Nécropoles antiques de Lyon

Les nécropoles antiques de Lyon se trouvent autour des voies romaines, à l'extérieur du pomerium. Les plus importantes sont celles de Trion qui s'étendent du quartier de Choulans à Vaise, le long des voies d'Aquitaine, de Narbonnaise et de l'Océan.
Voir le plan schématique de Lyon et les zones funéraires fouillées jusqu'au début du XXIe siècle dressé par Laurence Tranoy[1].
Nécropoles de Trion
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Les nécropoles de Trion sont les plus anciennes et les plus importantes. Elles se situent dans un triangle formé par la montée de Choulans, la rue de la Favorite et la rue Commandant-Charcot prolongée par la montée des Génovéfains. Constituées à partir de la fin du Ier siècle av. J.-C., elles se sont étendues progressivement jusqu'à la fin du IIIe siècle pour n'en former plus qu'une[2].
Dans les années 1970-1972, une fouille de sauvetage découvre 187 sépultures et deux ou trois mausolées. Les tombes sont d'époque chrétienne (IVe siècle et Ve siècle), systématiquement en matériaux de remploi provenant de monuments publics ou prélevés sur des sépultures paiennes antérieures[3].
Entre 1983 et 1985, 531 tombes sont fouillées entre la rue des Favorites et celle des Pommières, datées entre la première moitié du Ier siècle à la première moitié du IIIe siècle. Les premières tombes apparaissent ainsi le long des voies d'Aquitaine, de Narbonnaise et de l'Océan, avant de s'étendre vers Saint-Irénée[2]. Vers la fin du Ier siècle, ces différentes nécropoles se rejoignent et l'on commence à construire de grands mausolées pour les sévirs et les décurions lyonnais. À la fin du IIIe siècle, la nécropole de Trion est la plus importante à Lyon : cet ensemble se prolongeait au sud à Choulans et surtout à l'est jusqu'à Vaise, en suivant la voie de l'Océan, où une centaine de tombes datées entre Auguste et le IIIe siècle ont été découvertes rue de Bourgogne[4]. Parmi les mausolées découverts en 1885, étudiés par Auguste Allmer et Paul Dissard, cinq ont été remontés sur la place Eugène-Wernert[5].
- Monuments funéraires du quartier de Trion
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Stèle
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Stèle
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Urne
Nécropole du quai Arloing
[modifier | modifier le code]Dans le 9e arrondissement, sur le quai Arloing, une nécropole a fait l'objet de fouilles de sauvetage en 1967-1968[6] puis en 1989. Les 82 tombes étudiées montrent une occupation à partir de la fin du Ier siècle, qui atteint son apogée entre la fin du IIe siècle et le IIIe siècle, et continue jusqu'au IVe siècle[7].
Nécropole de la place Valmy
[modifier | modifier le code]La nécropole située place Valmy, a été créée au milieu du IIIe siècle dans un quartier abandonné. Les fouilles menées en 1993 sur une cinquantaine de tombes montrent une occupation jusqu'au VIIe siècle[8].
Nécropole d'outre-Rhône
[modifier | modifier le code]Le secteur compris entre le Rhône, le cours Gambetta, l'avenue Berthelot et le boulevard des Tchécoslovaques, correspondant à un secteur de la plaine alluviale de la rive gauche du Rhône a fait l'objet de sondages archéologiques systématiques à partir des années 1990[9].
Située sur le tracé du compendium Lyon-Vienne (rive gauche du Rhône), cette zone s'est développée à partir du milieu du IIe siècle jusqu'à une occupation maximale au IIIe siècle. On y a découvert 28 épitaphes[8] dont celle du mausolée des Acceptii[10]. Ce mausolée a été découvert au 31 rue de Marseille en 1870[5].
A proximité, au 50 rue de Marseille, a été découvert avant 1970 un chapiteau corinthien, à une profondeur entre 5 et 5,5 mètres, sur un plancher caillouteux du Rhône[11].
Nécropole de la Croix-Rousse
[modifier | modifier le code]Des épitaphes découvertes à La Croix-Rousse, datant du Ier au IVe siècle, indiquent la présence d'une nécropole le long de la voie du Rhin. Un atelier de lapicides trouvé rue des Chartreux renforce cette hypothèse[12].
Nécropole de La Favorite
[modifier | modifier le code]Le mythe gréco-romain de Charon entraîne le dépôt d'une monnaie dans les tombeaux des défunts pour leur permettre de traverser le Styx. Lors des fouilles de la nécropole de La Favorite, une obole équivalente à un ou plusieurs as était présente dans 15 % des incinérations et 8 % des inhumations, ce qui a une valeur symbolique : aucune pièce d'or ou d'argent n'a été trouvée. De plus, toutes les pièces augustéennes sont frappées de l'autel des trois Gaules et correspondent à la monnaie en circulation à cette époque, à l'exclusion des monnaies émises à Nîmes représentant à peu près un tiers des pièces en usage à Lugdunum[13].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Blaizot et al. 2010, p. 8 plan.
- Pelletier et al. 2007, p. 63.
- ↑ Le Glay 1982, p. 295-296.
- ↑ Pelletier et al. 2007, p. 64.
- Pelletier et Delfante 2004, p. 37.
- ↑ Pelatan et Meyronein 1970, p. 217-226.
- ↑ Pelletier et al. 2007, p. 64-65.
- Pelletier et al. 2007, p. 65.
- ↑ Blaizot et al. 2010, p. 5-6.
- ↑ Le Mer et Chomer 2007, p. 426.
- ↑ Le Mer et Chomer 2007, p. 427.
- ↑ Pelletier et al. 2007, p. 66.
- ↑ Jonas Flück, « Les monnaies découvertes dans les tombes », dans Christian Goudineau, Rites funéraires à Lugdunum, Paris, Errance, (ISBN 978-2-87772-406-7), p. 39.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Anne-Catherine Le Mer et Claire Chomer, Carte archéologique de la Gaule, Lyon 69/2, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, , 883 p.
- André Pelletier (dir.), Lyon 5e arrondissement : Aux origines de la ville, Lyon, Éditions lyonnaises d'Art et d'Histoire, , 192 p. (ISBN 978-284147-325-0), p. 29-31.
- André Pelletier, Jacques Rossiaud, Françoise Bayard et Pierre Cayez, Histoire de Lyon : des origines à nos jours, Lyon, Éditions lyonnaises d'Art et d'Histoire, , 956 p. (ISBN 978-2-84147-190-4).
- Jean Pelletier et Charles Delfante, Atlas historique du Grand Lyon : formes urbaines et paysages au fil du temps, Seyssinet-Pariset, Xavier Lejeune, (ISBN 2-907608-40-1), p. 37.
- Trion
- Auguste Allmer et Paul Dissard, Trion : Antiquités découvertes en 1885, 1886 et antérieurement au quartier de Lyon dit de Trion, t. I, Lyon, Association typographique, , 430 p. (lire en ligne).
- Auguste Allmer et Paul Dissard, Trion : Antiquités découvertes en 1885, 1886 et antérieurement au quartier de Lyon dit de Trion, t. II, Lyon, Association typographique, , 380 p. (lire en ligne).
- Marcel Le Glay, « Une nouvelle inscription lyonnaise », Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, , p. 295-304 (lire en ligne).
- Quai Arloing
- Jean-Pierre Pelatan et François Meyronein, « A propos des sarcophages en plomb de la fouille-sauvetage du 21 quai Arloing (1967-1968). 1ère partie », Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 39ᵉ année, no 7, , p. 217-226 (lire en ligne).
- Jean-Pierre Pelatan, « À propos des sarcophages en plomb de la fouille-sauvetage du quai Arloing (1967-1968). 2e partie : Etude et essai de la fabrication d'un sarcophage en plomb », Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 40ᵉ année, no 10, , p. 309-312 (lire en ligne).
- Jean-Pierre Pelatan, « Fouille-sauvetage : 21, quai Arloing (1967-1968). 3e partie : Sarcophage monolithique et tombe en tuile », Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 41ᵉ année, no 7, , p. 129-133 (lire en ligne).
- François Planet, « La double trouvaille monétaire de la Brasserie Schmitt 32, quai de Vaise (Lyon 9e) -1896 », Bulletin des musées et monuments lyonnais, no 4, , p. 8-19 (lire en ligne).
- Rive gauche du Rhône, compendium
- Frédérique Blaizot, et al., « Archéologie d’un espace suburbain de Lyon à l’époque romaine : paléogéographie de la plaine alluviale, axes de communication et occupations », Gallia-Archéologie de la France antique, no 67.1, , p. 5-73 (lire en ligne [PDF]).