Valeur de la vie

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La valeur de la vie est une notion utilisée en philosophie et en économie pour les êtres vivants, spécialement pour les cultures humaines. Transposer la valeur d'une vie humaine en monnaie se heurte à des tabous sur la mort et l'argent mais permet d'évaluer l'efficacité des politiques de prévention[1].

Évaluation statistique[modifier | modifier le code]

D’un point de vue statistique, la valeur d’une vie humaine peut être évaluée en terme monétaire (prévention des risques, assurance, etc.), au moyen du coût marginal des mesures de prévention. Ces travaux d’évaluation seront utilisés en médecine, en travaux publics (aménagement des réseaux de transport, etc.)

Valeur d'une vie statistique humaine[modifier | modifier le code]

La valeur d’une vie statistique[2] (ou valeur d’une fatalité évitée) est le consentement à payer d’un individu pour une réduction marginale de son risque de mortalité. Cette valeur correspond à ce qu’un individu est prêt à payer pour une réduction à la marge d’un risque mortel :

{VVS}=\frac {CAP}{r}

CAP est le consentement à payer d’un individu pour une réduction r de la probabilité de décès. Par exemple, si un individu annonce qu’il consent à payer 2 000 € pour la réduction de 5/10 000 à 1/10 000 de la probabilité de décès, on en déduit une VVS égale à \frac {2000}{0,0004}= 5 000 000

Ce que la société est prête à dépenser pour sauver une vie statistique diffère de ce que des individus seraient prêts à dépenser pour épargner une vie identifiée.

Analyse coût-bénéfices et Valeur de la vie statistique[modifier | modifier le code]

Les critiques de l’ analyse coût-bénéfices[2] s’attaquent souvent à cette mesure de la valeur d’une vie statistique, la qualifiant d’indécente. Selon ses partisans[Qui ?], cette mesure est implicite dans tout investissement public en matière de sécurité (routière, sanitaire), ainsi que dans toute réglementation concernant les produits toxiques (qualité de l’eau potable, qualité de l’air dans les zones urbaines, etc.) et l’ACB permet de rendre plus transparents les arbitrages qui sont réalisés entre coût d’une mesure et impacts sur la vie des citoyens.

Les VVS généralement utilisées dans les analyses coût-bénéfices sont largement supérieures à celles généralement constatées pour la compensation d’un accident mortel du travail ou d’un accident de la route.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel Thibault, professeur à l'université de Perpignan et chercheur à la Toulouse School of Economics et Frédéric Cherbonnier, professeur à Sciences po Toulouse, « Osons donner une valeur à la vie ! », Les Échos,‎ 13/11/12
  2. a et b Valérie Meunier et Eric Marsden, « Analyse coût-bénéfices: guide méthodologique », Cahiers de la Sécurité Industrielle, Institut pour une Culture de Sécurité Industrielle (Toulouse), vol. 2009, no 06,‎ décembre 2009 (ISSN 2100-3874, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]