Imagerie d'Épinal

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Imagerie d'Épinal
Imagerie Epinal - 01.jpg

Bâtiment de l'Imagerie en 2013.

Présentation
Type
Bâtiment, imprimerie (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire
Mazout Unlimited (Holding)
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
42bis quai de DognevilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Coordonnées
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L'Imagerie d'Épinal (Vosges) est une imprimerie fondée en 1796 par Jean-Charles Pellerin et où furent gravées les premières images d'Épinal en série.

Le bâtiment de l'imprimerie Pellerin fait l’objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1]. Certaines machines sont classées le 15 avril 1987[2]. La collection de 1 344 bois gravés fait l’objet d’un classement au titre objet des monuments historiques depuis le [3]. Les pierres lithographiques du XIXe siècle sont également classées. L'ensemble de ce patrimoine reste la propriété de l'Imagerie d'Épinal.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation par Jean-Charles Pellerin (1796)[modifier | modifier le code]

Dans un contexte favorable (présence d'artisans cartiers[4], de dominotiers[5], de la Moselle et des ressources forestières pour les fabriques de papier[6] et enfin en vertu de la tradition familiale[7]), Jean-Charles Pellerin, maître cartier, va fonder une imagerie en 1796. Artisanale au départ, l'imagerie d'Épinal est peu à peu devenue une véritable industrie. L'imagerie utilise initialement une image gravée dans une planche de bois (xylographie). L'impression de la feuille s'effectue alors à l'aide d'une presse à bras, dite « Gutenberg ». Ensuite intervient le coloriste : au moyen de pochoirs, il applique à l'aide d'une brosse ronde les différentes couleurs nécessaires à la finition de l'ouvrage.

Les marchés porteurs[modifier | modifier le code]

Vers 1860, l'apparition de la lithographie offre de plus larges possibilités à l'artiste. Néanmoins, les images d'Épinal ne représentent encore que 2% du volume d'images colportées en 1860[8].

La propagande napoléonienne[modifier | modifier le code]

De 1829 à 1845[9], l'imagerie célèbre l'empereur Napoléon Bonaparte, sa famille, ses maréchaux, ses armées et ses victoires.

La mort de Napoléon le Grand

La clientèle enfantine[modifier | modifier le code]

Sous l'influence des pensées rousseauistes, la société de la mi-temps du XIXe siècle commence à voir les enfants comme des consommateurs. Devinettes, poupées à monter, soldats entrent dans le catalogue de l'imagerie.

Le colportage et la publicité en direction du public enfantin.

La rivalité Pellerin et Cie-Pinot (1861-1888)[modifier | modifier le code]

Panneau indiquant la direction de l'imagerie d'Épinal.

« D'Épinal à nous seuls... » (1888-1984)[modifier | modifier le code]

À l'aube du XXe siècle, la production de l'imagerie est connue dans le monde entier. Les pantins, les théâtres de papier, les constructions puis, lors de la Première Guerre mondiale, les sujets militaires sont autant de domaines où la diffusion est importante.

Le déclin[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, l'imagerie connaît un essor médiatique relatif en éditant des artistes aussi reconnus que Jacques Tardi ou Fred et en bénéficiant d'une couverture télévisuelle quotidienne via l'émission pour enfants Récré A2 sur Antenne 2.

Cependant, l'entreprise s’écroule peu à peu financièrement ; s'ensuit un dépôt de bilan.

En 1984, un groupe de cinquante actionnaires spinaliens décide de recapitaliser l'imagerie pour faire sauver ce patrimoine cher au cœur des Spinaliens et de tous ceux qui ont été bercés depuis leur plus tendre enfance par ces images populaires offertes en récompense aux enfants sages.

La direction de l'entreprise est alors très économe et investit peu dans le développement. L'Imagerie d'Épinal devient alors au fil du temps un écomusée.

En 1989, l'imagerie adapte ses réalisations aux techniques d'impression les plus modernes mais rompt, du fait, avec les techniques historiques de l'atelier ; l'orientation artistique est elle aussi éloignée de celle des origines.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En août 2014, l'imagerie d'Épinal connaît un nouveau tournant avec sa reprise par deux entrepreneurs originaires de la région : Pacôme Vexlard et Christine Lorimy[10].

Ces derniers reprennent donc l'imagerie avec le soutien de la SEM de l'agglomération Épinal Golbey et sont tous deux originaires de la région, bien qu'ils fassent « carrière » à Paris[11]. L'ouverture en 2016 au capital de l'imagerie d'Epinal a permis de lever 1,2 million d'euros à travers la société « Imagerie d'Épinal Investissement », contrôlée par la holding « Mazout Unlimited ». Ce qui a permis à la SEM de l'agglomération d'Épinal Golbey de vendre ses parts et de récupérer pour la première fois la somme investie dans les nombreux projets soutenus. Aux côtés des deux actionnaires principaux, de nouveaux investisseurs entrepreneurs : Hervé de Buyer, l'ancien propriétaire de la marque d'ustensile culinaire haut de gamme du même nom, Thierry Petit, co-fondateur et PDG de Showroomprive.com, Philippe Virtel, PDG de l'entreprise vosgienne de transport et logistique MGE et enfin Frédéric Thiriet, PDG de Lorenzoni Enseignes à Vittel[12].

Tout au long de l'année, la visite des ateliers de production de l'entreprise se parcourent avec les tablettes numériques HistoPad depuis 2016, ce qui permet de développer le visitorat de manière significative et représente un nouvel attrait[réf. nécessaire]. Les machines de nouveau en activité sont cependant uniques en France[2]. L'entreprise bénéficie de plus du Label Entreprise du patrimoine vivant. Le fonds historique, riche de centaines de milliers d'images, par le biais d'une large sélection de tirages anciens et récents, continue à être préservé et valorisé.

Il est fait appel à des illustrateurs et à des dessinateurs de bande dessinée ou de presse contemporains, tels que Serge Bloch, Jochen Gerner, Joann Sfar, Zoé Thouron, Loustal, Stéphane Trapier, Fortifem, Emmanuel Pierre, Hubert Poirot, Clod, Laurent Blachier, Carlotta, Chanoir, ou François Bourgeon. D'autres dessinateurs ont quitté l'imagerie suite à la restructuration actionnariale.

L'Imagerie contribue par ailleurs à la vie artistique et à la transmission de son savoir-faire grâce, notamment, au mécénat auprès de l'École supérieure d'arts de Lorraine (ESAL) et au soutien apporté aux étudiants en leur offrant un espace d'exposition au sein de la boutique de l'imagerie d’Épinal située dans les locaux historiques.

Le label Images d'Épinal[modifier | modifier le code]

En août 2014, la qualité des produits est garantie par un label spécifique « Images d’Épinal », validé par le comité éditorial & création de l'Imagerie d'Épinal. Cela consiste à garantir le respect des codes spécifiques des images d'Épinal : une imagerie populaire, inscrite dans son époque et qui peut être narrative, historique, événementielle, ludique, politique, éducative, entre autres.

Ce label marque la volonté de revenir aux véritables images d'Épinal et de valoriser un véritable savoir-faire historique reconnu et désormais encadré par une charte précise.[réf. nécessaire]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00107141 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b « Notice no PM88001099 », « Notice no PM88001098 », « Notice no PM88001097 », « Notice no PM88001096 », « Notice no PM88001095 », « Notice no PM88001094 », « Notice no PM88001093 », « Notice no PM88001092 », « Notice no PM88001091 », « Notice no PM88001090 », « Notice no PM88001089 », « Notice no PM88001088 », « Notice no PM88001087 », « Notice no PM88001086 », « Notice no PM88001085 », « Notice no PM88001084 », « Notice no PM88001083 », « Notice no PM88001082 », « Notice no PM88001081 », « Notice no PM88001080 », « Notice no PM88001079 », « Notice no PM88001078 », « Notice no PM88000310 », base Palissy, ministère français de la Culture
  3. « Notice no PM88001037 », base Palissy, ministère français de la Culture
  4. Thierry Depaulis, C'est une image d'Épinal, Épinal, Musée de l'image / Ville d'Épinal, , 296 p. (ISBN 2-912140-19-6), « Les cartes à jouer, fierté d'Épinal », p. 26-57.
  5. Anne Cablé, C'est une image d'Épinal, Épinal, Musée de l'image / Ville d'Épinal, , 296 p. (ISBN 2-912140-19-6), « L'art du domino », p. 58-81.
  6. Anne Cablé, C'est une image d'Épinal, Épinal, Musée de l'image / Ville d'Épinal, , 296 p. (ISBN 2-912140-19-6), « Les papelliers de nos païs », p. 20-25.
  7. Anne Cablé, C'est une image d'Épinal, Épinal, Musée de l'image / Ville d'Épinal, , 296 p. (ISBN 2-912140-19-6), « Cartiers et dominotiers apparentés aux Pellerin », p. 56-57.
  8. Dominique Lerch, Imagerie populaire en Alsace et dans l'Est de la France, Nancy, P.U.N., 1992, p. 134.
  9. Napoléon, images de légende, Épinal, Musée de l'image, Ville d'Épinal, , 104 p. (ISBN 2-912140-02-1).
  10. « L'imagerie d'Épinal change de propriétaire », dans Libération, 20/08/2014 ; « La célèbre Imagerie d'Épinal change de propriétaire », dans Les Échos, 21/08/2014.
  11. Site de l'Imagerie d'Épinal.
  12. « L'imagerie séduit de nouveaux investisseurs », Vosges Matin, samedi 17 décembre 2016, p.  2 (édition locale Épinal-Remiremont).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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