Théorème (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Théorème (homonymie).
Théorème
Description de cette image, également commentée ci-après
Scène du film : le mystérieux visiteur (Terence Stamp) s'entretient avec l'épouse de l'industriel (Silvana Mangano).

Titre original Teorema
Réalisation Pier Paolo Pasolini
Scénario Pier Paolo Pasolini (roman)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Durée 98 minutes
Sortie 1968

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Théorème (Teorema) est un film italien de Pier Paolo Pasolini. Vive critique de la bourgeoisie Italienne, le film fait un scandale à sa sortie en 1968. Il a été conçu en parallèle avec le roman éponyme de Pasolini.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Annoncé par un télégramme, un personnage mystérieux d'une étrange beauté séjourne dans une riche famille milanaise et entretient des rapports sexuels avec chaque membre de la famille, changeant radicalement la vie de chacun.

Présentation par Pasolini[modifier | modifier le code]

« Dans une famille bourgeoise, arrive un personnage mystérieux qui est l'amour divin. C'est l'intrusion du métaphysique, de l'authentique, qui vient détruire, bouleverser une vie, qui est entièrement inauthentique, même si elle peut faire pitié, si elle peut même avoir des instants d'authenticité dans les sentiments, par exemple, dans ses aspects physiques aussi[1]. »

Puis, un nouveau télégramme annonce le départ de cet étrange visiteur.

« Et chacun, dans l'attente, dans le souvenir, comme apôtre d'un Christ non crucifié mais perdu, a son destin. C'est un théorème et chaque destin est son corollaire[2]. »

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Réception du film[modifier | modifier le code]

La sortie en salles est plutôt accueillie favorablement mais un avocat romain en demande la saisie pour « obscénité ». Un procès se tient à Venise à la fin du mois de novembre 1968. Pasolini assure sa propre défense et déclare en substance :

« Mon film, comme toutes les scènes qui le composent, est un film symbolique[3]. »

Quant au tribunal romain, il réfute les assertions de l'accusation et lève le séquestre du film, le président du tribunal déclarant :

« Le bouleversement que m'a causé Théorème [...] n'est nullement sexuel, il est essentiellement idéologique et mystique. Comme il s'agit essentiellement d'une œuvre d'art, elle ne peut pas être obscène[4]. »

Récompenses[modifier | modifier le code]

Ce film a obtenu le grand prix de l'Office catholique international du cinéma (OCIC)[5] et Laura Betti a reçu le prix d'interprétation féminine à la Mostra de Venise en septembre 1968, ce qui a causé une certaine perplexité dans le public catholique à cette époque d'importants changements des mentalités. Le jury de l'OCIC était, à ce moment-là, présidé par un jésuite canadien, Marc Gervais, admirateur de l'œuvre de Pasolini. Six mois plus tard, désavouant son jury, l'Office catholique regretta officiellement l'attribution du prix à Théorème.

Analyse[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (décembre 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Ce film contient une part de mysticisme rarement atteinte dans l'histoire du cinéma. Pasolini sublime ici la dimension matérialiste du « Vivant », son aspect à la fois spirituel mais surtout charnel. En athée convaincu, Pasolini analyse le phénomène de la foi, qui se manifeste selon lui avant tout par une transcendance ressentie du plus profond de l'être jusqu'à son propre corps (ici clairement évoquée par l'acte charnel). La peinture du Christ est d'autant plus saisissante que celui-ci se manifeste presque uniquement à travers l'acte sexuel (le personnage incarné par Terence Stamp recourt rarement à la Parole).

Si la foi se manifeste ici par le « scandale » (décrié par le Vatican), elle est en plein accord avec la pensée pasolinienne (« Je ne vis que par et pour le scandale », disait-il).

Le film se présente comme une interprétation audacieuse et réussie de la phrase biblique : « Et le Verbe s'est fait chair ». Cette œuvre est avant tout un poème.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. In : Jeune Cinéma, no 33, octobre 1968.
  2. Cité par Jean A. Gili, op. cit.
  3. In L'Avant-scène cinéma, no 97, novembre 1969.
  4. Cité par Jean A. Gili in : Le Cinéma italien, Éditions de La Martinière, Paris, 2011.
  5. « Connaissez-vous le cinéma ? », Le Monde hors-série jeux, 2011, page 81.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]