Maurice Grevisse

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Maurice Grevisse
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Maurice Grevisse.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Université de Liège (doctorat) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Enfant
Marie-Thérèse Goosse (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
André Goosse (gendre)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Distinctions
Œuvres principales

Maurice Grevisse, né le à Rulles et mort le à La Louvière, est un grammairien belge francophone. Il est notamment connu pour son ouvrage de grammaire Le Bon Usage.

Le nom « Grevisse » ne prend pas d'accent, mais il est couramment prononcé [ɡʁe.vis][1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Maurice Émile Grevisse est né le à Rulles. Il est le fils de Désiré Grevisse, maréchal-ferrant, et de son épouse, Marie Eugénie Michel, couturière. Cadet d'une famille de cinq enfants, il vient au monde alors que ses parents ont respectivement 38 et 32 ans[2],[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Maurice Grevisse, dont la langue maternelle est le gaumais, une variante du dialecte lorrain, apprend le français à l'école primaire. Son instituteur, Jules Forêt[4], lui enseigne le calcul, la formation morale et religieuse et la langue française. Élève appliqué, Maurice Grevisse prend bientôt le goût de la bonne orthographe et des exercices de dictée que l'instituteur fait faire aux enfants[3].

À la fin de sa scolarité obligatoire en , Maurice Grevisse est pressenti par tradition familiale pour reprendre la forge paternelle, mais il affirme sa volonté de devenir instituteur. Ses parents cèdent à ses supplications et l'inscrivent chez les Frères maristes à Arlon[5].

En , il entre à l'école normale de Carlsbourg, où il reçoit son diplôme d'instituteur en . Il s'inscrit ensuite à l'école normale de Malonne et devient régent littéraire. Il occupe ensuite un poste de professeur de français à l'École des Pupilles de l'armée de Marneffe. Durant cette période, il apprend seul le latin et le grec ancien. Tout en poursuivant sa carrière, il suit des cours de philologie classique à l'université de Liège. En , il reçoit le titre de « docteur en philologie classique ».

Le Bon Usage[modifier | modifier le code]

Maurice Grevisse devient, en , professeur à l'École royale des cadets à Namur. Instituteur, puis professeur, il se rend compte que les grammaires existantes ne répondent pas au besoin de son enseignement. Il reprend ses annotations en un nouveau concept qu'il intitule Le Bon Usage. Féru de grammaire, Raoul Grosjean, professeur puis directeur du gymnase de Neuchâtel, a été longtemps en contact avec Grevisse auquel il a transmis de nombreux manuscrits sur ses réflexions de grammairien.

De nombreux éditeurs de renom refusent son manuscrit. Maurice Grevisse se tourne vers Fernand Desonay, professeur à l'Université de Liège. Enthousiasmé par la qualité du texte, celui-ci va lui-même chercher un éditeur. Après de nombreux refus, il obtient en l'accord de la maison Duculot, un modeste éditeur de Gembloux qui publie la première version de sa grammaire sous le titre Le Bon Usage. Longue de 704 pages, celle-ci est tirée à 3 000 exemplaires.

L'ouvrage est réédité en , puis en . Le succès ne s'est jamais démenti, même pendant la Seconde Guerre mondiale. Le , en première page du Figaro littéraire, André Gide cita Le Bon Usage comme la meilleure grammaire de langue française. Cet article contribua grandement au succès de l'ouvrage à l'étranger[6].

Mort et hommages[modifier | modifier le code]

Maurice Grevisse meurt le à La Louvière après avoir confié les rênes du Bon Usage à son gendre, André Goosse.

Hervé Bazin louera chez Maurice Grevisse sa « conception nouvelle du rôle de grammairien, préférant le fait à la règle ; une constante remise à jour ; une érudition jamais rêche, jamais sèche, une somme d’exemples, de citations anciennes ou modernes répondant à d’immenses lectures ; et surtout la modernité de l’analyse, jointe au sens de la mesure[7] ». Le lexicographe Paul Robert émettra un autre avis superlatif en 1980 : Le Bon Usage est « la meilleure grammaire de la langue française[8] ».

Distinctions[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

De à sa mort en , il a siégé au Conseil international de la langue française.

L'Institut Jules Destrée, à la suite d'un vote émis par des personnalités politiques et académiques, l'a classé parmi les « Cent Wallons » du siècle.

Prix[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Grevisse lui-même évoque un accent « moitié ouvert, moitié fermé ». Voir « Maurice Grevisse », sur INA, (consulté le 15 juin 2019).
  2. « Acte de naissance de Maurice Grevisse »
  3. a et b Maria Lieber, « Maurice Grevisse, grammairien et chroniqueur de langage », L'information grammaticale,‎ , p. 35-40 (lire en ligne)
  4. « Maurice Grevisse - Photographies », sur oraprdnt.uqtr.uquebec.ca (consulté le 3 juin 2021).
  5. Jean-Luc Bodeux et Patrice Gaillet, « Rulles va fêter son grand Grevisse », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  6. Claude Duneton, « Le plaisir des mots », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  7. Léon-Marc Levy, « Le Bon Usage, Grevisse langue française, 16e édition, Maurice Grevisse, André Goosse », La Cause littéraire,‎ (lire en ligne)
  8. Paul Robert, « Préface de la 11e édition », Le Bon Usage (Paris-Gembloux : Duculot, 1980), vii.
  9. « Les 80 ans du Bon usage, de Maurice Grevisse », Le Soir,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Couverture de la 13e édition du Bon Usage.

Outre le Bon Usage, Maurice Grevisse a publié plusieurs ouvrages scolaires ou utilitaires traitant de difficultés :

  • Précis de grammaire française (1939) (aussi connu sous le titre Le petit Grevisse)
  • Exercices sur la grammaire française (1942)
  • Cours de dictées (1944)
  • Le Français correct (1973)
  • Savoir accorder le participe passé (1975)
  • Quelle préposition ? (1977)
  • La force de l'orthographe (1982)
  • Nouvelle grammaire française (1982)

On mentionnera spécialement les Problèmes de langage (1961-1970) où il réunit les chroniques littéraires publiées dans le journal La Libre Belgique. Avec une plume alerte et ce grand souci d'exactitude concernant les faits de langue qu'on lui (re)connaît, Maurice Grevisse, libéré de l'expression guindée qui s'impose à tout rédacteur de grammaire de référence, ne manque pas, à l'occasion, de renvoyer les puristes à leurs chères études en conjuguant avec élégance humour, finesse et sérieux. De même, en 1961, s'affirmait-il déjà comme un partisan résolu de la féminisation des noms de métiers, quelque 40 ans avant que l'Académie française ne la combattît ardemment.

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