Église des Jésuites (Molsheim)

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Église des Jésuites
Image illustrative de l'article Église des Jésuites (Molsheim)
Présentation
Période ou style gothique
Date de construction 1615-1617
Protection Logo monument historique Classé MH (1939, église)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Localité Molsheim
Localisation
Coordonnées 48° 32′ 25″ N 7° 29′ 45″ E / 48.540361, 7.49583348° 32′ 25″ Nord 7° 29′ 45″ Est / 48.540361, 7.495833  

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Église des Jésuites

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Église des Jésuites

La construction de l’église des Jésuites de Molsheim fut décidée le 15 novembre 1614 par l'Archiduc Léopold d'Autriche, la première pierre a été posée en février 1615 et l'édifice achevé deux ans et neuf mois plus tard. Le style gothique y est marié avec l'architecture moderne. Elle est solennellement consacrée le 26 août 1618 par l'évêque de Bâle, Guillaume Rinck de Baldenstein.

Elle était au départ affectée au collège des Jésuites et réservée à leur usage personnel ou à l'accueil de hauts dignitaires, le peuple se rendait dans l'ancienne église paroissiale qui se tenait sur l'actuelle Place du Marché de Molsheim. L'église des Jésuites prit la place de l'église paroissiale Saint-Georges à la destruction de celle-ci.

Après la Cathédrale de Strasbourg, elle passe pour être la plus vaste église d'Alsace en termes de volume. Elle comprend un autel datant de 1865, deux chapelles internes, et un orgue Silbermann construit en 1781.

Depuis 1791, l’église des Jésuites est devenue église paroissiale sous l'appellation église Saint-Georges et est classée monument historique en 1939[1].

L'édifice, extérieur[modifier | modifier le code]

La maîtrise d’œuvre fut confiée à Christophe Wambser, originaire de Aschaffenburg (Franconie). La direction des travaux fut assurée par Jean Isfording, un jésuite, recteur du collège de Molsheim.

L'église mesure 61,50 m en longueur, 21,50 m en largeur et 20 m de hauteur sous la nef. Elle est pourvue de deux clochers, l'un d'eux sonne les heures et les quart d'heures, l'autre sonne pour les messes et autres offices religieux. Le plus grand est le clocher Saint-Michel. L'église paroissiale a conservé huit portes d'origine à un ou deux vantaux. Ces portes sont de type Renaissance et sont garnies de ferrures de grande taille. Elles permettent d'accéder à l'extérieur de l'église, à la sacristie, à la tour Saint-Michel ou aux tourelles d'escalier menant aux tribunes[2].

L'édifice, intérieur[modifier | modifier le code]

Le chœur[modifier | modifier le code]

Vue de la nef et du chœur

Il est particulièrement vaste (19,50 m x 11 m), surélevé de quatre marches et séparé de la nef centrale par un arc majestueux supporté par quatre lions. Le vitrail du milieu représente sainte Odile et trois autres saints. L'autel primitif en pierre a été remplacé vers 1865 par un maître-autel néogothique. Si les autres vitraux de l'église sont transparents, ceux du chœur sont richement décorés et colorés.

La chaire[modifier | modifier le code]

Chaire de 1631

Les statuettes de saint Pierre, saint Paul et les quatre pères de l’Église latine (saint Jérôme, saint Augustin, saint Ambroise et saint Grégoire) ornent la chaire qui est adossée à une colonne de la nef. Les bas-reliefs sur la cuve représentent saint Ignace de Loyola, Jésus guérissant un lépreux, l'envoie des apôtres en mission, saint Jean-Baptiste prêchant la pénitence et saint François-Xavier. Sur l'abat-voix on peut admirer le Bon Pasteur, les quatre évangélistes et le sigle des Jésuites I.H.S. qui signifie Jésus sauveur des hommes (Iesus Hominus Salavtor).

L'orgue Silbermann[modifier | modifier le code]

Orgue Silbermann

Il fut construit en 1781 par Jean André Silbermann. C'est l'une des dernières œuvres du célèbre facteur d'orgue strasbourgeois. Il est le seul en Alsace à posséder un clavier d’écho complet de quatre octaves et représente ainsi l'ultime conception de l'orgue de Silbermann. Il est constitué de trois tourelles, le buffet possède des ailes représentant des instruments de musique. Le fleuron de la tourelle centrale représente une roue, l'emblème de la cité de Molsheim.

La chapelle de la Vierge[modifier | modifier le code]

Chapelle de la Vierge

Elle occupe l'emplacement de l'ancienne chapelle de l'hôpital médiéval Sainte-Marie qu'avait fait ériger Jean de Dirpheim. L'entrée de la chapelle est ornée par quatre personnages dont on suppose que ce sont des représentations des Jésuites et qu'elles auraient été sculptées par eux.

Jean de Dirpheim fut évêque de Strasbourg de 1306 à 1328, il est à l'origine d'un certain nombre de modification au sein de la ville de Moslheim, dont il était le seigneur temporel. On lui doit notamment le renforcement des remparts de la cité, la construction du château qui deviendra résidence épiscopale ainsi que la construction d'un hôpital pour les pauvres qui fut remplacé par l'église des Jésuites. Le gisant de Jean de Dirpheim a été très abîmé au cours de la Révolution française, la statue décapitée, retirée de son lit de pierre et posé debout contre le mur sera remise en place plus tard lors de la restauration de l'église. Aux pieds de l'évêque de Strasbourg sont couchés deux lions qui, contrairement aux habitudes, ne symbolisent pas le courage chez un militaire mais la magnanimité chez un homme d'Église.

La Chapelle Saint-Ignace[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Ignace

Initialement dénommée chapelle de la Croix. À l'entrée se trouvent de belles sculptures de grès représentant quatre évangélistes. Vers 1622, elle changea de nom et prit la dénomination de Saint-Ignace en l'honneur du fondateur de l'ordre des Jésuites.

On trouve également les fonts baptismaux à l'intérieur de cette chapelle, le socle et la cuve sont en pierre richement décorée par des sculptures. Les angles sont animés par des personnages : saint Georges et le dragon, la Vierge à l'Enfant, saint Paul avec l'épée, sainte Ursule, saint Sébastien, et sainte Catherine. Les six bas-reliefs représentant les sacrements de l'Église à l'exception du Baptême symbolisé par la vasque elle-même. Le couvercle était aussi en pierre à l'origine mais il a été remplacé par un couvercle en métal après que le premier se soit brisé. Une inscription latine indique le nom des donateurs : Rodolphe de Neuenstein et son épouse, Maria Ursula de Flaxlanden.

Sur les murs de la chapelle on peut admirer des peintures et des fresques retraçant des épisodes de la vie du fondateur de la Compagnie de Jésus. Les Jésuites les ont fait réaliser en 1622 à l'occasion des cérémonies de canonisation de saint Ignace.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Schlaefli, « Élèves des jésuites de Molsheim relevés dans les registres de l'officialité (1603-1608) », in Annuaire de la Société d'histoire et d'archéologie de Molsheim et environs, 2009, p. 103-105
  • Louis Schlaefli, « Élèves des jésuites de Molsheim relevés dans les registres de la procure (1621-1628) », in Annuaire de la Société d'histoire et d'archéologie de Molsheim et environs, 2009, p. 106-112
  • Louis Schlaefli, « Note sur les anciens vitraux de l'église des Jésuites de Molsheim », in Annuaire de la Société d'histoire et d'archéologie de Molsheim et environs, 2011, p. 19-32.