Artillerie lourde sur voie ferrée

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L'artillerie lourde sur voie ferrée a été créée afin d'utiliser des canons de très gros calibre à une époque où les solutions sur route ne permettent pas de transporter des masses importantes. Les canons et mortiers sur rail permettaient de tirer des calibres importants. L'artillerie lourde sur voie ferrée a majoritairement été employée pendant la Première et Seconde Guerre mondiale.

Matériels d'artillerie[modifier | modifier le code]

Différents types de matériels d'artillerie sur voie ferrée sont développés[1].

  • Affût Truck : le canon est solidaire du châssis et le recul est atténué par le frottement de pièces de bois contre les rails de la voie de chemin de fer. La direction de tir est réglée par le positionnement sur un épi courbe de voie ferrée, construit pour l'occasion.
  • Affût sur berceau : le canon est relié au châssis par un lien élastique qui amortit le recul du départ de coup. Le matériel d'artillerie est mis en place sur un épi droit de voie ferrée.
  • Affût TAZ (tout azimut) : le canon peut tirer dans toutes les directions et se placer librement sur toutes les voies de chemin de fer. Des jambes de force stabilisent l'affût sur le sol pour permettre le tir en travers. La résistance des stabilisateurs limite le calibre des pièces.

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers locotracteurs diesel ont été mis au point pour cette application[réf. souhaitée], car produisant bien moins de fumée que les locomotives à vapeur et donc plus discret à l'approche du front. En France, la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d'Homécourt ont ainsi produit deux séries : des locomotives à deux bogies moteur, type BB, et des locotracteurs à deux essieux, tous deux basés sur le système Crochat.

L'artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF) a été utilisée côté français entre 1915 et 1918. Ces canons de fort tonnage étaient tractés par des machines type 140, spécialement étudiées pour cette tâche. Commandées à 70 exemplaires par le ministère de la Guerre, ces machines ont été construites en Angleterre par Vulcan Foundry (en) de 1915 à 1920 et étaient immatriculées 1 à 70 ALVF. Ces machines seront démobilisées début 1920 et vendues aux réseaux de la Compagnie des chemins de fer de l'Est et de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée à raison de 35 exemplaires chacun[2].

Article détaillé : 140-101 à 370 État ou 140 C SNCF.

Les ALVF connurent un important renouveau via l'Allemagne nazie, car compatibles avec la doctrine allemande d'armes d'élite produites en très peu d'exemplaires. La plus puissante pièce d'artillerie conventionnelle fut ainsi le Schwerer Gustav, canon sur rail de 800 mm, pouvant porter à 48 kilomètres et tirer des obus de huit tonnes, à partir d'août 1942 lors du siège de Sébastopol. Bien qu'ayant marqué l'histoire de l'artillerie et des ALVF, et ayant causé d'importants dommages psychologiques, ce canon avait peu d'utilité tactique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphane Ferrard, « L’artillerie dans la Première Guerre mondiale (1914-1918) – La diversification », Histoire et Stratégie, no 8 « Histoire de l'artillerie »,‎ 2011, p. 52-64 (ISSN 2109-2583)
  2. Jacques Defrance, Le matériel moteur SNCF, ed. La vie du rail, 1960.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Le rôle de l’artillerie lourde à grande puissance dans la bataille du 20 août 1917 à Verdun, par le Général (2S) Guy François [1]
  • Des pièces d’artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF) dans la Marne, ecpad [2]

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