Pahouins

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Pahouins
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Pahouine du Congo français, 1914

Populations significatives par région
Autres
Langues Fang
Ethnies liées Fangs

Les Pahouins constituent un peuple présent dans plusieurs pays d'Afrique centrale, tels que le Gabon, le Cameroun, la Guinée équatoriale ou la République du Congo. Toutefois le terme sert le plus souvent à désigner les Fangs du Gabon.

À tort ou à raison, le terme « pahouin » est parfois considéré comme péjoratif.

« Beaucoup d’esprits superficiels, écoutant mon jeune ami, jureraient même qu’il profère quelque idiome pahouin. »

— Alphonse Allais, Le Captain Cap, 1902

Ethnonyme[modifier | modifier le code]

Apparu en 1819, le premier mot utilisé[1] pour désigner un groupe établi à l'intérieur du pays est Pamouay. Les Espagnols le transforment en Pamue et les Allemands en Pangwe. Les Français nasalisent le phonème final et optent pour Pahouin[2].

Le nom d'origine viendrait de Mpangwe, donné par les Mpongwè – des habitants des rives de l’estuaire du fleuve – signifiant en langue vernaculaire « je ne sais pas ».

Pamouay est couramment utilisé jusqu'en 1861[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

« Chasseurs pahouins venus au Gabon pour vendre de l’ivoire » (1875)

Au XVIIIe siècle les Pahouins, chassés par les Mvélés de la savane du nord de la Sanaga (Cameroun) envahissent le sud. Ils traversent la forêt équatoriale. Certains s’y fixent (Étons, Ewondo, Boulou). D’autres (Fangs) atteindront vers 1850 l’estuaire de l’Ogooué et entreront en contact avec les Européens[4].

En 1875, ces peuples, qui vivaient plus de la cueillette que de l'agriculture et qui ne pratiquaient pas l'esclavage, sont arrivés dans les régions côtières du Gabon, cela entraina une augmentation du commerce mais provoqua des frictions avec les populations locales et des actes de violences entrainent des interventions punitives de la petite garnison de l'armée française stationné à Libreville à partir de 1876[5].

« Un beau village pahouin dans la sylve équatoriale »[6] (1914)

Des textes anciens décrivent parfois les Pahouins comme anthropophages. En 1875, le marquis Victor de Compiègne, après avoir intitulé l'un de ses chapitres « Les Pahouins cannibales » et donné force détails, constate néanmoins que ceux qu'il a rencontrés semblent avoir « à peu près renoncé à cette coutume barbare »[7].

Les Pahouins du Gabon se livraient à des libations rituelles avec des coupes crâniennes[8].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des Fang, thèse de Xavier Cadet [1]
  2. « Ce nom de Pahouins a été adopté par les Français, mais je ne lui vois pas de raison d’être. Comme je l’ai dit, Fan est le nom que ces peuples se donnent à eux-mêmes, les indigènes les appellent Mpangwen, et c’est le terme sous lequel les désignent habituellement les Anglais et les Allemands », Marquis de Compiègne, L'Afrique équatoriale, p. 154
  3. F. Touchard, « Notice sur le Gabon », Revue maritime et coloniale, octobre 1861, p. 1-17 ; p. 14
  4. Hubert Deschamps, Traditions orales et archives au Gabon, vol. 6, (lire en ligne), p. 93
  5. Henri Brunschwig, « Expéditions punitives au Gabon (1875-1877) », Cahiers d'études africaines, vol. 2, no 7,‎ , p. 347-361 (lire en ligne)
  6. Commentaire de l'image dans l'article : « Il est à remarquer qu'au lieu de construire des cases rondes et pointues, en forme de meules, comme les autres noirs africains, les Pahouins ont adopté une toiture plate et débordante, formant véranda, qui rappelle celle des maisons européennes aux colonies », dans « Comment nous avons délimité la frontière entre la France et l'Allemagne dans l'Afrique équatoriale », Le Miroir, 3 mai 1914
  7. « Les Pahouins cannibales »
  8. Bulletins et mémoires, 1947, p. 127.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Alexandre, Proto-histoire du groupe beti-bulu-fang : essai de synthèse provisoire, Cahiers d’études africaines 20., 1965, pp. 503-560.
  • Pierre Alexandre et Jacques Binet, Le groupe dit Pahouin : Fang, Boulou, Beti, L'Harmattan, Paris, 2005, 152 p. (ISBN 2-7475-8618-9)
  • H. Avelot, « L’art et la mode chez les Pahouins », L’Illustration, n° 2972, 10 février 1900, reproduit in extenso dans Arts d'Afrique noire (Villiers-le-Bel), 2001, n° 118
  • Cyrille Bela, « L’art des abbia : une forme d’expression sculpturale du pays pahouin », in Afrique, Archéologie et Arts n°4, CNRS-Université Paris I-Université Paris X, 2007, p.83-90.
  • Barnabé Bilongo, Les Pahouins du Sud-Cameroun : inventaires bibliographiques, connaissance des Fang, Ntoumou, Muaé, Boulou, Beti (Menguissa, Eton, Muëlë, Bënë et Ewondo) et du groupe dit Sanaga, Yaoundé, 1974, 116 p.
  • Xavier Cadet, Histoire des Fang, Peuple gabonais, L'Harmattan, Paris, 2009.
  • Idelette Dugast, « Beti et Pahouins », Inventaire Ethnique du Sud-Cameroun, Dakar, 1949, p. 57-94
  • M. Samba Edou, Les fondements initiatiques d'une pédagogie religieuse pour les Pahouins du Sud-Cameroun. Essai sur la catéchèse des adultes, Université des sciences humaines de Strasbourg, Faculté de théologie catholique, 237 p.
  • Louis Franc, « De l'origine des Pahouins. Essai de résolution de ce problème ethnologique », Maloine, Paris, 1905,19 p.
  • Henri Lavignotte, L’Évur. Croyance des pahouins du Gabon, Paris, 1936, 77 p.
  • Léon Mba, Écrits ethnographiques (Les Pahouins du Gabon du 19e siècle à l’aube du 20e siècle suivi de Essai de Droit coutumier pahouin), 2002, 125 p. (ISBN 2-912776-25-2) (OCLC 50912668)
  • Jean Baptiste Roche (Capitaine), Au pays des Pahouins. (Du Rio Mouny au Cameroun.), Paris, 1904, 198 p.
  • (de) Günter Tessmann, Die Pangwe : Volkerkundliche Monographic eines west-afrikanischen Negerstammes, Ernst Wasmuth A.-G., Berlin, 1913, 402 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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