Barrage de la Grande-Dixence

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Barrage de la Grande-Dixence
Image illustrative de l'article Barrage de la Grande-Dixence
Géographie
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Subdivision canton du Valais
Coordonnées 46° 04′ 51″ N 7° 24′ 12″ E / 46.0808, 7.4033 ()46° 04′ 51″ Nord 7° 24′ 12″ Est / 46.0808, 7.4033 ()  
Cours d'eau Dixence
Objectifs et impacts
Vocation hydroélectricité
Date du début des travaux 3 août 1953
Date de mise en service 22 septembre 1961
Barrage
Type barrage poids
Hauteur du barrage (fondation barrage) 285 m
Longueur du barrage 748 m
Épaisseur du barrage (au sommet) 15 m
Épaisseur du barrage (à la base) 195 m
Réservoir
Altitude du réservoir 2 364 m
Volume du réservoir 400 Mm3
Surface du réservoir 404 ha
Longueur du réservoir km

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Barrage de la Grande-Dixence

Le barrage de la Grande-Dixence est le plus haut barrage poids du monde, et le plus massif d'Europe. Situé dans le val des Dix sur la commune d'Hérémence en Valais, il mesure 285 mètres de haut. Il fait partie d'une vaste installation hydroélectrique nommée Cleuson Dixence ou Grande Dixence d'une puissance de 2 000 MW qui l'associe notamment au barrage de Cleuson.

Construit entre 1953 à 1961, à l'emplacement d'un verrou glaciaire, le barrage constitué de six millions de mètres-cubes de béton[1] bloque le cours de la Dixence. Son lac d'accumulation, le lac des Dix, mesure 5 km de long.

Sur la même rivière, en amont, se situait le barrage de la Dixence, barrage voûte construit dans les années 1930. Ce barrage a été noyé lors de la mise en eau du barrage de la Grande-Dixence et peut encore être aperçu lorsque le niveau du lac est bas.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Plan des lieux.

Le barrage est un immense ouvrage dont l'épaisseur atteint 193 mètres à la base et 15 mètres au couronnement. La longueur totale du couronnement se monte à 748 mètres. Au total, ce ne sont pas moins de 5 960 000 m3 de béton parcourus par 32 kilomètres de galeries et de puits de surveillance. La poussée de l'eau provoque un déplacement du couronnement de 10 centimètres en aval. Plus de 100 km de tunnels acheminent de l'eau depuis les vallées aux alentours via une quarantaine de captages et plusieurs usines de pompage. Le bassin de captage s'étend sur plus de 380 km2 depuis le val d'Héremence jusqu'au Mont Rose près de Zermatt (à plus de 40 kilomètres du barrage).

Trois galeries d'amenée et conduites forcées acheminent les eaux du barrages vers ses différentes centrales hydroélectriques qui sont :

  • La centrale hydroélectrique de Chandoline, 120 MW
  • La centrale hydroélectrique souterraine de Fionnay, 290 MW
  • La centrale hydroélectrique souterraine de Nendaz, 390 MW
  • La centrale hydroélectrique souterraine de Bieudron, 1 200 MW

La centrale hydroélectrique de Chandoline est la centrale la plus vieille, construite avec le barrage de la Dixence en 1930
La centrale hydroélectrique de Nendaz a comme particularité de réutiliser les eaux précédemment turbinées à l'usine hydroélectrique de Fionnay.
La centrale hydroélectrique de Bieudron détient trois records mondiaux (état en 2010) :

  • La plus haute chute d’eau, (1 880 mètres)
  • La plus grande puissance par turbine Pelton, (400 MW)
  • La plus grande puissance par pôle des alternateurs, (35,7 MVA)

La puissance installée sur tout le complexe se monte à 2 000 MW, soit la production équivalente d'une centrale nucléaire et demi.

Histoire[modifier | modifier le code]

Étapes de construction du barrage, de 1953 à 1961.

Après de longues études effectuées par l'Office Fédéral de l'Économie Hydraulique puis par la société Energie Ouest Suisse (EOS), la construction démarre le 3 août 1953 sous la supervision de la société anonyme Grande Dixence (fondée en 1950). Le 22 septembre 1961, une fête célèbre la mise en place de la dernière benne. Toutefois, en 1957, le barrage remplissait déjà une partie de ses fonctions. La demande en énergie à l'époque devenait de plus en plus importante et il était crucial de disposer de l'énergie hydraulique dans les plus brefs délais. Les installations et les autres constructions en annexe du barrage se poursuivront jusque dans les années 1966-1967 avec notamment des stations de pompage et des usines qui permettent d'atteindre un plafond de production. En 1968, ce ne sont pas moins de 1600 millions de kWh qui sont produits, dont 85 % en hiver.

Extension des installations et rupture d'une conduite forcée[modifier | modifier le code]

Une conduite forcée et une usine de turbinage supplémentaire de grande puissance (usine souterraine de Bieudron, 1200 MW, équivalent à la production d'un réacteur nucléaire) ont été construites de 1993 à 1998[2]. Cette installation supplémentaire peut varier sa puissance de 0 à 1 200 MW en l'espace de trois minutes. Elle sert essentiellement à approvisionner le réseau en énergie supplémentaire durant les heures de pointes de consommation.

Malheureusement, le 12 décembre 2000, la conduite forcée en acier ultra dur s’est déchirée sur une hauteur de 8,5 mètres et une largeur de 60 cm à l’altitude de 1 240 mètres, déversant environ 27 000 m3 d’eau sur le flanc pentu de la montagne. Un éboulement de rochers, d’arbres et de boues s’en suivit, emportant plusieurs chalets et granges et tuant trois personnes. Les éboulements coupèrent la route cantonale au pied de la montagne et obstruèrent temporairement le Rhône.

Quatre ans d'analyses approfondies ont montré que cette rupture avait été causée par de la corrosion sous contrainte, phénomène bien connu des concepteurs de sous-marins mais ignoré jusqu'alors par ceux de cette conduite forcée. L'acier utilisé, contrairement à ceux utilisés habituellement, avait une limite élastique trop proche de la limite de rupture, favorisant ce phénomène de corrosion sous contrainte. Suite à cette étude des travaux de réparation ont été entrepris en 2005, consistants à installer sur toute la longueur, à l’intérieur de la conduite existante, une nouvelle conduite en acier plus classique déjà éprouvé par le passé. Ces travaux ont duré environ cinq ans. La conduite ainsi que la centrale de Bieudron sont à nouveau opérationnelles depuis début 2010.

Postérité[modifier | modifier le code]

Jean Luc Godard alors manœuvre sur le chantier décide de réaliser en 1953 un documentaire en noir et blanc intitulé « Opération béton » sur cette phase de la construction[3].

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]