Tony Williams

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Tony Williams
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Tony Williams en 1986

Informations générales
Nom de naissance Anthony Tillmon Williams
Naissance
Chicago, États-Unis
Décès (à 51 ans)
Californie
Activité principale Musicien, compositeur, producteur et chef d'orchestre
Genre musical Jazz
Instruments Batterie
Années actives 1961-1997

Anthony Tillmon "TonyWilliams est un batteur de jazz et de Jazz-rock américain né à Chicago, Illinois, le 12 décembre 1945 et décédé le 23 février 1997 en Californie.

Remarqué très jeune par Miles Davis, il a fait partie à 17 ans de son fameux "second grand quintet" (1965-1968) avec Herbie Hancock, Ron Carter et Wayne Shorter (quintet reformé en 1976 par Herbie Hancock sous le nom de VSOP, Freddie Hubbard remplaçant Miles).

Biographie[modifier | modifier le code]

- De Boston au Miles Davis Quintet des sixties

Né à Chicago, c'est à Boston qu'il grandit et accompagne son saxophoniste de père à la batterie dès l'âge de huit ans; dans cette même ville il suit les cours du batteur Alan Dawson à la Berkeley School of music ; il "jamme" déjà avec les "jazz messengers" d'Art Blakey ou les musiciens de Max Roach aussi bien qu'avec le Akiyoshi-Mariano group, Sam Rivers ou des trios d'organistes comme celui de Johnny "Hammond" Smith au club "Big M"... En décembre 1962 (il tout juste dix-sept ans...), il part pour New York à l'invitation du saxophoniste Jackie MacLean qui l'engage aux côtés de Bobby Hutcherson (vb), Grachan Moncur III (tb) et Eddie Khan (b) pour jouer dans "the connection".

Quelques mois plus tard, le trompettiste Miles Davis , le recrute aux côtés du pianiste Herbie Hancock et du contrebassiste Ron Carter. Quand l'année suivante, Wayne Shorter, venus des "jazz messengers" remplace George Coleman au saxophone ténor ce "second grand quintette" va stabiliser sa composition jusqu'en 1969. Dans cette compagnie si relevée, Tony Williams impose rapidement ses exceptionnelles qualités de rythmicien. Le succès du groupe aussi bien au disque (pour le label CBS: voir ci-dessous) qu'au concert (le public français le découvre en juillet 1963 au festival d'Antibes-Juan les Pins), assure aux jeunes sidemen du trompettiste, qui leur laisse d'ailleurs une grande autonomie tant pour composer que pour l'interprétation, une notoriété méritée.

Tony en profite pour enregistrer un premier disque en leader sur le label "Blue Note": c'est "Life time" (1964) qui présente Sam Rivers (ts), bobby Hutcherson (vb), Herbie Hancock et Richard Davis ou Gary Peacock (b) aux côtés du jeune batteur; l'année suivante c'est "Spring" pour lequel Tony s'entoure de Wayne Shorter, Sam Rivers, Herbie Hancock et Gary Peacock. Si par leur caractère assez avant-gardiste ces disques contribuent à rajeunir l'image du label qui les produit, leur audience reste limitée à un public attiré par les foisonnantes expériences de ce début des "sixties" qui voient l'émergence du "free jazz"; ces remarques s'appliquent aussi à ses participations aux enregistrements avec Eric Dolphy ("Out to lunch" 1964) ou Andrew Hill ("Point of departure" ). Tony va toucher un public beaucoup plus large en participant aux disques enregistrés par Herbie Hancock toujours sur "Bue Note", qui connaissent un grand succès: "My point of view", "Empyrean isles" et surtout "Maiden voyage".

- Le Tony Williams Lifetime

En 1969, désirant voler de ses propres ailes, Tony quitte Miles Davis juste après le fameux "In a silent way" acte fondateur du "jazz-fusion", et forme son propre groupe auquel il va donner le nom de son premier enregistrement: "Lifetime". Comme le trompettiste, il est impressionné par l'émergence de la pop music et la puissance qui se dégage de groupes comme "Cream" ou "l'Expérience" de Jimmy Hendrix.(qui vient de faire une mémorable apparition à Woodstock !). Aussi recrute-il le guitariste John Maclaughlin (avec lequel il vient de jouer avec Davis) et un jeune organiste soucieux de se dégager définitivement de l'influence de Jimmy Smith: Larry Young. Ensemble ils enregistrent "Emergency", puis rejoints par Jack Bruce, l'ancien bassiste du groupe pop "Cream", "Turn it over"; leur musique, qui alterne déchaînement d'énergie et moments plus apaisés, sans doute trop originale, ne leur apporte pas le succès. Le remplacement de MacLaughlin, parti fonder le bientôt célèbre "Mahavishnu" par Ted Dunbar et celui de Bruce par Ron Carter ne change guère la donne ("Ego" 1971). Au cours des années 70 la composition du "Lifetime" évolue (Dave Hurwitz, Webster Lewis, Alan Pasqua: claviers, Alan Holdsworth, Tony Nelson: g, Herb Bushler: b) sans que le groupe ne parvienne à s'imposer vraiment. (cf: discographie).

- Entre "Jazz fusion" et "be bop revival".

En revanche, Tony reste un sideman très sollicité, à l'aise dans les contextes les plus divers: dans l'esprit du "Lifetime" il participe à de nombreuses expériences du "jazz rock" ou "fusion" alors très en vogue: il joue aux côtés de Maclaughlin et Jaco Pastorius au Havana jazz Festival en 1979, enregistre avec Ray Manzarek, Carlos Santana et dans le "Mr Gone" du groupe "Weather Report". Sous son nom il réunit Jan Hammer, Brian Auger et Hancock (clav), Stanley Clarke (b), George Benson (g) aussi bien que Cecil Taylor dans l'album "The joy of flying" sorti en 1979. Il participe au groupe "Fuse one" qui se réunit uniquement en studio et compte Joe Farrell et Stan Turrentine aux sax, Wynton Marsalis à la trompette, Maclaughlin, Benson et Larry Corryel (g), Stanley Clarke (b) entre autres participants; le disque "Fuse one" (1980) est arrangé par Jeremy Wall, le pianiste du groupe "jazz-rock" Spyro Gyra (1980) et le disque "Silk" par le percussionniste de Weather Report Leon "Ndugu" Chancler (1981). En 1986 il participe à un enregistrement (intitulé simplement "Album" ou "Cassette" et plus tard "Compact disc" selon le support...) du groupe "Public image limited" de l'ex Sex pistols John Lydon où apparaît également l'ancien batteur de Cream Ginger Baker. En 1996 il forme "Arcana" un nouveau groupe avec le guitariste Derek Bailey et le bassiste Bill Laswell qui va enregistrer deux disques ,"The last wave" et "Arc of the testimony" (sorti après la mort du batteur; Derek Bailey qui a quitté le groupe est remplacé par le mystérieux Buckethead) ) où sont invités Byard Lancaster et Pharoah Sanders (sax) et Graham Haines (tp) le fils du drummer Roy.

Mais il se produit aussi dans des contextes "acoustiques" comme on dit alors (c'est à dire sans instruments électriques), plus fidèles à l'esprit du jazz: en 1974, aux côtés de Stanley Clarke (b) et Chick Coréa (clav), il accom-pagne un Stan Getz (ts) soucieux de renouveler son inspiration en s'entourant de jeunes partenaires. Puis il retrouve ses compagnons du "second quintette" qui, s'adjoignant Freddy Hubbard à la trompette à la place de Davis, forment le groupe "V S O P" qui connaît un grand succès. Il enregistre encore avec George Russel, Gil Evans, Sonny Rollins, McCoy Tyner ("super trios" 1977) et en 1979, avec Ron Carter il joue dans le "great jazz trio" du vétéran du "be bop" Hank Jones de vingt sept ans son ainé. Après un autre éphémère trio avec Tom Grant (clav) et John O'Hearne (b), il rejoint à nouveau Ron Carter et Herbie Hancock au sein du quartet de ce dernier qui va assurer la célébrité d'un tout jeune trompettiste: Wynton Marsalis. En 1986 il fait une apparition au cinema dans le "Autour de minuit" de Bertrand Tavernier. A ce moment il redevient leader d'un quintet d'esprit "néo bop" avec le pianiste Mulgrew Miller, Wallace Roney à la trompette ,Gary Thomas puis Bill Pierce au Sax, Charnett Moffett, Ira Coleman ou Bob Hurst à la basse, tout en continuant à enregistrer avec Hancock, Michel Petrucciani, Wynton et Branford Marsalis.

Fixé à Fairfax au nord de l'agglomération de San Francisco, alors qu'il subit une opération apparemment bénigne à la vésicule, son cœur cesse de battre.

Instrumentiste[modifier | modifier le code]

Il est considéré par certains comme l'un des plus grands virtuoses de la batterie, avec son aîné Elvin Jones. Parlant de lui dans son autobiographie, Miles le décrit comme le centre autour duquel gravite le son de son quintet. Herbie Hancock lui dédia une chanson posthume dans son album Future2future en utilisant une ancienne piste enregistrée.

"Symbole de la batterie moderne, Tony Williams incarne la maîtrise parfaite de la polyrythmie dans la confrontation binaire-ternaire" (Dictionnaire du jazz). Génie précoce de son instrument, il se caractérise par l'indépendance complète de ses quatre membres, découpant des figures rythmiques très variées et complexes sur la grande cymbale, ponctuées et enrichies sur la caisse claire et les toms sur lesquels il dégage une sonorité très personnelle, sans jamais perdre de vue la pulsion de base. Il relance ainsi sans cesse l'inspiration du soliste avec lequel il dialogue plus qu'il ne l'accompagne. La vogue du jazz-rock qui met en vedette les batteurs "binaires" surpuissants (Billy Cobham, Alphonse Mouzon, Lenny White), le conduit à durcir son jeu, qui par l'utilisation plus fréquente de la charleston, mais surtout de la grosse caisse devient plus violent et intense sans renoncer à sa complexité quand il s'exprime dans ce contexte. Formidable soliste il déploie toute les ressources de son instrument faisant varier quasi à l'infini toutes les combinaisons possibles entre les éléments qui le compose, mettant ainsi en évidence une virtuosité qui semble illimitée sans pourtant sacrifier au spectaculaire ou à l'étalage purement technicien au détriment de la créativité et de l'inspiration.

Discographie[modifier | modifier le code]

Comme leader[modifier | modifier le code]

  • 1964: Life Time (Blue Note)
  • 1965: Spring (Blue Note)
  • 1977: Third Plane (Carrere) - avec Ron Carter et Herbie Hancock
  • 1978: Joy of Flying (Columbia)
  • 1985: Foreign Intrigue (Blue Note)
  • 1986: Civilization (Blue Note)
  • 1988: Angel Street (Blue Note)
  • 1989: Native Heart (Blue Note)
  • 1991: The Story of Neptune (Blue Note)
  • 1992: Tokyo Live (Blue Note)
  • 1993: Unmasked (Atlantic)
  • 1996: Wilderness (Ark 21)
  • 1998: Young at Heart (Columbia)

Avec Tony Williams Lifetime[modifier | modifier le code]

  • 1969: Emergency
  • 1970: Turn It Over
  • 1971: Ego
  • 1972: The Old Bum's Rush
  • 1975: Believe It
  • 1976: Million Dollar Legs

Comme sideman[modifier | modifier le code]

Andrew Hill
  • Point of Departure
Arcana
  • The Last Wave (1996)
  • Arc of the Testimony (1997)
Branford Marsalis
Carlos Santana
Eric Dolphy
Grachan Moncur III
  • Evolution
  • Some Other Stuff
Hal Galper
Herbie Hancock
Jackie McLean
  • One Step Beyond
  • Vertigo
  • New Wine In Old Bottles
Kenny Dorham
  • Una Mas (1963)
McCoy Tyner
  • Supertrios
Michel Petrucciani
  • "Marvellous" (1994)
Miles Davis
Public Image Limited
  • Album tracks 1,2 & 6
Ray Manzarek, Larry Carlton, Jerry Scheff
  • The Golden Scarab
Ron Carter
  • Third Plane
  • Etudes
Sam Rivers
  • Fuchsia Swing Song
Stan Getz
  • Captain Marvel
Stanley Clarke
  • Stanley Clarke
Travis Shook
  • Travis Shook
Trio of Doom (Tony Williams, Jaco Pastorius et John McLaughlin)
Wallace Roney
  • Verses (1987)
Wayne Shorter
  • The Soothsayer
Weather Report
  • Mr. Gone
Wynton Marsalis
  • Wynton Marsalis

Références

Références[modifier | modifier le code]

- P. Carles A. Clergeat J. L. Comolli : Dictionnaire du jazz. Article de P. Baudoin et C. Gauffre.