Bloop

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Sonagramme du bloop.
Un enregistrement du bloop (accéléré 16 fois). Source : NOAA

Le bloop est un son d’ultra-basse fréquence détecté par le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américain à plusieurs reprises durant l’été 1997. Ce son provenait très vraisemblablement du bruit généré par un « tremblement de glace » (icequake) d'un énorme iceberg[1],[2].

Analyse[modifier | modifier le code]

Localisations possibles pour le bloop

Le son a été détecté au large de la côte sud-ouest de l’Amérique du Sud par le réseau hydrophone autonome de l’océan Pacifique équatorial, qui utilise l’équipement du Sound Surveillance System de la United States Navy destiné à l’origine au repérage des sous-marins soviétiques.

D’après la description du NOAA, le son « monte rapidement en fréquence sur environ une minute et a une amplitude suffisante pour être détecté par plusieurs capteurs sur une portée de plus de 5 000 km. » Bien qu’il recoupe le profil audio d’un animal vivant, il n’y a aucune espèce connue qui pourrait avoir produit ce son. Si c’était un animal, il serait énorme, plus grand que la baleine bleue, d’après des scientifiques qui ont étudié le phénomène[3].

La NOAA a attribué ce son à un important « tremblement de glace » (icequake)[1]. Beaucoup de tremblement de glaces ont un spectrographe similaire au bloop, ainsi qu'une amplitude qui permet au son d'être détecté à plus de 5 000 km. Ceci a été découvert lors du suivi de l'iceberg A53a qui se désintégrait au large de la Géorgie du Sud en 2008. Le ou les icebergs qui ont pu générer le bloop sont très probablement ceux situés entre Bransfield Straits et Ross Sea, voire au cap Adare, connu comme des sources de signaux générés par de la glace.

Autres explications[modifier | modifier le code]

  • Il est possible d’identifier les animaux d’après le son qu’ils émettent. Le bloop, bien qu’il ressemble au son émis par une baleine bleue, provenait d’une distance de 4 800 km. Certains pensent que ce son aurait pu être émis par une baleine (qui serait alors gigantesque) et porté sur cette distance par des courants marins chauds.[réf. nécessaire]
  • Certains scientifiques postulent que ce son pourrait être émis par un énorme et encore non découvert calamar géant ou pieuvre, ou une nouvelle espèce de poisson ou baleine encore plus grand que la baleine bleue.[réf. nécessaire] Phil Lobel, un biologiste de l'Université de Boston, conteste ces hypothèses, soulignant que les céphalopodes connus n’ont pas de membranes gazeuses nécessaires pour produire ce genre de son, et qu’un cétacé doit faire surface pour respirer et aurait déjà dû être repéré[4]. Ces hypothèses ont inspiré J. J. Abrams pour le film Cloverfield où une étrange et gigantesque créature marine sème la panique au cœur de Manhattan.
  • Théoriquement, le bloop pourrait être produit par une machine. La fréquence est possible mais le volume sonore serait plus difficile à produire. Un sous-marin nucléaire est une hypothèse envisageable : lorsqu'un sous-marin veut s'immerger ou remonter à la surface il remplit ou purge ses ballasts.[réf. nécessaire] Le temps de remplissage ou de purge de ces ballasts peut durer entre 30 secondes et une minute[5].
  • Il est aussi possible que ce son ait été produit par un grand nombre de créatures émettant une vibration synchronisée.[réf. nécessaire]
  • Une hypothèse sismique semble peu probable vu la nature du son et le fait qu’il ait été répété plusieurs fois ; par ailleurs il n'y a ni faille, ni activité sismique sous-marine dans cette région.[réf. nécessaire]
  • En 2005 paraissait un article[6],[7] dans le magazine scientifique Science décrivant les phénomènes complexes qui aboutissent à faire émettre des sons de très basses fréquences par des icebergs. Cette hypothèse est confirmée par la NOAA[1].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Dans sa nouvelle Terre de Fraye, l'auteur de science-fiction Jérôme Noirez évoque une origine extra-terrestre au bloop.

Dans L'Île du Point Némo (2014), l'auteur de fiction Jean-Marie Blas de Roblès fait allusion au bloop et à Cthulhu, avant de chercher l'origine de ce bruit du côté de Jules Verne.

Bloop et R'lyeh[modifier | modifier le code]

Positions relatives des positions de la cité de R'lyeh et du point Némo. Le bloop quant à lui est originaire de l'océan austral selon le NOAA.

Dans le Mythe de Cthulhu, ce dernier est une entité cosmique enfermée dans la cité fictive de R'lyeh, située par H. P. Lovecraft dans la nouvelle L’Appel de Cthulhu[8] dans l’Océan Pacifique sud, à 47° 09′ S 126° 43′ O / -47.15, -126.717 (R'lyeh)[9].

Une rumeur, reprise par les médias, veut que le bloop soit situé aux alentours de 50° S 100° W, ce qui situerait le bloop à moins de 2000 km de la ville fictive de R’lyeh, imaginée par H. P. Lovecraft[10],[2].

Cependant, le NOAA situe l'origine du bloop entre le détroit de Bransfield et la mer de Ross ou au Cap Adare[1], points situés non plus dans le Pacifique Sud mais dans l'Océan Austral.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Acoustics Monitoring Program - Icequakes (Bloop) », Pacific Marine Environment Laboratory, NOAA.gov (consulté le 2012-11-17)
  2. a et b Ian Steadman, « The Bloop mystery has been solved: it was never a giant sea monster (Wired UK) », sur Wired,‎ 29 novembre 2012 (consulté le 10 février 2013)
  3. Car il est très grave.
  4. CNN, « Tuning in to a deep sea monster », 13 juin 2002.
  5. Les sous-marins : Le ballast
  6. « Singing icebergs », in Science, vol. 310, issue 5752, 25 novembre 2005
  7. (en) Article de New Scientist sur les icebergs chantants
  8. BloopWatch.org
  9. Pearsall, Anthony B., The Lovecraft Lexicon, 1st ed., Tempe, AZ: New Falcon, 2005 (ISBN 1-56184-129-3)
  10. Sean Ragan, « The Bloop of Cthulhu? », sur MAKE,‎ 2009 novembre 16 (consulté le 12 février 2013)