Lucien Clergue

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Lucien Clergue
Lucien Clergue, Kunsthaus Vienna, 2007.jpg
Lucien Clergue en 2007.
Biographie
Naissance
Décès
(à 80 ans)
Nîmes (France)
Nationalité
Activité
Famille
Deux filles, Anne et Olivia Clergue
Autres informations
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Distinctions

Lucien Clergue, né le à Arles (France) et mort le à Nîmes (France)[1],[2], est un photographe français.

Il est le premier photographe à être élu membre de l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France. Il en fut le président pour l'année 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien Clergue et Pablo Picasso (Mougins, 1969).

Dès l'âge de 7 ans, Lucien Clergue apprend à jouer du violon sous l'impulsion de sa mère, Jeanne Grangeon. Quelques années plus tard, son professeur n'est plus en mesure de l'aider à progresser. Issu d'une famille modeste, faute de moyens Clergue ne pourra pas poursuivre ses études au conservatoire de Marseille, ni à celui de Nîmes.

En 1950, pour Noël, il reçoit un appareil photo jouet et apprend dès l'année suivante les rudiments de la photographie.

À partir de 1953, après la mort de sa mère (30 décembre 1952), il consacre tout son temps libre à la photographie, très influencé dans un premier temps par le surréalisme et par les portraits de Thérèse Le Prat.

La rencontre avec Picasso[modifier | modifier le code]

Le 27 septembre 1953, lors d'une corrida aux arènes de Nîmes, il force le destin en mettant ses photographies sous le nez de Pablo Picasso. Celui-ci est intéressé et à la question posée : « Est-ce que cela vous plaît », il répond : « Vous savez bien que cela me plaît ». Pendant deux ans, le jeune Clergue s'emploie à produire un travail construit à Picasso pour le surprendre. C'est durant cette période qu'il crée la série intitulée La Grande récréation représentant des saltimbanques dans les ruines d'Arles, à laquelle succèdent les Charognes.

Le 4 novembre 1955, pour la première fois, Lucien Clergue se rend chez Picasso, à Cannes, pour récupérer les albums qu'il lui a envoyés. Il est reçu à bras ouverts, Pablo Picasso lui disant : « On me dit que le plus grand photographe, c'est Cartier-Bresson ; moi, je dis que c'est vous ». Leur amitié durera près de vingt ans, jusqu'à la mort de Picasso en 1973. Le livre Picasso mon ami (Éditions Plume) retrace les moments importants de leur relation.

Grâce à Pablo Picasso, il rencontre le collectionneur et critique d'art Douglas Cooper et Jean Cocteau. Les deux hommes font découvrir les photographies de Clergue à des critiques d'art et à des conservateurs suisses et allemands qui sont les premiers à lui consacrer de véritables expositions.

Corps mémorable[modifier | modifier le code]

En 1957, il publie Corps mémorable aux Éditions Pierre Seghers, poèmes de Paul Éluard, couverture de Pablo Picasso, poème liminaire de Jean Cocteau. L'ouvrage est réédité en 1960 sans le poème de Cocteau, puis en 1962. En 1963 paraît une version allemande dans laquelle la censure imposera de changer une des douze photos, puis en 1965, mais tout le texte est en noir[pas clair]. En 1969 paraît une édition remaniée avec d'autres photos et une nouvelle maquette. En 1996, à l'occasion du centenaire du poète, une ultime édition est publiée, agrémentée de nouvelles photographies et d'une maquette réalisée par Massin (ISBN 9782221084236). En 2003 cette dernière version est rééditée. Une exposition organisée à la médiathèque Carré d'art de Nîmes fin 2006 célèbre les cinquante ans de cet ouvrage.

Fondation des Rencontres d'Arles[modifier | modifier le code]

Les Baux-de-Provence,
Rencontres d'Arles en 1975.

Dès 1968, il fonde avec son ami Jean-Maurice Rouquette, conservateur des Musées d'Arles et l'écrivain Michel Tournier les premiers éléments des Rencontres Internationales de la Photographie qui deviendront les Rencontres d'Arles et se tiennent chaque année à Arles au mois de juillet.

Il invite à Arles les photographes les plus célèbres des États-Unis (Ansel Adams, André Kertész, Robert Mapplethorpe…) et du Japon (Eikō Hosoe)… Ils donneront les premiers « ateliers de photo » à Arles. Lucien Clergue, souhaitant que ses photographies soient reconnues en tant qu’œuvres d'art, a sans cesse milité pour la reconnaissance de la photographie en tant que discipline artistique à part entière au même titre que la peinture, la gravure ou la sculpture. Il parviendra à ce qu'elle soit considérée ainsi par le ministère de la Culture avant de contribuer à la création de l'École Nationale Supérieure de la Photographie à Arles en 1982.

Lucien Clergue est le premier autodidacte en France à être reçu docteur ès lettres avec option Photographie à l’Université de Provence, Marseille le [3]. Sa thèse publiée sous le titre Langage des sables ne comporte aucun mot, seulement des images, c'est l'écriture avec la lumière[4]. Un commentaire de Roland Barthes, membre du jury de thèse, fait office d'antithèse faute d'avoir pu rédiger une véritable préface avant son décès.

Il a régulièrement été l'invité des plus grandes universités étrangères telles que Harvard et a donné de nombreuses conférences à l’étranger.

Lucien Clergue en 2013 à Luxembourg (photo François Besch).

La ville d'Arles lui a consacré en 2007 une très importante rétrospective à travers 360 photographies datées de 1953 à 2007. Son travail a été exposé lors des Rencontres d'Arles de 1971 à 1973, en 1975, 1979, de 1982 à 1986, en 1989, 1991, 1993, 1994, 2000, 2003 et 2007 et en 2014 pour ses 80 ans.

Ses œuvres figurent dans les collections de nombreux musées français et étrangers et chez des collectionneurs privés.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2003 et est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France, le 31 mai 2006, à la suite de la création d'une nouvelle section consacrée à la photographie (no VIII). Sa réception sous la coupole a eu lieu le 10 octobre 2007. Premier titulaire du fauteuil no 1 de cette nouvelle section[5], il a retracé dans son discours l'histoire de la photographie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Corps mémorable, Éditions Pierre Seghers, Paris, 1957.
  • Toros muertos, Éditions Editec, collection Forces vives, Paris, 1963 (postfaces de Jean Cocteau et Jean-Marie Magnan, 30 photographies en noir et banc)
  • Marie Raymonde Delorme, Plaza de Toros, photographies de Lucien Clergue, Verviers, Éditions Gérard & Cie / Marabout Scope, 1964
  • El Cordobés, Paris, Éditions de la Jeune Parque, 1965
  • Née de la vague, Paris, Éditions Pierre Belfond, 1968
  • Genèse sur des thèmes d'Amers choisis par Saint-John Perse, Éditions Belfond, Paris, 1973
  • Camargue secrète, Paris, P. Belfond, 1976
  • La Camargue est au bout des chemins, Marseille, Agep, 1978
  • Langage des sables, Marseille, Agep, 1980 (ISBN 2902634-01-3)
  • Nimeno II Torero de France, Paris, Marval, 1992 (ISBN 2862341061)
  • Picasso mon ami, Paris, Éditions Plume, , 207 p. (ISBN 2908034603)
  • Les Gitans, Paris, Marval, 1996 (ISBN 2862341975)
  • Le Nu foudroyé, en collaboration avec Patrick Grainville et Gérard Simoën, Actes Sud, 2004 (ISBN 2742749470).
  • Portraits, Actes Sud, Arles, 2005 (ISBN 2742754237)
  • Lucien Clergue, La Martinière, 2007 (ISBN 2732435694)
  • Brasilia, Hazan, , 204 p. (ISBN 978-2754106962)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Lucien Clergue, disparition d'un activiste de la photographie », sur lemonde.fr, (consulté le 15 novembre 2014).
  2. (en) « French photographer and Picasso confidant dies aged 80 », sur Expatica France, (consulté le 16 novembre 2014)
  3. Dreuilhe et Millet 2017, p. 386.
  4. Dreuilhe et Millet 2017, p. 417.
  5. JORF n°198 du 27 août 2006, page 12731, texte n° 12
  6. Museo Cantonale d'Arte, Lugano: Lucien Clergue

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Dreuilhe et Thierry Millet (dir.), La Photographie de Lucien Clergue : essai biographique sur les origines de l'œuvre (thèse de doctorat en arts plastiques), Marseille, université Aix-Marseille, , 776 p. (SUDOC 229952178, résumé).

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]