Amédée de Savoie-Aoste (1943)

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Amédée de Savoie-Aoste

Succession

Prétendant au trône d’Italie

Depuis le 7 juillet 2006
(8 ans, 1 mois et 20 jours)

Nom revendiqué « Amédée Ier »
Prédécesseur Humbert II (roi d’Italie)
Biographie
Titulature « Duc d’Aoste »
« Duc de Savoie » (titre contesté au sein de la famille)
Dynastie Maison de Savoie
Nom de naissance Amedeo Umberto Costantino Giorgio Paolo Elena Maria Fiorenzo Zvonimiro di Savoia-Aosta
Naissance 27 septembre 1943 (70 ans)
Florence (Italie)
Père Tomislav II de Croatie
Mère Irène de Grèce
Conjoint Claude d’Orléans
(1964-1976)
Silvia Paternò de Spedalotto
(depuis 1987)
Enfants Bianca de Savoie-Aoste
Aimone de Savoie-Aoste, « duc des Pouilles »
Mafalda de Savoie-Aoste
Description de cette image, également commentée ci-après

Prétendants au trône d’Italie

Amédée de Savoie-Aoste (en italien : Amedeo di Savoia-Aosta), cinquième « duc d’Aoste » (Florence, 27 septembre 1943) est un membre de la maison de Savoie et l’un des deux prétendants au trône d’Italie, en concurrence avec son cousin Victor-Emmanuel de Savoie. Il est également considéré par certains monarchistes croates comme l’héritier du trône de leur pays sous le nom de « Zvonimir II ».

Famille[modifier | modifier le code]

Amédée de Savoie-Aoste est le fils unique du prince Aymon de Savoie-Aoste (1900-1948), un cousin de Victor-Emmanuel III d'Italie proclamé roi de Croatie sous le nom de Tomislav II, et de son épouse la princesse Irène de Grèce (1904-1974). Par son père, Amédée est l'arrière-petit-fils du roi Amédée Ier d'Espagne tandis que, par sa mère, il est le petit-fils du roi Constantin Ier de Grèce (1868-1923).

Le 22 juillet 1964, le duc d'Aoste épouse à Sintra, au Portugal, la princesse française Claude d'Orléans (1943), elle-même fille d'Henri d'Orléans (1908-1999), « comte de Paris » et prétendant orléaniste à la couronne de France, et de sa femme la princesse franco-brésilienne Isabelle d'Orléans-Bragance (1911-2003).

En un siècle, c'est la troisième fois qu'un prince de la branche d'Aoste épouse une princesse de la Maison d'Orléans puisque Emmanuel-Philibert de Savoie (1869-1931) se marie en 1895 à Hélène d'Orléans (1871-1951) et que leur fils Amédée II de Savoie-Aoste s'unit en 1927 à Anne d'Orléans (1906-1986).

De l'union d'Amédée et de Claude d'Orléans naissent trois enfants :

  • Bianca de Savoie-Aoste (1966), qui épouse en 1988, le comte Giberto Arrivabene-Valenti-Gonzaga, d'où 5 enfants :
    • Viola Moreschina Nuschi Adec Nicoletta Maria Arrivabene-Valenti-Gonzaga (1991)
    • Vera Clementina Verde Aimone Elena Maria Arrivabene-Valenti-Gonzaga (1993)
    • Mafalda Violante Giovanna Olga Maria Arrivabene-Valenti-Gonzaga (1997)
    • Maddalena Smeralda Brandolina Maria Arrivabene-Valenti-Gonzaga (2000)
    • Comte Leonardo Amedeo Moreschino Sai Maria Arrivabene-Valenti-Gonzaga (2001)
  • Aymone de Savoie-Aoste (1967), « duc des Pouilles », qui épouse civilement, à Moscou le 16 septembre 2008, et religieusement dans l'île de Patmos le 27 septembre 2008, sa cousine issue de germains, la princesse Olga Isabelle de Grèce (1971), elle-même fille du prince Michel de Grèce (1939) et de sa femme Marina Karella (1940)[1], d'où trois enfants :
    • Umberto de Savoie-Aoste, prince du Piémont (2009)
    • Amedeo de Savoie-Aoste, duc des Abruzzes (2011)
    • Isabella de Savoie-Aoste, née le 14 décembre 2012 à Paris
  • Mafalda de Savoie-Aoste, qui épouse d'abord le prince Alessandro Ruffo di Calabria, neveu de la reine Paola de Belgique, puis le baron Francesco Lombardo di San Chirico, d'où trois enfants.
    • Anna Egizia Maria Carla Chiara Benedetta Lombardo di San Chirico (1999)
    • Carlo Ferrante Gennaro Antonio Francesco Lombardo di San Chirico (2001)
    • Elena Maria Carlotta Claude Silvia Stefania Tommasa Vittoria Lombardo di San Chirico (2003)

Le prince Amédée et la princesse Claude se séparent officiellement le 20 juillet 1976 puis divorcent le 26 avril 1982. Leur union est ensuite annulée par l'Église catholique le 8 janvier 1987.

Le 30 mars 1987, le prince Amédée se remarie à Silvia Paternò di Spedalotto (1953), fille du marquis de Reggiovanni et de Rosanna Bellardo, à la chapelle de Villa Spedalotto, à Bagheria, en Sicile.

Outre les enfants nés de la princesse Claude d'Orléans, le prince Amédée est le père de plusieurs enfants illégitimes :

  • Pietro Incisa della Rochetta (1967), né de Nerina Corsini des princes de Sismano, épouse d'Enrico Incisa della Rochetta ;
  • Ginevra Maria Gabriella di Savoia-Aosta (2006), née de Kyara van Ellinkhuizen. Ginevra est atteinte de trisomie 21 et, bien que son père ait déclaré qu'il la reconnaitrait immédiatement après sa naissance et pourvoirait à ses besoins, il ne l'a pas fait et a demandé à réaliser des tests ADN pour confirmer sa paternité. Les tests ayant finalement prouvé qu'il était bel et bien le père de la petite fille, il l'a reconnue le 4 août 2006.

Biographie[modifier | modifier le code]

Trois semaines seulement après la naissance d'Amedeo, alors prince héritier de l'État indépendant de Croatie, l'Italie du sud est envahie par les Alliés et le gouvernement du roi Victor-Emmanuel III d'Italie doit se rendre face aux troupes anglo-américaines. Mais l'Allemagne, ancienne alliée de Mussolini, lance une opération dans le Nord du pays afin de l'occuper et d'y restaurer un gouvernement fasciste. Le jeune Amedeo, sa mère, sa tante Anne d'Orléans et ses deux cousines sont alors arrêtés et envoyés dans un camp d'internement en Autriche. Le père du prince parvient en revanche à gagner le sud et devient commandant de la base navale de Tarente.

Après la fin de la Deuxième Guerre mondiale et la proclamation de la république en Italie, le père d'Amedeo part vivre en Argentine tandis que sa mère et lui-même s'installent en Suisse avant de pouvoir revenir en Italie. Mais, alors qu'il n'est âgé que de 4 ans, son père l'ex-roi Tomislav II de Croatie meurt et le jeune Amedeo devient chef de la branche d'Aoste.

Plus tard, Amedeo étudie au Collège Naval Morosini de Venise puis part poursuivre son cursus en Angleterre. Il est ensuite reçu à l'Académie Navale de Livourne, où il obtient le grade d'officier de la Marine italienne.

Une fois sa carrière militaire terminée, le prince Amedeo se consacre à l'agriculture dans ses nombreux domaines et notamment à la production de vin, vendu sous le nom de « vin Savoie-Aoste ».

En 1996, Amedeo est nommé représentant de la commune de Palerme pour la Fondation internationale « Pro Herbario Mediterraneo ». L'année suivante, le prince est par ailleurs nommé président de cette organisation écologiste. De 2003 à 2006, il est également choisi par le gouvernement italien comme président du comité de gestion permanent de la réserve naturelle nationale de l'île de Vivara. Le prince est un passionné de botanique et il a voyagé dans le monde entier pour réaliser des recherches dans ce domaine.

Titulature et controverse[modifier | modifier le code]

À sa naissance, les Oustachis reconnaissent Amédée de Savoie-Aoste comme le prince héritier de Croatie et certains le proclament même « roi » sous le nom de « Zvonimir II » (après l’abdication de son père le 31 juillet 1943).

En 1948, le prince devient « duc d’Aoste, prince de Cisterna et de Belriguardo, marquis de Voghera et comte de Ponderano », à la suite de la mort de son père.

Depuis le 7 juillet 2006, le prince Amédée se proclame « chef de la Maison de Savoie » et arbore le titre de « duc de Savoie ». Il considère en effet que son cousin, Victor-Emmanuel de Savoie (1937-), prince de Naples, a perdu ses droits dynastiques en se mariant sans le consentement du roi Humbert II d’Italie en 1971[2]. À plusieurs reprises, après la mort d'Humbert II en mars 1983, Amédée de Savoie-Aoste a fait état, sans coup d’éclat, notamment dans un livre, de ses droits au trône d'Italie et au titre de chef de la Maison de Savoie. Cependant, selon ses déclarations et celles de deux des sœurs de son cousin Victor-Emmanuel, le prince Amédée aurait réellement attendu juillet 2006 pour enfin faire valoir, au grand jour, son statut de chef de la Maison de Savoie et de prétendant au trône d’Italie, afin de ne pas risquer de compromettre, avant 2002, la levée de la loi d'exil frappant les descendants - dynastes ou non - du roi Humbert II. Il affirme également que la concomitance de ses actes de juillet de 2006, prévus de longue date, avec les déboires judiciaires que connaissait alors son cousin Victor-Emmanuel sont pure coïncidence, mais que toutefois, « l’affaire Victor-Emmanuel » a alors accéléré ce processus.

Le président de l'Assemblée des sénateurs du royaume italien, Aldo Alessandro Mola, a publié une déclaration en faveur du prince Amédée peu après sa proclamation. Toutefois, seuls 9 des 62 membres du Conseil ont voté en faveur de ladite déclaration. Le prince Amédée a également reçu le soutien de la sœur du prétendant officiel, sa cousine, la princesse Marie-Gabrielle de Savoie (1940).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Gianni Oliva, Duchi d'Aosta. I Savoia che non diventarono re d'Italia, Mondadori, Milan, 2003.
  • (it) Gigi Speroni, Amedeo duca d'Aosta, Rusconi Libri, Milan, 1984.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]