Note de musique

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Une croche la.

En musique, une note est un symbole ou une lettre permettant de représenter un fragment de musique par une convention d'écriture de la hauteur et de la durée d'un son.

Anatomie du symbole[modifier | modifier le code]

Les 3 parties d'une note

[réf. nécessaire]

Le symbole visuel d'une note de musique sur une partition est constitué d'une « tête » qui indique la hauteur du son (sa fréquence en hertz), d'une « hampe » qui soutient les crochets et les barres de durée, et d'une « durée », matérialisée par un ou des crochets ou par une ou plusieurs barres horizontales ou inclinées, qui indique sa longueur ou durée temporelle.

La « tête » est généralement de forme ronde ovalisée et peut être évidée (ronde, blanche …) ou pleine (noire, croche …). Pour certains instruments, elle peut prendre diverses formes comme pour la percussion (par exemple, croix pour les cymbales, triangle pour l'instrument du même nom, rectangle pour le tambourin …).

La « hampe » est un trait vertical fin attaché à toutes les têtes de notes, sauf à la ronde. En règle générale, elle est placée au-dessus et à droite de la tête quand la tête de note est en dessous de la troisième ligne de la portée, et en dessous et à gauche pour les notes quand elle est au-dessus de la troisième ligne.

La « durée » des notes est matérialisée par un crochet simple ou des crochets multiples superposés, ou par une barre ou plusieurs barres épaisses parallèles, horizontales ou inclinées. L'assemblage des « durées » de notes constitue le rythme : à partir de la croche, le nombre de crochets (pour une note) ou de barres (pour un ensemble de notes) détermine la durée rythmique de la note : un pour la croche, deux pour la double-croche, trois pour la triple-croche, etc. Pour la ronde, la blanche et la noire, pointées ou non, qui n'ont pas de symbole de « durée » (crochet ou barres horizontales), la longueur de la note est donnée par le fait que la tête de note soit remplie ou pas, et/ou par le fait qu'elle ait une hampe ou pas.

Les notes, la partition et le solfège[modifier | modifier le code]

L'assemblage des « têtes » de notes disposées à différentes hauteurs — qui donne la mélodie — et des « durées » de notes — qui donnent le rythme — forment la partition et le solfège, qui sont destinés à être lus et déchiffrés par le musicien interprète.

En plus de la hauteur et de la durée, les notes font l'objet d'autres effets acoustiques crées par la manière de jouer du musicien, comme d'une part, l'intensité ou nuance, indiquée sur la partition par des lettres placées à proximité des notes, comme p pour piano, ff pour fortissimo, etc., et du phrasé musical d'autre part (attaques douces, attaques brutales, notes piquées, accents, etc.) indiqué par des symboles musicaux spécifiques (points, traits, chevrons, etc.). Enfin, une même note jouée par divers instruments, certes de même hauteur, se différencie également par son timbre, spécifique à chaque instrument (timbre doux pour la flûte, percutant pour le piano quand il est martelé, féerique pour le glockenspiel, puissant et cuivré pour la trompette, plus sourd pour le cor, etc.)

Des « têtes » de notes placées les unes après les autres, de gauche à droite, sont jouées successivement, ce qui forme une mélodie : chaque instrument d'un orchestre joue sa mélodie. Mais lorsque plusieurs « têtes » de notes sont superposées, elle doivent être jouées simultanément, ce qui crée un accord. C'est le cas pour un pianiste qui joue plusieurs notes en même temps avec une main, ou pour un ensemble instrumental où chaque musicien joue une des notes de l'accord.


\header {
  tagline = ##f
}

\score {
  \new Staff \with {
    \remove "Time_signature_engraver"
  }
  \relative c' {
    \time 8/1
    \tempo 1 = 55
    \autoBeamOff
    \clef treble
    \override Rest #'style = #'classical

    c1 d e f g a b c
    
    \bar "||"
  }
  \addlyrics {
    do ré mi fa sol la si do
  }
  \layout {
    \context {
      \Score
      \remove "Metronome_mark_engraver"
    }
  }
  \midi {}
}

Fréquence d'une note[modifier | modifier le code]

Tout son musical (ou note) possède une fréquence fondamentale (nombre de vibrations par seconde calculé en hertz) correspondant à sa hauteur. Deux notes dont les fréquences fondamentales ont un rapport qui est une puissance de deux (c'est-à-dire la moitié, le double, le quadruple…) donnent deux sons très similaires et portent le même nom. Cette observation permet de regrouper toutes les notes qui ont cette propriété dans la même catégorie de hauteur.

Dans la musique occidentale, les catégories de hauteurs sont au nombre de douze. Sept d'entre elles sont considérées comme les principales et ont pour noms : do, , mi, fa, sol, la et si. L'intervalle compris entre deux hauteurs dont la fréquence de l'une vaut le double (ou la moitié) de l'autre s'appelle une octave. Pour distinguer deux notes de même nom dans deux octaves différentes, on numérote les octaves et donne ce numéro aux notes correspondantes : par exemple, le la3 a une fréquence de 440 hertz dans la norme internationale (bien qu'en pratique, cela puisse parfois varier). Cette fréquence de référence est donnée par un diapason.

Dans la gamme tempérée, la formule permettant de mesurer la fréquence d'une note par rapport à une note de départ est : . Avec le nombre de demi-tons au-dessus de la note de départ . On s'aperçoit que la fréquence croît de manière géométrique par rapport à la note.

Fréquences des notes (en hertz) dans la gamme tempérée
Note/octave 0 1 2 3 4 5 6 7 8
do ou si 32,70 65,41 130,81 261,63 523,25 1046,50 2093,00 4186,01 8 372,02
do♯ ou 34,65 69,30 138,59 277,18 554,37 1108,73 2217,46 4434,92 8 869,84
36,71 73,42 146,83 293,66 587,33 1174,66 2349,32 4698,64 9 397,28
♯ ou mi 38,89 77,78 155,56 311,13 622,25 1244,51 2489,02 4978,03 9 956,06
mi ou fa 41,20 82,41 164,81 329,63 659,26 1318,51 2637,02 5274,04 10 548,08
fa ou mi 43,65 87,31 174,61 349,23 698,46 1396,91 2793,83 5587,65 11 175,30
fa♯ ou sol 46,25 92,50 185,00 369,99 739,99 1479,98 2959,96 5919,91 11 839,82
sol 49,00 98,00 196,00 392,00 783,99 1567,98 3135,96 6271,93 12 543,86
sol♯ ou la 51,91 103,83 207,65 415,30 830,61 1661,22 3322,44 6644,88 13 289,76
la 55,00 110,00 220,00 440,00 880,00 1760,00 3520,00 7040,00 14 080,00
la♯ ou si 58,27 116,54 233,08 466,16 932,33 1864,66 3729,31 7458,62 14 917,24
si ou do 61,74 123,47 246,94 493,88 987,77 1975,53 3951,07 7902,13 15 804,26

Degré et échelles musicales[modifier | modifier le code]

Disposition des notes sur un clavier.

Dans la théorie de la musique, on parle de « degré ». Celui-ci représente une hauteur relative appartenant à une échelle musicale donnée. En effet, il existe de nombreuses possibilités pour choisir les fréquences des notes dans une octave. Le choix des échelles dépend des époques, des instruments et des types de musique.

Selon l'échelle, on obtiendra des gammes musicales différentes. La musique classique en utilise deux : l'échelle diatonique et l'échelle chromatique.

Noms des notes de musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la notation musicale.

Dans la musique occidentale, il existe depuis le Moyen Âge deux types de noms de notes, qui sont, selon les pays, soit des syllabes soit des lettres :

  • La série constituée des syllabes ut, , mi, fa, sol, la (le si a été ajouté plus tard), promue par le moine bénédictin italien Guido d'Arezzo au XIe siècle, a été mise en place pour la notation musicale dans les pays de rite catholique dit « latin ». Cette série est constituée des premières syllabes de chaque demi-vers de l’Hymne à saint Jean-Baptiste, un chant religieux latin attribué au moine et érudit Paul Diacre :

« Ut queant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum
Solve polluti
Labii reatum
Sancte Iohannes
 »


L’ut (= do, aujourd'hui) est surtout utilisé dans le langage théorique : clés, tonalités...

  • La série constituée des lettres de l'alphabet A (la), B (si), C (do), D (ré), E (mi), F (fa) et G (sol), héritée de la Grèce antique, a été conservée par les pays dits « protestants » ou « réformés »[réf. nécessaire] (Royaume-Uni, Allemagne, etc.).
    • En Angleterre, B = toujours si (B minor = Si mineur ou B♭major = Si♭majeur).
    • En Allemagne, B = si♭ et H = si♮ (B-Moll = Si♭ mineur ou H-Dur = Si majeur).

Parmi les systèmes musicaux non occidentaux, certains ont adopté les nomenclatures ci-dessus, d'autres ont conservé des appellations spécifiques. Par exemple, la musique indienne utilise les svara. Les noms des sept svara sont : स (Sa), रे (), ग (Ga), म (Ma), प (Pa), ध (Dha), नि (Ni).

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis Guido d'Arezzo, les notes de musique peuvent être désignées par ut, ré, mi, fa, sol, la. Cette pratique a été standardisée par les recommandations du pape Jean XX. Auparavant, en Occident, divers systèmes de notation existaient. La nouvelle méthode permettait d'apprendre en un jour ce qu'il fallait un an pour apprendre avec la méthode grecque utilisant des lettres pour noter tant les tons que les échelles[1].

Symbolique[modifier | modifier le code]

En général, la musique est souvent représentée par une ou des notes, que ce soit dans la bande dessinée, pour symboliser un chant, ou dans l'informatique, pour spécifier que le fichier est un fichier musical.

Codage informatique[modifier | modifier le code]

La représentation des symboles musicaux en informatique existe dans différents jeux de caractère (Unicode, LaTeX, LilyPond…). Par exemple, l'encodage en Unicode, pour ♩ (une noire), ♪ (une croche), ♫ (deux croches) et ♬ (deux doubles-croches) :

Code HTML Unicode Rendu
♩ U+2669
♪ U+266A
♫ U+266B
♬ U+266C

Il existe également des notes dans la table des emojis.

Notes emoji
Unicode Rendu
U+1f3b5 🎵
U+1f3b6 🎶
U+1f3a4 🎤
U+1f3a7 🎧

Cependant, cet encodage ne permet pas le positionnement sur la portée, ni aucune autre manière de distinguer les hauteurs de son. Pour cela, on emploie d'autres normes. Par exemple, un des aspects de la norme MIDI est la numérotation des notes. On dit alors que le la 440 Hz est le numéro 69 et que toute différence de numéro par rapport à cette note est comptée en demi-tons. Par exemple, tous les multiples de 12 sont des do. À l'origine, seuls les numéros de 0 à 127 étaient permis, mais selon la variante de cette échelle, des notes plus graves ou plus aiguës peuvent aussi être permises. À partir du moment où on suppose un tempérament égal (gamme tempérée), on peut aussi représenter des notes intermédiaires en utilisant des fractions (voir la formule de fréquence mentionnée ci-haut).

D'autres notations informatisées utilisent les lettres de notes anglaises de A à G et le symbole # tenant lieu de dièse, mais pas de symbole bémol car non-nécessaire (tout bémol a un équivalent dièse). Les notes non-dièse peuvent être suivies d'un trait d'union ou d'une espace. On termine ensuite avec le numéro d'octave, qui augmente de 1 à chaque do comme dans la table ci-haut, mais qui peuvent être décalés (le la 440 pourrait être écrit A-2, A-3 ou A-4 selon l'échelle choisie). C'est ce qui est utilisé visuellement dans les éditeurs de type tracker (à la Amiga), quoique à l'interne, leurs formats utilisent des périodes (inverses de fréquences) comme le format MOD, ou une combinaison note de la gamme et octave (par exemple, les deux parties de la division avec reste d'une note MIDI par 12) comme le format S3M.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Furetière, Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes, & les termes des sciences et des arts, vol. 2, La Haye / Rotterdam, Arnoud et Reinier Leers, , 2e éd. (disponible sur Gallica).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]