Oued Zem

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Oued Zem
وادي زم
la ville des martyrs
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Chaouia-Ouardigha
Province Province de Khouribga
Démographie
Population 90 000 hab.
Population de l'agglomération 170 000 hab. (2010)
Densité 227 hab./km2
Géographie
Coordonnées 32° 51′ 51″ N 6° 34′ 12″ O / 32.864205, -6.569996 ()32° 51′ 51″ Nord 6° 34′ 12″ Ouest / 32.864205, -6.569996 ()  
Altitude 790 m
Superficie de l'agglomération 750 km2
Localisation

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Oued Zem

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Oued Zem
Liens
Site web http://ouedzem24.au.ma/

Oued-Zem, parfois surnommé la ville martyre est une ville marocaine de plus de 90 000 habitants (2010), mais l'agglomération de Oued-Zem regroupe plus de 170 000 habitants. C'est une communauté urbaine qui se situe dans la région de Chaouia-Ouardigha, au sein de la Province de Khouribga.

Elle se situe au centre du Maroc dans l'axe Casablanca-Beni Mellal à 152 km de la première et 72 km de la seconde. Elle se situe également à 173 km au sud-est de Rabat et 250 km au nord-ouest de Marrakech.

Oued-Zem est la ville des martyrs. Le nom de la ville se compose de deux mots : Oued, mot arabe qui indique la rivière et Zem, mot berbère qui signifie lion, car il n'y avait qu'une rivière et un lion (Lion de l'Atlas) qui faisait peur aux gens qui la traversaient. Pour cette raison, ils ont nommé cette région Oued Zem, ou la rivière du lion.

Sa situation stratégique a permis aux troupes de Charles Mangin d'accéder à Khénifra par le village de Sidi Lamine près de Boujaad où siègeait le service de renseignement pour la surveillance des tribus Zayanes et particulièrement le contingent de Mouha Ou Hammou Zayani.

Dans la région de Oued-Zem, il existe différents gisements de minéraux[1], notamment celui des phosphates découvert en 1921, et celui de fer[2] qui se trouve à Ait Ammar[2] (Beni Khayrane) et qui représentait "1/3 de la production nationale en 1952".

La ville elle-même est bâtie au pied des gisements de phosphate à une altitude comprise entre 860 et 875 mètres. Elle s'étend sur une cuvette traversée par la rivière Zem de l'est vers l'ouest puis vers le sud.

Oued Zem a constitué aussi une importante source en eau pour les militaires Français, qui ont changé la source d' eau en un lac d' eau sous forme de la carte de Paris, qu'ils ont nommé Le Petit Paris, et ils ont construit leur caserne à quelques pas du Lac.

La ville se partage entre trois tribus principales : Smaala[1], Beni Smir et Béni-Khirane[1], ce qui explique la forte immigration rurale vers la ville et plus vers généralement la province.

Massacre de 1955[modifier | modifier le code]

Le 20 août 1955, pendant la période de déposition du sultan Mohamed Ben Youssef, eut lieu à Oued-Zem un soulèvement des tribus berbères qui déboucha sur un massacre où un nombre important de Français furent sauvagement massacrés[3] (au moins de 70 selon les archives françaises)[réf. nécessaire] qui sera rapporté par les actualités françaises[4]. Les civils européens, armés pour la plupart, se défendirent avec leurs armes à feu ce qui explique la mort de certains insurgés. Même l'hôpital de la ville, où de nombreux malades étaient marocains, fut l'objet de meurtres et de saccages par les insurgés[5]. La riposte de l'armée française et notamment de la légion étrangère suivit la violence de l'attaque et se solda notamment par l'exécution - sous le feu des soldats de la légion étrangère dont le contingent était composé à ce moment et à cet endroit de soldats d'origine allemande - de responsables désignés par les chefs des tribus d'insurgés. Elle aboutit à de nombreuses victimes marocaines dans la ville même de Oued-Zem et au village voisin, Ait Ammar. Là, 17 européens, des cadres travaillant à la mine de fer, sont tués par des insurgés venus de Oued-Zem. Au Maroc après l'indépendance, c'est le souvenir de l'ampleur de la répression qui a donné à Oued Zem le statut de ville martyre.

Édifice de la Révolution[modifier | modifier le code]

C'est un édifice qui rend hommage à la résistance contre la colonisation, mais fait référence en particulier au massacre du 20 août 1955. Les trois fusils qui trônent en haut de l'édifice représentent les trois tribus de la ville. Ce monument a été inauguré le 20 août 2005 à l'occasion du cinquantième anniversaire de la révolte et du massacre.

Appréciation générale[modifier | modifier le code]

Au centre de la ville se trouve un lac d'une surface de 400 m², dont les côtés dessinent la carte de la France. Pour cette raison, il était surnommé le "Petit Paris" par les français, à l'époque de la colonisation. À Oued-Zem se trouvait également le plus grand moulin du Maroc. Ce fut également la ville où fut construite la première gare ferroviaire du Maroc, car la ville était un point de passage central vers d’autres régions du pays.

Au niveau économique, la ville se situe entre deux régions agricoles : la région de Tadla (caractérisée par des produits agricoles spéciaux et délimitée par la région de Zaër et le Moyen Atlas à l'Est et au Sud-Est) et la région Chaouia (qui se caractérise par d'autres propriétés agricoles).

Par ailleurs, Oued-Zem est un carrefour routier reliant les quatre points cardinaux du royaume. C'est cette particularité qui permit aux militaires de s'installer, dès le début de la colonisation, à proximité de l'Oued Zem. C'est peut-être aussi cette particularité qui va permettre à Oued-Zem d'être rattaché au réseau national autoroutier puisque la future autoroute reliant Casablanca à Béni-Mellal y passera.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c http://aitammarbenikhirane.oldiblog.com
  2. a et b http://aitammar.kazeo.com/
  3. « Massacre d'Oued Zem, au Maroc », Descendant des collines, des milliers de cavaliers berbères de la tribu Ouled Aissim se dirigent vers la petite ville d'Oued Zem, à 130 km au sud de Casablanca. Ils envahissent le quartier européen, mettent le feu aux maisons et tuent sauvagement les Blancs qu'ils rencontrent. Pendant que l'horreur règne à Oued Zem, les survivants français se réfugient dans la mairie.
  4. « Le Massacre d'Oued Ezm », reportage des actualités audiovisuelles françaises d'époque.
  5. témoignage du Docteur Serre, médecin chef de l'hôpital d'Oued Zem.