AZERTY

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Distribution géographique des différentes dispositions de clavier en Europe :
  •      QWERTY
  •      QWERTZ
  •      AZERTY
  •      Dispositions nationales (turc FGĞIOD, letton ŪGJRMV, lituanien ĄŽERTY)
  •      écritures non-latines
Disposition AZERTY en usage en France.
Disposition AZERTY en usage en Belgique.

La disposition AZERTY est un arrangement spécifique des caractères de l’alphabet latin et de divers caractères typographiques sur les touches des machines à écrire et claviers d’ordinateur. Elle dérive, tout comme le QWERTZ germanique, de la disposition QWERTY anglaise et possède ses propres variantes nationales en France et en Belgique. Son nom provient des six premières lettres de la première rangée des touches alphabétiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers essais de dispositions de clavier ont été réalisés sur des secrétaires en 1865. La disposition qwerty, brevetée en 1868, a été spécifiquement étudiée pour éviter les risques de blocage des premières machines à écrire mécaniques produites massivement par l’armurier Remington. Sur ces premières machines à écrire, les tiges des touches voisines se coinçaient fréquemment l’une l’autre. La disposition qwerty a donc été conçue afin que les lettres les plus fréquemment contiguës dans les mots de la langue anglaise correspondent à des « barres à caractères » (les marteaux frappant le papier) les plus écartées possibles, ce qui limite les risques de blocage des tiges[1]. Les touches correspondantes sur le clavier, directement reliées aux barres à caractères se retrouvent elles-mêmes éloignées. La conséquence est une accélération de la frappe par rapport à une situation où les barres se coincent, et un ralentissement par rapport à un système qui n'aurait pas de barres.

En France[modifier | modifier le code]

Machine à écrire allemande "Royal" avec clavier français

La disposition azerty apparaît en France dans la dernière décennie du XIXe siècle comme déclinaison de certaines machines à écrire américaines qwerty. Son origine est inconnue des historiens, pionniers et propagandistes de la machine à écrire. En 1907, la disposition française « zhjay » d’Albert Navarre ne trouve pas son public : les secrétaires sont déjà habituées au qwerty et à l’azerty[2],[3].

Le Minitel disposait d'un clavier azerty

La disposition azerty est un standard de fait en France. Elle ne fait pas l’objet d’une description dans une norme française. En revanche, une disposition qwerty adaptée au français a été proposée comme norme expérimentale par AFNOR en 1976 (NF XP E 55-060). Cette norme prévoyait une période transitoire d’adaptation durant laquelle les lettres A, Q, Z, W pouvaient être situées comme dans la disposition azerty traditionnelle. En outre, aucune adaptation n’était prévue pour la touche M, même à titre transitoire.

Ajouts de caractères successifs[modifier | modifier le code]

Après l'apparition de l’euro, le caractère € est ajouté aux dispositions azerty disponible avec la combinaison Alt Gr+E sur les claviers d'ordinateur standards.

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, l'azerty est la disposition de clavier la plus répandue : le placement alphabétique est identique à l'azerty français avec quelques variantes pour les caractères typographiques.

Autres pays[modifier | modifier le code]

En Suisse romande, on utilise une disposition de touches germanique qwertz qui est une variante de la disposition allemande complétée des caractères accentués français. La disposition azerty y est exceptionnelle. La disposition suisse romande est également la plus vendue au Grand-Duché de Luxembourg, où le consommateur la préfère souvent aux dispositions azerty belge et française également disponibles auprès de nombreux commerçants.

Le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral exigent l’utilisation du clavier CSA[4] (anciennement : ACNOR), c’est une disposition de clavier qwerty modifiée pour la langue française[5],[6],[7]. Cependant, comparativement à un clavier azerty, les claviers dits canadiens-français et canadiens-multilingues (il y a au moins 3 dispositions d'usage courant, dont celle de l'ACNOR) sont tous beaucoup plus proches du qwerty américain : en effet, les lettres non accentuées et les chiffres sont tous aux mêmes endroits que le qwerty, et certains signes de ponctuation sont aussi gardés aux mêmes endroits que le qwerty.

Dispositions voisines[modifier | modifier le code]

L’azerty a inspiré la disposition lituanienne ąžerty[Quand ?] et l'ancien clavier ađerty utilisé sur des machines à écrire destinées au marché vietnamien. Cette disposition est une adaptation de l'Azerty utilisée par les Français. De nos jours les ordinateurs vietnamiens sont commercialisés avec un clavier qwerty.

Machine à écrire Olympia pour le Viêtnam

Différentes dispositions AZERTY[modifier | modifier le code]

L'arrangement des lettres latines de la disposition azerty sur les claviers d'ordinateurs PC 105 touches ou les claviers Apple est le suivant :

AZERTYUIOP
  QSDFGHJKLM
    WXCVBN

D'autres caractères forment une sorte de « base commune » à tous les azerty modernes :

  • cinq caractères diacritiqués : é è à ù ç ;
  • des caractères typographiques : _ - ' . , ; : ! ? @ & § ~ ^ ` ¨ ° | ( ) { } [ ] / \ < > " # espace ;
  • des chiffres ou opérations mathématiques : 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 ² * + = % µ ;
  • des unités monétaires : $ ¤ £.

Les caractères « ^, ¨, ~ et ` » représentent respectivement les touches mortes accent circonflexe, tréma, tilde et accent grave et donnent accès à, au moins : â äÄ ãà àÀ êÊ ëË èÈ ìÌ îÎ ïÏ ñÑ ôÔ öÖ õÕ òÒ ùÙ ûÛ üÜ ÿ.

Les dispositions azerty belges possèdent quelques caractères supplémentaires, comme le chiffre trois en exposant, « ³ », ainsi qu’une touche morte supplémentaire, l'accent aigu, qui donne accès aux caractères « ´ áÁ éÉ íÍ óÓ úÚ ýÝ » car l'accent aigu est utilisé en néerlandais pour expliciter l'accent tonique dans certains mots homographes.

L'évolution de l'informatique et des systèmes d'exploitation a permis de combler certaines lacunes. Sous Macintosh et sous Linux, des caractères supplémentaires comme les ligatures ou caractères accentués (par exemple les caractères « Æ, Œ, Ù, Ç… ») sont disponibles grâce aux combinaisons Alt Gr+touche et Alt Gr+Maj+touche sans passer par la méthode de saisie par numéro de caractère comme le fait Windows. L'utilisation de la touche verrouiller Maj (caps lock) est ainsi plus pertinente pour saisir du texte en capitales. Les touches mortes sont également plus complètes (Ÿ ỹ Ỹ par exemple[8]).

Il est possible, sous Windows, d’utiliser des pilotes azerty « complétés » donnant un accès aux lettres supplémentaires nécessaires à l'écriture du français[9],[10],[11],[12],[13]. À défaut, certains logiciels de traitement de texte pallient parfois certains des manques.

Critiques[modifier | modifier le code]

La principale critique vient du fait que l'arrangement azerty provient du qwerty, lui-même optimisé pour pallier les contraintes mécaniques des premières machines à écrire et non pas pour la langue anglaise. L’origine de l'azerty est plutôt sombre mais il est clair qu'il n'a pas été pensé pour la langue française. Les variations par rapport à l'ordre alphabétique peuvent paraître proche d'une répartition aléatoire en l'absence d'explication justifiant l’ordonnancement. Dans le cas d’une frappe à l’aveugle à dix doigts basée sur la rangée de repos, cette dernière n'est utilisée en azerty que pour un quart des frappes là où les dispositions de type Dvorak l'utilisent pour plus de deux tiers des frappes. En effet, la rangée de repos azerty ne contient que des consonnes et quasi dans l’ordre alphabétique (…DFGHJKLM). Elle ne permet de saisir que des abréviations de deux lettres en français, par exemple des unités comme kg, nm, dl. L'absence de voyelles ne facilite pas l'alternance des mains et empêche d'accéder à des mots longs sans déplacer les doigts[14].

Certaines lettres peu utilisées en français ont un accès facile, comme le Q ou le K, et certains caractères ont même une touche dédiée, comme le ù, présent dans un seul mot de la langue française : « où ».

D’autres critiques sont également faites directement par rapport à la disposition qwerty : les parenthèses et crochets ne sont pas contigus, l'accent aigu ne peut pas être mis sur une majuscule (un problème ne se retrouvant pas sur le azerty belge, le qwerty canadien, ni sur le qwertz pour les Allemands). Le fait que les chiffres ne soient pas en accès direct peut aussi être vu comme un problème.

Plusieurs dispositions concurrentes ont vu le jour pour tenter de remplacer la disposition azerty : — la disposition zhjayscpg, proposée en 1907 ; — la disposition de Claude Marsan, en 1976 ; — le Dvorak-fr, en 2002 ; — la disposition bépo, après 2005, qui dispose maintenant d'une reconnaissance commerciale. Ces dispositions sont restées marginales bien que conçues spécifiquement pour la saisie de la langue française (étude de corpus, analyse fréquentielle, accessibilité des touches…). Les habitudes liées à l'utilisation massive des claviers AZERTY sont en majorité la cause de ces échecs.

Yves Neuville dans son rapport[15], a eu au contraire pour objectif de conserver les standards nationaux, tout en créant des zones de regroupement ou blocs logiques : alphabétique, diacritique, lettres accentuées, ponctuation, numérique, mathématique, informatique. Compte tenu du poids du passé, il s'agit donc de ménager les transitions, créer des cohérences afin d'adopter un clavier rationnel.

Disposition rationnelle du clavier Azerty selon Yves Neuville

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://home.earthlink.net/~dcrehr/whyqwert.html
  2. Henri-Jean Martin, The history and power of writing, University of Chicago Press, 1995, 608 pages (ISBN 978-0-226-50836-8).
  3. Delphine Gardey, « La standardisation d'une pratique technique : La dactylographie (1883-1930) », Réseaux, CNET, vol. 16, no 87 « Les claviers »,‎ janvier-février 1998, p. 75–103 (ISSN 0751-7971, lire en ligne)
  4. Ou clavier multilingue normalisé CAN/CSA Z243.200-92.
  5. Office québécois de la langue française, Le clavier de votre ordinateur est-il normalisé?.
  6. Services gouvernementaux du Québec, Standard sur le clavier québécois.
  7. Alain LaBonté, 2001, FAQ. La démystification du clavier québécois (norme CAN/CSA Z243.200-92).
  8. Ÿ est absent de la page de code CP1252.
  9. KeyMap, permet facilement de taper tous les caractères français.
  10. Denis Liégeois, pilote de clavier azerty enrichi pour Windows.
  11. Christophe Jacquet, pilote clavier Français International pour Windows.
  12. Hadrien Nilsson, kbdfr-dk - pilote de clavier azerty français amélioré, 22 février 2007.
  13. Gilbert Galéron, pilote azerty enrichi.
  14. August Dvorak préconise cet arrangement, car l'écriture de l’anglais est basée sur une alternance consonne/voyelle très fréquente (de même en français).
  15. Le clavier bureautique et informatique, rapport remis au Ministère du Redéploiement Industriel et du Commerce Extérieur et à l'Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail, Cedic, 1985

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]