Aymar de La Baume Pluvinel

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Aymar de La Baume Pluvinel en 1921

Aymar Eugène de La Baume Pluvinel, né le 6 novembre 1860 à Paris 8e[1] et mort le 18 juillet 1938 au château de Comblat à Vic-sur-Cère, est un astronome français. Il consacra ses travaux à la photographie des corps célestes, ce qui lui valut d'être reçu à l'Académie des sciences en 1932.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aymar de La Baume appartient à cette lignée des astronomes amateurs qui, sans dépendre d'une institution officielle, ont su faire progresser l’astronomie avec pour moteur la passion et l'indépendance.

Fils de Charles-Alexandre de la Baume, marquis de Pluvinel, et de Marie-Marguerite de Labay de Viella, issu d'une vieille famille du Dauphiné, qui a compté au XVIIe siècle l'écuyer principal de Louis XIII, Antoine de Pluvinel, et qui s'est installée à Paris peu après la Révolution (l'hôtel particulier des La Baume Pluvinel existe toujours au 7 rue de La Baume), il épouse en 1895 Laurence de Durfort-Civrac, dont il aura notamment un fils Antoine, mort à l'âge de 19 ans en 1917, pendant la Grande Guerre de 1914-1918.

Ayant hérité d'une importante fortune mobilière et immobilière, comme le château de Comblat en Haute-Auvergne apporté en 1811 par sa grand-mère paternelle née Amélie Lacarrière de Comblat, ou encore le château de Marcoussis (Essonne)), il put se consacrer à ses activités scientifiques et financer plusieurs missions d'observation des éclipses solaires dans le monde.

Il fut maire de Marcoussis. Il resta très attaché à la Haute-Auvergne, en particulier à Vic-sur-Cère, où il se rendit régulièrement toute sa vie. Il fut inhumé dans le cimetière du village. Il a contribué à la fondation de La Veillée d'Auvergne en 1908.

Travaux[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de 22 ans, en 1882, il avait fait partie de l'expédition à Haïti, menée par Antoine d'Abbadie d'Arrast, pour l'observation du transit de Vénus. À cette occasion, il découvre les premières applications de la photographie au gélatino-bromure d’argent.

Il n’aura de cesse de perfectionner cette technique, en alternant recherche (dans les observatoires de Nice, Meudon, Juvisy, et du Pic du Midi - dont il est l'un des premiers astronomes à utiliser le télescope et où il réalise alors, avec son assistant Fernand Baldet, les premiers clichés photographiques de la planète Mars) et mise en application dans de nombreuses expéditions à travers le monde (Guyane, Crète, Sénégal, Sumatra, Égypte, Crimée, Canada, notamment).

Les clichés obtenus de la surface de Mars grâce au télescope de la coupole Baillaud du Pic du Midi, d'une puissance inédite, furent à même de démentir formellement l'existence de Canaux Martiens (histoire du Pic du Midi)


Les expéditions

Il est difficile aujourd’hui de se faire une idée de l’enthousiasme avec lequel les jeunes astrophysiciens de l’époque préparaient et menaient jusqu’au bout ces expéditions lointaines. Des équipes étaient constituées pour veiller à l’acheminement d’un matériel scientifique fragile dans les lieux les mieux placés pour observer le phénomène, c'est-à-dire, le plus souvent dans des endroits très isolés.

Pour réaliser les précieux clichés, il fallait mener un lourd travail préalable d'installation et de positionnement des appareils photographiques.

Après les semaines de voyage, l'équipe déballait les caisses puis s'employait à assembler puis régler les appareils capricieux. Des semaines entières étaient ainsi investies en mises au point pour quelques secondes de prises de vue. Sans compter qu'un simple voile nuageux suffisait à réduire à néant toute cette préparation...

Les avancées permises par ses travaux

À l'occasion de la remise du prix Valz à La Baume Pluvinel en 1909, l'Académie des sciences précise dans son compte rendu les avancées permises par les travaux de l'astronome :

• Par ses travaux astronomiques, M. de la Baume Pluvinel a acquis, depuis une trentaine d'années, une notoriété qui dépasse les frontières de notre pays. Volontaire de la Science, il a créé à ses frais un matériel spécial pour l'observation des éclipses de Soleil. À plusieurs reprises, il s'est transporté au-delà des mers, pour être témoin de ce rare phénomène, et a rapporté de ses expéditions de nombreux documents qui ont contribué à préciser nos connaissances sur la couronne solaire, sur la constitution de la chromosphère et sur la nature des vapeurs incandescentes immédiatement voisines de la photosphère.

• M. de la Baume Pluvinel s'est également attaché à l'étude de la constitution des comètes. Utilisant un spectroscope à prisme objectif très lumineux, il a trouvé, parmi les radiations émises par la comète Morehouse, des raies particulières paraissant obéir aux lois des spectres de bandes, découvertes par notre confrère M. Deslandres, et caractérisant la présence de gaz nouveaux dans l'atmosphère de cet astre. Ce résultat inattendu est venu réformer nos idées concernant la constitution des comètes, dont la partie gazeuse était considérée, jusque dans ces derniers temps, comme un simple mélange de cyanogène et d'hydrocarbures.

• Dans un autre ordre d'idées, M. de la Baume Pluvinel est l'auteur d'une méthode extrêmement ingénieuse qui se prête à la mesure des effets si complexes de la variation des latitudes. Cette méthode, fondée sur l'emploi d'une lunette zénithale d'un type particulier, donne d'excellents résultats à l'Observatoire de Paris, où elle est actuellement appliquée.

• Possédant le sens expérimental et l'ingéniosité du physicien, M. de la Baume Pluvinel a, d'ailleurs, imaginé des appareils météorologiques enregistreurs qui ont fait leurs preuves, pour le sondage de atmosphère et pour suivre les variations de pression et de température, durant tout le cours de l'année, au sommet du mont Blanc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l'état civil de Paris en ligne, acte de naissance n° 8/1492/1860 (consulté le 24 avril 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]