Palais du gouverneur (Lugdunum)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Palais du Gouverneur.
Maquette du palais du gouverneur conçue par Armand Desbat en 2005

Le Palais du gouverneur a été construit à Lugdunum, sur la colline de Fourvière, vers 20 av. J.-C. et détruit en 15 apr. J.-C.. Il était la résidence du gouverneur romain des Trois Gaules.

Lugdunum capitale des Gaules[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gaule romaine.

Fondé en 43 av. J.-C., Lugdunum devient capitale des Gaules en 27 av. J.-C. avec la division de la Gaule chevelue en trois provinces par Agrippa, gendre de l'Empereur Auguste. Alors que la Gaule narbonnaise est sous l'administration du Sénat, les provinces de Gaule belgique, lyonnaise et aquitaine sont placées sous l'autorité impériale. À cette date, le rôle de Lugdunum dans l'administration des Trois Gaules devint prééminent du fait :

La construction du palais[modifier | modifier le code]

La découverte en 1974 de traces d'une résidence de grand prestige sur la colline de Fourvière, sur le site identifié comme un sanctuaire de Cybèle, à proximité du théâtre, a amené à identifier cette construction au palais du gouverneur des Gaules, également appelé prétoire d'Agrippa[1]. La succession des phases de construction sur ce site a cependant compliqué l'interprétation. Trois phases de construction se sont en effet succédé dans cette zone, d'abord deux îlots d'habitation, puis le palais du gouverneur, enfin le supposé temple de Cybèle.

La construction du palais a lieu aux environs de 20av. J.-C. au cours du séjour à Lugdunum d'Agrippa. Cette datation a pu être précisée par le matériau céramique découvert lors des fouilles[2].

Fragment de mosaïque des bains du palais du gouverneur

D'une superficie de 3 200 m2, mesurant 37 du nord au sud et 61 m d'est en ouest, le palais se compose d'une partie avant avec une grande terrasse surplombant de 12 m le théâtre et offrant un panorama sur le Rhône et les Alpes. Cette terrasse était entourée sur trois côtés d'une colonnade et se trouvait au-dessus d'une salle souterraine (cryptoportique) ornée de peintures de style pompéien. Parmi les découvertes réalisées en 1974 figure notamment un fragment de fresque représentant deux pygmées au cours d'une chasse à la grue.

À l'arrière, le palais était organisé autour d'un atrium couvert de 190 m2 autour duquel se trouvaient un salon, une salle à manger, des chambres et des bains chauffés comportant deux pièces. Des fragments de mosaïques avec des caissons décorés de feuilles de lierre issus des bains ont également été découvertes en 1974[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Galliano G. et Chausson F. (dir.), 2018, p. 86
  2. Desbat, p. 111
  3. Phoungas et al. 2010

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Chausson, Geneviève Galliano et Ferrante Ferranti (Photographe), Claude, Lyon, 10 avant J.-C. - Rome, 54 après J.-C., un empereur au destin singulier, Lienart / Musée des beaux-arts de Lyon, 2018 (ISBN 978-2-35906-255-7)
  • Armand Desbat, « Lugdunum, de la capitale de Plancus à la capitale des Gaules », Archéologia, no 415,‎ , p. 27
  • Armand Desbat, Lugdunum, naissance d'une capitale, Gollion, Infolio, 2005.
  • Anne-Catherine Le Mer et Claire Chomer, Carte archéologique de la Gaule, vol. Lyon 69/2, Paris, 2007, p. 563-565.
  • A. Phoungas et al., Remarques sur la technologie de quelques mosaïques gallo-romaines, dans P. Chardron-Picault (dir.), Aspects de l'artisanat en milieu urbain, Gaule et Occident romain, Revue archéologique de l'est, Dijon, S.A.E., 2010.