Sarcophage du triomphe de Bacchus

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Le sarcophage du triomphe de Bacchus est une cuve en pierre d'un sarcophage monumental d'époque romaine découvert vers 1800 sur la colline de Saint-Just à Lyon. Ce sarcophage est exposé au musée de la civilisation gallo-romaine à Lyon.

La découverte[modifier | modifier le code]

Vers 1800, lors des travaux de reconstruction de l'église Saint-Irénée à Lyon est repérée la cuve en pierre d’un sarcophage monumental d’époque romaine. Fracturé en trois morceaux et enfoui à quatre mètres de profondeur au pied de l'escalier de l'église, il est exhumé en 1824 par A. Comarmond lors d'une restauration de l'édifice. Il est en marbre de Carrare. Le style de ses reliefs, leur grande qualité et le choix du thème sur Bacchus suggèrent que l’œuvre provient d’un atelier romain et que l'on peut le dater des règnes de Caracalla à celui d'Élagabal, au début du IIIe siècle[1].

Le décor[modifier | modifier le code]

Le triomphe de Bacchus aux Indes

La face du sarcophage représente une scène mythologique, « le triomphe de Bacchus » aux Indes, exploit qu’il réalisa dans sa jeunesse. La composition se répartit en deux registres : l'un vertical par groupe de personnages autour de la figure du Pan central, et l'autre horizontal de bas en haut avec des scènes de genre[1]. Pan, de face au centre, est revêtu d'une nébride[2] et regarde derrière lui. Un panisque se tient entre les jambes du satyre, tenant un lagobolon (bâton utilisé pour la chasse au lièvre) et jouant de la flûte.

De chaque côté du dieu Pan sont disposés un groupe de six personnages :

  • À sa droite, le jeune Bacchus se tient debout sur un char de triomphe décoré de rinceaux d'acanthes tiré par deux panthères (ses animaux favoris) situées au premier plan. Bacchus tient son thyrse dans sa main droite et est revêtu de la tunique royale des souverains hellénistiques, un chiton féminin recouvert d'une nébride serrée à sa taille. Il est couronnée par une Victoire tenant une palme dans sa main gauche et placée debout derrière lui. À sa droite Bacchus est accompagné d’Ariane couronnée de feuillages. Son corps est en partie caché par une Bacchante.
  • À sa gauche on trouve l’illustration du triomphe sur l’Inde par des personnages exotiques : captifs vêtus d'une tunique courte et d'un manteau, portant le pantalon typique du barbare Germain aux coiffures tressées, montés sur un éléphant dont la trompe et les défenses au relief trop marqué ont disparu. L'éléphant, dont le front est ceint d'une couronne de corymbes et le corps recouvert d'une moustiquaire, porte une clochette à son cou. Un lion est situé entre ses pattes tandis que sont disposés derrière lui des animaux exotiques rappelant l'Orient et l'Afrique (chameaux, lions, panthères, girafes, éléphant). A l'extrême gauche de Bacchus se trouve Hercule, reconnaissable à la peau de lion qui lui couvre les épaules (le léontè). Il tente de s'approcher d'une Nymphe qui appuie sa main droite sur son épaule. Il semble tituber mais il est soutenu par un satyre. L’ivresse d’Hercule l’associe au culte de Bacchus et tandis qu'il a parcouru le monde jusqu’à ses confins, sa présence ajoute un élément supplémentaire témoignant d’un pays lointain. Le lien entre Bacchus et Hercule est assuré par le personnage de Silène.
  • Dans l'angle droit en haut se trouve un berger couché entre deux chèvres, accompagné d'un genius loci[3]. L'espace situé entre les grands personnages est occupé par de petits éléments notamment des chèvres accroupies.

Les parois latérales sont sculptées en bas-reliefs :

  • À gauche : souriant, Pan (ou un satyre) tient un lagobolon et une flûte tandis qu'une bacchante joue du tambourin. Aux pieds de Pan se trouve une cyste qui laisse échapper un serpent.
  • À droite : un satyre s'approche d'une Bacchante. Devant, un autel porte un décor de guirlandes, des fruits et des pommes de pin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Carte archéologique de la Gaule, Lyon 69/2, p. 664.
  2. attribut symbolique comme la peau de cerf que l'on donne à Bacchus ou la peau du lion donnée à Hercule
  3. Carte archéologique de la Gaule, Lyon 69/2, p. 665

Bibliographie[modifier | modifier le code]