Plaques de Peyer

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Découvertes par le Suisse Johann Conrad Peyer (1653-1712), les plaques de Peyer sont, avec les follicules lymphoïdes isolés et l'appendice, l'un des constituants du tissu lymphoïde associé à l'intestin, lui-même partie du tissu lymphoïde associé au tube digestif (qui est lui-même un sous-ensemble du tissu lymphoïde associé aux muqueuses)[1].

Localisation et description[modifier | modifier le code]

Les plaques de Peyer sont des agrégats de 5 à 200 follicules lymphoïdes situés à intervalles réguliers dans la partie terminale de l'iléon[2]. Ces follicules lymphoïdes, composés en grande partie de lymphocytes B et de lymphocytes T, sont séparés de la lumière intestinale par des cellules épithéliales particulières, appelées cellules M (en anglais M cells pour microfold cells).

Fonction[modifier | modifier le code]

Les plaques de Peyer sont l'un des sites d'induction de la réponse immunitaire dans l'intestin. La couche de mucus, qui maintient les bactéries de la lumière intestinale à distance de l'épithélium, est moins épaisse au niveau des cellules M surplombant les plaques de Peyer. L'activité d'endocytose des cellules M leur permet de capturer des antigènes de la lumière intestinale et de les présenter ensuite aux cellules dendritiques[3]. Les cellules dendritiques de l'intestin peuvent également prélever directement des antigènes dans la lumière intestinale en projetant des dendrites entre les cellules épithéliales de l'intestin ou à travers les cellules M[4],[5].

Sous l'effet de l'acide rétinoïque (un dérivé de la vitamine A) sécrété par les cellules dendritiques, les lymphocytes T activés dans les plaques de Peyer produisent plusieurs cytokines parmi lesquelles du TGFβ, de l'IL-4, de l'IL-6 et de l'IL-10. À leur tour, ces cytokines activent la recombinaison isotypique et la production d'IgA par les lymphocytes B[6].

Les lymphocytes activés dans les plaques de Peyer migrent dans les ganglions lymphatiques mésentériques puis, à travers le canal thoracique et la circulation sanguine, retournent dans la lamina propria (ou chorion) de l'intestin où ils contribuent à la phase effectrice de la réponse immunitaire intestinale[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Brandtzaeg P, Kiyono H, Pabst R, Russell MW. « Terminology: nomenclature of mucosa-associated lymphoid tissue »
  2. (en) J.S. Cornes « Number, size, and distribution of Peyer's patches in the human small intestine: Part I The development of Peyer's patches » Gut 1965;6(3):225–229.
  3. (en) Neutra MR, Mantis NJ, Kraehenbuhl JP. « Collaboration of epithelial cells with organized mucosal lymphoid tissues » Nat Immunol. 2001;2(11):1004-9.
  4. (en) Rescigno M, Urbano M, Valzasina B, Francolini M, Rotta G, Bonasio R, Granucci F, Kraehenbuhl JP, Ricciardi-Castagnoli P. « Dendritic cells express tight junction proteins and penetrate gut epithelial monolayers to sample bacteria » Nat Immunol. 2001;2(4):361-7.
  5. (en) Lelouard H, Fallet M, de Bovis B, Méresse S, Gorvel JP. « Peyer's Patch Dendritic Cells Sample Antigens by Extending Dendrites Through M Cell-Specific Transcellular Pores » Gastroenterology 2011.
  6. (en) Mora JR, Iwata M, Eksteen B, Song SY, Junt T, Senman B, Otipoby KL, Yokota A, Takeuchi H, Ricciardi-Castagnoli P, Rajewsky K, Adams DH, von Andrian UH. « Generation of gut-homing IgA-secreting B cells by intestinal dendritic cells » Science 2006;314(5802):1157-60.
  7. (en) Mowat AM. « Anatomical basis of tolerance and immunity to intestinal antigens » Nat Rev Immunol. 2003;3(4):331-41.