Sainte Reine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sainte-Reine.
Reine
Sainte
Décès 252 
Nationalité Gauloise
Vénéré à Bourgogne, Allemagne, Pays-Bas
Vénéré par Église catholique, Église orthodoxe
Fête 7 septembre
Attributs palme du martyr, chaîne
Sujets controversés Fièvres - maladie de la pierre
Diva Regina ou Sainte Reine à Drensteinfurt, Allemagne.

Sainte Reine, Régine ou Réjane, transposition française de son nom d'origine Regina, est une sainte martyre de l'Église catholique romaine, née à Autun (France), fêtée le 7 septembre.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

En 252, une jeune gauloise de seize ans prénommée Reine, convertie au christianisme, faisait paître ses moutons au pied du mont Auxois, site aujourd'hui présumé de l'oppidum d'Alésia. Le gouverneur romain des Gaules, Olibrius (ou Olimbrius)[1], voulut abuser d'elle mais elle résista et refusa même le mariage pour ne pas abjurer sa foi. Elle fut martyrisée, et décapitée. Dès le siècle suivant, un culte se développa, et qui est attesté depuis le Ve siècle, le martyre de cette sainte devenant plus tard le sujet d'un grand nombre de mystères.

Son corps est tranféré hors de la ville d'Alésia où l'on bâtit une basilique sur son tombeau. Parmi les miracles accomplis la guérison d'un enfant nommé Hériboldus guéri d'une forte fièvre, également la guérison d'un homme de Réome et guéri par application d'un morceau de bois du brancard de la sainte, ainsi que la guérison d'un frère atteint de la maladie de la pierre et celle partielle d'un aveugle.

Le culte de cette sainte a pu être garanti par la découverte en 1909 du « service eucharistique » d'Alésia. Découverte constituée d'un ensemble comprenant un plat et trois coupes qu'on suppose utilisés pour la célébration de l'eucharistie. Le plat porte un poisson en gravure (l’ichtus comme à Autun), et le nom de « Regina ». L'ensemble daté du IVe siècle ne met plus en doute l'existence de la jeune martyre[2].

Le village, Alise-Sainte-Reine, qui se développa au pied du mont Auxois la prit pour patronne et, chaque année, les habitants organiseront la représentation d'un mystère à sa mémoire et en son honneur. Cette tradition est attestée depuis 866 et perdure encore aujourd'hui. Ce serait le plus ancien mystère célébré sans interruption en France. En 1271 il fut procédé à un ré-enchâssement dans un buste reliquaire en argent aux armes de France, de Castille et de l'ancienne Bourgogne.

La confrérie de Sainte-Reine date de 1544 créée par les religieux de Flavigny et en 1644 avec la réforme des bénédictins de Saint-Maur le pélérinage connu un regain de vitalité et les membres de la Confrérie furent dotés par Monseigneur Louis Doni d'Attichy évêque d'Autun, de 40 jours d'indulgence en 1659. Au XVIe siècle les moines passaient la chaîne de sainte Reine autour du cou des pélerins. Aujourd'hui cette chaîne est conservée à l'église paroissiale de Flavigny-sur-Ozerain et exposée à la vénération des pélerins le 7 septembre jour de sa fête.

Ses reliques ont été conservées dans l'abbaye de Flavigny-sur-Ozerain depuis le milieu du IXe siècle. l'incubation et le contact avec le sarcophage de la sainte est attesté au IXe siècle. La crypte fut aménagée pour recevoir le corps de la sainte. Crypte à nef centrale flanquée d'un déambulatoire qui se prolonge à l'Est par un couloir donnant sur une rotonde du même genre que celle de l'Abbaye Saint-Germain d'Auxerre. Les reliques de la sainte furent déposées au XVIIe siècle dans une armoire derrière le maître-autel et leur expositions sur un théâtre a lieu le jour de sa fête.

En 1648 les moines de Flavigny apprennent l'existence d'un autre corps prétendu être celui de sainte Reine et qui aurait été donné par Charlemagne à Osnabrück en Westphalie, les moines firent venir une relique de ce corps ce qui déclencha un conflit entre les Cordeliers d'Alise et les bénédictins de Flavigny sur l'authenticité de cette relique.

Les similitudes existant avec la vie de sainte Marguerite d'Antioche conduisent des auteurs à considérer que le récit de l'histoire de sainte Reine est apocryphe, cette tradition pouvant toutefois être le souvenir d'un fait local[3].

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

En plus de Flavigy-sur-Ozerain et Alise-Sainte-Reine on retrouve des lieux qui lui sont consacrés à :


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martyrologe romain
  • Nominis
  • Translatio S. Reginæ (BHL, 7097 et 7099), récit de tranlation avant 871
  • Recueil des miracles : Miracula S. Regine
  • maistre Jehan Piquelin, chapelain de la saincte chapelle du palais royal à Paris, La vie de saincte Reine, vierge et martire Premier récit du martyre imprimé en français, à Paris (BnF, dép des ms. coll. Rothschild 477), réimprimé en 1602 et 1603.
  • Dom Georges Viole, La vie de Saincte Reine, vierge et martyre seconde édition à Paris chez Jean Piot, rue Saint-Jacques à la Salemandre d'argent, 1653.
  • Jacques Marseille, Journal de la Bourgogne, Larousse, 2002, (ISBN 2-03-575104-7)
  • André-Joseph Ansart, Histoire de sainte Reine d’Alise et de l’abbaye de Flavigny, Hérissant et Barrois, Paris, 1783
  • P. Boutry, D. Julia (sous la dir.de) Reine au Mont-Auxois, Dijon, Le Cerf, 1997
  • Joël Le Gall, A. de Saint-Denis, R. Weil, Alesia textes antiques, textes médiévaux, Dijon, Belles-Lettres, Paris, 1973.
  • Abbé Tridon, Manuel du pélerin de sainte Reine , 1854 d'après un livret de dévotion du XVIe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Le nom d'Olibrius est resté dans le langage courant pour désigner un bravache, un fanfaron cruel, un « occiseur d'innocents » (Molière).
  2. Journal de la Bourgogne, p. 50
  3. Joël Le Gall, ALESIA Ed. Errance 1990