Jacobus Arminius

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le théologien protestant. Pour le chef de guerre germain, voir Arminius.
Jacobus Arminius
James Arminius 2.jpg
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Recteur de l'université de Leyde
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Jacobus Arminius (10 octobre 1560 - 19 octobre 1609), nom latinisé de Jakob Hermanszoon[1], était un théologien hollandais de la période de la réforme protestante dont les conceptions ont été à la base de l'arminianisme et du mouvement des remontrants hollandais. Il a été professeur de théologie à l'université de Leyde à partir de 1603 et a écrit de nombreux ouvrages et traités de théologie.

Après sa mort, sa remise en cause du référentiel réformé, la Confessio Belgica, suscita de nombreuses discussions au Synode de Dort, qui définit les cinq points du calvinisme en réponse à l'enseignement d'Arminius.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Arminius est né en 1559 ou 1560 à Oudewater, dans la province Utrecht. Il devint orphelin alors qu'il était encore jeune. Son père Herman est décédé, laissant son épouse veuve avec de jeunes enfants[2]. Il n'a jamais connu son père et sa mère a été tuée lors du massacre espagnol à Oudewater en 1575.

L'enfant fut adopté par Theodorus Aemilius, un prêtre enclin au protestantisme. Vers 1572 (l’année où Oudewater fut conquise par les révoltés), Arminius et Aemilius s’installèrent à Utrecht. Le jeune Jacobus a étudié là-bas, probablement à la Hieronymusschool.

Après le décès d’Aemilius (1574 ou 1575), Arminius entra en relations avec le mathématicien Rudolph Snellius, également originaire d’Oudewater. Ce dernier emmena Arminius à Marburg et lui a permis d'étudier à l'université de Leyde, où il enseignait[3]. En 1576, Arminius fut inscrit comme étudiant en arts libéraux à l'université de Leyde, qui venait juste d’être ouverte.

Études théologiques et ministère[modifier | modifier le code]

Arminius fut étudiant à Leyde de 1576 à 1582. Bien qu'il se soit inscrit comme étudiant en arts libéraux, cela lui a également permis de poursuivre des études en théologie. Ses professeurs de théologie comprenaient le calviniste Lambertus Danaé, l'érudit en hébreu Johannes Drusius, Guillaume Feuguereius (ou Feugueires, mort en 1613) et Johann Kolmann. Kolmann est maintenant connu pour avoir enseigné que l'accent excessif mis sur la souveraineté de Dieu dans le haut calvinisme avait fait de Dieu «un tyran et un bourreau»[4]. L'université de Leyde était solidement réformée et étaient sujette à l'influence des vues luthériennes, zwingliennes et anabaptistes, en plus du calvinisme. Un pasteur de Leyde (Caspar Coolhaes) a affirmé, contre Calvin, que les autorités civiles étaient compétentes dans certaines affaires religieuses, qu'il était injuste de punir et d'exécuter des hérétiques, et que luthériens, calvinistes et anabaptistes pouvaient s'unir autour de principes fondamentaux[4]. L'astronome et mathématicien Willebrord Snellius utilisa la philosophie ramiste pour encourager ses étudiants à rechercher la vérité sans trop se fier à Aristote[4]. Sous l'influence de ces hommes, Arminius étudia avec succès et fut peut-être influencé dans l'élaboration de sa théologie qui remettrait plus tard en question la théologie réformée dominante de Jean Calvin. Le succès qu’il connut au cours de ses études incita la guilde des marchands d’Amsterdam à financer les trois années suivantes de ses études.

En 1582, Arminius commença ses études auprès de Théodore de Bèze à Genève. Il fut critiqué pour l'utilisation de méthodes philosophiques ramistes, qui lui étaient familières depuis son passage à Leyde. Il fut publiquement sommé de ne pas enseigner la philosophie ramiste. Après cette situation difficile, il déménagea à Bâle pour poursuivre ses études[3].

Il continua à se distinguer comme un excellent élève. En 1583, Arminius envisageait un retour à Genève lorsque la faculté de théologie de Bâle lui offrit spontanément un doctorat[5]. Il déclina l'honneur en raison de sa jeunesse (il avait environ 24 ans)[6] et est retourné à l'école de Genève pour terminer ses études sous Bèze.

Mention élogieuse de Bèze et Grynaeus[modifier | modifier le code]

À la conclusion des études d'Arminius et à sa demande de pastorat à Amsterdam, Bèze répondit aux dirigeants d'Amsterdam par cette lettre :

« [...] Sachez que depuis le moment où Arminius nous est revenu de Bâle, sa vie et son apprentissage se sont tant distingués, que nous espérons le meilleur à son égard, s'il persiste inlassablement dans cette voie, par la bénédiction de Dieu. Nous ne doutons pas qu'il le voudra, car, entre autres dons, Dieu l'a doté d'un intellect approprié, tant en ce qui concerne l'appréhension que la discrimination des choses. Si ces dons sont portés par la piété qu’il semble assidûment cultiver, il ne pourra rien arriver d'autre que cette puissance de l’intelligence, une fois consolidée par l’âge mûr et l’expérience, produise les fruits les plus riches. Telle est notre opinion sur Arminius; un jeune homme, qui sans conteste, de ce qui nous a été donné de juger jusqu'ici, est digne de votre gentillesse et de votre libéralité. » (Lettre du 3 juin 1585 de Bèze à Amsterdam)[6][7].

De cette lettre, il semblerait que la tension antérieure résultante de l'attirance d'Arminius pour la philosophie ramiste fut dissipée et qu'Arminius fut même connu par Bèze comme un excellent théologien en devenir. Trois mois plus tard, Johann Grynaeus de l'Université de Bâle envoya cette lettre de recommandation :

« Aux lecteurs pieux, salutations : Si un témoignage à l'apprentissage appliqué à la piété ne doit pas être refusé à un homme savant et pieux, il ne peut l'être pour Jacobus Arminius, originaire d'Amsterdam [sic], pour sa conduite à l’université de Bâle, qui a été marquée par la piété, la modération, l’assiduité dans ses études. Très souvent, au cours de nos discussions théologiques, il a fait preuve d’un esprit de discernement si manifeste pour nous tous, que cela lui valut toutes nos félicitions. Plus récemment aussi, dans certains discours extraordinaires ayant eut lieu avec le consentement et par l'ordre de la Faculté de théologie, dans lesquels il exposa publiquement quelques chapitres de l'épître aux Romains, il nous donna le meilleur motif d'espérer, si cela lui est destiné et s’il continue à susciter le don de Dieu qui est en lui, d’entreprendre et de maintenir la fonction d’enseignement, pour laquelle il peut être légalement mis à part, avec en vue beaucoup de fruits pour l’Église. Je le recommande donc à tous les hommes de valeur, et en particulier à l'Église de Dieu dans la célèbre ville d'Amsterdam; et j'implore respectueusement que l'on aie égard à cette jeunesse instruite et pieuse, afin qu'il ne soit jamais obligé d'interrompre des études théologiques qui ont été si heureusement poursuivies jusqu'à présent. Adieu! Johann Jakob Grynaeus, professeur de littérature sacrée et doyen de la faculté de théologie. - Écrit de ma propre main. Bâle, le 3 septembre 1583. »

Début de ministère public[modifier | modifier le code]

Arminius répondit à l'appel du pastorat à Amsterdam en 1587, prononçant des sermons le dimanche et en milieu de semaine. Après avoir été testé par les responsables de l'église, il fut ordonné en 1588. Il acquit une réputation de bon prédicateur et de pasteur fidèle.

L'une des premières tâches d'Arminius qui lui fut confiée par le tribunal ecclésiastique d'Amsterdam; fut de réfuter les enseignements de Dirck Volckertszoon Coornhert, qui avait rejeté la doctrine supralapsaire de Bèze sur le décret absolu et inconditionnel de Dieu de créer des hommes afin d'en sauver certains et d'en damner d'autres, indépendamment de toute base de jugement en eux-mêmes. La discussion avait déjà commencé avec deux ministres de Delft qui avaient écrit « Une réponse à certains arguments de Bèze et Calvin, tirés du Traité sur la prédestination enseigné dans le neuvième chapitre de Romains », document qui contredisait à la fois Bèze et Coorhert. Ils proposaient que bien que le décret de Dieu de ne sauver que quelques-uns fût absolu et inconditionnel, ce décret était advenu après la chute (proposant ainsi un infra-lapsarianisme plutôt que le supra-lapsarianisme de Bèze). Arminius fut chargé de réfuter la théologie de Coorhert et celle de l'infra-lapsarianisme. Il accepta volontiers la tâche, mais après une étude approfondie, il se retrouva en conflit intérieur sur le sujet. Il décida de passer plus de temps à étudier avant de poursuivre sa réfutation.

En 1590, il épousa Lijsbet Reael. Il fut chargé d’organiser le système éducatif d’Amsterdam et aurait bien réussi cette tâche[4]. Il s’est distingué par la fidélité à ses devoirs en 1602 lors d’une épidémie qui sévit à Amsterdam[4], se rendant dans des maisons infectées où d’autres n’osaient pas entrer pour donner de l’eau, prenant soin des voisins en leur fournissant de l'argent[8].

Controverse[modifier | modifier le code]

À Amsterdam, Arminius enseignait à travers «plusieurs sermons sur l'épître aux Romains». Parlant de Romains 7 en 1591, il enseigna que l'homme, par la grâce et la nouvelle naissance, n'était pas obligé de vivre dans l'esclavage du péché et que Romains 7:14 parlait d'un homme vivant sous la loi et convaincu de péché par le Saint-Esprit et non encore régénéré. Cet enseignement rencontra une certaine résistance et certains détracteurs l'ont qualifié de pélagien pour le fait d'enseigner qu'un homme non régénéré pouvait ressentir une telle conviction et un désir de salut, même sous l'influence de la loi et du Saint-Esprit[9]. La même année, répondant aux positions théologiques d'Arminius, son collègue Petrus Plancius commença à contester son enseignement ouvertement. Au cours d'un rassemblement de ministres, Arminius insista sur le fait qu'il n'enseignait rien en contradiction avec le Catéchisme de Heidelberg, et d'autres normes orthodoxes, et que les théologiens de l'église primitive avait des vues similaires et répudiait totalement l'hérésie du pélagianisme. En outre, Arminius s’étonna qu’il ne lui soit pas permis d’interpréter ce passage selon les préceptes de sa propre conscience et selon le schéma de l’orthodoxie historique. Les bourgmestres d'Amsterdam intervinrent dans le but de maintenir la paix et de réduire les divisions au sein de la population, les exhortant à la coexistence pacifique et à ce que Arminius n'enseigna rien en dehors de la pensée réformée convenue de l'époque, à moins qu'il n'ait consulté le conseil de l'église ou autres organismes[10].

Au cours des années suivantes, une controverse apparut alors qu'il prêchait sur Romains 9. Bien qu'il ne contredit pas directement les interprétations calvinistes, il se concentra sur le thème de Paul : «la justification par la foi» en contradiction avec les œuvres, plutôt que sur les décrets éternels de Dieu. Pendant ce temps, il «développa progressivement des opinions sur la grâce, la prédestination et le libre arbitre incompatibles avec la doctrine des enseignants réformés Calvin et Bèze »[11].

Professeur à Leyde[modifier | modifier le code]

En 1603, il fut rappelé à l'Université de Leyde pour enseigner la théologie. Cela est survenu après la mort presque simultanée en 1602 de deux membres du corps enseignant, Franciscus Junius et Lucas Trelcatius l'aîné, dans une épidémie de peste. Lucas Trelcatius le jeune et Arminius (malgré la protestation de Plancius) furent nommés, la décision incombant en grande partie à Franciscus Gomarus, le membre du corps professoral survivant[12]. Alors que Gomarus approuvait prudemment Arminius, dont les vues étaient déjà suspectées d'être peu orthodoxes, son arrivée ouvrit une période de débat plutôt que de le clore[13]. La nomination avait également une dimension politique, étant soutenue à la fois par Johannes Uytenbogaert à La Haye et Johan van Oldenbarnevelt[14].

La controverse s'intensifie avec Gomarus[modifier | modifier le code]

Gomarus, un Flamand installé à Leyde depuis 1594, a été décrit comme «un érudit plutôt médiocre» mais «un défenseur puissant de la doctrine calviniste [...] un homme d'une foi profondément enracinée»[15] En revanche, Arminius a été décrit comme «un chercheur, un sceptique»[15]. Sur la question de la prédestination, Gomarus était un supra-lapsarien et c'est dans ce débat que le conflit entre les deux personnages commença. Arminius plaidait pour une révision de la Confessio Belgica et du Catéchisme de Heidelberg, mais il ne fut suffisamment explicite, seulement une fois que le débat devint un conflit ouvert[15].

Le différend prit une tournure publique le 7 février 1604, lorsque Willem Bastingius, De divina praedestinatione, défendit un certain nombre de thèses d'Arminius, alors qu'Arminius présidait lui-même la chaire de théologie. Cet événement amena Gomarus à faire plaider par Samuel Gruterus une position opposée à ces thèses le 14 octobre 1604, mais non au programme officiel. Gomarus attribua ces positions qu'il n’appréciait pas à l'adversaire de Calvin, Sebastian Castellio, et à son disciple, Dirck Volckertszoon Coornhert. Tandis qu'Arminius faisait référence à la Bible pour défendre ses positions, les conceptions calvinistes exposées par «les patriarches genevois acquirent peu à peu la force de la res judicata, de sorte que la résistance à celle-ci n'était plus tolérée»[15].

Les opposants d’Arminius hors de l’université élargirent progressivement la controverse. Les Synodes de Dordrecht établirent une plainte dans laquelle sont exposées «certaines différences» qui «seraient apparues dans l'Église et l'Université de Leyde sur la doctrine des Églises réformées»[15]. En réponse, les trois professeurs de théologie de Leyde (Lucas Trelcatius Jr. rejoignant Arminius et Gomarus) et le régent du collège d'état, Johannes Cuchlinus, écrivirent une lettre indignée «déclarant qu'il n'y avait pas à leur connaissance de conflit entre les professeurs sur quelque doctrine fondamentale que ce soit »[15].

Gomarus fut incité à intensifier son opposition à Arminius par le ministre de Leyde, Festus Hommius, et par Petrus Plancius, le vieil adversaire d'Arminius. Une série anonyme de trente et un articles fut distribuée, «dans laquelle toutes sortes d'opinions non orthodoxes tenues par Arminius étaient exposées»[16]. Sibrandus Lubbertus, professeur de théologie à l'université de Franeker, commença à envoyer des lettres à des théologiens étrangers attaquant Arminius avec des accusations d'hérésie; et l'une de ces lettres tomba dans les mains d'Arminius. Parce que ses opposants restaient anonymes ou contournaient les procédures officielles, Arminius demanda en avril 1608 aux États de Hollande la permission d’exposer ses vues. Le 30 mai 1608, les États autorisèrent Arminius et Gomarus à prononcer des discours devant la Cour suprême de La Haye. Reinout van Brederode (gendre de Oldenbarnevelt), juge en chef de la Cour suprême, conclut que «les points de divergence entre les deux professeurs, portaient principalement sur les détails subtils de la doctrine de la prédestination, étaient d'importance mineure et pouvaient co-exister [...] [et] a enjoint aux deux messieurs de se tolérer avec amour[16]

Gomarus, défiant la Cour, publia ensuite le discours qu'il avait prononcé devant elle et Arminius lui emboîta le pas en publiant son propre discours. En réponse à l'opinion de la Cour, Gomarus déclara « qu'il n'oserait pas mourir en ayant l'opinion d'Arminius, ni de comparaître devant le tribunal de Dieu»[16]. Arminius demanda ensuite à défendre ses positions en public ou à convoquer un synode national ou provincial pour examiner la question. Cherchant à éviter un synode, les États de Hollande autorisent Arminius à exposer ses vues lors de leur assemblée du 30 octobre 1608.

Avant l'assemblée, Arminius expliqua finalement son appel à réécrire la Confessio de Belgica et le Catéchisme de Heidelberg, affirmant qu'il ne se sentait pas obligé d'expliquer sa position auparavant, car «en tant que professeur, il se considérait comme soumis uniquement à l'autorité des curateurs de Leyde et des États, pas à l'Église »[17]. Arminius donna ensuite un aperçu de toutes les opinions divergentes sur la prédestination. Il affirma que le supra-lapsarianisme était contraire à la confession et au catéchisme et que «les supra et infra-lapsarianisme équivalent fondamentalement à la même chose»[17]. Arminius présenta son propre point de vue sur la prédestination, qu’il considérait comme concordante avec la Confession et le Catéchisme.

Apprenant qu'Arminius avait comparu devant l'assemblée des États, Gomarus demanda la permission d'y répondre également, ce qui lui fut accordé. Le 12 décembre 1608, Gomarus blâma Arminius, accusant «son collègue de supporter le pélagianisme et les jésuites; il attaqua également Johannes Wtenbogaert, qu'il qualifia de « courtisan trompettiste »»[18]. L'assemblée s'offusqua de ce ton polémique, qui contrastait avec l'attitude iréniste d'Arminius et ordonna l'interdiction de publication des discours prononcés devant eux par les deux hommes. Malgré l'interdiction, les discours furent rapidement publiés.

Le 25 juillet 1609, Jacobus Bontebal défendit les thèses De vocatione hominis ad salutem sous la présidence d'Arminius. Un prêtre catholique (jésuite, selon les rumeurs) était dans l'audience et osa s'opposer aux positions d'Arminius. Alors qu’Arminius déjà gravement malade réfutait ces arguments, Gomarus « qui faisait partie du public, devint tour à tour rougissant et mortellement pâle, et ensuite, tandis que le papiste était à portée de voix, il fit la remarqua à son collègue d'une manière insultante et insistante que la porte du papisme avait été largement ouverte[18]

Débat final et derniers jours[modifier | modifier le code]

Pierre commémorative de Jacobus Arminius à l'église Saint - Pierre de Leyde.

Arminius demeura enseignant à Leyde jusqu'à sa mort et ses étudiants l'appréciaient[19]. Pourtant, le conflit avec Gomarus s’élargit pour donner naissance à une scission à grande échelle au sein du calvinisme[20]. Du clergé local, Adrianus Borrius soutint Arminius, alors que Festus Hommius s’y opposait[21] Parmi les amis proches, les étudiants et les partisans d’Arminius, figuraient Johannes Drusius, Conrad Vorstius, Anthony Thysius, Johannes Halsbergius, Petrus Bertius, Johannes Arnoldi Corvinus, les frères Rembert et Simon Episcopius[22]. Son successeur à Leyde (à nouveau sélectionné avec le soutien de Uytenbogaert et Oldenbarnevelt) était Vorstius, une personne ayant eut une influence sur Arminius par ses écrits[23].

Une fois encore, les États tentèrent de calmer la controverse grandissante sans appeler un synode. Arminius reçut l'ordre de participer à une autre conférence avec Gomarus à La Haye les 13 et 14 août 1609. Lorsque la conférence dût se réunir le 18 août, la santé d'Arminius commença à se détériorer et il retourna donc à Leyde. Les États suspendirent la conférence et demandèrent aux deux hommes une réaction écrite sur le point de vue de leur adversaire.

Arminius est décédé le 19 octobre 1609 à son domicile au Pieterskerkhof. Il a été enterré à Pieterskerk, à Leyde où une pierre commémorative a été placée à son nom en 1934[24].

Théologie et héritage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : arminianisme.

En essayant de défendre la prédestination calviniste contre les enseignements de Dirck Volckertszoon Coornhert, Arminius commença à douter de certains aspects du calvinisme et changea en partie de point de vue à leur sujet[25]. Il tenta de réformer le calvinisme et donna son nom à un mouvement : l'arminianisme, qui résistait à certains des principes calvinistes (élection inconditionnelle, nature de la limitation de l'expiation et grâce irrésistible). Les premiers disciples hollandais de son enseignement sont devenus connus sous le nom de remontrants après avoir publié un document contenant cinq points de désaccord avec le calvinisme traditionnel, intitulé Remonstrantiæ (1610).

Arminius a écrit qu'il cherchait à enseigner uniquement les choses qui pouvaient être prouvées par les Écritures et qui tendaient à l'édification chez les chrétiens (à l'exception des catholiques romains, avec lesquels il disait qu'il ne pouvait y avoir d'accord spirituel)[26]. Sa devise était réputée être « Bona conscientia paradisus «, ce qui signifie «Une bonne conscience est un paradis»[27].

Arminius a enseigné une grâce prévenante conférée à tous par le Saint-Esprit et cette grâce est «suffisante pour croire, en dépit de notre corruption pécheresse, et donc suffisante au salut»[28]. Arminius a déclaré que «la grâce suffisante pour le salut est conférée aux élus et aux non-élus; que s'ils le veulent, ils peuvent croire ou ne pas croire, être sauvés ou ne pas être sauvés»[29]. William Witt déclare qu'«Arminius a une théologie de la grâce très élevée. Il insiste sur le fait que la grâce est gratuite parce qu'elle est obtenue par la rédemption de Dieu en Christ, et non par un effort humain»[30].

La théologie de l'arminianisme ne s'est pas complètement développée du vivant d'Arminius, mais après sa mort (1609), les Cinq articles des Remontrants (1610) ont systématisé et formalisé ses idées. Mais le synode calviniste de Dort (1618-1619), réuni dans le but de condamner la théologie d'Arminius, la déclara anathème ainsi que ses adhérents. Ceci permit de définir les cinq points du calvinisme et autorisa la persécution des pasteurs arminiens qui étaient restés aux Pays-Bas. Mais malgré la persécution, «les remontrants ont continué en Hollande en tant qu'église distincte et encore et encore là où le calvinisme était enseigné, l'arminianisme relevait la tête»[31].

Les éditeurs de Leyde (1629) et de Francfort (1631 et 1635) publièrent les œuvres d'Arminius en latin.

John Wesley (1703–1791), fondateur du mouvement méthodiste, embrassa la théologie arminienne et en devint le champion le plus en vue[32]. De nos jours, la majorité des méthodistes restent attachés à la théologie arminienne et l’arminianisme lui-même est devenu l’un des systèmes théologiques dominants aux États-Unis, en grande partie grâce à l’influence de John et Charles Wesley[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Jacobus Arminius » (voir la liste des auteurs).

Citations[modifier | modifier le code]

  1. Aussi connu sous le nom de « Jakob Herman » et les noms anglicisés de « Jacob Arminius » et « James Arminius »
  2. Bangs 1985, p. 25.
  3. a et b Meij-Tolsma 2009, p. ix–xvi.
  4. a b c d et e Chisholm 1911, p. 576.
  5. Brandt 1854, p. 25.
  6. a et b Picirilli 2002, p. 5.
  7. Brandt 1854, p. 24.
  8. Brandt 1854, p. 91.
  9. Brandt 1854, p. 40-41.
  10. Israel 1995, p. 374.
  11. Grotius 1995, p. 2.
  12. Stanglin 2007, p. 30.
  13. Schaff et Herzog 1951, p. 296.
  14. Israel 1995, p. 393.
  15. a b c d e et f Grotius 1995, p. 3.
  16. a b et c Grotius 1995, p. 4.
  17. a et b Grotius 1995.
  18. a et b Grotius 1995, p. 6.
  19. MacCulloch 2005, p. 374.
  20. Schaff et Herzog 1953, p. 16.
  21. Kooi 2000, p. 135.
  22. Arminius 1825, p. 319.
  23. Israel 1995, p. 428.
  24. (en) « Jacobus Arminius », sur Find a Grave
  25. Gonzalez 1983, p. 255.
  26. Schaff 1877, p. 508.
  27. Ballor, Sytsma et Zuidema 2013, p. 368.
  28. Gonzalez 1983, p. 257.
  29. Arminius 1853a, p. 367.
  30. Witt 1993, p. 259–260.
  31. Latourette 1975, p. 765.
  32. Olson 1999, p. 464.
  33. McGrath 2006, p. 384.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Jacobus Arminius, The Works of James Arminius, D. D., Formerly Professor of Divinity in the University of Leyden: To which are Added Brandt's Life of the Author, with Considerable Augmentations, Numerous Extracts from His Private Letters, a Copious and Authentic Account of the Synod of Dort and Its Proceedings, and Several Interesting Notices of the Progress of His Theological Opinions in Great Britain and on the Continent, vol. Volume 1, Longman, Hurst, Rees, Orme, Brown and Green, (lire en ligne)
  • (en) Jacob Arminius, The Works of James Arminius, DD, Formerly Professor of Divinity in the University of Leyden, vol. I, Buffalo, NY, Derby, Miller, & Orton, 1853a (lire en ligne)
  • (en) Jordan J. Ballor, David Sytsma et Jason Zuidema, Church and School in Early Modern Protestantism: Studies in Honor of Richard A. Muller on the Maturation of a Theological Tradition, Brill, (ISBN 978-90-04-25829-7, lire en ligne)
  • (en) Carl Bangs, Arminius: a study in the Dutch Reformation, F. Asbury Press, (ISBN 978-0-310-29481-8, lire en ligne)
  • (en) Kaspar Brandt, The Life of James Arminius, London, Ward and Co., (lire en ligne)
  • (en) Hugh Chisholm, « Arminius, Jacobus », Encyclopædia Britannica, vol. 2,‎ (lire sur Wikisource)
  • (en) Justo L. Gonzalez, A History of Christian Thought, vol. 3, Nashville, Abingdon Press, (ISBN 0-687-17178-4)
  • (en) Hugo Grotius, Hugo Grotius, Ordinum Hollandiae AC Westfrisiae Pietas (1613): Critical Edition with English Translation and Commentary, Brill, (ISBN 90-04-10385-6, lire en ligne)
  • (en) Jonathan Israel, The Dutch Republic: Its Rise, Greatness and Fall, 1477–1806, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 0-19-873072-1)
  • (en) Christine Kooi, Liberty and Relligion: Church and State in Leinden's Reformation, 1572-1620, Brill, (ISBN 90-04-11643-5, lire en ligne)
  • (en) Kenneth Scott Latourette, A History of Christianity, vol. II, San Francisco, HarperSanFrancisco, (ISBN 0-06-064953-4)
  • (en) Diarmaid MacCulloch, The Reformation, Penguin Books, (ISBN 978-0-14-303538-1, lire en ligne)
  • (en) Alister E. McGrath, Christian Theology: An Introduction, Wiley, (ISBN 978-1-4051-5360-7, lire en ligne)
  • (en) Marijke Meij-Tolsma, Arminius, Arminianism, and Europe: Jacobus Arminius (1559/60–1609), Leiden, Brill, (ISBN 9004178872, lire en ligne), « Introduction »
  • (en) Roger E. Olson, The Story of Christian Theology: Twenty Centuries of Tradition Reform, InterVarsity Press, (ISBN 978-0-8308-1505-0, lire en ligne)
  • (en) Robert E. Picirilli, Grace, Faith, Free Will: Contrasting Views of Salvation, Nashville, Randall House, (ISBN 0-89265-648-4)
  • (en) Philip Schaff, The Creeds of Christendom: With a History and Critical Notes, vol. Volume 1, Harper, (lire en ligne), « §65 The Arminian Controversy (AD1604-1619) »
  • (en) Phillip Schaff et Jakob Herzog, The New Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge, vol. 1, Grand Rapids, Baker,
  • (en) Phillip Schaff et Jakob Herzog, The New Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge, vol. 5, Grand Rapids, Baker,
  • (en) Keith D. Stanglin, Arminius on the Assurance of Salvation: The Context, Roots, and Shape of the Leiden Debate, 1603-1609, Brill, (ISBN 90-04-15608-9, lire en ligne)
  • (en) William Gene Witt, Creation, redemption and grace in the theology of Jacob Arminius. [PhD], University of Notre Dame,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Jacob Arminius, The Works of James Arminius, DD, Formerly Professor of Divinity in the University of Leyden, vol. II, Buffalo, NY, Derby, Miller, & Orton, 1853b (lire en ligne)
  • (en) Jacob Arminius, The Works of James Arminius, DD, Formerly Professor of Divinity in the University of Leyden, vol. III, Buffalo, NY, Derby, Miller, & Orton, 1853c (lire en ligne)
  • (en) F. Leroy Forlines, Classical Arminianism: The Theology of Salvation, Nashville, Randall House, (ISBN 978-0-89265-607-3)
  • (en) Theodoor Marius van Leeuwen, Arminius, Arminianism, and Europe: Jacobus Arminius (1559/60–1609), Boston, Brill, (ISBN 978-90-04-17887-8)
  • (en) Roger E. Olson, Arminian Theology: Myths and Realities, Downers Grove, IL, IVP Academic, (ISBN 0-8308-2841-9)
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