Moyen de suicide

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Un moyen de suicide (ou mode de suicide) est une manière pour un ou plusieurs individus de se donner intentionnellement la mort. La suicidologie est pratiquée par l'Organisation mondiale de la santé afin de prévenir les suicides. Parallèlement à l'étude des causes des suicides, elle étudie aussi les moyens de suicide, ceci afin de réduire leur accès. En France, la loi n°87-1133 du 31 décembre 1987 « tendant à réprimer la provocation au suicide », a été adoptée suite à la sortie d'un livre, Suicide, mode d'emploi, contenant une liste de moyens et techniques de suicide.

Étude des moyens de suicide[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Prévention du suicide et Suicidologie.

Les moyens de suicide sont étudiés par l'Organisation mondiale de la santé afin de prévenir les suicides[1],[2]. En effet, l'une des méthodes des plus efficaces pour limiter le nombre de morts par suicide consiste à limiter les moyens d'accès au suicide[3],[4]. Réduire l'accès à certains médicaments, produits nocifs, armes à feu, ou limiter l'accès à certains endroits dangereux a permis de réduire le nombre de suicides[4].

L'étude des moyens de suicide dans le but d'empêcher le suicide repose sur l'opinion que le suicide est un acte qui peut et doit être évité. De nombreuses personnes pensant au suicide, souhaitent en fait rester en vie mais veulent surtout mettre fin à leurs souffrances psychologiques ou à des problèmes personnels considérés comme insurmontables. Une écoute et une aide appropriées (par exemple, SOS Amitié) peuvent les aider à surmonter leur souffrance. De nombreuses études indiquent que les personnes qui ont tenté de se suicider et ont survécu à leur tentative sont des personnes dont le niveau de qualité de vie est comparable à la population générale quelques années après[5].

En France, la loi n°87-1133 du 31 décembre 1987 « tendant à réprimer la provocation au suicide », a été adoptée suite à la sortie d'un livre, Suicide, mode d'emploi, contenant une liste de moyens et techniques de suicide[6]. Au Japon, le livre Kanzen Jisatsu Manyuaru, sur le même sujet, n'a pas été jugé illégal et a été écoulé à 1,1 million d’unités. Il serait utilisé par un nombre important de candidats au suicide[7].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Intoxication[modifier | modifier le code]

En 1990, un rapport de l'OMS identifiait 220 000 décès dus aux pesticides, dont 91 % par suicide[8]. À l'échelle mondiale en 2014, 30 % des suicides ont lieu par empoisonnement aux pesticides, notamment dans les zones rurales des pays en développement[9]. Selon une revue de littérature de l'université de Lund (Suède) de 2013, qui s'appuie notamment sur la source précédente, environ 200 000 personnes meurent chaque année d'intoxication aiguë par des pesticides[10].

Suicide par pendaison.

Pendaison[modifier | modifier le code]

Selon une étude américaine, la pendaison est plus communément utilisée comme technique de suicide dans les sociétés pré-industrielles et rurales que dans les zones urbaines[11].

Armes à feu[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le suicide par arme à feu représente 53,7 % des suicides en 2003[12] contre 57 % en 2006[13]. En Suisse, selon une enquête de 2006, entre 24 et 28 % des suicides sont commis avec une arme à feu[13].

Saut ou précipitation[modifier | modifier le code]

Le suicide par précipitation consiste à sauter depuis une hauteur. À Hong Kong, le saut est la technique la plus utilisée pour se suicider, représentant 52,1 % en 2006 des cas de suicide[14].

Impacts véhiculaires[modifier | modifier le code]

La collision avec un véhicule rapide (automobile, camion, train ou métro) constitue un moyen de suicide. En Île-de-France, cet événement est désigné par le terme « accident de voyageur »[15]. En 2012, le suicide sur le réseau SNCF a augmenté de 30 % (environ 700 cas), dont la moitié sur le réseau Transilien[16].

Bien que très médiatisé lorsqu'il se produit, le suicide des pilotes d'avion à bord de leur appareil est extrêmement rare. Aux États-Unis, 36 pilotes se sont suicidés avec leur avion[17].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le suicide par exsanguination inclut le fait de réduire et de diminuer la pression du sang jusqu'à un niveau critique de perte de sang au moyen de dommages infligés aux artères. La mort peut directement survenir par une très importante perte de sang ou par hypovolémie, lorsque le volume du sang diminue dans la circulation, donnant lieu à une inactivité du corps.[réf. nécessaire] C'est ainsi que se suicida le philosophe Sénèque sous l'ordre de son empereur Néron[18].

Le suicide par ingestion ou inhalation de produits chimiques corrosifs (la plupart sont des produits d'usage quotidien comme les produits d'entretien) est aussi une méthode utilisée[19]. Socrate fut contraint de se suicider avec de la cigüe à la suite de sa condamnation à mort par le tribunal de l'Héliée, à Athènes, Hannibal s'étant quant à lui volontairement suicidé avec un mélange d'aconit et de ciguë pour éviter d'être livré aux Romains. Selon la légende, Cléopâtre se serait donné la mort en introduisant un bras dans un vase contenant des serpents venimeux mortels.

Le terme en latin d'« immoler » signifie « sacrifice », et ne fait pas référence à l'usage du feu, bien que le terme commun d'immolation se réfère à la mort donnée par le feu. [réf. nécessaire] C'est une tactique utilisée par Thích Quảng Đức en 1963 en signe de protestation contre le gouvernement sud-vietnamien ; par Jan Palach à Prague en 1969 contre l'occupation de son pays par les troupes du Pacte de Varsovie ; par Malachi Ritscher en 2006 pour protester contre la guerre en Irak ; ou encore par Mohamed Bouazizi, à l'origine de la révolution tunisienne en 2010-2011.

Suicides rituels[modifier | modifier le code]

Le seppuku (hara-kiri) est un mode de suicide rituel au Japon, majoritairement pratiquée durant l'ère médiévale. Yukio Mishima commet un seppuku en 1970 après avoir échoué dans son coup d'État.

Arts et littérature[modifier | modifier le code]

Le suicide par noyade est l'acte de se submerger dans l'eau ou dans un autre type de liquide pour priver les poumons d'oxygène et, par conséquent, entraîner l'asphyxie.[réf. nécessaire] C'est le mode de suicide que choisit Ophélie dans Hamlet, ou l'inspecteur Javert dans Les Misérables.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cordélia Bonal, « Pendaison, pesticides, armes... Le suicide, un fléau mondial », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  2. OMS, Prévention du suicide : l'état d'urgence mondial, OMS, , 88 p. (ISBN 978 92 4 256477 8, lire en ligne), p. 2
  3. (en) J. John Mann, Alan Apter, Jose Bertolote et Annette Beautrais, « Suicide Prevention Strategies », JAMA, vol. 294, no 16,‎ (ISSN 0098-7484, DOI 10.1001/jama.294.16.2064, lire en ligne)
  4. a et b Gil Zalsman, Keith Hawton, Danuta Wasserman et Kees van Heeringen, « Suicide prevention strategies revisited: 10-year systematic review », The Lancet Psychiatry, vol. 3, no 7,‎ , p. 646–659 (DOI 10.1016/S2215-0366(16)30030-X, lire en ligne)
  5. F. Ligier, C. Vidailhet et B. Kabuth, « Devenir psychosocial, dix ans après, de 29 adolescents suicidants », L'Encéphale, vol. 35, no 5,‎ , p. 470–476 (DOI 10.1016/j.encep.2008.05.002, lire en ligne)
  6. Loi no 87-1133 du 31 décembre 1987 tendant à réprimer la provocation au suicide, JORF no 1 du 1er janvier 1988, p. 13, NOR JUSX8700191L, sur Légifrance.
  7. Aokigahara, la forêt où les Japonais se cachent pour mourir Slate.fr, 19.06.2016
  8. « Public Health Impact of Pesticides used in Agriculture (OMS) », (consulté le 8 octobre 2017), p. 85.
  9. Cordélia Bonal, « Pendaison, pesticides, armes... Le suicide, un fléau mondial », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  10. Måns Svensson & al., « Migrant agricultural workers and their socio - economic, occupational and health conditions — a literature review », sur Université de Lund, (consulté le 7 octobre 2017).
  11. (en) Ronald W. Maris, Alan L. Berman, Morton M. Silverman, Bruce Michael Bongar, Comprehensive textbook of suicidology, New York, Guildford Press, , 96 p. (ISBN 978-1-57230-541-0, lire en ligne)
  12. (en) « U.S.A. Suicide: 2000 Official Final Data », sur American Association of Suicidology (consulté le 13 février 2011)
  13. a et b « Suicide en Suisse par armes à feu », sur Swissinfo (consulté le 13 février 2011)
  14. (en) « Méthode utilisée », sur HKJC Centre for Suicide Research and Prevention, University of Hong Kong, http://csrp.hku.hk, (consulté le 10 septembre 2009)
  15. http://www.metro-pole.net/expl/exploit/incidents/personne.html
  16. « La SNCF confrontée à une forte hausse des suicides sur les voies » dans Le Parisien, article du 6 décembre 2012.
  17. CB Bills, JG Grabowski et G Li, « Suicide by aircraft: A comparative analysis », Aviation, space, and environmental medicine, vol. 76, no 8,‎ , p. 715–9 (PMID 16110685, lire en ligne)
  18. Tacite (trad. J. L. Burnouf), Annales, vol. XV, Bibliotheca Classica Selecta (lire en ligne), p. 62-64
  19. Patrick Nisse, « Intoxication par les produits ménagers », Le praticien en anesthésie Réanimation, 2004;8(6):429-38. DOI:10.1016/S1279-7960(04)98283-6 Résumé en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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