Évidentialité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux ou non latins. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation…), consultez la page d’aide Unicode.

En linguistique, l’évidentialité est, d'une façon générale, l'indication de l'existence et/ou de la nature de la preuve, ou du type de témoignage à l'appui d'une assertion donnée. Un marqueur évidentiel est l'élément grammatical particulier (affixe, clitique ou particule) qui indique l'évidentialité.

Introduction[modifier | modifier le code]

Toutes les langues possèdent des moyens de spécifier la source ou la fiabilité d'une information. Les langues occidentales (par exemple germaniques ou romanes) indiquent souvent l'évidentialité au travers de verbes modaux (français devoir, néerlandais zouden, danois skulle, allemand sollen) ou par d'autres items lexicaux (adverbes : anglais reportedly) ou encore des propositions complètes (français : il me semble).

Le fait de marquer l'évidentialité a des implications pragmatiques. Par exemple, une personne qui exprime une assertion fausse en la présentant comme une croyance peut être considérée comme s'étant trompée ; si elle présente cette assertion comme un fait observé personnellement, elle sera probablement taxée de mensonge.

Certaines langues possèdent une catégorie grammaticale distincte pour l'évidentialité, laquelle doit alors systématiquement être exprimée. Dans les langues indo-européennes, les éléments indiquant la source de l'information sont optionnels, et leur fonction primaire n'est généralement pas d'indiquer l'évidentialité : ils ne forment donc pas une catégorie grammaticale. Les éléments obligatoires des systèmes d'évidentialité grammaticale peuvent être traduits par exemple en français, selon le cas, par : j'ai entendu dire que, je vois / j'ai vu que, je pense que, à ce que j'ai entendu, à ce que je comprends, on dit que, il paraît que, il me semble que, on dirait que, il apparaît que, il s'avère que, apparemment, manifestement, d'après certaines sources, etc.

Alexandra Aikhenvald (2004) estime qu'environ un quart des langues du monde possèdent des moyens grammaticaux d'exprimer l'évidentialité. Elle signale également qu'à sa connaissance, aucune recherche n'a été menée jusqu'ici sur l'évidentialité dans les langues des signes.

Dans de nombreuses langues possédant des marqueurs grammaticaux d'évidentialité, ces marqueurs sont indépendants du temps, de l'aspect ou de la modalité épistémique (laquelle traduit le jugement propre du locuteur sur la fiabilité de l'information).

L'évidentialité grammaticale peut s'exprimer sous différentes formes (selon la langue considérée), telles que des affixes, des clitiques ou des particules. Par exemple, le pomo oriental possède 4 suffixes d'évidentialité qui s'adjoignent au verbe : -ink’e (sensoriel non visuel), -ine (inférentiel), -·le (ouï-dire), -ya (connaissance directe).

Évidentiels en pomo oriental (selon McLendon 2003)
Type évidentiel Exemple verbal Glose
sensoriel non visuel pʰa·békʰ-ink’e "brûlé"
[le locuteur a ressenti lui-même la brûlure]
inférentiel pʰa·bék-ine "manifestement brûlé"
[le locuteur en a vu une preuve circonstancielle]
ouï-dire (rapporté) pʰa·békʰ-·le "brûlé, dit-on"
[le locuteur rapporte ce qu'il a entendu dire]
connaissance directe pʰa·bék-a "brûlé"
[le locuteur en a été directement témoin]

Types d'évidentialité grammaticale[modifier | modifier le code]

Selon la typologie d'Aikhenvald (2003, 2004), il existe deux grands types de marquage évidentiel :

  1. le marquage d'indirectivité (« type I »)
  2. le marquage évidentiel (« type II »)

Le premier type (indirectivité) indique si la preuve existe pour un énoncé donné, mais ne spécifie pas sa nature. Le second type (évidentialité proprement dite) spécifie la nature de la preuve, par exemple visuelle, rapportée ou inférée.

Indirectivité (type I)[modifier | modifier le code]

Les systèmes d’indirectivité sont courants dans les langues iraniennes, finno-ougriennes, et turques. Ces langues indiquent si la preuve existe pour une source d'information donnée — elles opposent donc l'information « directe » (directement rapportée) et « indirecte » (indirectement rapportée, avec focalisation sur sa réception par le locuteur-destinataire). Contrairement aux autres systèmes évidentiels (de type II), le marquage de l'indirectivité ne fournit pas d'information sur la source de la connaissance : peu importe que l'information résulte d'un ouï-dire, d'une inférence ou d'une perception (toutefois, certaines langues turques distinguent entre le « rapporté indirect » et le « non-rapporté indirect », voir Johanson 2003, 2000 pour plus de détails). En voici un exemple en turc (Johanson 2003: 275) :

gel-di gel-miş
venir-PASSÉ venir-PASSÉ-INDIRECT
"est venu" "est manifestement venu,
est venu pour autant que je sache"

Dans la première forme geldi, le suffixe non marqué -di indique le passé. Dans la seconde forme gelmiş, le suffixe -miş indique également le passé, mais indirectement. Cette nuance peut être rendue en français par l'ajout d'un adverbe tel que manifestement, ou d'une expression comme pour autant que je sache. Le marqueur temporel direct -di est « neutre », dans le sens où il n'est pas précisé s'il existe ou non une preuve à l'appui de l'assertion.

Évidentialité (type II)[modifier | modifier le code]

L'autre type principal de systèmes d'évidentialité (« type II ») précise la nature de la preuve à l'appui de l'assertion. Ces natures de preuve peuvent se diviser en critères tels que :

  • Locuteur témoin vs. Non-témoin
  • Source Primaire vs. Secondaire ou Tertiaire
  • Sensoriel
    • Visuel vs. Non-visuel (c.à.d. auditif, olfactif, etc.)
  • Inférentiel
  • Rapporté
    • Par ouï-dire
    • Citation
    • Supposé (assumed)

Un évidentiel de type « locuteur témoin » indique que la source de l'information a été obtenue par observation directe de la part du locuteur. Habituellement il s'agit d'observation visuelle (« témoin oculaire »), mais certaines langues marquent aussi de la même manière l'information directement entendue. Un évidentiel de type « locuteur témoin » s'oppose généralement à un évidentiel « non-témoin », lequel indique que le locuteur ne peut pas témoigner personnellement de l'information, mais que celle-ci a été obtenue via une source secondaire ou a été inférée par le locuteur.

Un évidentiel de type « source secondaire » s'utilise pour marquer toute information non obtenue par observation ou expérience directe de la part du locuteur. Ceci peut inclure des inférences ou de l'information rapportée, et peut s'opposer avec un évidentiel indiquant tout autre type de source. Un petit nombre de langues distinguent entre sources d'information secondaires et tertiaires.

Les évidentiels « sensoriels » peuvent souvent être subdivisés en différents types. Certaines langues marquent la preuve visuelle différemment de la preuve non visuelle (entendue, sentie ou ressentie). Le kashaya possède un évidentiel auditif distinct.

Un évidentiel « inférentiel » indique que l'information ne provient pas d'une expérience personnelle directe, mais a été inférée à partir d'une preuve indirecte. Certaines langues possèdent différents types d'évidentiels inférentiels. Ils peuvent indiquer :

  1. une information inférée à partir d'une preuve physique directe
  2. une information inférée depuis la connaissance générale
  3. une information inférée / supposée à partir de l'expérience de situations similaires par le locuteur
  4. une réalisation (différée dans le passé) (past deferred)

Dans de nombreux cas, différents évidentiels inférentiels indiquent aussi la modalité épistémique, telle que l'incertitude ou la probabilité (voir plus bas : #Évidentialité et modalité épistémique). Par exemple, un évidentiel donné peut indiquer que l'information est inférée mais que sa validité est incertaine, tandis qu'un autre indiquera que l'information est inférée mais probablement fausse.

Les évidentiels de type « rapporté » indiquent que l'information a été rapportée au locuteur par une autre personne. Quelques langues distinguent entre l’ouï-dire et le citationnel. L'ouï-dire indique que l'information rapportée peut être ou non exacte. Le citationnel indique que l'information est considérée comme exacte et non sujette à interprétation (citation littérale). Exemple d'évidentiel rapporté (-ronki) en langue shipibo (parlée au Pérou et au Brésil) (Valenzuela 2003:39) :

Aronkiai.
a-ronki-ai
faire-RAPPORTÉ-INCOMPL
« On dit qu'elle va le faire / Elle dit qu'elle va le faire ».

Typologie des systèmes évidentiels[modifier | modifier le code]

On trouvera ci-après un bref passage en revue des systèmes évidentiels recensés dans les langues du monde selon Aikhenvald (2003). Certaines langues n'ont que deux marqueurs évidentiels, tandis que d'autres en ont six ou davantage. Les types de systèmes sont organisés en fonction du nombre d'évidentiels recensés dans la langue. Par exemple, un système à 2 termes (A) aura deux marqueurs évidentiels distincts ; un système à 3 termes (B) en aura 3. Les systèmes sont subdivisés en fonction du type d'évidentialité indiquée (A1, A2, A3...) Entre parenthèses sont mentionnées des langues servant d'exemple dans chaque cas.

Le système le plus fréquemment rencontrée est le type A3.

Systèmes à 2 termes
Systèmes à 3 termes
Systèmes à 4 termes
  • C1. sensoriel visuel / sensoriel non visuel / inférentiel / rapporté (tariana, Xamatauteri, pomo oriental, langues tucanoanes orientales)
  • C2. sensoriel visuel / inférentiel 1 / inférentiel 2 / rapporté (tsafiqui, pawnee)
  • C3. sensoriel non visuel / inférentiel 1 / inférentiel 2 / rapporté (wintu)
  • C4. sensoriel visuel / inférentiel / rapporté 1 / rapporté 2 (tepehuan du sud-est)
Systèmes à 5 termes et plus
  • D1. sensoriel visuel / sensoriel non visuel / inférentiel / rapporté / supposé (tuyuca, tucano)
  • D2. locuteur témoin / inférentiel / rapporté / supposé / « soutien interne » (langues nambikuara)
  • D3. sensoriel visuel / sensoriel non visuel / inférentiel / rapporté / entendu d'une source connue / participation directe (fasu)
  • D4. sensoriel non visuel / inférentiel 1 / inférentiel 2 / inférentiel 3 / rapporté (langues apaches occidentales)

Marquage évidentiel et autres catégories[modifier | modifier le code]

Dans de nombreuses langues, les systèmes évidentiels sont marqués conjointement à d'autres catégories linguistiques. Par exemple, une langue donnée pourra utiliser le même élément pour marquer à la fois l'évidentialité et la mirativité (c.à.d. une information inattendue). C'est le cas en apache occidental, où la particule post-verbale ą̄ą̄ fonctionne d'abord comme un miratif, mais possède aussi une fonction secondaire d'évidentialité. Ce phénomène d'évidentiels développant des fonctions secondaires, ou d'autres éléments grammaticaux (miratifs, verbes modaux) développant des fonctions évidentielles est largement répandu. On a pu recenser les types de systèmes mixtes suivants :

  • évidentialité + mirativité
  • évidentialité + temps/aspect
  • évidentialité + modalité (voir discussion dans la section suivante)

Outre ces types d'interactivité, l'usage des évidentiels peut dans certaines langues dépendre aussi du type de proposition, de la structure du discours et/ou du genre linguistique.

Toutefois, malgré les recoupements entre systèmes évidentiels et autres systèmes sémantiques ou pragmatiques (au travers des catégories grammaticales), plusieurs langues marquent l'évidentialité sans aucun lien avec ces autres systèmes. Pour être plus explicite, il existe des systèmes modaux ou miratifs qui n'expriment pas l'évidentialité, et des systèmes évidentiels qui n'expriment pas la modalité ou la mirativité. En raison de ces distinctions observées dans certaines langues, certains linguistes (par exemple Aikhenvald, de Haan, DeLancey) soutiennent que l'évidentialité constitue une catégorie grammaticale distincte, même s'ils admettent ses liens étroits avec d'autres concepts linguistiques.

Évidentialité et modalité épistémique[modifier | modifier le code]

L'évidentialité est souvent considérée comme un sous-type de la modalité épistémique (voir par exemple Palmer 1986, Kiefer 1994). D'autres linguistes considèrent que l'évidentialité (c'est-à-dire le fait de marquer la source d'une information dans un énoncé) est distincte de la modalité (qui marque le degré de confiance que le locuteur accorde à l'assertion). Par exemple, en français :

Je vois qu'il vient. (évidentiel)
Je suppose qu'il vient. (épistémique)

Ainsi par exemple, De Haan (1999, 2001, 2005) affirme que l'évidentialité asserte une preuve tandis que la modalité épistémique l’évalue, et que l'évidentialité se rapproche davantage d'une catégorie déictique qui marquerait la relation entre locuteur d'une part, événements ou actions de l'autre (de la même manière que les démonstratifs marquent la relation entre locuteur et objets ; voir aussi Joseph 2003). Aikhenvald (2003) aboutit à la conclusion que, si les évidentiels peuvent indiquer l'attitude du locuteur à propos de la validité de l'énoncé, ceci n'est pas une de leurs caractéristiques nécessaires. Par ailleurs, elle conclut que le marquage évidentiel peut être cooccurent avec le marquage épistémique, mais aussi avec le marquage aspecto-temporel ou miratif.

Le fait de considérer l'évidentialité comme une modalité épistémique ne peut être que le résultat de l'analyse de langues non-européennes en fonction des systèmes de modalité que l'on trouve dans des langues européennes. Par exemple dans les langues germaniques, les verbes modaux permettent d'exprimer à la fois l'évidentialité et la modalité épistémique (et sont donc ambigus lorsqu'on les considère en dehors de leur contexte). D'autres langues, non européennes, marquent clairement ces concepts de façon distincte. Selon De Haan (2001), l'utilisation de verbes modaux pour indiquer l'évidentialité serait relativement rare (sur la base d'un échantillon de 200 langues).

Terminologie. Même si certains linguistes ont proposé de traiter l'évidentialité séparément de la modalité épistémique, d'autres regroupent les deux. À cause de ce regroupement, certains chercheurs utilisent le terme d’évidentialité à propos, à la fois du marquage de la source de connaissance et de la confiance accordée à la source de connaissance.

Évidentialité (non grammaticale) en anglais ou en français[modifier | modifier le code]

En anglais, pas plus qu'en français, l'évidentialité n'est considérée comme une catégorie grammaticale, car elle s'exprime de diverses manières et reste toujours optionnelle. Par contraste, beaucoup d'autres langues (dont le quechua, les langues Yukaghir...) requièrent du locuteur qu'il marque le verbe principal ou la phrase entière en fonction de l'évidentialité, ou offrent un jeu optionnel d'affixes pour l'évidentialité indirecte, l'expérience directe constituant le mode d'évidentialité par défaut.

Si l'on considère les deux phrases suivantes :

I am hungry / J'ai faim
Bob is hungry / Robert a faim,

il est peu probable que nous exprimions la seconde sans que quelqu'un (peut-être Robert lui-même) ne nous ait dit que Bob avait faim. (Nous pourrions toutefois le faire dans le cas d'une personne qui ne serait pas en mesure de s'exprimer par elle-même, comme un enfant, ou encore d'un animal). Si nous supposons simplement que Robert a faim, en nous basant sur son apparence ou son comportement, nous dirons plus probablement quelque chose comme :

Bob looks hungry / Robert a l'air d'avoir faim.
Bob seems hungry / Robert semble avoir faim.

Ici, le fait de se fier à un témoignage sensoriel, sans éprouver l'expérience directe, est transmis par le biais d'un mot comme avoir l'air de ou sembler.

Histoire du concept[modifier | modifier le code]

Le terme d’évidentialité fut utilisé pour la première fois par Franz Boas, et développé plus tard (1957) dans le cadre des langues slaves balkaniques par Roman Jakobson (Jacobsen 1986:4; Jakobson 1990).

Les systèmes évidentiels n'ont attiré l'attention des linguistes que relativement récemment. Les premiers travaux importants consacrés à l'évidentialité dans une perspective translinguistique sont dus à Chafe & Nichols (1986). On doit à Aikhenvald (2004) une comparaison typologique plus récente.

Références et documentation complémentaire[modifier | modifier le code]

  • Aikhenvald, Alexandra Y. (2003). Evidentiality in typological perspective. In A. Y. Aikhenvald & R. M. W. Dixon (Eds.) (p. 33-62).
  • Aikhenvald, Alexandra Y. (2004). Evidentiality. Oxford: Oxford University Press. ISBN 0-19-926388-4.
  • Aikhenvald, Alexandra Y.; & Dixon, R. M. W. (1998). Evidentials and areal typology: A case-study from Amazonia. Langage Sciences, 20, 241-257.
  • Aikhenvald, Alexandra Y.; & Dixon, R. M. W. (Eds.). (2003). Studies in evidentiality. Typological studies in langage (Vol. 54). Amsterdam: John Benjamins Publishing Company. ISBN 90-272-2962-7; ISBN 1-58811-344-2.
  • Blakemore, D. (1994). Evidence and modality. In R. E. Asher (Ed.), The Encyclopedia of langage and linguistics (p. 1183-1186). Oxford: Pergamon Press. ISBN 0-08-035943-4.
  • Chafe, Wallace L.; & Nichols, Johanna. (Eds.). (1986). Evidentiality: The linguistic encoding of epistemology. Norwood, NJ: Ablex.
  • Comrie, Bernard. (2000). Evidentials: Semantics and history. In L. Johanson & B. Utas (Eds.).
  • De Haan, Ferdinand. (1999). Evidentiality and epistemic modality: Setting boundaries. Southwest Journal of Linguistics, 18, 83-101. (Online: www.u.arizona.edu/~fdehaan/papers/SWJL99.pdf).
  • De Haan, Ferdinand. (2001). The relation between modality and evidentiality. In R. Müller & M. Reis (Eds.), Modalität und Modalverben im Deutschen. Linguistische Berichte, Sonderheft 9. Hamburg: H. Buske. ISBN 3-87548-254-9. (Online: www.u.arizona.edu/~fdehaan/papers/lb01.pdf).
  • De Haan, Ferdinand. (2005). Encoding speaker perspective: Evidentials. In Z. Frajzyngier & D. Rood (Eds.), Linguistic diversity and langage théories. Amsterdam: Benjamins. ISBN 90-272-3082-X, ISBN 1-58811-577-1. (Online: www.u.arizona.edu/~fdehaan/papers/boulder.pdf).
  • DeLancey, Scott. (1997). Mirativity: The grammatical marking of unexpected information. Linguistic Typology, 1, 33-52.
  • DeLancey, Scott. (2001). The mirative and evidentiality. Journal of Pragmatics, 33, 369-382.
  • Faust, Norma. (1973). Lecciones para el aprendizaje del idioma shipibo-conibo [Lessons for learning the Shipibo-Conibo langage]. Lima: Summer Institute of Linguistics.
  • Guentchéva, Zlatka. (1996a). Introduction. In Z. Guentchéva (Ed.) (p. 11-18).
  • Guentchéva, Zlatka (Ed.). (1996b). L’Énonciation médiatisée. Bibliothèque de l’information grammaticale. Louvain: Éditions Peeters. ISBN 90-6831-861-6; ISBN 2-87723-244-1.
  • Johanson, Lars. (2000). Turkic indirectives. In L. Johanson & B. Utas (Eds.) (p. 61-87).
  • Jacobsen, W. H., Jr. (1986). The heterogeneity of evidentials in Makah. In W. L. Chafe & J. Nichols (Eds.) (p. 3-28).
  • Jakobson, Roman. (1990). Shifters and verbal categories. In On langage (p. 386-392). Cambridge, MA: Harvard University Press. (Original work published 1957).
  • Johanson, Lars. (2003). Evidentiality in Turkic. In A. Y. Aikhenvald & R. M. W. Dixon (Eds.) (p. 273-290).
  • Johanson, Lars; & Utas, Bo (Eds.). (2000). Evidentials: Turkic, Iranian and neighboring langages. Berlin: Mouton de Gruyter. ISBN 3-11-016158-3.
  • Joseph, Brian D. (2003). Evidentials: Summation, questions, prospects. In A. Y. Aikhenvald & R. M. W. Dixon (Eds.) (p. 307-327).
  • Kiefer, Ferenc. (1994). Modality. In R. E. Asher (Ed.), The Encyclopedia of langage and linguistics (p. 2515-2520). Oxford: Pergamon Press.
  • LaPolla, Randy J. (2003). Evidentiality in Qiang. In A. Y. Aikhenvald & R. M. W. Dixon (Eds.) (p. 63-78). (Online: www.latrobe.edu.au/linguistics/stlapolla_data/PublicationItems/ConfPapers/qiang_evidentials.pdf).
  • Maslova, Elena. (2003). Evidentiality in Yukaghir. In A. Y. Aikhenvald & R. M. W. Dixon (Eds.) (p. 237-241). (Online: www.stanford.edu/~emaslova/evidential.pdf).
  • McLendon, Sally. (2003). Evidentials in Eastern Pomo with a comparative survey of the category in other Pomoan langages. In A. Y. Aikhenvald & R. M. W. Dixon (Eds.) (p. 101-129).
  • Noël, Dirk. (2001). The passive matrices of English infinitival complement clauses: Evidentials on the road to auxiliarihood? Studies in Langage, 25, 255-296.
  • Palmer, F. R. (1986). Mood and modality. Cambridge: Cambridge University Press. ISBN 0-521-26516-9, ISBN 0-521-31930-7. (2nd ed. published 2001).
  • Palmer, F. R. (1994). Mood and modality. In R. E. Asher (Ed.), The Encyclopedia of langage and linguistics (p. 2535-2540). Oxford: Pergamon Press.
  • Slobin, D. I.; & Aksu, A. A. (1982). Tense, aspect and modality in the use of the Turkish evidential. In P. J. Hopper (Ed.), Tense-aspect: Between semantics & pragmatics. Amsterdam: Benjamins.
  • Valenzuela, Pilar M. (2003). Evidentiality in Shipibo-Konibo, with a comparative overview of the category in Panoan. In A. Y. Aikhenvald & R. M. W. Dixon (Eds.) (p. 33-61).
  • Willet, Thomas L. (1988). A cross-linguistic survey of the grammaticalization of evidentiality. Studies in Langage, 12, 51-97.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]