Arminianisme

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Allégorie sur les disputes entre remonstrants et contreremonstrants en 1618, Abraham van der Eyk

L'arminianisme est un courant théologique protestante fondé à la fin du XVIe siècle par Jacobus Arminius. Ses adeptes sont appelés les Remonstrants, en raison des remontrances qu'ils adressèrent en 1610 aux États de Hollande. Suite à ces dernières, se tint en 1619 à Dordrecht un synode l’Église réformée néerlandaise connu sous le nom de Synode de Dort, Dordt ou Dordrecht où théologiens réformés à tendance calviniste et théologiens réformés à tendance arminienne se réunirent. Ce dernier aboutit au rejet de l'arminianisme (Canons de Dordrecht). A ce propos, il n'est pas sans importance de rappeler que Jacobus Arminius lui-même ne participa pas audit Synode puisqu'il mourut peu avant celui-ci. Enfin, plus primordial encore est le fait qu'Arminius ne pensa jamais diviser l'église réformée ou s'écarter de cette dernière. Mildred Bangs Wynkoop va même jusqu'à affirmer que "Arminius vécut et mourut en Calviniste"[1]. Du reste, il tenait en sainte horreur le désaccord entre chrétiens et désirait plus que tout la paix et l'unité dans l'Eglise[2].

Dans sa doctrine, le courant théologique dit "arminien" - ou wesleyen-arminien - repose sur deux postulats fondamentaux découlant de l'amour et de la justice de Dieu : 1. L'élection divine doit être définie de telle sorte que Dieu ne soit en aucun cas, et ce même de façon seconde, l'auteur du mal. Cela ne correspondrait pas au caractère de Dieu tel que révélé pleinement en Jésus-Christ. 2. La responsabilité de l'homme dans le mal doit être absolument préservée.

Quant à son influence globale, l'arminianisme est l'un des fondements doctrinaux de la Fraternité remonstrante, et, beaucoup plus largement, aussi bien du méthodisme - par le biais de John Wesley qui adhérait fidèlement à la théologie arminienne classique - que, à travers lui, du pentecôtisme. Notons toutefois que les différents pentecôtismes ont historiquement eu tendance à plutôt sombrer dans des formes diverses de semi-pélagianisme. Cela est relativement cocasse dans la mesure où le semi-pélagianisme était en horreur à Arminius lui-même. Ces trois passages en fourniront une preuve suffisante :

  1. “Suite à la chute, le libre-arbitre de l’homme envers le Dieu véritable n’est pas seulement blessé, estropié, infirme, tordu et affaibli ; mais il est aussi captif, détruit et perdu : et ses forces ne sont pas seulement débilitées et inutiles à moins qu’elles ne soient assistées par la grâce, mais il n’a aucune sorte de forces à l’exception de celles suscitées par la grâce divine.”[3]
  2. “Dans son état pécheur, l’homme n’est pas capable, par lui-même, de penser, vouloir ou faire ce qui est vraiment bon."[4]
  3. “Je tiens l’énoncé suivant comme étant faux : « Si un homme le veut, il peut croire ou ne pas croire. » Si mes détracteurs supposent que je possède des opinions dont on peut déduire cette affirmation, pourquoi ne citent-ils pas mes propres mots ?”[5]

Tableau comparatif avec les autres doctrines protestantes concernant le Salut[modifier | modifier le code]

Thème Arminianisme Calvinisme Luthéranisme
Le libre arbitre Corruption totale sans libre arbitre. Cependant, rôle centrale de la "grâce prévenante" libérant momentanément l'arbitre et le replaçant dans la condition d'Adam avec la possibilité de résister ou pas au Saint-Esprit (concept d' "arbitre libéré" par opposition au libre arbitre). Corruption totale sans libre arbitre Corruption totale sans libre arbitre
L'élection Élection conditionnelle (Ro 8, 29) sur la base de la prescience de la résistance ou de la non-résistance au Saint-Esprit une fois l'arbitre libéré. Élection inconditionnelle au salut et à la damnation Élection inconditionnelle au salut seulement
La justification Justification en provision afin que tous soient sauvés, mais seulement accomplie lorsque l'individu ne résiste pas au Saint-Esprit et se voit ainsi imputé les bénéfices de la mort du Christ. Justification limitée à ceux qui sont élus au salut, accomplie à la mort du Christ Justification pour tous, accomplie à la mort du Christ
La conversion Synergisme. Implique l'arbitre-libéré, résistible (possibilités de conversions irrésistibles cependant, Dieu étant souverain - ces clauses d'exceptions ayant été défendues tant par Arminius que Wesley). L'on soulignera également que la "grâce prévenante" libérant initialement est nécessairement irrésistible. Monergisme, Grâce et conversion irrésistibles au travers de l'appel intérieur induit par le Saint Esprit À travers les moyens de grâce, résistible
La préservation et l'apostasie Persévérance à condition de ne pas résister et éteindre l'Esprit, possibilité d'une apostasie totale et définitive. La persévérance finale n'est possible qu'entièrement par la grâce de Dieu et manifeste l'élection de la personne Persévérance des saints, celui qui a été réellement élu persévérera obligatoirement dans la foi S'éloigner est possible mais Dieu donne l'assurance de la préservation

L'arminianisme, une théologie méconnue et calomniée[modifier | modifier le code]

Au travers de son histoire, les arminiens ont souffert nombre de calomnies de la part de leurs frères protestants[6]. Dix mythes, calomnies, contre-vérités sont souvent attribuées à l'arminianisme et il s'agit ici de les citer rapidement afin de distancier l'arminianisme desdits mythes[7],[8] :

– Mythe 1: La théologie arminienne est le contraire de la théologie calviniste.

– Mythe 2: Un hybride du calvinisme et de l’arminianisme est possible.

– Mythe 3: L’arminianisme n’est pas une option évangélique orthodoxe.

– Mythe 4: Le cœur de l’arminianisme est la foi en le libre-arbitre.

– Mythe 5: La théologie arminienne nie la souveraineté de Dieu.

– Mythe 6: L’arminianisme est une théologie centrée sur l’homme.

– Mythe 7: L’arminianisme n’est pas une théologie de la grâce.

– Mythe 8: Les arminiens ne croient pas en la prédestination.

– Mythe 9: La théologie arminienne nie la justification par la grâce seule via la foi seule.

– Mythe 10: Tous les arminiens croient à la « théorie gouvernementale » de l’expiation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mildred Bangs Wynkoop, Foundations of Wesleyan-Arminian Theology, Kansas City, MO, Beacon Hill Press, , p. 60
  2. (en) Arminius, « Orations V. On Reconciling Religious Dissensions among Christians », Works 1, p. 146-192
  3. Arminius, « Public Disputations », Works, 2 : p. 192.
  4. Arminius, « A Declaration of the Sentiments of Arminius », Works, 1 : p. 659-660.
  5. Works of James Arminius Vol. 1, Wesleyan Heritage Collection, p. 314.
  6. (en) Roger Olson, Arminian Theology: Myths and Realities, Downers Grove, IL, InterVarsity Press, (ISBN 9780830874439), p. 88
  7. (en) Roger Olson, Arminian Theology : Myths and Realities, Downers Grove, IL, InterVarsity Press, (ISBN 9780830874439, OCLC 867653843, lire en ligne)
  8. « Les dix mythes entourant l'arminianisme », sur http://leboncombat.fr/ (consulté le 27 janvier 2017)

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Gomarisme (cet article sur le gomarisme contient cependant des informations erronées sur la nature de l'arminianisme et nécessiterait un effort de réécriture)