, comme beaucoup de grands seigneurs, il associe la liberté de son pays à la seule liberté des grands seigneurs.

La Pologne, bloquée par le système du liberum veto, commence à être dépecée entre les trois puissances voisines, la Prusse, l'Autriche et la Russie. Il proteste contre la constitution du 3 mai 1791 qui est défavorable à la noblesse terrienne, car elle soumet les paysans à la juridiction d'État au lieu de celle des seigneurs, et qui se fait d'autre part dans une Europe qui craint les désordres de la Révolution française. Il se rend donc en mars 1792 à Saint-Pétersbourg en délégation, afin de convaincre la Grande Catherine d'appuyer la confédération de Targowica et de rétablir les institutions de l'ancienne Pologne. Cette délégation est composée de grands seigneurs et magnats polonais et provoque le deuxième partage de la Pologne, par l'intervention des Russes le 18 mai 1792, qui trouvent ainsi un prétexte au rétablissement de l'ordre, et l'occupation d'une partie du pays par la Prusse. Le comte, maréchal de la confédération, demande aussi à Léopold II de soutenir la haute noblesse polonaise. Il prend les armes dans les environs de son château de Tulczyn.

Potocki est condamné à mort en Pologne en 1794, pendant le soulèvement de Kościuszko et son effigie est brûlée en place de Varsovie; il sera finalement gracié. En 1795, la Pologne cesse d'exister comme État souverain. Potocki est nommé général d'infanterie de l'armée russe. Il prend sa retraite en 1798 et se retire dans son château de Tulczyn.

Famille[modifier | modifier le code]

Le comte se marie deux fois. Il se marie en 1774 avec Joséphine Mniszech (1752-Saint-Pétersbourg 1798), et, devenu veuf, avec Sophie Clavone, ou Glavani, (1760-1822), d'origine grecque, veuve du comte Ivan de Witte (1781-1840), général d'infanterie de l'armée impériale russe. De son mariage avec Joséphine Mniszech il a :

  • Pélagie-Rose (Pelagia) 1775-1846, qui épouse le général-prince François Sapieha (1772-1829)
  • Georges (Jerzy) 1776-1809 qui épouse Sophie Czelicze (1760-1822), puis Gertrude Komorowska
  • Victoire (Wiktoria) 1779-1826, qui épouse en 1801 le comte Antoine-Louis-Octave de Choiseul-Gouffier (1773-Florence 1840)
  • Louise (Ludwika) 1779-1850, jumelle de la précédente, qui épouse le colonel Joseph Kossakowski (membre de la confédération de Targowica) (1871-1840)
  • Rose (Róża) 1782-1852, qui épouse le comte Antoine-Norbert-Robert Potocki (1780-1850)
  • Constance (Konstancja) 1781-1852, qui épouse son cousin le comte Jean Potocki (1761-1815) en 1798, puis le comte Édouard Raczynski en 1817
  • Stanislas (Stanisław) 1782-1831, général de l'armée impériale russe, qui épouse en 1813 Catherine Branicka (1781-morte à Varsovie en 1820)
  • Jarosław 1784-1838, qui épouse Marie Beydo-Rzewuska (1786-1832)
  • Octavie (Oktawia) 1786-1842, qui épouse Jean-Népomucène Swieykowski
  • Vladimir (Włodzimierz) 1789-1812, qui épouse Thècle Sanguszko-Kowelska
  • Idalie (Idalia) 1792-1859, qui épouse le prince Nicolas Sapieha (1779-1843)

De son mariage avec Sophie Clavone, il a :

  • Constant (Konstanty)
  • Nicolas (Mikołaj)
  • Hélène (Helena)
  • Alexandre (Aleksander)
  • Mietsislas (Mieczysław)
  • Sophie (Zofia) 1801-1875, qui épouse le général Kisselev
  • Olga (1802-1861), qui épouse le prince Narychkine
  • Boleslas (Bolesław)

Décorations[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

Après avoir signé le pacte de la confédération de Targowica: Tout Polonais, non aveuglé par la cabale prussienne et royaliste, est convaincu que notre patrie ne peut être sauvée que par la Russie, sinon ce serait l'esclavage pour notre nation.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Szczęsny étant parfois traduit par Feliks en polonais

Source[modifier | modifier le code]