Alexis Konstantinovitch Tolstoï

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Alexis Konstantinovitch Tolstoï
Portrait par Karl Brioullov.

Alexis Konstantinovitch Tolstoï (en russe : Алексей Константинович Толстой), né le 5 septembre (calendrier julien : 24 août) 1817 et mort le 10 octobre (calendrier julien : 28 septembre) 1875, est un poète russe, auteur également de nouvelles et de pièces de théâtre.

Alexeï Tolstoï est né à Saint-Pétersbourg dans la famille des comtes Tolstoï. Il est cousin éloigné de l'écrivain Léon Tolstoï. Sa mère, Anna Alekseyevna Perovskaya (1796–1857), est la fille naturelle d'Alexis Kirillovich Razoumovski, ministre de l'Instruction publique sous Alexandre Ier ; un de ses frères est gouverneur général d'un ensemble de provinces russes. Séparée du comte Konstantin Petrovich Tolstoy (1780–1870) après un an de mariage, Anna Perovskaya à 17 ans choisit de vivre avec son fils chez un de ses frères, Alexis Alexeivich Perovsky (1787–1836), écrivain connu sous le nom de Antony Pogorelsky, qui servira de père à l'enfant et en fera l'héritier de son immense fortune. Alexeï Tolstoï, dans son enfance, sera le compagnon de jeux du futur Tsar Alexandre II avec lequel il restera lié et dont il recevra plus tard de nombreuses faveurs.

En 1826 il est présenté à Pouchkine - qu'il reverra en 1836 un an avant la mort de ce dernier - dont l'œuvre eut, sur ses choix littéraires, une forte influence. Il est encore adolescent lorsque, avec sa mère et son oncle, il se rend en Allemagne en 1827 - il fait la connaissance de Goethe à Weimar - puis en Italie, longuement visitée en 1831. Son oncle y achète de nombreuses œuvres d'art et notamment celles que contenait le palais Grimani à Venise ; c'est là qu'Alexis « tombe amoureux de l'art ». À son retour en Russie il passe les examens universitaires sans avoir beaucoup fréquenté l'Université et fait partie des cercles intellectuels, notamment slavophiles, se liant avec Odoïevski et Kireïevski ; plus tard il rompra en partie avec ce mouvement de pensée. Diplômé de l'université de Moscou en 1836, il est nommé à des fonctions diplomatiques à Saint-Pétersbourg, en Allemagne et en Italie ; puis il se fait affecter à la Chancellerie ; en 1850 il est en mission dans le gouvernement de Kalouga, proche de Moscou, où il revoit Gogol qu'il avait connu en Allemagne. Il passe plusieurs années à la cour de Nicolas Ier puis d'Alexandre II, d'abord avec la charge de maître de cérémonies et en 1855 à l'avènement du nouveau tsar il est nommé aide de camp d'Alexandre II. Il est aussi nommé Grand Maître des chasses impériales, un titre honorifique que gardera toute sa vie cet homme animé d'une forte passion pour la chasse.

En 1851 il rencontre Sofia Andreïevna Bakhmetieva (1826?-1892?), dont la famille est déjà alliée à celle des Tolstoï ; cette jeune femme d'une grande culture - elle parle 14 langues - et d'une vive sensibilité artistique, est (mal) mariée à un colonel de la Garde à cheval du tsar, Feodor Miller. Alexis Tolstoï ne pourra épouser qu'en 1863, à Leipzig, après le décès de sa propre mère et le difficile divorce du couple Miller, cette femme dont il s'est épris « au premier regard » : Sofia inspirera toute la poésie de Tolstoï et deviendra le juge attentif, parfois sévère, et passionné de son œuvre théâtrale et romanesque.

1852 est l'année où Tourgueniev est emprisonné (« mis aux arrêts ») puis exilé sur ses terres. Le crime de Tourgueniev était d'avoir critiqué ouvertement le servage. Alexis Tolstoï risquera l'exil à son tour pour avoir pris publiquement sa défense, œuvré pour faire cesser son exil et tenté de lui obtenir un passeport pour l'Occident.

En 1854-55 Tolstoï participe à la guerre de Crimée ; chargé d'organiser et d'administrer des hôpitaux, il tombe malade du typhus. Sofia, venue le rejoindre, le soigne durant de longues semaines. Il guérit lentement puis, la paix signée, il entreprend avec elle un long voyage dans la région.

Sa mère meurt en 1857 et le choc subi est terrible : incapable d'en élaborer le deuil pendant de longues années, il se jettera dans une recherche spirite pour tenter d'élaborer un dialogue avec son oncle et sa mère défunts.

En 1859, il obtient un congé illimité de ses fonctions administratives - il ne pourra présenter sa démission au tsar Alexandre II qu'en 1861 - pour se consacrer entièrement à son œuvre. Dans les années 1870 il tombe malade, souffrant notamment de violentes crises d'asthme ; ayant été toute sa vie un maître et un ami généreux, il constate aussi que ses ressources financières ont considérablement diminué ; il meurt pour avoir volontairement pris une dose excessive de morphine en octobre 1875.

Il a écrit des ballades, des récits fantastiques, un roman historique « Le Prince Serebriany » (1860), quelques vers érotiques et - en collaboration avec trois de ses cousins Jemtchoujnikov - des fables, des satires et des parodies publiées dans la presse sous le pseudonyme collectif de Kozma Prutkov, personnage fictif qui devint rapidement le prototype du bureaucrate borné. À lui seul Kosma Prutkov ou Proutkov, dont la sottise nourrit encore de nos jours la verve satirique russe, pourrait égaler les Bouvart et Pécuchet flaubériens (et peut-être Flaubert a-t-il, pour ce livre, à travers Tourghéniev leur ami commun, puisé une partie de son inspiration dans cette partie de l'œuvre d'A. Tolstoï). Mais sa contribution la plus remarquable à la littérature russe est sa trilogie de drames historiques, construits suivant le modèle du Boris Godounov d'Alexandre Pouchkine.

Œuvres écrites ou traduites en français[modifier | modifier le code]

  • La Famille du Vourdalak. Fragments inédits des Mémoires d'un inconnu (1840, écrit en français, publié posthume)
  • Le rendez-vous dans 300 ans (1840, écrit en français, publié posthume)
  • Don Juan (1860)
  • La Mort d'Ivan le Terrible (1866)
  • Le Tsar Fédor Ivanovitch (1868)
  • Le Tsar Boris (1870)

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