Atlas international des nuages

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Photo de cirrus similaire à celle qui ornait la première édition de l'Atlas

L’Atlas international des nuages (ou plus simplement Atlas des nuages) est un ouvrage publié pour la première fois en 1896[1]. Ses objectifs initiaux étaient d'aider à la formation des météorologistes et de promouvoir un vocabulaire plus cohérent pour la description des nuages. La première édition comprenait des planches de photographies en couleurs, ce qui était alors une technologie nouvelle. De nombreuses éditions ont été publiées par la suite.

Genèse[modifier | modifier le code]

En 1802, Luke Howard est le premier à proposer une classification simplifiée des nuages basée sur leur apparence selon deux « genres » de nuages, cumulus et stratus, et en les divisant en quatre groupes selon la hauteur de leur base, non l'altitude de la cime. À cela s'ajoutèrent des «espèces», qualificatifs pour des variations particulières. Le météorologue anglais Ralph Abercromby influence le suédois Hildebrandsson qui publie en 1890, avec Wladimir Köppen et Georg von Neumayer, l’Atlas des nuages[2].

Durant le XIXe siècle, le monde de la météorologie s'organise et en 1873, l’Organisation météorologique internationale voit le jour. Son Comité météorologique international forme la commission sur d'étude les nuages comprenant des météorologues de renom dont Hugo Hildebrand Hildebrandsson, Albert Riggenbach, Léon Teisserenc de Bort, Julius von Hann, Henrik Mohn et Abbott Lawrence Rotch[3]. Suite à ses délibérations, la commission commandite la première édition de l’Atlas international des nuages sous la direction des trois premiers. Elle était trilingue (français, anglais et allemand), et décrivait pour la première fois la nomenclature unifiée des nuages à l'aide de photos, telle que proposé par la commission.

Pour la première fois, les images représentant les nuages étaient pour la plupart des photographies en couleur, au lieu de photos colorées à la main, un procédé compliqué et dispendieux à l'époque. Seulement quelques-unes étaient des peintures lorsque des photographies n'étaient pas disponibles. La couverture de l'ouvrage comportait la photo d'un cirrus[1].

Les commentaires à cette première édition furent élogieux. Un commentateur nota « Les illustrations sont brillamment colorées et en plus de sa grande valeur pour la météorologie, l'Altas est en lui-même vaut le prix demandé juste pour ces illustrations »[4].

Rééditions[modifier | modifier le code]

L’Atlas international des nuages a de nombreuses fois été réédité depuis 1896, soit en 1911, 1932 et 1939 par l’Organisation météorologique internationale; puis en 1956, 1975 et 1995 (réimpression) par son successeur l’Organisation météorologique mondiale. Son nom changea quelquefois : la version de 1932 fut publiée sous le nom d’Atlas international des nuages et de l'état du ciel, celle de 1939 sous le titre d’Atlas international des nuages et des types de ciels. L'édition de 1956 est la première à être publiée en deux volumes, séparant le texte des photos ce qui abaissa son coût et facilita sa traduction dans plus de langues. Ainsi une édition norvégienne vit le jour en 1958 (Internasjonalt skyatlas 1956), polonaise en 1959 (Międzynarodowy atlas chmur; atlas skrócony) et néerlandaise en 1967 (Wolkenatlas. Bewerkt naar de Internationale verkorte wolkenatlas van de Meteorologische Wereldorganisatie).

L'édition de 1975 fut publié en deux volumes : le premier en 1975 (texte)[5] et le second en 1987 (photos)[6]. Elle contenait plusieurs innovations dont un nouveau chapitre de description des nuages en vue plongeante comme d'un avion. La classification des hydrométéores fut remplacée par une plus générale des météores : hydrométéores (eau sous forme liquide ou solide dans l'atmosphère), lithométéores (particules solides comme les aérosols et poussières), photométéores (phénomènes lumineux dans l'atmosphère comme l'arc-en-ciel) et électrométéores (phénomènes électriques comme la foudre).

Concurrents[modifier | modifier le code]

L’Atlas ne correspondant pas toujours aux besoins de certains usagers, un certain nombre d'ouvrage similaires furent publiés par la suite. Dès 1897, une version simplifiée américaine, dérivée de l'Atlas international des nuages, fut publiée par le gouvernement des États-Unis sous le titre Illustrative cloud forms for the guidance of observers in the classification of clouds. Elle utilisait des lithographies au lieu de photographies[7]. Un commentateur mentionna que la multiplication de cet Atlas concurrent n'était probablement pas une bonne idée en général mais que du point de vue pratique cet ouvrage simplifié était peut-être la seule façon d'obtenir une diffusion plus large de la classification unifiée des nuages[8].

En 1901, un livre allemand très populaire sur la météorologie utilisa nombre de photos de l'Atlas international des nuages qu'un critique jugea la meilleure partie du livre[9]. L’Atlas photographique des Nuages de 1912 utilisa des photographies en tons de gris mais fut critiqué pour ne pas avoir suivi la classification des nuages de l’Atlas international des nuages[10],[11].

En 1923, A Cloud Atlas, du météorologue américain Alexander McAdie, porta sur un autre type de classification des nuages. Au lieu d'utiliser la description de leur forme et altitude, McAdie préconisait un classement selon leurs propriétés et le temps qui leur est associé[12].

Limites de la classification[modifier | modifier le code]

Mode de formation[modifier | modifier le code]

Le classement en genres et espèces est fondé sur l'observation visuelle des nuages dans un environnement moyen. Il n'est qu'indirectement relié à la physique des nuages que parce que leur apparence dépend de celle-ci. Cependant, dans certains environnements les nuages peuvent être confondus entre eux. Par exemple, dans les régions relativement sèches comme les Grandes Plaines des États-Unis, les cumulus dus au réchauffement diurne, qui sont en principe de l'étage inférieur, peuvent avoir une base très élevée qui se retrouve dans l'étage moyen, là où se forme d'une toute autre façon les altocumulus. De forts courants ascendants sont associés aux premiers, mais non aux seconds, pouvant engendrer des problème pratiques de vol pour les avions et les planeurs s'ils sont mal reconnus.

Certains auteurs, comme Richard R. Scorer et Stefen F. Corfidi, suggèrent des modifications à la classification basées sur la thermodynamique que l'on peut analyser grâce aux radiosondages et aux observations des satellites météorologiques[13],[14]. Par exemple, ils suggèrent d'ajouter à la liste des genres comme l'altocumulonimbus (nom non officiel, connu en anglais comme elevated cumulonimbus), un nuage de grande extension verticale provoquant des orages mais dont les ascendances ne partent pas du sol.

Formes spéciales[modifier | modifier le code]

Un mur de foehn a la forme d'une barre nuageuse figée au sommet d'une chaîne de montagnes. Un tel nuage est mentionné explicitement dans le volume 1 l'Atlas[15] et est représenté photographiquement dans le volume 2 de l'Atlas[16] mais il est difficile d'associer ce nuage à un des 10 genres pré-définis. Il est également possible de citer les nuages lenticulaires qui diffèrent en apparence des altocumulus et qui pourraient eux-aussi être un genre à part entière. Finalement, il y a les asperatus qui n'ont aucune ressemblance avec les nuages reconnus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr+en+de) H. Hildebrandsson, A. Riggenbach, L. Teisserenc de Bort et Comité météorologique international, Atlas international des nuages, Paris, Gauthier-Villars (réimpr. 1911, 1932, 1939, 1956, 1975 et 1995) (1re éd. 1896), 14 planches en couleurs et 31 p. (OCLC 28309835)
  2. (fr+de+en+sv) H. H. Hildebrandsson, W. Köppen et G. Neumayer, Atlas des nuages [« Atlas des nuages, Wolken-Atlas, Cloud Atlas, Mohr Atlas. »], Hambourg,‎ 1890
    Édition multilingue en allemand, anglais, français et suédois.
  3. (en) R. DeC. Ward, « Current notes on meteorology », Science, vol. N. S. IV, no 83,‎ 31 juillet 1896, p. 136–137 (ISSN 1095-9203, PMID 17743505, DOI 10.1126/science.4.83.136, Bibcode 1896Sci.....4..136D, lire en ligne)
  4. (en) R. DeC. Ward, « Current notes on meteorology », Science, vol. N. S. XX, no 501,‎ 5 août 1904, p. 182–184 (DOI 10.1126/science.20.501.182-a, lire en ligne)
  5. Volume 1
  6. Volume 2
  7. Illustrative cloud forms for the guidance of observers in the classification of clouds, Washington, É-U, Hydrographic Office,‎ 1897, 16 p.
  8. Meteorological Office, « Illustrative cloud forms for the guidance of observers in the classification of clouds (review) », Symons's monthly meteorological magazine, no 379,‎ août 1897, p. 110–111 (lire en ligne)
  9. (de) H. H. Clayton, « Leitfaden der Wetterkunde », Science, vol. N. S. XIV, no 356,‎ 25 octobre 1901, p. 651 (DOI 10.1126/science.14.356.651, Bibcode 1901Sci....14..651C)
  10. Julien Loisel et L. van de Vyver, Atlas photographique des Nuages, Paris, G. Thomas, coll. « Ciel et Terre »,‎ 1912 (Bibcode 1912C&T....33..259L)
  11. (en) R. DeC. Ward, « Bulletin of the American Geographical Society », Bulletin of the American Geographical Society,‎ 1914, p. 457 (lire en ligne) :

    « We have here some very beautiful reproductions showing even the minute details of cloud structure. When such remarkable photographs are available, we are almost reconciled to the absence of color in the pictures. [...] The author, unfortunately, has not followed the International Cloud Classification, and this fact will militate against the general use of this otherwise most acceptable atlas. It is a pity, when international agreement has accepted a certain cloud classification, to have authors adopting and advocating an independent scheme. »

  12. Alexander McAdie, A cloud atlas, Rand, McNally & company,‎ 1923, 57 p. (présentation en ligne)
  13. (en) Richard R Scorer, Clouds of the world;a complete color encyclopedia, Stackpole books,‎ 1972, 176 p. (ISBN 0-8117-1961-8), p. 31-33
  14. (en) Stefen F. Corfidi, « Elevated Convection and Castellanus: Ambiguities, Significance, and Questions », Weather and Forecasting, NOAA (consulté le 26 juin 2010)
  15. Volume 1, p. 55
  16. Volume 2, p. 125-127,128

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]