Berbera

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Berbera
Image illustrative de l'article Berbera
Administration
Pays Somalie Somalie
Région Saaxil
Démographie
Population 210 000 hab. (2012)
Géographie
Coordonnées 10° 16′ N 45° 00′ E / 10.26, 45 ()10° 16′ Nord 45° 00′ Est / 10.26, 45 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 3 m
Localisation

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Berbera

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Berbera

Berbera est une ville qui se trouve dans la région nord-ouest de la Somalie, sous administration du Somaliland.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La ville de Berbera se situe dans le nord-ouest de la Somalie, dans la Corne de l'Afrique. Au nord, la commune dispose d'une zone côtière bordée par le Golfe d'Aden.

Climat[modifier | modifier le code]

À Berbera, la température dépasse 40 °C entre juin et septembre. Les vents de la mousson du Nord-Ouest, chauds et poussiéreux, amènent une saison sèche de novembre à février. Au sud-ouest, la mousson rafraîchit la région en juin. Les accalmies des vents, tangambili (« entre deux vents »), se caractérisent par de fortes chaleurs et beaucoup d’humidité. Les précipitations moyennes annuelles n’excèdent pas 280 mm par an. Seule la saison des pluies interrompt la sécheresse de mars à mai.

Voies de communication et transport[modifier | modifier le code]

Située sur la route du pétrole, la ville dispose d'un port en eau profonde depuis 1969 et est le principal port commercial du Somaliland. Il constitue théoriquement un débouché naturel de l’Éthiopie enclavée, alternatif des infrastructures d'Assab (dont l'accès lui est fermé) et de Djibouti, mais l'infrastructure routière et les équipements de manutention manquent, et il ne peut accueillir des navires de grande taille[1]. Une filiale du Groupe Bolloré a candidaté fin 2009 pour sa gestion et la mise en place d'un corridor en promettant d'y investir 500 millions d'euros[2] mais début 2013, c'est toujours le statu quo[3].

Berbera possède un aéroport (code AITA : BBO).

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de Berbera.

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Logement[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le port de Berbera en 1983.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Durant l'Antiquité que les égyptiens ont appelé les habitants de cette ville côtière les « Berbères noirs ».

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À l'époque médiévale c'est l'ancienne capitale du sultanat d'Ifat, un sultanat parmi la trentaine de petites royaumes faisant partie du gigantesque empire éthiopien. Elle sera une des portes d'entrée des arabes qui ont islamisé la région après la révélation de Mahomet. La ferveur avec laquelle ce sultanat s'est soulevé contre l'empereur éthiopien de l'époque, et son attaque, pillage des édifices religieux, lui a valu la méfiance des différentes maisons qui ont régné en Abyssinie. Le leader de cette attaque Ahmed Gragne, vivait dans cette ville.

Après la conversion de la région aux premiers siècles de l'Islam, l'islamisation se poursuit. Ainsi, le voyageur arabe Al Dimashqi y atteste au XIIe siècle la présence d'une communauté zaïdite, présente au Yémen, ou encore le débarquement au XVe siècle de quarante-quatre missionnaires venus de l'Hadramaout au Yémen[4].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Après la rupture avec l'Éthiopie, la ville se soumet mais éphémèrement comme les autres capitales des autres sultanats plus ou moins émancipés de l'empire éthiopien, comme les sultanats d'Adal, Aoussa, Shoa, Fatajard, Harar, Mogadischo, etc..., éphémèrement tour à tour à la domination portugaise, omanaise, avant de tomber dans les bras des anglais au XIXe siècle jusqu'à l'indépendance de la Somalie en 1960.

Colonisation britannique[modifier | modifier le code]

La ville fut la capitale coloniale du Somaliland britannique de 1870 à 1941, date à laquelle elle fut transférée à Hargeisa.

Berbera, qui est une centre d'enseignement supérieur de jurisprudence chaféite, voit s'ouvrir à partir de 1898 une école missionnaire chrétienne, parmi les des deux premières du pays, mais leur présence irritant la population, elles sont fermées en 1910 (Lewis 1965 : 103), en vertu d'une loi interdisant le prosélytisme missionnaire[5].

Au tournant des XIXe et XXe siècles siècles, Berbera est un centre commercial majeur de la Route des Indes. La ville sert de port de transbordement pour l'activité en provenance d'Inde et à destination de l'Arabie, elle abrite une profitable foire, et elle compte une communauté étrangère, principalement des Banians hindous contrôlant complètement les échanges de la cité face à la mince activité des Britanniques, Grecs, Égyptiens, ou Italiens[6]. Le port constitue un débouché pour l'arrière-pays éthiopien en y exportant vers l'Arabie ou le golfe Persique de l'ivoire, des plumes d'autruche, et plusieurs milliers d'esclaves d'origine oromo chaque année[7].

Un syndicat britannique a proposé en 1901 de sauver financièrement la compagnie exploitant le chemin de fer djibouto-éthiopien en échange de la fin de son monopole sur les voies ferrées et de la construction d'une ligne concurrente reliant le port de britannique de Berbera à la ville éthiopienne de Harar[8]. Ce projet a été refusé par la France et le port de Berbera n'a pu renforcé son rôle de terminal de l'arrière-pays éthiopien.

Durant la Seconde guerre italo-éthiopienne, la ville devient en 1935 une étape de la liaison aérienne Tripoli-Mogadiscio, les deux capitales des colonies italiennes, assurée par la société transalpine Ala Littoria[9].

Indépendance et période somalienne[modifier | modifier le code]

Le premier président du Somaliland, Ibrahim Egal, est aussi originaire de cette ville.

Au cours de l'alliance entre la Somalie et l'Union soviétique jusqu'au déclenchement de la guerre de l'Ogaden, la ville lui servit de base soviétique, avant qu'elle ne le soit au profit des États-Unis[10].

Administration[modifier | modifier le code]

C'est la capitale de la région de Saaxil qui fait partie de l'État auto-proclamé du Somaliland.

Géographie[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Actuellement c'est la deuxième ville de la République auto-proclamée de Somaliland, qui a fait sécession après l'éclatement de la Somalie en 1991.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

C'est sur le site rocheux de Las Geel (« le point d'eau des dromadaires », en somali), appelé officiellement Las Gaal même si l'ancien perdure, qu'ont été découvertes le 4 décembre 2002 des peintures rupestres majoritairement monochromes, représentant des animaux (bovins surtout) et dans une moindre mesure des hommes, et assimilables à celles réalisées entre les IIIe et IIe millénaire avant J.-C[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arthur Foch, « Djibouti, une nouvelle porte de l'Afrique ?, Afrique contemporaine 2/2010 (n° 234), p. 73-92. », De Boeck Université,‎ 2010 (consulté en 13 août 2011)
  2. AFP, « Bolloré voudrait investir 500M en Somalie », Le Figaro,‎ 14 octobre 2009 (consulté en 13 août 2011)
  3. [http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/14336-un-futur-concurrent-pour-djibouti.html Un futur concurrent pour Djibouti ?, Jeune Afrique
  4. Robert Ferry, « Quelques hypothèses sur les origines des conquêtes musulmanes en Abyssinie au XVIe siècle. In: Cahiers d'études africaines. Vol. 2 N°5. . pp. 24-36. »,‎ 1961 (consulté le 2 janvier 2012)
  5. Mohamed Mohamed-Abdi, « Retour vers les dugsi, écoles coraniques en Somalie, Cahiers d'études africaines 1/2003 (n° 169-170), p. 351-369. », Editions de l’E.H.E.S.S.,‎ 2003 (consulté en 13 août 2011)
  6. Richard Pankhurst, « Indian Trade with Ethiopia, the Gulf of Aden and the Horn of Africa in the Nineteenth and Early Twentieth Centuries.. in : Cahiers d'études africaines. Vol. 14 N°55. 1974. pp. 453-497. »,‎ 1974 (consulté en 1er janvier 2012)
  7. Jean-Louis Miege, « Le commerce transsaharien au XIXe siècle. In: Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, N°32, 1981. pp. 93-119. »,‎ 1981 (consulté le 2 janvier 2012)
  8. André Brisse, « Djibouti et le chemin de fer du Harar. In: Annales de Géographie. 1901, t. 10, n°52. pp. 370-373. »,‎ 1901 (consulté le 2 janvier 2012)
  9. René Crozet, « Le développement du réseau aérien en 1935. In: Annales de Géographie. 1936, t. 45, n°256. pp. 423-426. »,‎ 1936 (consulté le 2 janvier 2012)
  10. Alain Gascon, « La piraterie dans le golfe d'Aden : les puissances désarmées ?, Hérodote 3/2009 (n° 134), p. 107-124. », La Découverte,‎ 2009 (consulté en 13 août 2011)
  11. Xavier Gutherz, Jean-Paul Cros, Joséphine Lesur, « Nouvelles découvertes de peintures rupestres dans la Corne de l'Afrique : les abris sous roche de Las Geel, République de Somaliland. In: Annales d’Éthiopie. Volume 19, année 2003. pp. 295-306. »,‎ 2003 (consulté le 2 janvier 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]