William Rehnquist
| William Rehnquist | ||
Portrait officiel du juge en chef Rehnquist en 1986. | ||
| Fonctions | ||
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| 16e juge en chef des États-Unis | ||
| – (18 ans, 11 mois et 8 jours) |
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| Prédécesseur | Warren Earl Burger | |
| Successeur | John G. Roberts, Jr. | |
| Juge assesseur de la Cour suprême des États-Unis | ||
| – (14 ans, 8 mois et 19 jours) |
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| Prédécesseur | John Marshall Harlan II | |
| Successeur | Antonin Scalia | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | William Hubbs Rehnquist | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Milwaukee (Wisconsin, États-Unis) | |
| Date de décès | (à 80 ans) | |
| Lieu de décès | Comté d'Arlington (Virginie, États-Unis) | |
| Nature du décès | Cancer de la thyroïde | |
| Sépulture | Cimetière national d'Arlington (Comté d'Arlington, Virginie, États-Unis) | |
| Nationalité | Américaine | |
| Parti politique | Parti républicain | |
| Diplômé de | Université Stanford (1948) Université Harvard (1950) |
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| Profession | Avocat Juriste |
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| Religion | Luthéranisme | |
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| Juges de la Cour suprême des États-Unis | ||
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William Hubbs Rehnquist, né le à Milwaukee et mort le dans le comté d'Arlington, est un juriste américain, président de la Cour suprême des États-Unis de 1986 à 2005.
Nommé par Richard Nixon juge à la Cour suprême en 1972, il est nommé président de la juridiction par Ronald Reagan en 1986. Il est le président de la Cour suprême au mandat le plus long depuis Melville Fuller, mort en 1910.
Études et début de carrière
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Rehnquist naît à Milwaukee, dans l'État du Wisconsin. Il étudie ensuite au Kenyon College, pendant un an, avant d'entrer dans l'U.S. Army Air Force. Il est agent météo en Afrique du Nord au cours de la Seconde Guerre mondiale de 1943 à 1946.
À la fin de la guerre, Rehnquist intègre l'université Stanford, grâce au G.I. Bill. Il obtient en 1948 une licence et une maîtrise en sciences politiques. En 1950, Rehnquist est admis à l'université Harvard, où il obtient une maîtrise en administration. Il retourne ensuite à Stanford pour des études à la faculté de droit, où il croise Sandra Day O'Connor, future juge de la Cour suprême des États-Unis, et sort major de la promotion.
De 1951 à 1952, Rehnquist travaille à Washington D.C. en tant qu'assistant de Robert Jackson, juge à la Cour suprême. Il y écrit une note contre la déségrégation dans les écoles, alors que la Cour suprême débat du cas Brown v. Board of Education. Plus tard, Rehnquist explique que cette note reflétait l'opinion de Jackson, et non la sienne propre, ce qui est contredit par l'historien et secrétaire juridique de Jackson, Mark Tushnet[1].
De 1953 à 1969, Rehnquist déménage à Phoenix (Arizona), et travaille à son compte. À cette époque, il milite aussi au sein du Parti républicain en tant que conseiller juridique de la campagne présidentielle de Barry Goldwater de 1964.
Au cours des auditions au Sénat précédant sa nomination en tant que Président de la Cour suprême en 1986, plusieurs personnes témoignent de manœuvres de Rehnquist visant à décourager les électeurs appartenant aux minorités de voter lorsqu'il sert comme surveillant de bureau de vote au début des années 1960. Cependant, ces allégations ne décrivent pas de comportement illégal, et Rehnquist a toujours nié intégralement ces accusations.
Service au ministère de la Justice et à la Cour Suprême
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Lorsque Nixon est élu président en 1968, Rehnquist revient travailler à Washington. Il est d'abord Assistant Attorney General du bureau des Legal Counsel, de 1969 à 1971. À ce poste, il est le principal juriste du procureur général des États-Unis de l'époque, John Newton Mitchell. Le président Nixon l'appelle par erreur « Renchburg » dans plusieurs enregistrements de conversations dans le Bureau ovale, révélées durant l'enquête du Watergate. Nixon le nomme juge assesseur à la Cour suprême afin de remplacer John Marshall Harlan III à la suite de la démission de ce dernier, et ce choix est confirmé par le Sénat par 68 voix contre 26 le . Rehnquist entre effectivement en fonction le . Deux juges ayant démissionné, Nixon nomme en même temps Lewis Franklin Powell.
Dans la Cour présidée par Warren Earl Burger, Rehnquist se montre rapidement comme le plus conservateur des nommés de Nixon, en ayant une interprétation stricte du dixième amendement de la Constitution des États-Unis, et en attachant beaucoup d'importance aux droits des États et leurs pouvoirs. Il vote ainsi contre un développement de la déségrégation dans les écoles, contre la légalisation de l'avortement en 1973 (Roe v. Wade), mais en faveur de la prière à l'école et de la peine capitale. Il soutient en 1980 l'arrêt Diamond v. Chakrabarty, qui autorise la brevetabilité du vivant. La Route de la servitude est l'essai qui l'inspire pour sa philosophie juridique[2].
Lorsque Warren Burger se retire en 1986, Ronald Reagan, alors président des États-Unis, nomme Rehnquist pour le remplacer comme chief justice. Malgré quelques controverses — on le soupçonne de parjure pour son opinion sur Brown —, il est confirmé par le Sénat par 65 voix contre 33, et entre en fonction le 26 septembre. Le siège de Rehnquist est alors pris par Antonin Scalia.
Lorsqu'il devient le président de la Cour, Rehnquist continue à la pousser vers une vision plus large du droit des États dans le système fédéral américain en favorisant les législatures d'État. Il écrit notamment la décision United States v. Lopez, prise à une majorité de 5 contre 4 en 1995, annulant une loi fédérale car elle dépasse la compétence du Congrès définie par la clause de commerce. Ces revirements sont sans précédent depuis le New Deal et les juristes théorisent un « nouveau fédéralisme ». Rehnquist ouvre aussi la voie à une plus grande implication de l'État dans le soutien aux religions, écrivant une autre décision prise par une majorité de 5 voix contre 4, en 2002 cette fois-ci, Zelman v. Simmons-Harris, approuvant le soutien par l'État d'écoles paroissiales. Toujours avec cette majorité serrée, il décide en 2000 d'interrompre le recompte de l'élection avec la décision controversée Bush v. Gore. Il pousse en effet la Cour dans une doctrine nettement plus conservatrice, votant en bloc avec quatre juges assesseurs : Scalia, O'Connor, Kennedy et Thomas[3],[4]. Il est reconnu qu'il applique une vision pragmatique, qui se contredit quelquefois lors de l'originalisme mais Rehnquist cherche l'équilibre des opinions avec les autres juges et n'est pas aussi conservateur que Scalia et Thomas[2].
William Rehnquist fait confectionner une robe spécialement conçue pour lui en tant que président de la Cour en 1994, avec quatre barres dorées sur chaque épaule. Par le passé, le président n'était pas vêtu différemment des autres juges. La robe de Rehnquist est taillée à partir d'un modèle qu'il a vu dans l'opérette de Gilbert et Sullivan Iolanthe, jouée pour la première fois à Londres en 1882. Le costume qui inspire celui de Rehnquist est porté par le Lord Chancellor (ministre de la justice britannique), qui est dans la pièce appelé afin de résoudre une série de disputes.
Rehnquist n'est que le second président de la Cour suprême des États-Unis (après Salmon Portland Chase) à présider une procédure d'impeachment présidentielle, au cours du procès de Bill Clinton en 1999.
Il écrit des essais sur la Cour suprême, l'élection présidentielle de 1876 et sur les impeachments de Samuel Chase et Andrew Johnson.
William Rehnquist est pendant longtemps cité comme pouvant avoir été la source appelée Gorge Profonde du scandale du Watergate. En février 2005, quelqu'un révèle qu'il est gravement malade, et du fait du cancer de la thyroïde avancé de Rehnquist, beaucoup pensent avoir identifié Deep Throat (Gorge profonde) en sa personne. Cependant, le , le journaliste Bob Woodward confirme que Deep Throat est W. Mark Felt, ancien directeur adjoint du FBI.
Vie familiale
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William Rehnquist épouse Natalie Cornell en 1953. Elle décède d'un cancer des ovaires le . Ils ont eu trois enfants : James, Janet, et Nancy. Sa fille Janet est une ancienne inspectrice générale du ministère de la Santé.
Il passe souvent l'été dans le Vermont.
Rehnquist est d'origine suédoise. Il est l'un des deux présidents de la Cour suprême d'origine scandinave, l'autre étant Earl Warren, qui était d'origine norvégienne.
Problèmes de santé et mort
[modifier | modifier le code]En février 1977, Rehnquist se blesse au dos de façon assez grave pour être hospitalisé pendant une semaine. Il souffre par la suite d'une douleur chronique au bas du dos. À la fin de l'année 1981, les observateurs de la Cour suprême remarquent que ses discours sont difficiles à comprendre, voire incompréhensibles. Le , il est admis à l'hôpital de l'université George Washington pour traiter des problèmes de dépendance à un médicament qu'il utilise pour soulager ses douleurs au dos, le Placydil. Les dossiers du FBI ouverts en , montrent que Rehnquist a triplé la dose maximale de Placydil pouvant être prescrite et est devenu dépendant depuis le début des années 1970. Plusieurs médecins rapportent que lors de son séjour à l'hôpital en 1981, Rehnquist, sevré de Placydil, a tenté de s'échapper de l'hôpital en pyjama. Rehnquist déclare aussi, entre autres, que la CIA a ourdi un complot contre lui[5].
Le , la Cour suprême annonce qu'un cancer de la thyroïde a récemment été diagnostiqué chez Rehnquist, et qu'il a été hospitalisé au Centre médical naval de Bethesda lors des 5 jours ayant précédé l'annonce. Dans un communiqué bref, la Cour annonce que Rehnquist a subi une trachéotomie deux jours auparavant. Cela relance les spéculations dans les médias sur sa santé, la possibilité de sa démission et de son remplacement.
À cause de ses problèmes de santé, certains doutent qu'il soit en état de présider à la prestation de serment du président Bush lors de l'inauguration de son second mandat le . Rehnquist est finalement présent, bien qu'il apparaisse fragile et quitte la cérémonie peu après le serment du président.
Après avoir raté 44 argumentations orales devant la Cour entre la fin 2004 et le début de 2005, Rehnquist apparaît à nouveau le . Au cours de son absence, cependant, il reste impliqué dans les affaires de la Cour, et participe à la plupart de ses décisions et délibérations. Le , Rehnquist rend une visite rapide au département médical du Capitole, accélérant les spéculations selon laquelle il démissionnera avant la fin du mandat présidentiel.
Cependant, c'est sa collègue Sandra Day O'Connor qui annonce la première sa démission de la Cour le , lançant la campagne officielle de lobbying pour sa succession. Le choix du président est contraint par le fait qu'il doit être ratifié par le Sénat ; toutefois le président George W. Bush n'a pas caché son intention de nommer des juges conservateurs, notamment sur les questions sociétales.
Les rumeurs sur la démission de Rehnquist atteignent un nouveau stade le , principalement avec la une du site web The Drudge Report. Comme Rehnquist ne fait aucune annonce à la fin de la matinée, de nouvelles rumeurs débutent, selon lesquelles la Maison-Blanche a demandé au président de la Cour de différer son annonce publique au retour de Bush de son voyage à l'étranger. Mais après avoir fait une escale à l'ambassade de Grande-Bretagne afin d'y signer le registre de condoléances pour les victimes des attentats du 7 juillet, Bush rentre à la Maison-Blanche sans que Rehnquist ne prenne la parole. Commentant les rumeurs effrénées sur son retrait, il déclare « c'est à moi de le savoir et à vous de le trouver ». Le , il est à nouveau hospitalisé, cette fois-ci pour une forte fièvre, effet secondaire de son traitement en cours contre le cancer de la thyroïde.
Il meurt le . John G. Roberts, Jr., un de ses anciens clercs, lui succède.
Sources
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « William Rehnquist » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Commentaire de Dershowitz à la mort de Rehnquist
- (en) « Rehnquist the Great? », sur The Atlantic,
- ↑ (en) « Supreme Court Chief Justice Rehnquist Dies », sur The New York Times,
- ↑ François Vergniolle de Chantal, « La Cour Rehnquist et le fédéralisme aux Etats-Unis : peut-on parler d’un projet néofédéral ? », Revue internationale de droit comparé, vol. 56, no 3, , p. 571-602 (lire en ligne)
- ↑ (en) Rehnquist FBI File Sheds New Light on Drug Dependence, Confirmation Battles, 7 janvier 2007, Legal Times
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Irvin Molotsky : "Doctor Says Pain Drug Caused Justice Rehnquist to Slur His Speech." dans le The New York Times du à la page 9
La documentation de William Rehnquist fut acquise en 2008 par la Hoover Institution Library and Archives (en). Le fonds d'archives se compose de 540 pieds linéaires. Une grande partie est ouverte à la consultation. Les textes portant sur son activité de juge en chef ne seront mis à la disposition des chercheurs qu'à la mort de tous les juges associés ayant servi sous sa magistrature. Les documents concernant l'impeachment de Bill Clinton en 1998-2000 sont verrouillés jusqu'en 2048.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la vie publique :
- Biographie officielle (PDF)
- 1969 Note sur la politique en matière de liberté de l'information.
- Biographie d'Oyez
- Naissance en octobre 1924
- Naissance à Milwaukee
- Juge de la Cour suprême des États-Unis
- Chief Justice des États-Unis
- Personnalité juridique américaine
- Étudiant de l'université Stanford
- Décès en septembre 2005
- Décès dans le comté d'Arlington
- Décès à 80 ans
- Personnalité inhumée au cimetière national d'Arlington
- Étudiant de l'université Harvard
- Étudiant du Kenyon College