Adolf Heusinger

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Adolf Heusinger
Adolf Heusinger en 1961.
Adolf Heusinger en 1961.

Naissance 4 août 1897
Holzminden
Décès 30 novembre 1982
Cologne (Allemagne)
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand (jusqu'en 1918),
Flag of Germany (3-2 aspect ratio).svg République de Weimar (jusqu'en 1933),
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Drapeau de l'Allemagne Allemagne de l'Ouest (1955-1964)
Arme Heer
Grade Generalleutnant
Années de service 1915-1945 – 1955-1964
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement Generalstabschef des Heeres (07/1944)
Generalinspekteur der Bundeswehr (1957)
Distinctions Eisernes Kreuz
Heusinger (gauche) avec Hitler, 1er juin 1942

Adolf Heusinger, né le 4 août 1897 à Holzminden et mort le 30 novembre 1982 à Cologne, est un général allemand de la Seconde Guerre mondiale. Il fut le premier chef d'état-major de la Bundeswehr, les forces armées ouest-allemandes, après la guerre. Il sera également le président du Comité militaire de l'OTAN avant sa retraite en 1964.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant 1920[modifier | modifier le code]

Le père d'Adolf Heusinger, Ludwig (né en 1862), est professeur et sa mère, née Charlotte von Alten, est issue d'une ancienne famille aristocratique ayant des ramifications dans le Hanovre. Son frère, Bruno Heusinger, sera président de la Cour fédérale de Karlsruhe.

Il s'engage après le lycée Julianum de Helmstedt comme volontaire en 1915 au 96e régiment d'infanterie de l'armée impériale. Il deviendra plus tard officier d'ordonnance sur le front Ouest. Il est nommé lieutenant le 4 juillet 1917. Il est plusieurs fois blessé à Verdun et sérieusement blessé dans les Flandres à l'automne 1917. Il est alors fait prisonnier par les Britanniques et transféré dans un camp de prisonniers dans le Yorkshire, jusqu'en décembre 1919.

1920-1940[modifier | modifier le code]

Il est intégré dans la Reichswehr le 1er janvier 1920 au 15e régiment d'infanterie stationné à Cassel. Il devient Oberleutnant en 1925 et de 1930 à 1934, il est officier d'état-major au ministère des Armées à la division opérationnelle du service des troupes. Il épouse Gerda Krüger, historienne, en 1931. Adolf Heusinger est nommé capitaine le 1er octobre 1932. Il est chef de compagnie du 18e régiment d'infanterie stationné à Paderborn, puis de 1935 à 1937 premier officier d'état-major de la Première division d'infanterie basée à Allenstein en Prusse-Orientale, où il devient major. Il sert de 1937 à 1944 au Commandement suprême de l'armée de terre et parvient au grade de colonel le 1er août 1940.

1940-1945[modifier | modifier le code]

Heusinger devient quelques mois plus tard chef de la Division opérationnelle de l'état-major du commandement suprême et participe aux décisions opérationnelles et stratégiques de l'armée de terre. Il est chargé de la préparation de l'opération Fall Blau, nom de code de l'attaque sur Stalingrad. Toutefois Heusinger et le chef de l'état-major Franz Halder ne peuvent imposer leurs vues pendant la menée des combats, face à l'entêtement d'Hitler pendant la bataille de Stalingrad. Halder voulait d'abord prendre Moscou, alors qu'Hitler voulait prendre le Caucase, voie d'accès au pétrole des régions de la mer Noire. Sa directive du 23 juillet 1942, après l'hiver désastreux qui coûta la perte ou la disparition d'un million de soldats allemands à Stalingrad, conduisit à la perte de l'armée allemande.

Heusinger est Generalmajor depuis décembre 1941 et Generalleutnant en janvier 1943. C'est à cette époque qu'il est convaincu de la nécessité d'éliminer Hitler. Il avait compris aussi que la mauvaise qualité des renseignements concernant le front de l'Est était problématique pour les prises de décision de l'état-major. Il nomme Reinhard Gehlen en avril 1942 à la tête d'un début de réseau de renseignements qui tente de rester indépendant de la SD. Il est nommé chef de l'état-major du commandement suprême, lorsque le Generaloberst Kurt Zeitzler démissionne pour cause de maladie en juillet 1944, et se trouve donc à côté d'Adolf Hitler, lui montrant une carte, lors de l'attentat du 20 juillet 1944. Comme le Führer, Heusinger ne sera que blessé par l'explosion de la bombe placée par le colonel Claus von Stauffenberg.

Il était au courant depuis plusieurs mois des préparatifs de cet attentat qu'il approuvait, bien qu'il n'y prît pas part. Il est blessé, transféré dans un hôpital par la Gestapo et mis aux arrêts. Il est emprisonné ensuite et interrogé. On le relâche cependant en octobre 1944, faute de preuves. Il est rayé du service d'active et mis dans la Führerreserve, mais il obtient un poste le 25 mars 1945 au service des cartes de l'armée. Il est fait prisonnier par les Américains à la fin de la guerre.

Après 1945[modifier | modifier le code]

Le général Heusinger est transféré dans un camp de prisonniers, puis reste sous surveillance alliée jusqu'en 1948. Il commence alors sa collaboration au nouveau service de renseignement militaire de Reinhard Gehlen, son ancien officier. Son nom de code est Horn et il dirige le service d'exploitation des données, jusqu'en 1950, année où il publie un livre de Mémoires sur l'armée allemande, Befehl im Widerstreit, Schicksalsstunden der deutschen Armee 1923-1945 (« Commandement dans le conflit, les heures fatidiques de l'armée allemande 1923-1945 »). Il est ensuite conseiller du chancelier Konrad Adenauer lors des entretiens de Petersberg avec les Alliés en décembre 1950.

Heusinger poursuit sa carrière à l'administration Blank qui sera à l'origine du ministère de la Défense, créé en 1955. Il est conseiller militaire de 1955 à 1957.

Il est confirmé au rang de Generalleutnant en novembre 1955, devenant l'un des plus hauts-gradés la future Bundeswehr qu'il contribue à mettre sur pied. Il en devient inspecteur-général en juin 1957, puis chef de l'état-major. Il préside le Military Committee de l'OTAN de 1961 à 1964 à Washington.

Le général Heusinger prend sa retraite le 1er avril 1964. Il était titulaire de nombreuses décorations.

Titres et décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Rangliste des Deutschen Reichsheeres. Mittler & Sohn, Berlin, 1930 (p. 159).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bundesministerium der Verteidigung – Führungsstab der Streitkräfte I 3 (collectif) : Adolf Heusinger – ein deutscher Soldat im 20. Jahrhundert., Bonn, 1987.
  • Georg Meyer: Adolf Heusinger. Dienst eines deutschen Soldaten 1915 bis 1964. Mittler, Hambourg, 2001.
  • Dieter Lent: Heusinger, Adolf. In: Horst-Rüdiger Jarck, Günter Scheel (sous la dir.) : Braunschweigisches Biographisches Lexikon: 19. und 20. Jahrhundert. Hahnsche Buchhandlung, Hanovre, 1996 (p. 271 et suiv.).