Hum (son)

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Le Hum est un phénomène qui se manifeste principalement par ce qui est perçu comme un son caractéristique, de basse fréquence, persistant et envahissant, dont la source est inconnue, qui n’est pas entendu par tout le monde, et dont la présence a été rapportée en plusieurs endroits dans le monde, notamment en Amérique du Nord, en Europe et en Océanie. Le bourdonnement est souvent décrit comme un son ressemblant à celui d’un moteur diesel qui tournerait au ralenti dans le lointain. Il diffère sous plusieurs aspects de certaines conditions physiologiques comme les acouphènes. Le phénomène est souvent perçu plus intensément à l’intérieur des maisons qu’à l’extérieur. Les tentatives d’étanchéité acoustique n’ont guère d’effet et accentuent souvent le problème car elles atténuent les autres sons et rendent ainsi le bourdonnement plus apparent.

Le phénomène est connu sous l’appellation maintenant bien implantée the Hum en anglais et das Brummton-Phänomen en allemand. Il n’a pas encore acquis de nom déterminé en français. On ajoute parfois le nom d’un lieu à l’expression anglaise the Hum, lorsqu'on veut faire référence plus particulièrement à une ville ou à une région où le bourdonnement a été particulièrement publicisé. Parmi les expressions les plus connues, on peut citer, par exemple, the Bristol Hum (Angleterre), the Largs Hum (Écosse), the Taos Hum (Nouveau-Mexique, États-Unis) ou the Kokomo Hum (Indiana, États-Unis).

Description[modifier | modifier le code]

La composante essentielle qui définit le phénomène du bourdonnement est ce qui est perçu comme un son persistant de basse fréquence qui ressemble à celui d’un moteur diesel tournant au ralenti à une certaine distance ou à un son similaire, et pour lequel aucune cause ne peut être identifiée après qu’on a examiné et éliminé les possibilités ordinaires de bruits de cette nature (appareils domestiques, circulation automobile, etc.).

Toutefois, en plus de ce son caractéristique, d’autres composantes semblent également être fréquemment associées de façon significative au phénomène du bourdonnement, car elles sont perçues par une proportion importante des personnes qui sont affectées par le bourdonnement, bien que pas par toutes. Ainsi, un grand nombre des personnes affectées perçoivent le bourdonnement seulement, ou plus intensément, lorsqu’elles se trouvent à l’intérieur de maisons ou d’édifices, mais pas lorsqu’elles se trouvent à l’extérieur. Aussi, un grand nombre des personnes affectées perçoivent des vibrations, qui sont ressenties à la surface ou à l’intérieur du corps. L’utilisation de boules pour les oreilles ou d’autres moyens bloquant les sons ordinaires ne semblent pas diminuer le bourdonnement. Le phénomène est souvent perçu de façon plus intense durant la nuit, souvent au point de réveiller les personnes qui le perçoivent.

Certaines personnes perçoivent le bourdonnement de façon continuelle, alors que d’autres ne le perçoivent que durant certaines périodes. Pour certaines, le bourdonnement peut ne constituer qu’un faible bruit de fond et un inconvénient mineur alors que pour d’autres, qui en perçoivent le son et/ou les vibrations plus intensément, il constitue une nuisance majeure qui interfère de façon importante avec leurs activités quotidiennes. Parmi les conséquences fréquentes, on note le manque de sommeil, puisque le bourdonnement peut empêcher ces personnes de dormir ou les réveiller au milieu de la nuit.

Histoire[modifier | modifier le code]

C’est vers le début des années 1990 que le phénomène du bourdonnement a commencé à être rapporté de façon importante en Amérique du Nord. Le bourdonnement de Taos (the Taos Hum) est devenu plus connu du public américain lorsqu’une étude de l’université du Nouveau-Mexique ainsi que les plaintes de nombreux citoyens habitant la région de la ville de Taos, au Nouveau-Mexique, attirèrent l’attention des médias. Au cours des années 1970 et 1980, un phénomène semblable avait fait l’objet de plaintes de citoyens, de reportages dans les médias et d’études, surtout au Royaume-Uni mais aussi dans d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande. Il est toutefois difficile de déterminer si le bourdonnement rapporté dans ces cas et celui qui commença à être rapporté de plus en plus souvent en Amérique du Nord au cours des années 1990 doivent être considérés comme étant identiques ou plutôt comme étant de natures différentes. Au cours de la dernière décennie, le phénomène du bourdonnement a été rapporté dans de nombreuses autres régions d’Amérique du Nord et d’Europe ainsi que dans d’autres régions du monde.

Bien que les cas de la région de Taos et, plus récemment, de celle de Kokomo soient ceux qui ont été les plus publicisés aux États-Unis, il se peut que cela soit dû au fait que les citoyens de ces localités se soient plus efficacement regroupés et aient mieux réussi à se faire entendre de leurs autorités locales et des médias, et pas nécessairement au fait que le bourdonnement soit plus présent dans ces localités. D'autres regroupements ont été ou sont actifs dans différents pays. La Low frequency noise sufferers association, au Royaume-Uni, et l'Association pour la recherche sur le phénomène du bourdonnement (Interessengemeinschaft zur Aufklärung des Brummtons, IGZAB), en Allemagne, sont probablement les plus connues. Sans doute parce que seul un faible pourcentage de la population se ressent comme étant directement affectée par la perception du bourdonnement, il n’y a pas encore eu jusqu’à maintenant d’étude de grande envergure portant sur le phénomène du bourdonnement, mais seulement des initiatives au niveau local, disposant de ressources limitées. Pour cette raison, ces études ont concentré leur attention surtout sur un petit nombre de causes possibles qu’il est plus facile d’étudier avec des ressources limitées et elles sont généralement arrivées à la conclusion que des recherches de plus grande envergure seraient nécessaires mais que cela demanderait des ressources plus importantes que celles qui sont disponibles au niveau local.

Quelques explications possibles[modifier | modifier le code]

Parmi les explications qui ont été proposées, on trouve notamment les suivantes :

Phénomènes de type acoustique[modifier | modifier le code]

  • Sons de source industrielle distants dont les hautes fréquences ont été atténuées par la distance. À mesure que le son se déplace à travers l’air ou à travers le sol, les sons de haute fréquence s’affaiblissent plus rapidement que ceux de basse fréquence, ce qui fait en sorte que ces derniers voyagent donc sur une plus grande distance. Les sons de basse fréquence peuvent être amplifiés par les murs ou par la structure des édifices. De la machinerie industrielle, comme des compresseurs, transformateurs electriques ou des ventilateurs, peut aussi produire des types de sons semblables. Bien qu’il s’agisse là de l’une des explications qui viennent le plus spontanément à l’esprit, les microphones ordinaires n’ont pas réussi à capter le bourdonnement et des études n’ont pas réussi à identifier clairement de telles sources comme étant à l’origine du phénomène. Des études faites au Royaume-Uni se sont penchées sur ce problème, et le rapport portant sur le bourdonnement de Kokomo a donné des exemples de sources acoustiques de bruit.
  • Infrasons pouvant provenir de différentes sources possibles, soit industrielles, soit naturelles, par exemple de nature géologique ou tectonique.

Phénomènes de type non acoustique[modifier | modifier le code]

  • Un phénomène semblable au phénomène d’audition des micro-ondes, lequel est causé par des sources de micro-ondes pulsées. Dans certaines conditions, un effet de ces types d’ondes est interprété par le système auditif comme l’équivalent de sons. Un phénomène semblable pourrait se produire seul ou bien en combinaison avec d’autres facteurs. Le mécanisme thermo-élastique, qui explique le phénomène classique d’audition des micro-ondes, pourrait être en jeu, ou bien il pourrait s’agir ici d’un mécanisme différent. Différents types de sources électromagnétiques pourraient mettre en jeu différents mécanismes physiques ou physiologiques ou encore une combinaison de ceux-ci. Certaines composantes de l’environnement électromagnétique, ainsi que des exemples de leurs possibles effets combinés, ont été discutés dans l’annexe du rapport d’expertise effectuée par la ville de Kokomo en 2003.
  • Une variante des émissions électromagnétiques de fréquence audio de nature semblable à celle qui sont générées lors de l’entrée et de la désintégration d’un météore dans la haute atmosphère. Ce phénomène dégage une puissance de plusieurs mégawatts dans les fréquences audio, principalement par l’interaction de la trajectoire ionisée et du champ magnétique de la Terre. Voir par exemple cet article de la NASA pour une description de cet effet : Listening to Leonids (en anglais).
  • Certains types de systèmes de communication, tel le système de radio-transmissions de très basse fréquence utilisé dans les communications avec les sous-marins. Cette théorie supposerait que ces fréquences pourraient être détectées par des mécanismes semblables ou différents de ceux par lesquels les fréquences plus élevées sont détectées.
  • Des effets à grande échelle provenant des installations qui expérimentent sur l’ionosphère, du type de celles qui sont en opération en Alaska (États-Unis) High frequency active auroral research program, en Russie et en Norvège.

Phénomènes internes[modifier | modifier le code]

  • Générés soit par le corps, le système auditif ou le système nerveux, en l'absence de stimulus externe. En quelque sorte à la manière d’acouphènes, mais à basse fréquence et avec certaines différences. Toutefois, cette théorie n’expliquerait pas pourquoi une même personne n’entendrait le Hum qu’en certains endroits par exemple à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur. En effet, il n’existe pas de telle chose qu’un « acouphène d’intérieur ». Elle n'explique pas non plus la perception de vibrations au niveau du corps, ni pourquoi il y aurait eu une explosion du nombre de cas au cours des dernières décennies. Cependant, il est possible, et même probable, qu’il existe des différences individuelles entre les différentes personnes au sein d’une population quant à leur seuil de perception des stimuli acoustiques ou non acoustiques, ou qu’il existe d’autres sortes de variations physiologiques normales entre différentes personnes et qui pourraient contribuer au fait que certaines personnes dans la population perçoivent le bourdonnement alors que d’autres ne le perçoivent pas. Ces différences pourraient aussi contribuer à expliquer les différences de niveau d'intensité dans la perception.

Phénomènes multiples[modifier | modifier le code]

  • Toute combinaison de deux ou plus des types d’explications ci-dessus.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes et références[modifier | modifier le code]

  • What's that noise?, The Guardian, 18 octobre 2001. - Article portant sur le bourdonnement en général et plus particulièrement sur le Largs Hum (Écosse), comprend une histoire de cas typique. (En anglais.)
  • Mark Pilkington, Humdinger, The Guardian, 22 juillet 2004. - Très court article, pour un aperçu général. (En anglais.)
  • Interessengemeinschaft zur Aufklärung des Brummtons (IGZAB) - Association pour la recherche sur le bourdonnement, site web allemand bien organisé, avec quelques pages en anglais, incluant une FAQ ainsi que les deux parties de l’étude réalisée pour la ville de Kokomo.
  • Joe Mullins, Un sommaire de l’étude sur le Taos Hum - Par l'un des chercheurs de l'université du Nouveau-Mexique ayant procédé à l’étude. (En anglais.)
  • John Dawes, The Hum - Site web indépendant britannique, information générale, propose sa théorie personnelle quant à un type d’interférence électrique. (En anglais.)
  • William J. Beaty, Taos Hum - Site web indépendant américain contenant divers éléments concernant surtout le Taos Hum (États-Unis). (En anglais.)
  • Un drôle de bourdonnement, blog, [1]