Bataille d'Elhri

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Bataille d'Elhri
Informations générales
Date 13 novembre 1914
Lieu Village d'Elhri à 20 km de Khénifra
Issue Victoire marocaine
Belligérants
Drapeau du Maroc Rebelles marocains Flag of France.svg France
Commandants
Drapeau du MarocMoha Ou Hammou Zayani Flag of France.svgLaverdure René Philippe
Forces en présence
5000 hommes 43 officiers,1187 hommes
Pertes
182 hommes 33 officiers et 590 hommes tués,5 officiers et 171 hommes blessés
Coordonnées 32° 51′ 25″ N 5° 37′ 23″ O / 32.857, -5.623 ()32° 51′ 25″ Nord 5° 37′ 23″ Ouest / 32.857, -5.623 ()  

La bataille d'Elhri est une bataille qui a opposé la France et le Maroc près du village d'Elhrià 15 de Khénifra Maroc le 13 novembre 1914. La bataille s'est soldée par une victoire marocaine.

Introduction[modifier | modifier le code]

Après l'occupation d'un ensemble de régions du Maroc par les troupes françaises, le général Lyautey déclare, le 12 mai 1914, que le pays des Zayanes constitue un grand danger pour les positions françaises et qu'il est de son devoir d'éliminer les Zayanes installés sur la rive droite de l'oued Oum Errabiaa. Après cette déclaration, un plan d'action pour occuper le pays des Zayanes est préparé sous la responsabilité du général Henrys. C'est ainsi que le 12 juin 1914, trois colonnes partent simultanément de trois points différents, la première de Kasba-Tadla au sud-ouest de Khénifra, commandée par le colonel Garnier du Plessis, la seconde de l'ouest, commandée par le colonel Cros et la troisième d'Ifrane au nord. Elles font irruption dans la cuvette de Khénifra et s'en emparent après un combat acharné. Cette opération avait pour but de supprimer un élément permanent de trouble et de désordre au milieu des pays soumis (Mohand N'Hmoucha d'El Hajeb, Mouha Ou Saïd Ouirra à El Ksiba…), d'assurer la liaison directe des capitales du Nord et du Sud, et de permettre d'exercer une action politique sur les confédérations indépendantes de la montagne.

À la suite de l'occupation de Khénifra par les troupes françaises, Moha ou Hammou Zayani installe son campement à une quinzaine de kilomètres de Khénifra, aux abords du petit village d'Elhri, loin de la portée des canons. Le poste de Khénifra est commandé par le lieutenant-colonel Laverdure.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Plan d'action dans le cadre de la pacification[modifier | modifier le code]

L'Europe embrasée par la guerre, les autorités coloniales se trouvent devant le problème de conquérir le Maroc soumis au protectorat depuis 1912, pour compenser la supériorité du Reich. Le 31 mars 1905 survient la « crise de Tanger ». Cette initiative intempestive de l'empereur d'Allemagne Guillaume II va précipiter la mainmise de la France sur l'Empire Chérifien.[pas clair] La France voyait dans le Maroc un pays contributeur mais qui ne lui était pas totalement soumis. Une grande partie du pays menant une lutte acharnée contre l'occupant, le gouvernement de Paris décide d'envoyer toutes les troupes stationnées au Maroc sur les ports atlantiques, ce qui implique l'abandon des postes avancés répartis dans le territoire marocain, et de garder les axes stratégiques qui mènent au Moyen et au Haut Atlas.

Cette opération entre dans la cadre de politique militaire dite de « jonction » entre le nord et le sud du Maroc.

  • Kénitra-Meknes-Fez sous le commandement de Charles Emile Moinier( à la tête d'une armée de 23 000 hommes) et Henrys Commandant en chef des Territoires, du Nord, à Meknès.
  • Oujda-Taza-Fez (Sous le commandement du général Baumgarten, commandant les troupes du Maroc oriental, Boudnib
  • Casablanca-Tadla sous le commandement du général Charles Mangin, etc.

Cette décision du gouvernement de Paris peut mettre en péril les troupes restantes au Maroc et fragiliser la présence française. L'inquiétude de Lyautey l'oblige à s'exprimer ainsi : « Si nous commençons à évacuer, nous sommes fichus, si nous lâchons la moindre partie du front (...) ce sera la boule de neige », avec 20 bataillons il continuera sa conquête du Maroc dans une situation quasi périlleuse. Lyautey s'engage à mener une guerre contre les redoutables tribus berbères (Zayanes, Ichikirne, Ait Atta, les Aït Seghrouchens (Sidi Rehou ), les Ait Attas ( Assou Oubasslam);, Ait Hdiddous, Aït Sadden, Aït Ndhirs (Beni M’Tir) sous le commandement de Mohand N'hamoucha, les Ait Ouirra dont le chef est Mouha Ou Saïd Ouirra (El Ksiba) etc, sensibilisés par la propagande de Constantinople (alliance turco-germanique) qui prêche la guerre contre les Iroumines (chrétiens).

Cependant l'aide aux rebelles par les services secrets allemands et espagnols ne tarde pas à faire effet par l'approvisionnement en armes.

Sous la conduite du Maréchal Lyautey devenu résident général, après l'établissement du protectorat français sur le Maroc, l'armée française lutte contre les tribus berbères, dans le cadre de la Pacification du Maroc (1907-1916). Le colonel Charles Mangin est un des principaux acteurs de cette guerre coloniale. Il mène l'offensive contre les tribus rebelle du Moyen Atlas, il cherche à s'emparer des plateaux du Tadla et de Beni Mellal, qu'il considère comme une ressource importante en nourriture pour les colons et contraindre les tribus Zayanes à se réfugier dans les montagnes pour les empêcher d'intervenir dans la lutte, stratégie qui consiste à isoler le contingent des Zayanes du théâtre des opérations militaires. Avec l'avancée des troupes venant de Taza et Boudnib (Tafilalet) l'étau se resserre sur les Zayanes et la prise de Khénifra devient imminente: elle sera marquée par la soumission du Pacha Hassan Amahzoune, en juin 1920, au général Poeymirau.

L'offensive appuyée par l'artillerie du 1er régiment d’artillerie de montagne, débarquée à Casablanca le 13 septembre 1913, semble irrésistible. L'armée française déploie toute la panoplie des nouvelles armes à sa disposition : mitrailleuses, artillerie, aviation…

Les bastions de la rébellion tombent les uns après les autres : Médiouna, le 27 septembre ; Oued Zem le 14 novembre, Tadla, Beni Mellal. Elkssiba tombe aussi le 8 avril 1914, devant les forces du colonel Gueydon de Dives, malgré les attaques de Mouha ou Said et Mouha ou Hammou Zayani. La défaite des rebelles, avec 400 morts, le 10 juin devant Khénifra, puis la prise de la ville le 13, semble avoir marqué la défaite de la rébellion. Les tribus Zayanes, bien qu'engagées n'ont pu empêcher Mangin d'atteindre ses objectifs, et la prise de Tadla et de Boujaad les laissent isolés au sein de leurs montagnes. « Notre offensive a vivement impressionné les tribus de la montagne » déclare le colonel Mangin et il félicite les hommes du 1er régiment d’artillerie de montagne, par ce télégramme : « no 139 - Bravo ! Toute ma satisfaction :

  • Primo - pour la vigueur du coup et le brillant succès;
  • Secundo - pour ne pas vous être laissé entraîner et avoir compris qu'il fallait rejeter Moha Ou Hammou dans le pays Zayane sans y pénétrer ;
  • Tertio - pour avoir repris à Sebt Dechra Braksa, Khouribga une position vous permettant aussi bien de vérifier et provoquer soumission que vous porter sur tout autre objectif qu'il y aurait à briser.

Mes félicitations aux vaillants troupiers qui ont fourni un tel effort »

(Extrait du Journal des marches et opérations de la 2e batterie du 1er Régiment d’Artillerie de Montagne pour la période du 6 septembre 1912 au 16 octobre 1913 écrit par Ch. Mangin à Kasba Tadla, le 13 juin 1913).

Cependant la campagne est marquée par de nombreuses exactions des troupes coloniales : prises d'otage, marches forcées, distribution de pains de sucre piégés. Mangin s'y distingue et gagne le surnom de « boucher ». Un médecin-capitaine français écrira de la résistance dans le Moyen-Atlas qu'« elle atteint les limites de l'invraisemblance ».

Campagne de Khénifra[modifier | modifier le code]

Amorcée par Lyautey dès 1904, la « pacification » est poursuivie jusqu'en 1934, soit pendant 22 ans. « "Aucune tribu n'est venue à nous sans avoir été préalablement vaincue par les armes", écrit le général Augustin Guillaume, évoquant les 340 tribus, et l'interminable "pacification" qui coûta 60 000 hommes à l'armée française ».

Première phase[modifier | modifier le code]

Le Q.G de Mouha Ou Hammou Zayani à Khenifra, deux mois avant l’attaque d’Elheri.

Cette opération entre dans la cadre de politique militaire dite de "jonction" entre le nord et le sud du Maroc. L'offensive est appuyée par l'artillerie du 1er régiment d'artillerie de montagne, débarquée à Casablanca le 13 septembre 1913, semble irrésistible. L'armée française déploie toute la panoplie des nouvelles armes à sa disposition : mitrailleuse, artillerie, aviation... Opérations menées par le Général Charles Mangin venant de Tadla et comme poste d'appui la garnison de Sidi Lamine, l'autre venant de Meknès commandée par Henrys et comme postes d'appuis : camp du caid Itto prés d'Azrou, camp de Timahdite et de Aïn Leuh. L'occupation de Khénifra est imminente, l'assaut fut prévu le 10 juin 1914.
La prise de Khénifra (1914) est signalée par la poésie dans ces vers :
Mouha Ou Hammou quitta Khénifra pour s'installer à Elhri.

a- han Mohamed Ouhammou bu wfala enna tezrit
b- Iffegh Khnifra our yad iqqimi exs irumin
a- Vois-tu, Mohamed Ouhammou le guerrier que tu connais
b- A quitté Khénifra, ne s’y trouvent qu’ irumin :(les français)
Au cours de lA bataille d'Elhri deux femmes de Mouha ont été enlevées, il s'agit de Mahjouba et de Tihihit, sa troisième femme fut tuée: Mimouna Nhmad .Le poète signale cet incident par ces deux vers .
-An ammer iwghrib en Mahjouba oula Tihihit
b-Ed idammen en Mimouna N Hmad innghall i tissi
a-Pleurons le calvaire de Mahjouba et de Tihihit
b-Pleurons le sang de Mimouna N Hmad versé dans le lit

Deuxième phase[modifier | modifier le code]

A map showing the settlements and French outposts to the north-west of Khénifra and the route of three French columns approaching the town from the west, north and east
Mouvement des colonnes marchant sur Khénifra après la bataille d'Ehri le 13 novembre 1914 (lire sur la carte : Adekhssal au lieu d'Adersan, Elkbab au lieu de Kebbat, El Bordj au lieu de Bordi, Taghate au lieu de Teguet.)

Après la bataille d'Ehri. Trois colonnes de troupes avec un effectif de 14 000 hommes venues en hâte pour rétablir l'ordre, équipées d'armements modernes(radios sans fil(….), appuyées par les avions de reconnaissances.

Avec la participation de trois colonnes venues en renfort de :

  • Meknès sous le commandement du lieutenant-colonel Henri Claudel.
  • Rabat sous le commandement du lieutenant-colonel Gaston Cros, en passant par Oulmes-Moulay Bouazza-Azziar puis Khénifra.
  • Tadla sous le commandement du colonel Noël Garnier-Duplessis. Henrys a pris le commandement général, de diriger les forces d'un véhicule blindé dans la colonne de Claudel, en présence du Général Lyautey, venu le 5 octobre et repart le 6 octobre, pour remonter le moral aux soldats rescapés du massacre.

Troisième phase[modifier | modifier le code]

Prise définitive de Khénifra le 20 août 1920 par F.Berger marquée par la soumission du future Pacha Hassan Amahzoune au général Poeymirau.

Pacha Hassan promu caïd après sa soumission au général Poemyrau


Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

Carte de Khénifra, Elhri et alentours

Le 12 septembre 1914

Dans une réunion présidée par Laverdure, chef du territoire Zayan avec la présence des officiers supérieurs, le commandant de la cavalerie de l'artillerie et le chef du service des renseignements (le capitaine Ract-Barcaz:était à El Ksiba en 1913 fut blessé à Elhri), il a été décidé en grand secret avec la majeure partie de ses forces divisées en 4 groupes, d’exécuter par surprise un coup de main sur le campement des Zayanis situé à Elhri (10 km au sud-est de Khénifra) et de le razzier à fond. Le départ étant fixé à 2 h 30 du 13 novembre 1914. Le 13 septembre 1914 .Le colonel Laverdure n'a pas tenu compte des négociations engagés avec Mouha Ou Hammou .
Khénifra fut occupée le 12 juin 1914, à la suite de combats acharnés, la présence militaire coloniale devenue restreinte en raison de l'immobilisation, les Zayans peuvent désormais respirer et attaquer à la fois la garnison bloquée réduite à ne pas s'aventurer loin des infrastructures militaires en place et les colonnes de ravitaillement (vivres et munitions) venant de Tadla en passant par Sidi Lamie, la colonne de Garnier-Duplessis (militaire connu pour sa politique de la terre brulée affamant les population de Boujaad à Khénifra) fut attaquée par les Zayanes le 20 aout 1914 (garnison de Sidi Lamine). Après la prise de Khénifra, la casbah de Mouha Ou Hammou devint état major et garnison qui abritait l'effectif militaire suivant :

  • 3 bataillons :
    • 1 bataillon d'infanterie colonial
    • 1 bataillon de sénégalais
    • 1 bataillon de tirailleurs algériens
  • 1 escadron de spahis
  • 1 batterie de 75
  • 1 batterie de 65
  • 1 section de munition
  • 1 ambulance et divers services
  • 1 Goum
  • 1 Makhzen

Khénifra est soumise quotidiennement aux attaques des tribus Zayanes, avec la perte en hommes des deux côtés. En outre le ravitaillement va se faire plus rare. La garnison va être strictement rationnée. Le colonel Laverdure commandait le territoire Zayan et exerçait la fonction en même temps le commandement de la garnison de Khénifra.

La bataille d'Elhri commence par une attaque imprudente du colonel Laverdure, commandant du territoire de Khénifra, contre le campement de Mouha ou Hammou Zayani. À la tête d'une colonne de 43 officiers et 1 230 hommes, venue de Khénifra, il attaque le campement rebelle à l'aube vers 6 heures. malgré les ordres qui lui interdisent formellement toute sortie [...]. Cette décision semble avoir été inspirée au colonel Laverdure par un mokhazni zayan, récemment passé du côté colonial et désireux de venger, sur Mouha ou Hammou.

Surpris et désorganisés, ces derniers n'opposent qu'une faible résistance. Alors que les troupes coloniales se livrent au pillage, Mouha ou Hammou Zayani échappe de peu à la capture en se faisant passer pour un serviteur noir, grâce à sa femme berbère, Zayania Itto, qui prit l'intiative de mettre du charbon sur le visage de son mari afin de lui assurer le camouflage escompté, des femmes de Mouha Ou Hammou furent enlevées : Zahra Taarabt, Yamna Atta, Mhjouba et Tihihhit ; une tuée dans son lit Mimouna Nhmad, lui ont été rendues par Henrys quelques jours après leur enlèvement.
Événement exprimé poètiquement dans cet extrait du "chant de guerre" traduit par l'officier interprète le colonel Mohamed Ben Daoud. "Je frissonne à la seule idée de chanter cette grande et malheureuse journée de vendredi. C’est pour toi, Ô gracieuse Zahra au sourire si délicat, c’est pour Yammna Atta à la taille de guêpe". La contre-attaque immédiate des contingents Zayanes accourus d'Adekhsal, d'Arouggou, les Aït Bouhaddous, les Ichkirns dévalent du jbel Bouguergour et du jbel Bououzzal (Montagne de fer) surprend les assaillants. Les Imazighens attaquent avec fougue les derniers débris de la colonne.

Le bilan pour les Français sera lourd, d'après le communiqué de Lyautey, ils y laissent 33 officiers morts, dont le colonel Laverdure, ainsi que 650 soldats tués et 176 blessés, 8 canons, 10 mitrailleuses, une grande quantité de fusils. Lyautey et Gay Martinet (professeur d'histoire à l'école de la marine française), déclareront qu'il s'agit des pertes les plus catastrophiques, subies par les Français en Afrique du Nord.

Le capitaine Pierre Kroll resté avec trois compagnies pour défendre la garnison de Khénifra avait réussi a informé Lyautey de la sanglante bataille d'Elhri, le général Henrys sera déterminé à frapper fort pour venger cette défaite subie par les Zayanes qui a touché l'orgueil de l'armée coloniale en Afrique du nord. Des colonnes de secours et le général Henrys accompagné du général Lyautey le 5 octobre venues en toute hâte rétablir la situation, le colonel Garnier-Duplessis arrive de Tadla, Le lieutenant-colonel Derigoin de Meknès, les morts sont recueillis sans la moindre réaction des Zayanes.

Cependant, malgré cette victoire, les Zayanis n'ont pu repousser l'assaillant, déjà aux confins de leur territoire. À la suite de cette défaite, les Français révisent leur politique de colonisation contre les Zayanes, et profitent, en plus de l'inégalité de l'armement, de l'anarchie Siba qui règne entre les tribus du fait des luttes intestines, outre les intrigues consistant à diviser les tribus Zayans au sein même de la famille de Mouha pour finir de soumettre celles-ci, à noter que Mouha Ou Hammou a été trahi par ses fils (Bouazza, Hassan, Amahrok et son neveu Oul Aidi).
Un poème zayan l'atteste :
" que vaut Hassan et que vaut Baadi ; que vaut l'homme qui a tué son père? " .

Causes de la défaite[modifier | modifier le code]

La bataille d'Elhri est, de l’aveu même des français, le plus grand désastre connu par leur armée dans toute sa campagne en Afrique du Nord.
Selon le service du renseignement, plusieurs facteurs sont à l'origine de ce désastre :

  • Officier supérieur trop confiant, plus habitué aux théâtres asiatique et africain, et méconnaissant la pugnacité du combattant zayani.
  • Erreurs dans la conception de la manœuvre :

-a positionnement de l'artillerie (qui n'a pas permis de l'utiliser pleinement et qui a été très vite en manque de munitions sans possibilité de recompléter)
-b gros trop aventuré dans le dispositif (ce qui a eu pour conséquence de nombreuses pertes lors du décrochage)

  • Retard dans l'exécution qui a permis le ralliement de plusieurs milliers d'hommes des tribus avoisinantes.

Bilan[modifier | modifier le code]

Canon de 75 modèle 1897 similaire aux quatre perdus par les Français à Elhri

Nombre de militaires ayant participé à la reconnaissance d'Elhri :

  • Officiers : 43
  • Sous-officiers : 84
  • Troupe : 1 148
  • Sont rentrés :
    • Officiers : 10
    • Troupe : 664

Le 13/11 :

  • sont ramenés 40 corps plus 6 morts de leurs blessures.
  • non rentrés et dont les corps n'ont pas été ramenés :
    • Européens : 219 dont 32 officiers
    • Algériens, Marocains : 232
    • Sénégalais : 115
  • Le 19/11

après 6 jours pour reconquérir le terrain :

  • sont retrouvés : total 218 corps
  • sont enterrés sur le terrain :
    • 101 Européens
    • 60 Algériens et Marocains
    • 40 Sénégalais
  • sont identifiés et enterrés à Khénifra :
    • 17 cadavres dont le Capitaine Oyaux du 5e Bataillon de Tirailleurs Sénégalais.

Le 20/11 :

  • sont retrouvés 353 corps
  • 5e Bataillon de Tirailleurs Sénégalais (Commandant Durmella) :
    • Ont participé à la reconnaissance :
  • 7 officiers
  • 20 sous-officiers dont 7 européens et 13 indigènes
  • Troupe : 8 européens et 201 sénégalais
  • Morts :
    • 5 officiers dont le Capitaine Oyaux de la 2e compagnie
    • 10 européens
    • 120 sénégalais
  • Noms des officiers tués :
  • Lieutenant-colonel Laverdure René Philippe ;
  • Commandants : Durmelat, Colonna de Lecca Fage ;
  • Capitaines : Sido, Oyaux, Pommier, Begrand, Bertrand, Vituret, Alcard, Roy, L Camus ;
  • Lieutenants : Brasllach, Aimon, Montaigue, Labas, Defly-Dieude, Campi, Chaffaud, Le Callonec, Lounes-Amar, Chevrier, Gohin, Ancelle, Hanus ;
  • Docteurs Sauvet, Chamontin, Ayraud ;
  • Sous-lieutenants : Koenig, Lorfeuvre, Daoud Aissa ;
  • Officier d'administration : Roux.

Sources :

  • Sur les traces glorieuses des pacificateurs du Maroc, du colonel L. Voinot, Charles-Lavauzelle et Cie, éditeurs, 1939.
  • EL HERRI (source : dossier 3H 585 du SHAT)
  • J. Drouin, Un cycle hagiographique dans le moyen-atlas marocain, publication de la Sorbonne, 1975, p. 122

La résistance Amazigh à travers la poésie[modifier | modifier le code]

Bien que les manuels d’histoire ne donnent pas une place importante à la résistance face à la colonisation au début du XXe siècle, la tradition orale, et particulièrement la poésie, offre un témoignage sur cette lutte farouche des tribus berbères contre l'invasion des français. Les vers poétiques sélectionnés du poète Amliaz, narrent de la résistance berbère dans le Moyen et le Haut Atlas face à l’avancée des troupes françaises, à travers, les lieux cités. L’authenticité des faits exprimés et véhiculés par cette poésie de résistance est confirmée par les rapports et écrits des militaires français. Le poète cite à la fois le nom des villes, villages et bourgades soumises et le nom des officiers coloniaux qui ont participé aux différentes batailles.

Après la prise des villes côtières atlantiques, le colonisateur avance comme en témoigne ce vers qui nous renseigne sur la prise des grandes villes du Maroc central :

A nall i FAS, ad as allegh i MEKNAS, a y AGURAY A SFRU, a TABADUT han irumin zlan agh

Pleurons Fès, Meknès, Agouray

Sefrou, Tabadout, les chrétiens nous ont ruinés.

La plaine du Saiss est ainsi « soumise » et la machine de guerre française s’attaque à la montagne. Comme en témoignent ces vers :

Berci yserreh awal, iggufey is isdaâ KHNIFRA is al itteddu g ayt ttaât

La prise de Khénifra en juin 1914 se confirme,

Tant les résistants ne sont pas de vrais guerriers.

La même désolation est traduite dans ce vers qui réfère à la soumission d'Elhri(le 20 juin 1920), petite bourgade située à une dizaine de kilomètres de Khénifra.

Uran t tzemmurin ass a gan t amm unna Yemmuten, a LEHRI tsiwel digun tawuct

Tu es, à présent, sans force et comme mort

Ô Lehri, la chouette fait entendre son cri lugubre.

La progression des troupes coloniales se fait par étapes. Après Elhri et Khénifra, le colonisateur escalade la montagne. Parti de Khénifra, il prend Alemsid Haut Atlas, puis Aghbala et ses environs. Et après la bataille de Tazizawt, il réussit à accéder au col devant lui offrir un passage vers le sud Est. Il s’agit du col de Bab n Wayyad, frontière naturelle séparant la confédération des Ait Sokhmane d’Aghbal et la confédération des Ait Yafelman: Ait Hdiddou.

Immut Buâzza, may ttabaâm a yimnayen S ixf ULEMSID ibbi wuzzal tassa nnes

Bouâzza est mort, cavaliers, inutile de

Charger vers Almsid, le fer a percé ses entrailles.

Ar ittru WEGHBALA allig isru IKWSAL ar ittru BUWATTAS, a TIZI n TURIRT

Aghbal pleur et fait pleurer Ikousal

Et Bouwatta, ô Tizi n Tewrirt

A TUNFIYT ttughen Saligan wessaght afella nnem ad d iâdel I sselk ad d iddu ghurrem

O Tounfiyt, les sénagalais s’activent,

Pour te relier au Chrétien par téléphone

Inna m BAB n WAYYAD a tizi n taqqat Han arumy ibedda d a nebdu g imyamazn

Bab n Wayyad te dit, ô col

Le colon est là et les combats s’annoncent.

Les attaques françaises se déroulent aussi sur la frontière maroco-algérienne. C’est ce que ce vers nous révèle sur la prise du village de Boubnib au Sud Est.

Ha BUDNIB ijjmeâd ddunit lla ttemmenzaghn inselmen d irumin afella nnun Boudnib,

centre d’intérêt du monde Théâtre

d’affrontement entre chrétiens et musulmans.

Ainsi, la poésie reste une source d’informations inestimables sur la résistance à la colonisation durant les premières décennies du XXe siècle.

La mémoire collective garde toujours vivace cette poésie. Une poésie qui assume plusieurs fonctions : témoigner pour les générations futures et exprimer la déroute d’une population qui a subi le feu de l’artillerie et de l’aviation françaises. Texte : (Moha Moukhlis).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Souvenirs de l'épopée marocaine » du général Theveney. Quelques épisodes de la pacification des Zayans.
  • Abes, M, Les izayanes d’Oulmès, Archives Berbères, 1915.
  • Aspignon, R, Étude sur les coutumes des tribus zayanes, éd. Moynier, 1946, Casa.
  • Basset, A, La littérature Berbère, La Pléiade, 1955.
  • Ben Daoud, O i, Notes sur le pays zayan, archives berbères, 1917.
  • Berger, F, Moha Ouhammou le zayani, éd. Atlas, 1929.
  • Bernie, G, Moha Ohammou, guerrier berbère, éd. Gautey, Casa, 1945.
  • Chafik, M, Trente trois siècle de l’histoire des imazighen, Boukili éd. 2000(3e éd.).
  • Chafik, M, La poésie amazighe et la résistance armée dans le Moyen Atlas et l’Est du Haut Atlas, revue de l’Académie du Royaume, no4,1987.
  • Camps, G, Berbères aux marges de l’histoire, éd. Espérides, 1980
  • Guennoun, S, La montagne berbère, OU LES AIT Oumalou, éd.Oumnia, Rabat, 1933
  • Guennoun, S, La voix des monts, Mœurs de guerres berbères, éd. Oumnia, Rabat, 1934.
  • Guillaume, A, (Général), Les berbères marocains et la pacification de l’Atlas Central( 1912-1933), Julliard, 1946
  • J. Drouin, Un cycle hagiographique dans le moyen-atlas marocain, publication de la Sorbonne, 1975, p. 122
  • Sur les traces glorieuses des pacificateurs du MAROC, du colonel L. VOINOT, CHARLES-LAVAUZELLE et Cie, éditeurs, 1939.
  • Biographie du Maréchal Lyautey
  • Journal des marches et opérations de la 2e batterie du 1er Régiment d'Artillerie de Montagne pour la période du 6 septembre 1912 au 16 octobre 1913, Charles Mangin.
  • Souvenir de l’épopée Marocaine- Général Théveney Quelques épisodes de la Pacication des Zaians- drame d'El Herri le 13 novembre 1914.
  • Georges Bernie, La bataille d'El Hri publié en 1945 (Éditions Gauthey.
  • Georges Bernie, MohaOu Hammou, guerrier berbère paru en 1945.
  • Rapport du Capitaine Ract Brancaz du Service de Renseignements sur le combat d'EL HRI.
  • Encyclopédie berbère

Liens externes[modifier | modifier le code]