Audrad le Petit

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Audrad le Petit (en latin Audradus Modicus) est un ecclésiastique et écrivain religieux du IXe siècle.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il était chanoine à Saint-Martin de Tours au temps de l'abbé Fridugise († 834)[1]. Avant 847, il avait été ordonné prêtre, peut-être à Nevers. Cette année-là, il fut élu chorévêque par un synode du diocèse de Sens et consacré par l'archevêque Wenilon. En 849, il partit pour Rome, et le 29 juin de cette année il offrit au pape Léon IV un recueil de ses poèmes, qu'il avait globalement divisés en treize parties. À son retour il fut convoqué à un concile qui se tint à Paris vers la fin de l'année 849, et où tous les chorévêques du royaume furent déposés. Il mourut peu après 853 et fut enseveli dans l'église Saint-Didier située près de Nevers, un 16 janvier.

On conserve de lui plusieurs poèmes : le Liber de fonte vitæ en 404 hexamètres, dédié à l'archevêque Hincmar de Reims ; le Carmen in honore sancti Petri ecclesiæ ; la Passio beatorum Juliani et sociorum ejus en 800 vers ; un poème incomplètement conservé De sancta Trinitate ; des vers en l'honneur de saint Martin. D'autre part, le chroniqueur du XIIIe siècle Aubry de Trois-Fontaines transmet des extraits d'un Liber revelationum, texte en prose à contenu politico-religieux en forme de visions, le dernier extrait renvoyant à l'année 853 ; l'auteur y célèbre Charles le Chauve, et y dénonce Lothaire et Louis le Germanique ; le Ciel y prescrit au premier une expédition contre les Maures d'Espagne, guidée par saint Martin, puis une autre contre les Bretons.

Audrad était le copiste et décorateur d'un splendide lectionnaire venant de l'abbaye Saint-Père-en-Vallée, conservé à la bibliothèque municipale de Chartres (Ms. n° 24) jusqu'à sa destruction au cours d'un bombardement de la Seconde Guerre mondiale. Ce Liber comitis avait été étudié quelques années auparavant par dom André Wilmart[2]. Il serait également l'auteur de poèmes dédicatoires figurant dans la Première Bible de Charles le Chauve, offerte au roi par le comte-abbé Vivien de Tours en 845[3].

Édition[modifier | modifier le code]

  • Patrologia Latina, vol. 115 (Epistola ad Hincmarum, Liber de fonte vitæ, Excerpta Libri revelationum).
  • Ludwig Traube (éd.), Audradi Modici carmina, in MGH, Poetæ Latini ævi Carolini III, p. 67-121 et 739-745.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Walter Mohr, « Audradus von Sens, Prophet und Kirchenpolitiker (um 850) », Archivium Latinitatis Medii Ævi 29, 1959, p. 239-267.
  • Ursula Penndorf, Das Problem der "Reichseinheitsidee" nach der Teilung von Verdun (843) : Untersuchungen zu den späten Karolingern, Münchener Beiträge zur Mediävistik und Renaissance-Forschung, 20, Munich, 1974, p. 94-116.
  • Paul Edward Dutton, The Politics of Dreaming in the Carolingian Empire, Lincoln, Nebr., 1994, p. 128-156.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Libri confraternitatum Sancti Galli, éd. P. Piper, I (1884), p. 14 et 235. Dans un catalogue de deux cent dix-neuf noms (fratrum de Turonis), datant des environs de 820, Audradus est le cinquante-quatrième, étant donc déjà relativement ancien dans la communauté.
  2. André Wilmart, « Le lectionnaire de Saint-Père », Speculum I, 1926, p. 269-278 (Errata p. 450).
  3. Paul Edward Dutton, Herbert L. Kessler, The Poetry and Paintings of the First Bible of Charles the Bald, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1997 (spéc. p. 11 sqq.).