Élection fédérale canadienne de 1997

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Carte du vote populaire avec barres graphiques démontrant le total des sièges dans chaque province et territoire
La Chambre des communes après l'élection de 1997

  •      Libéraux (155)
  •      Réformistes (60)
  •      Bloquistes (44)
  •      Néo-démocrates (21)
  •      Progressistes-conservateurs (20)
  •      Indépendant (1)

L'élection fédérale canadienne de 1997 se déroule le 2 juin 1997 afin d'élire les députés de la 36e législature à la Chambre des communes du Canada. Le Parti libéral du Canada, dirigé par Jean Chrétien, remporte un deuxième mandat majoritaire. Le Parti réformiste du Canada remplace le Bloc québécois en tant qu'Opposition officielle.

L'élection reproduit de près les tendances établies lors de l'élection de 1993. Les libéraux font un balayage de l'Ontario, les bloquistes divisés remportent une majorité (réduite) au Québec, et la plus grande partie de l'Ouest est remportée par les réformistes, particulièrement en Alberta, permettant au parti de remplacer le Bloc en tant que deuxième parti en importance en Chambre.

Un changement majeur toutefois : le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti progressiste-conservateur du Canada éliminent presque entièrement le Parti libéral dans les Provinces de l'Atlantique (seule l'Île-du-Prince-Édouard demeure aux mains des libéraux). Les électeurs atlantiques, mécontents des coupures à l'assurance-emploi et à d'autres programmes, font chuter deux ministres. David Dingwall, ministre des Travaux publics, en Nouvelle-Écosse, et Doug Young, ministre de la Défense nationale, au Nouveau-Brunswick, sont tous deux défaits par des candidats néo-démocrates, ce qui constitue un revers majeur pour les libéraux.

Lorsque l'élection est déclenchée, plusieurs commentateurs notent qu'elle met fin au deuxième mandat majoritaire le plus court de l'histoire canadienne ; seul le mandat de Wilfrid Laurier de 1908 à 1911 a duré moins de temps. La décision de Chrétien de déclencher une élection anticipée est interprétée comme du cynisme par certains, le Manitoba ne s'étant toujours pas remis des inondations de la rivière Rouge plus tôt dans l'année. Reg Alcock et plusieurs autres au sein du Parti libéral s'étaient opposés au moment choisi pour le vote, et les résultats décevants poussent les partisans de Paul Martin à s'organiser contre Chrétien.

Le débat des chefs en français tenu le 13 mai 1997 a été interrompu en raison d'un incident inusité. Le débat, qui réunissait les principaux chefs de partis à Ottawa, a dû être interrompu lorsque l'une des modératrices, l'animatrice Claire Lamarche du réseau TVA, s'est s'effondrée subitement durant les échanges. Le débat était diffusé sur les principaux réseaux de télévision francophones du Canada[1],[2].

Plusieurs commentateurs, le soir de l'élection, prédisent même que les libéraux seraient réduits à un gouvernement minoritaire, bien qu'il soit clair qu'aucun des partis d'opposition ne peut remporter une pluralité de sièges. Les libéraux réussissent à remporter une majorité de 4 sièges grâce à quelques gains au Québec aux dépens du Bloc, mais ils terminent tout de même en moins bonne position qu'en 1993 à cause des pertes au Canada atlantique. Principalement grâce à ces gains, les tories de Jean Charest et les néo-démocrates d'Alexa McDonough retrouvent tous deux leur statut de parti officiel à la Chambre des communes. Le député indépendant John Nunziata, qui avait été expulsé du Parti libéral pour s'être opposé à la Taxe sur les produits et services, est réélu dans sa circonscription torontoise.

Si 718 voix dans 5 circonscriptions différentes (Bonavista—Trinity—Conception, 286 voix ; Simcoe—Grey, 241 voix ; Humber—St. Barbe—Baie Verte, 117 voix ; Cardigan, 50 voix ; et Bellechasse—Etchemins—Montmagny—L'Islet, 24 votes) étaient allés au candidat de deuxième place (NPD, Réf., PC, PC, et BQ respectivement) au lieu d'aller aux libéraux, ceux-ci se seraient retrouvés en situation de gouvernement minoritaire.

Résultats[modifier | modifier le code]

Pays[modifier | modifier le code]

Le taux de participation se situe à 67,0 % des électeurs enregistrés, un des plus bas niveaux jamais atteint au fédéral.

Parti Chef Nombre de
candidats
Sièges Voix
1993 Dissolution. Élus % Évol. Nombre absolu % % Évol.
     Libéral Jean Chrétien 301 177 174 155 -12,4 % 4 994 277 38,46 % -2,78 %
     Réformiste Preston Manning 227 52 50 60 +15,4 % 2 513 080 19,35 % +0,66 %
     Bloc québécois Gilles Duceppe 75 54 50 44 -18,5 % 1 385 821 10,67 % -2,85 %
     NPD Alexa McDonough 301 9 9 21 +133,3 % 1 434 509 11,05 % +4,17 %
     Progressiste-conservateur Jean Charest 301 2 2 20 +900 % 2 446 705 18,84 % +2,80 %
     Vert Joan Russow 79 - - - - 55 583 0,43 % +0,18 %
     Loi naturelle Neil Paterson 136 - - - - 37 085 0,29 % +x
     Héritage chrétien Ron Gray 53 - - - - 29 085 0,22 % +x
     Parti action canadienne Paul Hellyer 58 * - - * 17 502 0,13 % *
     Marxiste-léniniste Hardial Bains 65 - - - - 11 468 0,09 % +0,05 %
     Indépendant 71 - 6 1   34 507 0,46 % -0,10 %
     Aucune appartenance 5 - - - - 26 252 0,01 % -0,08 %
     Vacant 4  
Total 1672 295 295 301 +2,03 % 12 985 974 100 %  
Sources : http://www.elections.caHistorique des circonscriptions depuis 1867

Notes :

* N'a pas présenté de candidats lors de l'élection précédente.

x - moins de 0,005 % des voix

Par province[modifier | modifier le code]

Parti C-B AB SK MB ON QC N-B N-É ÎPE TNL TNO YK Total
     Libéral Sièges : 6 2 1 6 101 26 3 4 4 2 155
     Voix (%) : 28,8 24,0 24,7 34,3 49,5 36,7 32,9 28,4 44,8 37,9 43,1 22,0 38,5
     Réformiste Sièges : 25 24 8 3 60
     Voix (%) : 43,1 54,6 36,0 23,7 19,1 0,3 13,1 9,7 1,5 2,5 11,7 25,3 19,4
     Bloc québécois Sièges : 44 44
     Voix (%) : 37,9 10,7
     NPD Sièges : 3 5 4 2 6 1 21
     Voix (%) : 18,2 5,7 30,9 23,2 10,7 2,0 18,4 30,4 15,1 22,0 20,9 28,9 8,5
     Progressiste-conservateur Sièges : 1 1 5 5 5 3 20
     Voix (%) : 6,2 14,4 7,8 17,8 18,8 22,2 35,0 30,8 38,3 36,8 16,7 13,9 18,8
     Autre Sièges : 1 1
     Voix (%) : 0,6 0,2 0,1 0,3 0,6 0,4 0,4 0,5 7,6 8,9 0,5
Total sièges : 34 26 14 14 103 75 10 11 4 7 2 1 301
Partis n'ayant remporté aucun siège :
     Vert Voix (%) : 2,0 0,4 0,4 0,1 0,2 0,4
     Loi naturelle Voix (%) : 0,3 0,3 0,2 0,1 0,2 0,3 0,6 0,4 0,1 0,2 0,3
     Héritage chrétien Voix (%) : 0,4 0,1 0,4 0,4 0,2 1,0 0,2
     Action canadienne Voix (%) : 0,3 0,2 0,1
     Marxiste-léniniste Voix (%) : 0,1 0,2 0,1 0,1 0,1

Source : Élections Canada

Notes[modifier | modifier le code]

  • L'élection de 1997 est l'une de seulement deux élections de l'histoire du Canada (l'autre étant 1993) où l'Opposition officielle ne remporte pas la majorité des sièges de l'opposition ; le Parti réformiste détient 60 sièges, mais les autres partis d'opposition avec les indépendants détiennent un total combiné de 86 sièges.

10 circonscriptions les plus serrées[modifier | modifier le code]

  1. Sackville—Eastern Shore, N-É : Peter Stoffer (NPD) défait Ken Streatch (PC) par 41 voix
  2. Bellechasse—Etchemins—Montmagny—L'Islet, QC : Gilbert Normand (lib.) défait François Langlois (BQ) par 47 voix
  3. Selkirk—Interlake, MB : Howard Hilstrom (réf.) défait Jon Gerrard (lib.) par 66 voix
  4. Cardigan, ÎPE : Lawrence MacAulay (lib.) défait Dan Hughes (PC) par 99 voix
  5. Bonaventure—Gaspé—Îles-de-la-Madeleine—Pabok, QC : Yvan Bernier (BQ) défait Patrick Gagnon (lib.) par 179 voix
  6. Saskatoon—Humboldt, SK : Jim Pankiw (réf.) défait Dennis Gruending (NPD) par 220 voix
  7. Humber—St. Barbe—Baie Verte, TNL : Gerry Byrne (lib.) défait Art Bull (PC) par 232 voix
  8. Chicoutimi, QC : André Harvey (PC) défait Gilbert Fillion (BQ) par 317 voix
  9. Frontenac—Mégantic, QC : Jean-Guy Chrétien (BQ) défait Manon Lecours (lib.) par 465 voix
  10. Simcoe—Grey, ON : Paul Bonwick (lib.) défait Paul Shaw (réf.) par 481 voix

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Claude Massie, « Claire Lamarche: le départ d'une grande dame », Canoë Tempo,‎ 28 janvier 2002 (lire en ligne)
  2. Consortium des médias, « 1997 : Débat interrompu », sur Archives de Radio-Canada, Société Radio-Canada,‎ 13 mai 1997 (consulté le 22 avril 2009)

Sources[modifier | modifier le code]