Réfugié écologique

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Les réfugiés climatiques ou écologiques ou écoréfugiés sont une catégorie de réfugiés environnementaux[1].

Ce sont des personnes ou groupes qui sont forcés de quitter leur lieu de vie temporairement ou de façon permanente à cause d'une rupture environnementale (d'origine naturelle ou humaine) qui a mis en péril leur existence ou sérieusement affecté leurs conditions de vie[2]. Ce sont souvent des agriculteurs, mais aussidroits de l’homme, le demandeur doit tout de même respecter les critères juridiques énoncés dans la Convention relative au statut des réfugiés de l’ONU.

Le président des Kiribati, Anote Tong, a pris la parole, lors de divers sommets internationaux, pour expliquer à la communauté internationale les effets du changement climatique sur son pays, et pour solliciter l'aide des pays riches[3]. L'ONU est pour les Kiribati un forum privilégié en ce domaine. Le , la délégation I-Kiribati affirme devant l'Assemblée Générale des Nations unies :

« Notre survie en tant que nation et en tant que peuple, avec une culture et un mode de vie qui nous sont propres, est gravement menacée par le réchauffement climatique et la montée du niveau de la mer[4]. »

« Nous avons déjà, peut-être, atteint le point de non-retour », affirme Tong en juin 2008, craignant de voir les Kiribati cesser tout simplement d'exister[5]. Il ajoute :

« Se préparer pour le jour où notre pays n'existera plus est très douloureux, mais je pense que c'est ce que nous devons faire[6]. »

Asie[modifier | modifier le code]

En 2005, la moitié de l'île de Bhola, au Bangladesh, a été engloutie par les eaux, catastrophe à la suite de laquelle 500 000 personnes se sont retrouvées sans-abris. Les habitants de Bhola ont été décrits comme faisant partie des premiers réfugiés climatiques dans le monde[7]. En 2007, un scientifique bangladais affirmait : « Nous voyons déjà des centaines de milliers de réfugiés climatiques qui viennent s’installer dans des bidonvilles à Dhaka[7]. » Encore une fois il faut nuancer, et même contrer ces déclarations en rappelant que le Bangladesh augmente sa superficie d'environ 20 km2 chaque année[8],[9].

Dubaï a produit un projet de tour flottante tournant lentement sur elle-même[10]. Dans les pays chauds, la mer et l'évaporation peuvent être utilisées pour la climatisation du bâtiment (un projet de mosquée flottante intègre ce principe).

Europe[modifier | modifier le code]

Particulièrement concernés par la montée des océans depuis leur extension territoriale en polders protégés par des digues, les Néerlandais ont investi dans un important programme de confortement des mesures de lutte contre le risque d'invasion marin et d'inondation venant de la terre, risque dont la gravité et l'occurrence pourrait augmenter à la suite du dérèglement climatique.

Récemment des technologies permettant de rendre flottantes des maisons, garages, etc. ont été mises en œuvre aux Pays-Bas. Les architectes, dont Koen Olthuis (qui pense qu'on peut aussi faire des villes flottantes[11], des espaces verts et des éléments d'agriculture capables de flotter ou de suivre le niveau de l'eau[12]), testent différents principes dont les deux opposés sont la « maison-bateau autonome » (nécessitant en fait encore une source d'appoint[13]), équipée de panneaux solaires, d'une petite éolienne et d'un système intégré de recyclage des eaux usées (environ 250 000 pour une petite maison de base en 2010[13]), l'autre étant une sorte de « maison amphibie » posée sur le sol mais capable de s'élever en cas d'inondation, tout en restant connectée aux réseaux (gaz, électricité, fibre optique) par des câbles ou tuyaux souples[13].

Plus de 300 maisons flottantes standardisées à cavité en béton servant à la fois de base et de flotteur, ont été produites par une seule entreprise (ABC) en cinq ans ; construites en usines, elles sont acheminées par les canaux à l'emplacement souhaité. Elles peuvent ensuite facilement être déplacées. Un projet d'îlot flottant d'appartements de 60 x 140 m2 dit « la Citadelle[14]» est porté par Waterstudio[13],[15]. Une des difficultés est l'étanchéité et l'isolation thermique de ces maisons, pour l'instant est difficilement réalisable avec les écomatériaux très prisés des Néerlandais.

Avancée des déserts[modifier | modifier le code]

C'est surtout le Sahara qui est connu pour s'étendre, en repoussant notamment des éleveurs peuls du Mali et du Burkina Faso vers le Ghana[16]. Le phénomène s'est répété dans les années suivantes, avec notamment en 1992-93 des agriculteurs mozambicains fuient vers la Zambie, et des Soninkés de la région de Kayes au Mali[16].

Recul des forêts tropicales[modifier | modifier le code]

En zone tropicale le rapide recul des forêts induit par la déforestation et localement par des incendies de forêt (naturels ou allumés par l'homme avant qu'il en ait perdu la maîtrise), est une source supplémentaire de réfugiés parmi les populations autochtones, dont une partie sont déjà issues de groupes qui s'y étaient réfugié (descendant d'anciens esclaves par exemple en Amérique du Sud).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SUHRKE Astri, VISENTIN Annamaria (1991) The Environmental Refugee : A New Approach, Ecodecision, Montréal, no 2, September 1991 : 73-74
  2. L'atlas du monde de demain, Paris, Le Monde, (notice BnF no FRBNF43774362), p. 159
  3. (en) « Pacific leaders demand urgent action to stop sea levels from rising », Radio New Zealand International, 4 décembre 2007
  4. (en) Natanaera Kirata, discours devant l'assemblée générale des Nations unies, 2 octobre 2007.
  5. (en) "Leader of disappearing island nation says climate change an issue of survival, not economics", International Herald Tribune, 5 juin 2008.
  6. (en) « Kiribati leader warns the world that it may already be too late ».
  7. a et b (en) "In Flood-Prone Bangladesh, a Future That Floats", Emily Wax, Washington Post, 27 septembre 2007
  8. (en) Le Bagladesh gagne du terrain
  9. « Le Bangladesh gagne en surface au lieu d’en perdre ».
  10. Floating-future, TOPOS, 2010, No 1.
  11. Article relatif à une architecture adaptable au dérèglement climatique, Landscape Architecture China, no 3, 2010.
  12. Interview de l'architecte néerlandais Koen Olthuis par Sanlih TV de Taiwan
  13. a, b, c et d « Aux Pays-Bas, les maisons flottantes se développent » Sandrine Dumont, Rotterdam, Novéthic.
  14. Projet Citadelle, Waterstudio
  15. Site de Waterstudio
  16. a et b Patrick GONIN et Véronique LASSAILLY-JACOB (2002) « Les réfugiés de l’environnement », Revue Européenne des Migrations Internationales (REMI), Volume 18, Numéro 2, p. 139-160 (Résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]