Asclepias

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Les asclépiades, du genre Asclepias, plantes herbacées vivaces dicotylédones regroupent plus de 140 espèces inventoriées. Appartenant à la famille des Asclépiadacées selon la classification classique, elles sont maintenant réunies dans une sous-famille des Apocynacées, les Asclepiadoideae, selon la classification phylogénétique.

Carl von Linné nomma le genre d’après le dieu grec de la médecine Asclépios, cette plante possédant de nombreuses vertus en phytothérapie.

Elles représentent des plantes très importantes d'un point de vue écologique, fournissant du nectar pour les abeilles et beaucoup d’autres insectes, dont le papillon Monarque nord-américain.

Les espèces du genre asclépias produisent des graines croissant dans des cosses. Ces cosses contiennent des filaments mous connus sous le nom de soies, chacun d'entre eux étant rattaché à une graine. Lorsque la cosse mûrit, elle s'ouvre et les graines sont emportées par le vent.

L’asclépiade produit un jus laiteux, appelé latex, qui contient des alcaloïdes, du terpène, et plusieurs autres composés complexes. Attention toutefois car certaines espèces sont toxiques

Asclepias et monarques[modifier | modifier le code]

Certains asclépias sont la source exclusive de nourriture pour les larves de papillons monarques (Danaus plexippus). Ce papillon demeure friand de l'asclepias délaissée par les prédateurs et les oiseaux car les molécules de cette plante sont un poison pour eux mais non pour ce papillon.

Le Monarque est en forte régression, et menacé depuis plusieurs décennies par la disparition progressive de ses habitats aux États-Unis à cause de l'Agriculture intensive et au Mexique à cause de la déforestation ou d'une gestion sylvicole trop intensive.

Après plusieurs décennies d'efforts, le gouvernement mexicain et les ONG ont freiné la déforestation dans la zone d'hivernage du monarque (forêts de sapins et de pins oyamel. Mais le recul des asclépiades sauvages aux États-Unis reste un problème majeur[1]. Cette messicoles n'est plus tolérée par les agriculteurs qui la détruisent facilement au glyphosate (matière active du Roundup) dans les champs de plantes génétiquement modifiées pour résister à ce désherbant total.

En 2013, le nombre de monarques en migration vers le Mexique a été le plus bas jamais enregistré, couvrant à peine 0,67 hectares de forêt (à comparer à 21 hectares à la saison 1996-1997)[1].

Une autre cause de disparition récemment identifiée est que de nombreux jardiniers bien intentionnés ont voulu sauver cette espèce emblématique en plantant dans leur jardin des asclépias afin qu'ils puissent pondre et se nourrir, mais nombre d'entre eux ont planté une espèce largement diffusée par les horticulteurs : Asclepias curassavica, qui est originaire des tropiques et non des États-Unis, jolie, facile à cultiver et que les monarques apprécient visiblement, hélas en augmentant le risque qu'ils y contractent une infection invalidante par un parasite[1]. Cette asclépias exotique, dans les régions chaudes du sud des États-Unis ne meurt pas en hiver comme le font les espèces locales. Les monarques sont alors incité à y pondre au lieu de faire le voyage au Mexique. L'Asclépiade tropicale est devenue un « piége écologique » (Ecological trap) pour ces papillons qui ont trouvé là un sites de reproduction hivernale, alors que cette plante héberge un protozoaire parasite dénommé Ophryocystis elektroscirrha (OE). Les papillons qui restent au sud des Etats-Unis au lieu de migrer ont été trouvé 5 à 9 fois plus porteurs de spores de ce parasite. Ce parasite affaiblit les papillons qui vivent moins longtemps et ne peuvent pas migrer jusqu'au Mexique.
Autrefois les asclépiades mourraient en hiver et les papillons s'éloignaient du parasite au Mexique, et quand ils revenaient, une nouvelle génération d'asclépiades, pauvres en parasite les attendaient. Ce n'est plus le cas : dans certains des nouveaux sites de reproduction hivernale, 100% des monarques échantillonnés en 2014 étaient infectées[1].

Les monarques remontant vers le nord au printemps vont traverser les zones infectées et risquent de se contaminer sur les asclépias exotiques qui ne sont pas morts en hiver, y pondre ou s'accoupler avec des papillons infectés, alors qu'ils sont déjà en forte voie de régression. Le US Fish and Wildlife Service est en train de revoir le statut du monarque sous la Loi sur les espèces en voie de disparition[1].

Une solution est de demander aux jardiniers et propriétaires de supprimer tous les asclépias exotiques pour les remplacer par des souches locales (encore cependant assez difficile à trouver) ou au moins couper la plante au moment des quelques semaines du retour de migration[1]

Liste d'espèces[modifier | modifier le code]

Selon ITIS :

Utilisation[modifier | modifier le code]

Dans le passé, la teneur élevée en dextrose du nectar de ces plantes était une source d'édulcorants pour les indigènes d'Amérique et les voyageurs. Le latex des asclépiades contient du caoutchouc (entre 1 et 2 %) utilisé comme ressource naturelle par les Américains et les Allemands pendant la 2e guerre mondiale. Depuis cette plante est identifiée comme espèce en difficulté dû à l'effet combiné de l'urbanisation et de la pollution.

Ennemis[modifier | modifier le code]

Les chenilles des papillons de jour (rhopalocères) suivants se nourrissent d'Asclépiade :

  • Monarque, Grand monarque, Danaus plexippus, (nombreux Asclepias)
  • Petit monarque, Danaus chrysippus (Nymphalidae).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Lizzie Wade (2015) Plan to save monarch butterflies backfires News Journal Science ; en ligne 13 Janvier 2015

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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