Sibilla Aleramo

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Sibilla Aleramo
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Sibilla Aleramo par Mario Nunes Vais (1917)
Nom de naissance Rina Faccio
Naissance
Alexandrie
Décès (à 83 ans)
Rome
Nationalité italienne
Activité principale
Écrivaine, Activiste politique, Féministe

Sibilla Aleramo, pseudonyme de Rina Faccio, est une écrivaine italienne, née à Alexandrie le et morte à Rome le . Féministe, elle est principalement connue pour son autobiographie dépeignant les conditions de vie d'une femme à la fin du 19e siècle et au début du 20e en Itale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Première vie (1876-1901)[modifier | modifier le code]

Rina Faccio est née à Alexandrie, dans le Piémont le 14 août 1876. Alors âgée de 11 ans, ses parents déménagent de Milan à Civitanova (province de Macerata), où son père est nommé directeur d'une usine de verre. Dans l'impossibilité d'être alors scolarisée, elle va poursuivre ses études par elle-même, demandant à ses anciens enseignants des conseils de lectures. Employée dans l'entreprise de son père, elle sympathisera avec un homme de 10 ans son aîné. Celui-ci la violera dans le bureau de l'usine, Rina Faccio est alors âgée de 15 ans. Rina ne dira rien à ses parents de cet événement mais lui fut marié. Un an et demi après, à 17 ans, elle mit au monde son premier et seul enfant, Walter[1].

Seconde vie (Rome)[modifier | modifier le code]

Rupture avec sa famille[modifier | modifier le code]

En 1901, après une tentative de suicide, elle abandonne son mari, homme violent et autoritaire ainsi que son fils, partant à Rome. Ainsi commence, comme elle aime à le dire, sa « seconde vie ». Elle entame une brève relation sentimentale avec le poète Guglielmo Felice Damiani (it), puis rencontre l'écrivain Giovanni Cena (it). Ce dernier la convainc de traduire son expérience sous la forme de mémoires fictionnalisées, et de prendre un pseudonyme, celui de Sibilla Aleramo. C'est l'histoire de sa rupture avec son mari et son ancien milieu qui fait l'objet de son premier roman Une femme (Una donna). Publié en 1906, ce livre féministe connaît un grand succès et est considéré aujourd'hui comme le premier livre ouvertement féministe écrit par un ou une autrice italienne mais aussi comme un classique de la littérature italienne.

Activisme, lesbianisme et féminisme[modifier | modifier le code]

Elle devient également activiste politique, et s'engage comme travailleuse volontaire dans l'Agro Romano, un mouvement luttant contre la pauvreté des populations rurales autour de Rome.

En 1908, bien qu'engagée dans une relation avec Cena, elle rencontre Cordula "Lina" Poletti à un congrès de femmes. Cette relation lesbienne, qui dura un an, est relatée dans la nouvelle Il passaggio (1919), un livre dans lequel Aleramo est revenue, de façon célèbre, sur l'histoire racontée dans Une femme (Una donna). Dans Il passaggio, elle raconte que Giovanni Cena l'avait convaincue de changer légèrement son histoire de sa version originale, et en offre alors une ré-écriture où quelques événements, notamment la fin, diffèrent. Sibilla Aleramo continuerait à être l'une des leaders féministes italiennes. Ces dernières années, ses écrits personnels adressés à Poletti ont été étudiés, tant pour les points de vues ouverts quant aux relations homosexuelles qu'elle défendait, qu'en regard de son travail en général.

Troisième vie (rencontres artistiques, politiques et amoureuses)[modifier | modifier le code]

Après une ultime crise avec Giovanni Cena, elle quitte Rome pour finalement arriver à Milan. Elle rejoint le mouvement « Futuriste ».

À Paris elle se lie aux poètes Guillaume Apollinaire et Émile Verhaeren ainsi que Stefan Zweig, Gabriele D'Annunzio, Paul Claudel, Charles Péguy, Paul Valéry, Auguste Rodin, Anatole France...

Finalement elle revient à Rome où elle rejoint les milieux intellectuels et artistiques des années d’avant guerre. Elle fait la connaissance de Grazia Deledda.

À 40 ans, durant la Première Guerre mondiale en 1916, elle rencontre Dino Campana, âgé de 31 ans (auteur des Chants orphiques, 1914) avec qui elle commence une relation complexe et tourmentée qui dure moins de deux ans. Cette histoire sera adaptée au cinéma par Michele Placido en 2002 sous le titre Un Viaggio Chiamato Amore.

En 1925 elle fut une des signataires du Manifeste des intellectuels antifascistes.

En 1936 elle fait la connaissance du jeune Franco Matacotta (it), à qui elle reste liée dix ans, et de cette période — sa quarte existence — reste le témoignage du journal qui l’accompagne jusqu'à la mort.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale elle s'inscrit au parti communiste italien et se jette intensément dans le champ politique et social. Elle collabore, entre autres, à l’Unità et à la revue Noi donne. En 1948, elle participe au Congrès International pour la Défense de la Paix à Wrocław[2].

Tout au long du XXe siècle, Aleramo fut connue pour ses amours tumultueuses. Mais plus significatif de la vie d'Alermo, est son engagement comme femme indépendante et comme artiste. Ainsi elle a su traverser différentes époques (l'Italie libérale, le fascisme, la république italienne post seconde guerre mondiale) en parvenant toujours à maintenir un engagement politique et artistique visible.

Mort[modifier | modifier le code]

Elle meurt à Rome en 1960, des suites d’une longue maladie. Elle est inhumée au cimetière communal monumental de Campo Verano de Rome.

Aleramo disait avoir vécu trois vies. La première comme mère et femme, traduite dans Una Donna. La seconde, à Rome où, activiste dans des organisations féministes, elle fut volontaire dans un refuge pour pauvres mis en place par l'Unione Femminile. La troisième comptant 30 années durant lesquels elle passa son temps à écrire les expériences vécues[3].

Commémoration[modifier | modifier le code]

Le profil de Sibilla Aleramo a orné les pièces de vingt centimes en circulation, œuvres du sculpteur Leonardo Bistolfi, auquel elle a servi de modèle en 1908.

Livres biographies[modifier | modifier le code]

  • Sibilla Aleramo. René de Ceccatty - Monaco ; [Paris] : Ed. du Rocher, 2004. - 414 p. (ISBN 2-268-04927-2)

Principaux recueils[modifier | modifier le code]

  • 1906 : Una donna (Une femme traduction de Pierre-Paul Plan). Éd. du Rocher Una donna (it) (it)
  • Un Viaggio chiamato amore (Ce Voyage nous l'appelions amour, traduction de Béatrice Vierne). Lettres 1916-1918 de Dino Campana, Sibilla Aleramo (, Ed. du Rocher) extrait
  • 1919 : Il passaggio (Le passage traduction de Pierre-Paul Plan texte disponible sur le projet gutenberg)
  • 1920 : Momenti
  • 1920 : Andando e stando
  • 1924 : Il mio primo amore
  • 1927 : Amo, dunque sono
  • 1930 : Gioie d’occasione
  • 1932 : Il frustino
  • 1938 : Orsa minore. Ursa minor. (Notes de carnet et d'autres encore traduction de Jeanne-Hortense Alzinson) Ed. du Rocher
  • 1945 : Dal mio diario
  • 1947 : Selva d’amore
  • 1949 : Il mondo è adolescente
  • 1951 : Aiutatemi a dire
  • 1956 : Luci della mia sera

Portée à l'écran[modifier | modifier le code]

Un Viaggio chiamato amore 2002 - Italie voir fiche Un Viaggio chiamato amore (2002), voir aussi le site de l'institut canadien du film : A journey called love

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie en français[modifier | modifier le code]

Bibliographie en italien[modifier | modifier le code]

  • (it) Matilde Angelone, L'apprendistato letterario di Sibilla Aleramo con novelle inedite, Liguori, (ISBN 88-207-1565-1).
  • (it) Annagiulia Dello Vicario, Lettere Papini-Aleramo e altri inediti (1912-1943), Edizioni Scientifiche Italiane, Pubblicazioni dell'Istituto per gli studi di Letteratura contemporanea Roma, .
  • (it) Matilde Angelone, In difesa della donna. La condizione femminile in 'Una donna' di Sibilla Aleramo. Fortuna del romanzo nel mondo anglosassone, Fratelli Conte Editori, .
  • (it) René de Ceccatty, Sibilla: vita artistica e amorosa di Sibilla Aleramo, Mondadori, .
  • (it) Alessandra Cenni, Gli occhi eroici, Mursia, (ISBN 978-88-425-4677-1).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Drake, Richard. Sibilla Aleramo and the Peasants of the Agro Romano: A Writer's Dilemma. Journal of the History of Ideas, Vol. 51, No. 2 (Apr. – Jun. 1990), p. 255–272
  2. Kłos, Anita (2017). "Scrittori italiani al Congresso mondiale degli intellettuali per la pace (1948). Breslavia nei ricordi di Sibilla Aleramo e Giorgio Caproni". In Łukasiewicz, Justyna; Słapek, Daniel. Breslavia – Bassa Slesia e la cultura mediterranea (in Italian). Alessandria: Edizioni dell'Orso. p. 81–93 - (ISBN 978-88-6274-772-1).
  3. Pickering-lazzi, Robin (1995). Mothers of Invention: Women, Italian Fascism, and Culture. Minneapolis: University of Minnesota Press. p. 137–165

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Una donna, Il passaggio, Momenti Liriche et Trasfigurazione : Novella (en italien) sur le projet gutenberg