Présent historique

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Le présent historique, aussi appelé présent de narration, est l'emploi de l'indicatif présent dans une phrase ou un texte relatant des événements passés du point de vue du narrateur. Il est fréquent dans le discours didactique et encyclopédique.

Emplois[modifier | modifier le code]

Le présent de l'indicatif peut être employé pour un fait qui a eu lieu dans un passé plus ou moins éloigné, mais que l'on présente comme s'il était en train de se produire au moment où l'on parle. Ce présent historique est souvent employé pour donner au récit une vivacité particulière[1]. La Fontaine l'utilisait volontiers : « On lui lia les pieds, on vous le suspendit; / Puis cet homme et son fils le portent comme un lustre[2]. »

Le présent historique peut se trouver associé à un temps passé, mais alors le présent doit exprimer les faits essentiels, et le passé, les faits accessoires, les explications[1] :

« Je regardais avec inquiétude la lumière des lampes presque consumées qui menaçaient de s'éteindre. Tout à coup une harmonie semblable au chœur lointain des esprits célestes sort du fond de ces demeures sépulcrales : ces divins accents expiraient et renaissaient tout à tour; ils semblaient s'adoucir encore en s'égarant dans les routes tortueuses du souterrain. Je me lève et je m'avance…(Chateaubriand, Les Martyrs, V. Cité par Grevisse). »

Expansion du procédé : « cet emploi du présent s'est généralisé au cours de la période plus récente[3]. » En fait, le présent de l'indicatif possède aujourd'hui « une valeur nulle qui le rend propre à s'employer dans un énoncé situant le procès à n'importe quelle époque[4]. » Cette valeur omnitemporelle du présent lui permet d'être utilisé dans n'importe quel contexte temporel. La dimension temporelle est alors indiquée en joignant à la forme verbale une date ou un adverbe de temps :

« Pierre arrive demain. »

« En 1789, le peuple de Paris prend la Bastille[5]. »

« À partir du VIIIe siècle, la péninsule, jusqu'alors assez isolée, s'ouvre à des influences nouvelles, venues de la mer et d'Orient[6]. »

Le présent historique peut aussi être utilisé en combinaison avec le passé simple ou le passé composé pour marquer des relations d'antériorité entre divers événements ou une disparité temporelle :

« Cette autonomie déplaît à l'empereur d'Orient, qui cherche de plus à éloigner les Ostrogoths, qui ravagent les Balkans. Ce peuple, de religion arienne, est dirigé par Théodoric, qui a passé sa jeunesse comme otage à Byzance, et connaît donc bien l'administration romaine, mais dont les ambitions dépassent celles d'un délégué de l'empereur. Il entre en Italie, envoyé par celui-ci, en 489, et supprime Odoacre en 493[6]. »

« Les Villanoviens caractérisent le premier âge du fer, avec leurs tombes à incinération. Leur expansion fut considérable entre 950 et 500 environ. En Italie du Sud, leur civilisation se mêle à la Fossakultur, parfois très riche, comme en Campanie[6]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Grevisse 1980, p. 832
  2. La Fontaine, Fables, III, 1.
  3. Weinrich 1989, p. 141.
  4. Riegel 1994, p. 298.
  5. Riegel 1994, p. 301.
  6. a, b et c Article « Italie » dans Encyclopaedia Universalis, en ligne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]