Serge Fiorio

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Serge Fiorio
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 99 ans)
ViensVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activité

Serge Fiorio (né le à Vallorbe, en Suisse, de parents piémontais et décédé le (à 99 ans)[1] à Viens, en Vaucluse) est un peintre italien d'origine piémontaise. Son père était cousin de Jean Giono. Il s'était installé après la Seconde Guerre mondiale dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Montjustin où il a vécu et peint de 1947 à 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Né en Suisse, de parents piémontais, Serge Fiorio suit sa famille qui déménage souvent, selon les déplacements de l'entreprise paternelle (maçonnerie, travaux publics) vers le lieu de ses chantiers successifs — principalement le percement de tunnels.

En 1924, c'est l'installation pour seize ans à Taninges, petit village de Haute-Savoie, où l'entreprise Fiorio exploite une carrière à ciel ouvert pour le chargement de routes et divers ouvrages de maçonnerie. Très tôt — à quatorze ans — Serge y travaille. Parallèlement, il les dessine, puis bientôt les peint. Après la rencontre de masques en rase campagne, les fêtes de Carnaval également l'inspirent — et continueront de le faire, devenant l'un de ses thèmes favoris, tout au long de son œuvre.

Giono, cousin de son père, s'intéresse tout de suite à ses premiers essais de mise en œuvre, puis lui demande, de réaliser son portrait. Après cette œuvre le jeune artiste autodidacte prend de l'assurance.

Curieux de ce que Giono lui en a dit au cours d'un de ses séjours de vacances chez les Fiorio à Taninges, en 1931, le peintre Constant Rey-Millet se rend au baraquement du chantier où travaille Serge pour se rendre compte de visu de ce que le jeune peintre accomplit. En naîtra une amitié pendant laquelle Rey-Millet, par deux fois, dessinera au crayon le portrait de Serge.

En 1936, dans le but de peindre davantage, il quitte la vie de carrier pour s'installer photographe ; jusqu'à sa mobilisation, en 1939, à Bourgoin, dans l'Isère, pendant laquelle il s'exprime alors au lavis et à la gouache.

1938 : Grâce à son Portrait de Jean Giono, c'est la rencontre d'Eugène Martel, le peintre de Revest-du-Bion. Ils échangent jusqu'au décès de Martel en 1947, une importante correspondance.

1939 : mobilisation dans le génie, où il fait la connaissance de l'arlésien Paul Geniet — simple soldat comme lui — qui, avec sa femme Yvonne, deviendront ses confidents épistolaires favoris sur une dizaine d'années environ.

1940 : amitié avec l'écrivain Luc Dietrich, qui lui fera rencontrer le poète Lanza del Vasto.

Avec son frère Aldo, ils s'installent à Campsas en Tarn-et-Garonne où ils exploitent une ferme, tout en prêtant main forte à la Résistance installée dans la région. Il y peindra une moderne Pietà, sa grande toile intitulée La Mort du camarade.

La guerre terminée, et après plusieurs déboires, il rêve de Haute-Provence ; s'en ouvre à Giono qui le dirige, comme à tout hasard, vers son découvreur et ami Lucien Jacques, aquarelliste installé depuis peu à Montjustin, à mi-chemin entre Apt et Manosque. Serge Fiorio n'aura de cesse de vouloir s'y installer pour toujours. C'est ce que fait la tribu Fiorio toute entière, en 1947, en venant habiter l'ancien presbytère délabré, perché tout au sommet du village. Serge Fiorio y peint de plus en plus, n'ayant jamais cessé de le faire ; ce qui permet aux Fiorio d'acheter, alors en ruine, des maisons à restaurer, des terres à cultiver, et d'élever aussi un troupeau de chèvres et de brebis.

Dès 1948, les Fiorio adhèrent au Mouvement de la Paix, présidé par leur ami Yves Farge.

Amitié avec un couple de jeunes poètes : Lucienne Desnoues et Jean Mogin, le fils de Norge, ainsi qu'avec le collectionneur André Bernard et son épouse la chanteuse Josy Andrieu qui partageront avec lui l'amitié de Joan Baez en conduisant plusieurs fois l'artiste américaine à Montjustin, dans son atelier.

Il expose aussi bien dans les villages autour de chez lui qu'à Paris, qu'en Suisse ou en Allemagne de par son amitié avec le jeune écrivain Hubert Fichte, venu comme berger à Montjustin. La presse, spécialisée ou non, parle de lui. Cinq photographes resteront ses amis jusqu'à leur mort ou à la sienne  : Lucien Clergue, Marcel Coen, Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson et Martine Franck.

1969 : Picasso installe — en hommage d'admiration privée — le grand cheval blanc du Manège qui fait l'affiche de l'exposition Fiorio à la Galerie 65 de Cannes sur les murs de son atelier.

Grâce à Pierre Martel, fondateur d'Alpes de Lumière, rencontre puis amitié avec Aimée Castain, bergère et peintre autodidacte comme lui.

Après 1970, les expositions Fiorio se font plus rares.

1979 : Serge Fiorio rédige une préface pour l'exposition de peinture de son amie et voisine Aimée Castain à Roussillon, dans le Vaucluse. La même année : début d'une correspondance « écologique » avec Adrienne Cazeilles, une institutrice de la vallée de l'Aspre entendue à la radio dans sa Radioscopie par Jacques Chancel.

C'est à l'initiative d'Hubert Marcelly qu'en 1983 Taninges organise la première rétrospective de ses œuvres, depuis l'année 1932. D'autres rétrospectives sont organisées par le Centre Jean Giono, le château de La Tour-d'Aigues ou la Médiathèque de Céreste.

En 1992, les éditions Le Poivre d'Âne, de Manosque, publient le tout premier album intégralement consacré à son œuvre, avec l'Itinéraire biographique du peintre, écrit par son ami André Lombard, avec les photos de Pierre Ricou, préfacé par Pierre Magnan.

Il meurt le , à onze heures, chez des amis, à Viens, dans le Vaucluse.

En juillet 2011, paraît aux Éditions La Carde, à Viens, un ouvrage sur la vie du peintre et sur son œuvre, composé de deux textes complémentaires : Pour saluer Fiorio d'André Lombard, précédé de Rêver avec Serge Fiorio par Claude-Henri Rocquet — qui est venu le rencontrer une petite année plus tôt dans son atelier.

Les Amis des Arts de Reillanne organisent la première exposition posthume d'une vingtaine de ses œuvres accompagnées de nombreux documents.

Une exposition à la Galerie Pierre-Hélen Grossi d'Apt, du au , rassemble 72 œuvres, avec un texte de présentation d'André Lombard.

Le le blog sergefiorio.canalblog.com est créé.

«...Ah oui, Serge Fiorio, un être exquis, je me rappelle. Exquis, je me ressaisis. Âpre et cordial comme un légionnaire conçu par un primitif...» (Charles-Albert Cingria, lettre à Jean-Marie Dunoyer, 1935)

Un autre ouvrage consacré à ce peintre paraît en avril 2015 aux éditions La Carde à Viens : Habemus Fiorio ! par André Lombard. Une exposition Fiorio a eu lieu du 4 juillet au 12 septembre 2015, à la médiathèque Lucien Jacques de Gréoux-les-bains, dans les Alpes de Haute-Provence.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Famille ouvrière 1933,
  • Les Quatre âges de la vie 1934,
  • Portrait de Jean Giono 1934,
  • Portrait de mes grands-parents 1935,
  • Les Joueurs de Morra 1935,
  • La Mort du Camarade 1950,
  • La Grande Souche 1960,
  • Carnaval en forêt 1970,
  • Les Quatre saisons 1981,
  • Les Hauts Plateaux 1981,
  • Deuxième portrait de Jean Giono 1989,
  • Le Rêve du berger 1991,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Lombard, Habemus Fiorio ! éditions La Carde, Viens, 2015.
  • André Lombard, Pour saluer Fiorio précédé de Rêver avec Serge Fiorio par Claude-Henri Rocquet, éditions La Carde, Viens, 2011.
  • Stéphane Rochette, Les années à Taninges de Serge Fiorio dans Le Petit Colporteur n° 9, Société d'histoire locale, 2002.
  • André Lombard, Initiale rencontre : note sur la peinture de Serge Fiorio. Propos de campagne no 1, 1993.
  • André Lombard, Serge Fiorio, préface de Pierre Magnan, reproductions et photographies de Pierre Ricou, éditions Le Poivre d'âne, Manosque, 1992.
  • Pierre-Marie Dumont ( sous la direction de), Hymne à l'amour, Droguet et Ardant éditeurs, 1985.
  • Marie-Christine Huguonot, Guide Naïf des provinces de France, éditions Hervas, 1985.
  • Catalogue du Musée international Anatole Jakovsky, Direction des Musées de Nice, 1982.
  • H Wiesner, Naive Malerei heute W Laumer éditeur, 1981.
  • Madeleine Gavelle, Illuminés de l'instinct, Filipacchi éditeur, 1977.
  • Giono-Fiorio, illustration de trois Récits de la Demi-brigade (La belle Hôtesse, La Nuit de Noël, Le Bal.) Imprimerie Daragnès, Paris, 1973.
  • Anatole Jakovsky, Ces peintres de la semaine des sept dimanches, Borletti editore, Milano, 1969.
  • Oto Bihalji-Merin, Les peintres naïfs, Delpire éditeur, sans date.
  • Serge Fiorio ... de la tige du noisetier aux neiges éternelles, texte de Gérard Allibert sur le site de la Galerie Alain Paire[2]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]