Otto Bauer

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Otto Bauer
Sennecke - Otto Bauer, 1919.jpg
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Otto Bauer, né le à Vienne en Autriche et mort le à Paris, est un homme politique socialiste autrichien et un théoricien de l'austromarxisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Otto Bauer naît le à Vienne[1]. Il est le fils aîné[1] de Philipp Bauer (-), propriétaire d'une usine textile[1], et de son épouse Katharina née Gerber[1] (-). Sa sœur, Ida Bauer (-), est célèbre dans l'histoire de la psychanalyse comme étant le cas Dora publié en 1905 par Sigmund Freud[2]. Otto Bauer s'engagea en politique lorsqu'il étudiait le droit à l'université de Vienne. Dès ses années d'études, il fait forte impression sur Kautsky, avec lequel il entretient par la suite une correspondance suivie. Collaborateur à la revue socialiste Neue Zeit, il rédige en 1907, à la demande de Victor Adler, une étude sur la question nationale, La sociale-démocratie et la question des nationalités. Ensuite, de 1907 à 1914, il fut secrétaire parlementaire du groupe social-démocrate au Reischrat de Vienne. En , il cofonde, avec Karl Renner et Adolf Braun (de), le mensuel Der Kampf[3]. En , il devient rédacteur en chef du journal Arbeiter-Zeitung (en)[4].

Quelques jours après le début de la Première Guerre mondiale, Bauer est mobilisé[5]. Il participe aux batailles de Komarów, de Rava-Rouska et de Przemyśl[5]. Lors de la bataille de Cracovie, il est capturé et retenu, comme prisonnier de guerre, à Troïtskossavsk, en Russie jusqu'en [6]. En 1918, à la mort de Viktor Adler, il prend sa succession à la tête du Parti ouvrier social-démocrate d'Autriche et devient Ministre des affaires étrangères de novembre 1918 à juillet 1919, grâce à une coalition avec le Parti chrétien social. En 1934, il doit émigrer face à la montée du nazisme. Il se réfugie à Brno, en Tchécoslovaquie, puis à Paris.

Bauer meurt le [7],[8],[9] à son domicile parisien, un hôtel sis au no 10 bis de la rue Turgot, dans le 9e arrondissement[7]. Le surlendemain, , ses funérailles sont célébrées au cimetière du Père-Lachaise[1],[9]. Léon Blum[1],[9], Friedrich Adler[1], Joseph Buttinger[1] et Louis de Brouckère[1] assistent à la cérémonie. Le Populaire lui rend hommage les , et [9].

Question nationale et marxisme[modifier | modifier le code]

Nationalitätenfrage und die Sozialdemokratie, 1924

Ses opinions sur la Question nationale lui valurent la critique de plusieurs autres marxistes, dont Josef Strasser. Il écrivit une dizaine d'ouvrages dans lesquels il expose ses thèses politiques et sociales.

Théorie de la révolution lente[modifier | modifier le code]

Otto Bauer a aussi tracé en pointillés les linéaments d'une théorie révolutionnaire hétérodoxe : la révolution lente mélangeant réformisme et révolution dans une vision non-gradualiste. À l'opposé par exemple de Jean Jaurès et de son évolutionisme révolutionnaire, Otto Bauer intègre discontinuités et ruptures. Dans son ouvrage La Marche au socialisme (1919), Il pointe les limites d'une « révolution politique », engageant surtout un changement du personnel dirigeant, vis-à-vis de l'ampleur réclamée par une « révolution sociale ». Il note ainsi que « la révolution politique peut être l'œuvre d'un jour », alors que « la révolution sociale ne peut être que l'ouvrage d'un travail constructif et organisateur », d'« un travail créateur de législation et d'administration ».

Violence défensive[modifier | modifier le code]

Chez Otto Bauer, le recours à la violence est théorisé comme une « violence défensive ». Dans La Lutte pour le pouvoir (1924), il exprime que, dans les pays où la bourgeoisie fait régner son pouvoir par la force physique, le pouvoir politique sera pris au moyen d'une « guerre civile ». Mais ce ne devrait pas être le cas d'un pays doté d'institutions parlementaire comme l'Autriche, où le pouvoir serait plutôt conquis «par le bulletin de vote ». Par contre le prolétariat devrait être en mesure d'utiliser les armes afin de protéger « la constitution de la République au moment où la bourgeoisie se soulèvera contre cette constitution parce que l'utilisation légale des droits constitutionnels portera la classe ouvrière au pouvoir ». D'où la création par la social-démocratie autrichienne de la Republikanischer Schutzbund (la ligue de défense de la République), qui pouvait mobiliser entre 120 000 et 150 000 hommes armés. L'insurrection du Schutzbund fut d'ailleurs déclenchée face aux mesures autoritaires du chancelier Dollfuss en 1934, mais la milice ouvrière fut défaite et Bauer dut s'exiler.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Die Nationalitätenfrage und die Sozialdemokratie, 1907
  • Der Weg zum Sozialismus, 1919
  • Bolschewismus oder Sozialdemokratie, 1920
  • Die österreichische Revolution, 1923
  • Sozialdemokratische Agrarpolitik, 1926
  • Sozialdemokratie, Religion und Kirche, 1927
  • Kapitalismus und Sozialismus nach dem Weltkrieg, 1931
  • Zwischen zwei Weltkriegen, 1937

Traductions en français :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Czerwińska-Schupp 2017, chap. 1er, p. 2.
  2. Elisabeth Roudinesco, Michel Plon, Dictionnaire de psychanalyse, Paris, Fayard, 1997.
  3. Czerwińska-Schupp 2017, chap. 1er, p. 15.
  4. Czerwińska-Schupp 2017, chap. 1er, p. 15-16.
  5. a et b Czerwińska-Schupp 2017, chap. 1er, p. 17.
  6. Czerwińska-Schupp 2017, chap. 1er, p. 17-18.
  7. a et b Bourdet 1968, p. 58.
  8. Bourdet 1969, p. 105.
  9. a, b, c et d Pasteur 2006, p. 197.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Bourdet 1968] Yvon Bourdet (textes choisis, présentés et annotés par) (trad. de l'allemand par Jacqueline Bois, Bracke, Fernand Caussy et Claudie Weil, préf. de Paul F. Lazarsfeld), Otto Bauer et la Révolution, Paris, Études et documentation internationales, coll. « Praxis », , 1re éd., 1 vol., 303 p., in-8o (21 cm) (OCLC 173896, notice BnF no FRBNF32915468, SUDOC 014431734).
  • [Bourdet 1969] Yvon Bourdet, « La mort d'Otto Bauer à Paris le  : étude sur la diffusion des nouvelles politiques dans la presse parisienne », Le Mouvement social, no 66,‎ , p. 105-116 (DOI 10.2307/3806962, JSTOR 3806962).
  • [Czerwińska-Schupp 2017] (en) Ewa Czerwińska-Schupp (trad. de l'allemand par Maciej Żurowski), Otto Bauer (-) : thinker and politician [« Otto Bauer : studien zur social-politischen philosophie »], Leyde et Boston, Brill, coll. « Historical materialism book series » (no 121), , 1re éd., 1 vol., XXXIV-[19]-388 p., 24 cm (ISBN 978-90-04-31573-0, EAN 9789004315730, OCLC 965795999, DOI 10.1163/9789004325838, JSTOR 10.1163/j.ctt1w76v3b, SUDOC 197077102).
  • [Pasteur 2006] Paul Pasteur, « L'austromarxisme, ou une bouée de sauvetage pour une gauche en crise ? », Austriaca, vol. 31e année, no 63,‎ , p. 195-211 (lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]