Syndicat des journalistes français

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Le Syndicat des journalistes français (SJF) a été fondé en 1886 par Eugène Tavernier (L'Univers) et Jules Cornély (Le Figaro), les premiers journalistes à s'investir dans l'enseignement de leur métier. Présidé par Victor de Marolles, il est hébergé par l’Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers, qui créé l'année suivante le Syndicat des employés du commerce et de l'industrie (SECI). Trente ans plus tard, le SECI et le SJF seront les piliers de la création en 1919 de la CFTC. En 1964, comme la majorité de la CFTC, il rejoint la CFDT, puis devient en 1989 l'Union syndicale des journalistes CFDT.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Syndicat des journalistes français (SJF) est né dans la foulée de la loi sur la presse de 1881 et de la loi Waldeck-Rousseau, légalisant les syndicats.

Au même moment se créent l'Association de la critique dramatique et musicale en 1877, l'Association de la presse républicaine départementale, fondée en 1880 à Paris par le journaliste Edgar Monteil pour les employeurs, et l'Association syndicale professionnelle des journalistes républicains français[1]. Il est alors le pilier de la "Corporation des publicistes (ancien mot pour journalistes) chrétiens", qui fédère aussi des écrivains. Cette "Corporation" distingue les deux métiers pour la première fois en 1895. Elle fonde une caisse de retraite, puis une caisse de prévoyance en 1903[2].

Victor Taunay (La Vérité) prend la présidence du SJF en 1913, après avoir posé les bases du statut de journaliste professionnel lors du congrès de 1910 du Bureau central des associations de presse, à une époque où le Syndicat national des journalistes n'existe pas encore.

Il cède la présidence en 1915, prenant la Première Guerre mondiale, à Alfred Tastevin de Nouvel (Les Nouvelles clichées), qui rapproche le SJF du syndicat des écrivains, à la demande d'un prêtre, le père Marie-Albert Janvier. François Veuillot (Le Figaro), neveu de Louis Veuillot (L'Univers), assure ensuite la présidence.

Après la Première Guerre mondiale, le SJF est à l'initiative de la fondation de la CFTC les 1er et . Le Syndicat des employés du commerce et de l'industrie est alors l'autre pilier influent du syndicalisme chrétien. La CFTC décide de regrouper 321 syndicats et se réclame de l’encyclique Rerum Novarum.

Dans les années 1920, le SJF est rejoint par Hubert Beuve-Méry, ex-collaborateur du père Marie-Albert Janvier, et journaliste au Temps, qui deviendra après 1945 directeur du quotidien Le Monde.

Après la Libération, le SJF est mené par plusieurs militant du MRP, comme Maurice Carité (journaliste à L'Aube) ou Henri Poumerol, qui, lors de la Grève à la Radiodiffusion-télévision française d'octobre 1962, apporte son soutien au Syndicat des Journalistes de Radio et de Télévision de Joseph Pasteur, victime de sanctions pour avoir tenté de pratiquer un journalisme selon les règles de la déontologie.

Le SJF est affilié à la CFDT après la déconfessionalisation de la CFTC en 1964. Il est alors mené par Paul Parisot, un journaliste de Franc-Tireur passé à France-Soir, qui combat Robert Hersant avec la société des rédacteurs du journal, avant de rejoindre Le Matin de Paris comme rédacteur en chef.

Paul Parisot obtient la création de l’Union nationale des syndicats de journalistes (UNSJ) en 1966, pour fédérer les différents syndicats, puis rédige en 1971 la déclaration des droits et des devoirs des journalistes[3], dite Charte de Munich, signée par tous les autres syndicats de journalistes en Europe.

Dans les années 1970, le syndicat bénéficie de l'influence de Félix Lacambre, ex-président de l’Action catholique ouvrière (ACO) et chef du service des informations religieuses de La Croix. Présent au bureau national de la confédération CFDT depuis le congrès d'Annecy (1974), il contribue à construire la FTILAC, intégrée dès 1989 par un SJF devenu Union syndicale des journalistes CFDT et élargie en 2005 aux salariés des ex-PTT pour constituer la Fédération communication conseil culture CFDT.

Présidents[modifier | modifier le code]

Secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

Autres dirigeants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Le Siècle de la presse (1830-1939)", par Christophe Charle [1]
  2. "Paul Parisot, la traversée du siècle d’un journaliste engagé, Éditions Aria-Nord, mai 2010, page 154
  3. "L’éthique des journalistes au xxe siècle. De la responsabilité devant les pairs aux devoirs à l’égard du public", par Jean-Marie Charron, Le Temps des médias n°1