Pasolini (film)

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Pasolini
Réalisation Abel Ferrara
Scénario Abel Ferrara
Maurizio Braucci
Acteurs principaux
Sociétés de production Capricci Films
Urania Pictures SRL
Tarantula
Dublin Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Drame
Biographique
Durée 84 minutes
Sortie 2014

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Pasolini est un drame biographique franco-italien, écrit & réalisé par Abel Ferrara, et sorti en 2014. Il nous emmène dans les derniers jours de la vie du cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, interprété par Willem Dafoe. Il s'agit du 23e film d'Abel Ferrara, et de son second film biographique (bien que ces deux films traitent d'un moment précis dans la vie des protagonistes), succédant dans la même année au sulfureux Welcome to New York.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Rome, 1er novembre 1975. Pier Paolo Pasolini est sur le point d’achever le montage de Salò ou les 120 Journées de Sodome, son chef-d’œuvre, et poursuit sa critique impitoyable de la classe dirigeante démocrate-chrétienne. Plusieurs journalistes, écrivains et érudits aux déclarations scandaleuses, au verbe fort et revendicatif - comme lui - sont censurés, persécutés, battus, ou assassinés. Mais Pasolini veut dénoncer l’injustice, ce "pouvoir de marionnettes", quoi qu’il lui en coûte. Il va passer ses dernières heures dans le cocon familial, avec sa mère adorée, puis avec ses amis proches qui le mettent en garde.

Il retrouve le jeune acteur Ninetto Davoli à qui il parle d'un projet de scénario, qui nous emporte dans un univers onirique et hors de la narration: Epifanio, homme fantasque d'âge mûr, descend en ville pour acheter du café à sa femme. Il s’aperçoit que la comète du Messie est dans le ciel: il prend ses affaires, et suivi de son fils il part suivre la comète dans une sorte de quête d'absolu. Le scénario, intitulé Porn-Teo-Kolossal, raconte les pérégrinations de ce père et de ce fils. Pasolini veut proposer le rôle d'Epifanio à Eduardo de Filippo, et celui du fils à Ninetto Davoli.

Au volant de son Alfa Romeo, il part à la quête d’une aventure dans la cité éternelle... Il récupère un très jeune amant, et l'emmène sur la plage. Au lever du jour, Pasolini est retrouvé mort, atrocement mutilé, sur une plage d’Ostia, aux abords de la ville.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Dates de sortie :

Le film a été interdit au moins de 12 ans lors de sa sortie en salles en France.

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Ferrara vs. Pasolini[modifier | modifier le code]

Abel Ferrara, grand admirateur de Pier Paolo Pasolini n'a eu de cesse pendant la promotion de son film, de clamer son amour inconditionnel pour le travail du cinéaste italien: "A l'époque, tu pouvais pas cliquer sur internet, il fallait se bouger le cul pour trouver les putains de films, et on finissait par dénicher le fucking Salò dans une salle de downtown Manhattan. Pasolini est mort pendant le montage de Salò. Après sa mort, on a tout appris sur lui : c’était un putain de gay, un putain de révolutionnaire, un putain de fouteur de merde, et on a fini par le buter. Quelles que soient nos raisons, c’était fucking romantique pour nous à l’époque, cette vie et cette œuvre. C’était tout le truc “vis vite, meurs jeune, crève dans la rue”."[1]

"J’aurais pu choisir n’importe quel jour de sa vie, ils étaient tous intéressants. La vie était une aventure permanente pour Pasolini, il ne s’arrêtait jamais, il évoluait sans arrêt. Mais bon, le jour de sa mort nous a semblé évident. La mort met la vie d’un individu en perspective, encore plus avec Pasolini. À la fin de sa vie, il avait bougé et considérait sa Trilogie de la vie comme de la merde, il était déjà ailleurs. Mec, Pasolini était toujours en mouvement, il écrivait Pétrole… Ce type avançait, mec, il n’avait aucun orteil dans le passé."[1]

Production du film[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné à Rome en cinq semaines, à compter du 28 janvier 2014. Il a été en partie post-produit en France, à Bordeaux, où sont situées deux des sociétés productrices du film de Ferrara.

Particularités[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Le Pasolini de Ferrara a globalement été bien accueilli par la critique internationale, tant par la presse que par les sites participatifs et les blogs.

L'agrégateur de critique Rotten Tomatoes le note 6.8/10, avec un Tomatometer à 70%. IMDb le note 5.8/10, c'est-à-dire un metascore de 63%. Pour ce qui est du public français, Allociné le note 5/10 et l'agrégateur SensCritique 5.7/10.

La presse, elle, est moins mitigée. En France, Les Cahiers du Cinéma lui confèrent cinq étoiles (sur cinq, ce qui est rare), tandis que Le Monde n'hésite pas à titrer: "Pasolini: un jeu de miroirs entre Ferrara et son sujet"[2]; dans Les Inrocks, Jean-Baptiste Morain ne tarit pas d'éloges: "Willem Dafoe, dans le rôle de Pasolini, se montre admirable de sobriété, de retenue, d’intelligence du personnage et de l’artiste. Mais le plus beau, et aussi le plus émouvant du film, se situe ailleurs : dans la tentative de nous montrer ce qu’il y a, au moment de mourir, dans le cerveau de Pasolini. Et qui restera inachevé. [...] Il faut sans doute un certain courage artistique, aussi, pour adapter quelques scènes du dernier scénario écrit par Pasolini et faire jouer l’un des rôles principaux par le vrai Ninetto Davoli."[3]

De son côté, Julien Gester de Libération: "Par-delà la révérence, la valeur de ce superbe portrait antispectaculaire réside dans sa façon de restituer sans ânonnement béat un Pasolini en liberté, un peu las de ce monde mais agité d’autant d’appétits que de fulgurances, rendus ici à leur souveraine et sauvage actualité."[4] Tandis que L'Humanité, par la plume de Vincent Ostria, le qualifie de "brillant"[5].

D'un autre côté, Jacques Morice de Télérama est un peu plus mitigé: "Deux projets [les scènes oniriques et le biopic en tant que tel] que Ferrara illustre à travers des séquences fantasmatiques plutôt confuses. Le cinéaste captive davantage lorsqu'il montre simplement, à travers deux interviews, un Pasolini radical, en guerre contre le libéralisme en train de gangrener le prolétariat comme l'intelligentsia."[6]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sélections[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]